L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

13 septembre 2006

Je L'ai Pas Fait Expert !

Vu mon retour tardif dans ma maison hier soir, pour cause de RER ultra poussif, je me suis risqué à m'affaler devant ce qui me sert de télévision : un vieux poste portable, format mini, mais quand même en couleurs. A m'affaler nanti d'une salade de crudités composée par moi-même (naan, c'était pas des carottes rapées en sachet) et le tout accompagné d'un peu d'huile d'olive supra-gouteuse (les crudités ne sont qu'un prétexte) offerte par une bloggeuse qui vient souvent commenter ici... :-)

Et nanti de ma salade et d'une méga flemme, pour la première fois de ma vie j'ai regardé... Les Experts !
Je venais de lire dans le train que cette série était tellement diffusée en France qu'on ne pouvait pas y échapper. Jusque là, moi si ! J'y avais échappé. En laissant ma télé éteinte il est vrai (sauf pour France Italie, mais c'était à cause de Vieira, pour vérifier en truc, enfin bon c'est une autre histoire) !
Et là, j'allume la télé !
Et y a Les Experts.

Du coup l'occasion était trop belle et j'ai regardé (2 épisodes même). Et j'ai bien ri aussi !
Ca c'est rigolo Les Experts !

Toute l'équipe des Experts, ils sont triés sur le volet ! Dans la gamme du "correct" à "craquant", tous fringués clean et chic (mais pas rupin), ils vont chez le coiffeur tous les jours, et tout laisse à penser qu'ils ne puent jamais des pieds. C'est pas chez nous qu'on verrait ça, vous n'avez qu'à entrer dans un commissairiat pour vérifier.
Ils travaillent dans un bâtiment high tech mais quand même vachement accueillant tu vois ! C'est lumineux, coloré, tout neuf. On est pas dans Hill Street Blues ou Maigret (je sais mes réferences datent un peu mais bon...). Ca pourrait être un centre commercial, une salle de fitness new age, un magasin de déco les locaux des Experts. Le genre de building qui chez nous te plombe 95% des nouveaux crédit accordés à toute la police. C'est cool !
Quand ils travaillent Les Experts, là c'est carrément de la folie.
La morgue ou ils font joujous avec leurs cadavres, elle a été décorée aussi par Terence Conran. Je vous jure, doit y avoir plein de gens qui préfereraient mourir dans la volupté de la table à disséquer des Experts plutôt que de continuer à vivre dans leur HLM ! C'est trop sympa ces lumières tamisées, pourquoi ne pas y avoir songé avant, plutôt que de s'infliger d'horribles carrelages blancs éclairés au néon dans un sous-sol crapoteux ?
Quand au matos pour bosser, ça confine au délire.
Tout a l'air toujours neuf, comme si ça venait d'être sorti de sa boite d'emballage. C'est pleins de trucs impressionnants qu'on saurait même pas comment les mettre en marche nous : des instruments chirurgicaux, le paradis sur terre pour n'importe quel Mr Bricolage, des appareils photos, des trucs qui font de la lumimère bleue ou verte ou rouge ou tout ce que tu veux... Mais nous on est pas des experts. On saurait même pas les mettre en marche. La preuve ? Leur matériel informatique. Ca bugge jamais, ils ont des logiciels qui leurs font des tas d'animation en 3D sans même qu'ils le demandent. Ca te cherche dans des banques de données qu'on imagine sans peine balaises, et ça te fait des comparatifs en 2 coups les gros. Genre je tape sur Enter et tout est fait, bouclé, plié...
Je veux le même PC qu'un Expert mouaaa !

Au bout du compte les cadavres des experts -ah oui, parce qu'il y quand même des cadavres- et bien c'est bien simple : ils ont beau faire des tas d'efforts pour nous effrayer avec (yeux crevés, crâne défoncé... j'imagine que les idées ne font pas défaut au scénaristes) finalement ça ne marche pas.
Dans un tel environnement accueillant, comment avoir peur d'un cadavre, même mochement mutilé. Non ! On est un peu impressionné, mais tout de suite il nous paraît bien sympathique ce macchabée.
D'autant plus qu'il recèle toujours l'infime indice qui vont permettre aux Experts de résoudre l'affaire grâce à leur super matos ; enfin dès qu'ils l'auront sorti du carton tout neuf et branché sur le secteur.

Quand à l'histoire c'est toujours pareil je suppose.
C'est Les Experts qui gagnent à la fin (au pire dans l'épisode d'après) et qui arrêtent tous ces meurtriers, généralement complètement tarés, quand c'est pas également le cas des témoins ou de n'importe qui qui croise la route des Experts. Car c'est une constante on dirait. Tous les personnages des Experts ont toujours un truc glauque. Les Experts eux même parfois ne paraissent pas au dessus de tout soupçon.
Car la morale des Experts (s'il y en a une) est bien celle-là : derrière tous cet environnement bien propres, ces gens sains et beaux, ces fringues sorties du teinturier... chaque être humain n'est au fond qu'un horrible monstre en puissance, y a qu'à regarder au fond de son ADN pour en être persuadé.
L'Amérique ne change pas, le puritanisme qui dit que l'homme est fondamentalement mauvais est simplement devenu scientifique.

Il suffit de 45mn pour nous en persuader !
Avec à chaque fois la série suivante : un plan sur la ville (pour qu'on sache ou ça se passe), un plan sur le crime (sinon ca sert à rien que l'épisode commence), un plan sur les locaux des Experts (attention ça va commencer), un plan sur leurs bidouilleries technologique (les Experts maitrisent leur sujet) et des plans moyens sur chacun d'eux (l'Expert fait son Lycos) et chaque suspect (Est ce lui ou un autre ?) jusqu'à résolution du crime grâce au subtil indice que le/la meurtrier ne manque jamais de ne pas pouvoir soustraire au dieu scientifique qui voit tout.

Ah oui !
J'oubliais le plus important.
Au fond, en fait, oubliez tout cela si vous voulez aussi devenir un Expert. Car le truc le plus important, le plus indispensable, le plus abordable et qui fera de vous un vrai Expert à coup sur, c'est de toujours vous promener avec... un coton tige.

lesexperts

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07 septembre 2006

Le Voleur de Bicyclette

C'est à des petites choses comme celles-ci que -pas de doute- je me dis "Ayé, je suis bien rentré chez moi (à Paris)".

En deux jours, moi le modeste piéton lambda des trottoirs parisiens, j'en suis à mon deuxième accident de la route ! Le 1er, avec un de ces djeunz baggy-casquette que je n'ai pas vu arriver dans mon dos pendant que je traversais une rue, en sens unique et que bien sûr il prenait à contresens et à toute berzingue...
Grosse collision évitée de justesse (pas grâce à lui), et explication des gravures après le "rogntudjuu" réflexe d'usage : "Dis donc, quitte à prendre un sens interdit, le mieux c'est quand même de garder les yeux ouverts histoire de ne pas embrocher le 1er passant venu !".
Réponse du cycliste-aigle-de-la-route : "Nggg !".
Je constatais alors que s'il avait bien les yeux ouverts, son cerveau lui semblait passablement désactivé. Je tentais alors un "Tu m'entends quand je te parle Kevin ?" (car je supposais à son air éveillé qu'il devait se prénommer Kevin).
"Nggg" reprit-il de plus belle, me conduisant à abandonner tout effort supplémentaire pour établir un contact intelligible avec lui.

Deuxième épisode ce matin. Traversée à un carrefour avec un petit bonhomme vert pour moi... "Ah ben alors jeu traverseuh". Bling ! Deuxième collision avec jeune maman emmenant sur son vélo son gaminou à l'école. Rattrapage dudit gaminou en catastrophe avant que lui et le vélo ne s'écrase sur le pavé (pas grâce à la maman le rattrapage). Et re-engueulade :
"Dis donc madame, le but du casque antichoc sur la tête du gamin, c'est pour te donner le droit de griller les feux aux carrefours et de prendre un virage sans visibilité ?".
"Ah c'qu'eu j'ai eu peur dis donc" anonne t'elle dans un souffle.
Bon, celle-là elle parle, y a du progrès pensais-je alors, en continuant : "Etre en vélo, ça ne vous donne pas le droit de faire n'importe quoi quand même ! Et si à ma place ça avait été une autre maman et une poussette avec son bébé dedans ?".
"Ah c'qu'eu j'ai eu peur" reprend-elle alors, en remontant sur son vélo les jambes flageolantes et en s'éloignant sans un "Excusez Moi", un "Et vous, vous n'avez rien ?" ou même "Merci d'avoir rattrapé mon gosse". Me plantant là en pleine """héberluétude""", tout juste capable de murmurer au bébé "Bonne chance Kevin, avec une mère comme ça t'es parti pour devenir un abonné du dispensaire scolaire".

Après les 4x4 urbains, la plaie routière autour de chez moi c'est les vélos.

C'est un peu de ma faute aussi, après 1 mois loin de toute circulation intensive, j'avais oublié que qu'elles que soient les circonstances, un piéton ici doit sans cesse avoir des yeux de mouche pour échapper aux habitudes de tous ces cinglés animés du "n'importe nawak du moment que moi, moi, moi et encore moi... je roule y compris sur tout ce qui se trouve devant mes roues".

Mes roues, mes roues... mes roues pètent oui !

Voleur_Bicyclette_moviecovers
(image : moviecovers.com)

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03 août 2006

L'Eté Meurtrier !

Ceux qui me connaissent savent que je suis plutôt quelqu'un de patient et de compréhensif, et d'un tempérament égal quelques soient les évènements du moment.
Ceux qui me connaissent très très très bien, savent aussi que je fonctionne comme une sorte de cocotte minute. Et que lorsqu'à bout de patience, ma soupape intérieure finit pas lâcher, je deviens alors capable de gueulantes d'autant plus mémorables qu'elles sont (trop ?) rares.
C'est comme ça que je suis, et puis voilà.

Mais, j'ai aussi quelques petites faiblesses qui me donnent envie de me transformer parfois en sérial killer, en Freddy Les Griffes de la Nuit, voire en Hannibal Lecter prêt à tout instant à boulotter tout cru, tout vivant, l'indélicat qui sans le savoir -l'inconscient- est en train de me taper sur les nerfs.

Et il se trouve qu'en ce moment, j'en ai deux face à moi.
Alors que j'ai un boulot monstrueux à finir avant de partir en vacances demain, mes deux collègues d'en face (surtout une) ne se doutent pas à quel point je dois me maîtriser pour ne pas les faire passer à travers les fenêtres en triplex, les trouilloter toutes vivantes en confettis, les agrafer au mur la tête en bas, les étouffer lentement dans du papier bulle, les plastifier vivantes à 150 degrés centigrades...

Et tout ça pour quoi, je vous le demande ?
Parce qu'elles font quelque chose que je ne supporte pas. Je peux pas. J'y peux rien.
C'est comme si on me passait les nerfs à la toile émeri.
Comme si on m'attachait à une chaise en me passant du Vincent Delerm en boucle pendant 3 jours et 3 nuits...
Alors quoi ?
Quand j'arrive le matin V. et H. mangent...
Surtout V. Elle mange tout le temps.
Mais ça ce n'est rien.

Ce qui est insupportable, c'est que V. ne sait pas manger sans faire tous pleins de bruits avec sa bouche. Avec pleins de consciencieux Cronch-Cronch-Cronch de ses mandibules, qui sont en train de me rendre complètement diiiiiiiiiiiiiiiingue !
Ca commence par des biscuits quand j'arrive le matin - Cronch, Cronch, Cronch, à 10h elle mange son yaourt - Mniom, Mniam, Mniom, à 11 heures elle attaque ses fruits - Scouich, Gnomp, Schomp, à 14h après le déjeuner c'est au tour du café - Schlurp, Slurp, Flurpt, à 15h elle mange un demi melon en annonçant qu'elle est en manque de chocolat - Mniam, Mniom, Shomp, à 16h c'est donc le chocolat - Croc, Crompf, Crunch... Ca n'arrêêêête pas. Jamaaaaais !
RRHHHAAAAAAAA !
Et quand ça arrête, c'est l'autre, H. qui croque ses biscuits régime ou des biscottes - Kronch, Crunk, Crouic, Crumpf...

Et quand elle ne mange pas V. elle trouve le moyen de mâcher un chewing-gum ! ou de faire du bruit "à vide" afin procéder à la l'auto-pyrolise de sa cavité buccale avant la prochaine dégustation !
Je sais ! C'est rien du tout ! Des enfantillages ! Trois fois rien !
MAIS JE VAIS LA TUER QUAND MEME ! ! !

Vous pouvez rigoler ! Vous moquer même !
N'empêche.
Je sais très bien que les uns comme les autres, on a chacun notre petite maniaquerie cachée, notre agace-cerveau, le truc qui peut nous rendre fou. Et que si quelqu'un a le malheur de mettre en marche ce petit bidule super-hypra-escagaçant, on se rend rapidement compte qu'on est prêt à tout pour que ça s'arrête.

Alors voilà !
Ceci est ma dernière tentative d'exorcisme ! Une sorte de catharsis psychologique. Si je parle, si j'écris, si j'évacue par les mots tous ces insupportables bruitages exaspérants produits les mastiquages incessants de V. peut être qu'elle ne mourra pas aujourd'hui.
Sinon, j'irai passer de très longues vacances en prison.

Argh ! Elle vient d'attaquer sa banane (il est 16h28).
Je ne sais pas si je vais tenir !

Lagrandebouffe

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12 juillet 2006

Arno Karcher ?

On vit une époque merveilleuse !

En tout cas de gros malins.

Pour lutter contre l’immigration illégale un ministre de l’intérieur et candidat déclaré à l’élection présidentielle fait passer une circulaire permettant d’expulser des familles et leurs enfants vers leur pays d’origine ou ces enfants n’ont souvent pas grandi, n’ont plus d’attaches, voire même ou ils seraient en danger.

Devant le tollé que déclenche cette circulaire, le refus par de nombreux citoyens de respecter ce texte… le même propose un délai intenable à l’administration afin qu'elle examine les dossiers de régularisation. Le ministre estime le nombre de ces dossiers à quelques centaines pour l’ensemble du territoire pendant que sa propre administration estime déjà à 2 000 le nombre de famille rassemblant des dossiers pour la seule région Parisienne.

Et puisqu’on à faire à un gros malin, il décide de s’adresser à un autre petit malin et d'en faire le « médiateur national » de ce dossier, réussissant à promettre le respect ferme d’une circulaire débile, mais avec toute l’humanité nécessaire… On appréciera les propos.

Le petit malin c’est Arno Klarsfeld.

C’est là qu’il faut apprécier les ficelles bien épaisses du ministre. En choisissant Arno Klarsfeld, il fait le choix d’embrouiller le jugement des habitants de ce pays.

Arno Klarsfeld, avocat des parties civiles dans le procès Papon, fils des célèbres Serge et Beate Klarsfeld qui ont consacré leurs vies à accumuler des preuves contre les nazis… comment soupçonner Arno Klarsfed de soutenir une circulaire raciste, injuste et inhumaine. Ca c’est de la belle bonne grosse ficelle de derrière les fagots !

Hélas, Arno Klarsfeld lui-même est un petit malin. Mais pas encore un gros malin... Faisons lui confiance, avec l’âge ça lui viendra.

Arno Klarsfeld ne craint donc pas de se prêter à cette mascarade.
Bien sûr, pour commencer il n’oubliera pas de souligner qu’en tant que médiateur il n’a aucun pouvoir réel pour prendre ou interdire des décisions qui permettront de renvoyer par charter des gamins dans des pays qu’ils ne connaissent pas et ou ils n’ont pas grandi.

Il n’oubliera pas non plus de souligner que bien que sans pouvoir il veillera pourtant à ce que « l’esprit » (es tu là ?) de cette circulaire soit respecté ! Rappelons un exemple de l’esprit de cette circulaire : pour pouvoir prétendre à une régularisation les enfants ne doivent plus avoir de contact avec leur culture d’origine. Qu’est ce que ça veut dire au juste ?
Parler la langue de ses parents, est ce avoir un contact avec sa culture d’origine ?
Avoir des photos de son pays d’origine est-ce être en contact avec cette culture ?
Manger de la nourriture traditionnelle est ce être trop en contact avec sa culture d’origine ?
Quand est ce que ça commence le « trop » ? Qui en décidera ? Sur quels critères ? La circulaire ne le dit pas.

Arno Klarsfeld qui n’en est plus à une incohérence prêt, indique qu’il apportera toute l’humanité nécessaire aux cas qui lui seront communiqués.
J’espère qu’il n’a pas oublié que ce "toute l'humanité" c’était là un des arguments de tous les Papon du monde : « en faisant le tri et tout en obéissant aux ordres nous avons sauvé la vie de certains juifs qui étaient importants » disaient-ils. « En déportant les juifs nous avons agit avec humanité en ne séparant pas les familles car nous ne savions pas ce qui allait leur arriver ensuite. Nous n’avons fait qu’obéir.»

Alors il faut qu’Arno Klarsfeld sache que moi (nous ?) je n’oublierai pas non plus toute l'humanité dont il promet de faire preuve.
Quand des policiers entreront dans des écoles pour aller y chercher des enfants et les renvoyer avec leurs parents vers les célèbres havres de paix que peuvent être

la Tchétchénie, la RDC , le Darfour, l’Iran, la Côte d’Ivoire… alors Arno Klarsfeld ne vaudra pas mieux que ceux qu’il a contribué autrefois à faire condamner. Car tout le monde sait ce qu’il se passe là-bas. Et personne ne peut dire "je ne savais pas".

Parfois il faut faire des choix.

Et à devoir choisir entre « accueillir toute la misère du monde » comme le disait un socialiste célèbre et imaginer que des gens quittent un jour leur pays, leurs familles et amis -leurs cultures donc- autrement que pour pouvoir survivre, le choix paraît pourtant évident.

Sauf pour les gros et petits malins.

Il ne s’agit pas de prétendre que nous en serions revenu au fascisme et au nazisme des années 30/40. L’exercice de la démocratie ici n’a pas disparu comme c’était le cas alors.
Et justement !
Ni M. le ministre de l’intérieur, ni M. le médiateur national ne pourront se prévaloir d’une guerre, d’une occupation, de la survie par l’obéissance aveugle aux ordres les plus méprisables, de la domination de la terreur, la haine et la peur pour justifier leurs choix. En revanche, ceux qui ont fuit le Darfour ou ailleurs pour traverser illégalement les frontières le peuvent eux.
M. le Ministre, M. le Médiateur n’auront même pas ces excuses là.

Bien fait pour eux !
Les voilà même aujourd’hui sans porte de sortie honorable devant l’alternative qui se présente à eux. Les termes de la circulaire sont pleinement appliqués ? Ce sont déjà plus de 80 000 Français qui se sont engagés à ne pas la respecter et la promesse d’une rentrée scolaire agitée. Devant le tollé, ils font volte face et se retrouvent à régulariser tout plein de sans-papiers ? Hurlements de leur électorat traditionnellement abruti sur ce genre de question.

A gros malin, gros malin et demi !

sarko

(image - Jul - Charlie Hebdo)

Posté par LaVitaNuda à 19:14 - Collection Café Society - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juillet 2006

Voilà... C'est Fini...

Et voilà, c'est fini. Fini la coupe du monde...
Ceux qui ne supportent pas le sport à la télé vont pouvoir échanger leur "insupportation" du ballon rond contre leur "détestation" du vélo maintenant. Vous pensiez avoir échappé à 22 gusses en short sur une pelouse, et bien vous aurez droit aux même en version gambettes épilées, maillots couleurs à rendre hépatiques et casques profilés pour améliorer la pénétration de l'EPO dans l'air.

Mais quel final ! Beau comme une tragédie Grecque ou un western spaghetti.
Pourtant j'ai failli la bouder cette finale. Pour commencer j'étais fatigué. Depuis 3 matches pas moyen de dormir avec tous ces concerts de klaxons toute la nuit, les cris et hurlements de joie, les sirènes des ambulances et de la police... Ca fout un souk une équipe en Finale ! Que fait Sarkozy ?

J'avais pourtant commencé par faire preuve de bonne volonté. J'avais allumé la télé et TF1 !
Argh ! Quelle erreur !
J'ai failli tout jeter par la fenêtre prématurément. Cette chaïne a dû tellement avoir la trouille de ne pas rentabiliser "son" Mondial par une élimination précoce de la France que du coup c'était un véritable bourrage de crâne, un lavage de cerveau disponible à grand coups de "Allez les Bleus", de "Zidane Y Va Marquer" (ce qui fut dit fut fait) et d'inscription à tout bout du champ du temps séparant le spectateur du début de la dite finale. Au bout d'une 1/2 heure à supporter d'être gavé comme une oie comme ça, j'éteignais la télé, me promettant de ne l'ouvrir qu'à quelques minutes de l'heure fatidique.

Le reste vous l'avez vu comme moi.
Eh oui, une vraie tragédie antique ! Deux équipes qui prennent le dessus à tour de rôle l'une sur l'autre. Aucune qui réussit à prendre le large. Des joueurs dans le rôle du choeur antique, d'autres dans celui des héros du jour. Et bien sûr le héros mythique à lui tout seul, ZZ, Zinédine Zidane.
En un match, un véritable exploit, une épopée même...
Et vas y que je te marque un but pour commencer, que j'en sauve un ensuite. Et vas y que je joue un peu péniblement en tentant de forcer le destin, mais qu'aussi je réussis avec 3 gusses sur le paletot à dégotter des passes impossibles d'une seule touche de balle.
Et bien sûr qu'en 10 minutes je passe de l'incroyable - cette tête que le gardien Italien sauve on ne sait comment - à un autre incroyable - une expulsion dans les dernières minutes du match après un coup de boule cette fois.

Au théâtre, personne n'aurait osé imaginer un truc pareil. Zinédine Zidane ne l'a pas imaginé.
Lui, il l'a fait.
Il a rassemblé en une seule rencontre, et pas n'importe laquelle -une finale de coupe du monde- ce qui fait d'un joueur le plus grand, et aussi le moins estimable. ZZ n'a jamais été (qu') un ange sur le terrain, mais de là à ce qu'il réagisse de cette manière contre un adversaire, on aurait bien du mal à ne pas imaginer qu'il y a eu quelques raisons à cela.
Mais trop tard. La tragédie doit être tragique justement.

Zinédine Zidane est expulsé pour le dernier match de sa carrière, sous le regard de 3 milliards de spectateurs qui n'attendaient que lui, prêts quelque soit le résultat à en faire leur héros. Il ne reviendra pas sur le terrain pour consoler les autres joueurs, il ne dira pas au revoir au public, ils ne verra pas les Italiens brandir la coupe... la porte de sortie vers laquelle il se dirige rapetisse jusqu'à engloutir son n°10.
Comme d'habitude dans ces cas là, honte, orgueil et colère mêlée il part seul vers le vestiaire. Capable à lui seul d'avoir fait passer son rêve au cauchemar.
D'un seul coup la statue du commandeur longuement construite pendant des années par tous les discours officiels ou pas, les télés, les journalistes, les supporters, les fans, les entraineurs, les sélectionneurs... La belle image se lézarde.

Zinédine Zidane n'est qu'un homme.
C'est ça qui est tragique pour un public incrédule, presque trahi.
Pas une icône, pas un modèle, pas un héros, pas un surhomme, pas la perfection.

Zinédine Zidane.

Juste un être humain.
Pensez en ce que vous voulez, mais tout en étant triste pour lui et son dernier match, j'ai trouvé ça un peu rassurant.

109655025

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30 juin 2006

LastMinute.ContreLaHonte

Je n'ai vraiment pas l'âme d'un "militant", ce mot qui côtoie de trop près à mon goût celui de "militaire"...

N'empêche !
Il y a des moments et des occasions qui méritent qu'on se bouge, tout simplement parce qu'on ne peut plus faire autrement. C'est le cas pour cette déjà tristement fameuse circulaire Sarkozy permettant l'expulsion du territoire Français d'enfants nés de parents sans papiers.
Quelquesoit l'opinion que chacun peut avoir sur l'immigration, cette circulaire n'est pas un moyen admissible d'en traiter ni les tenants et les aboutissants, ni les conséquences.
Sa mise en application dès demain est par elle même sujette à cautions, impossibilités et dérives de toutes sortes.

Pire, les principes et les idées que sous-tend cette circulaire contredisent les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui sont les notres. Elle constitue un précédent innaceptable et honteux pour la démocratie de notre pays. Elle contredit la déclaration des droits de l'enfant de 1959 dont la France est signataire.

D'un point de vue simplement humain, elle est inacceptable.

La seule chose à dire c'est :

non1

De nombreux médias, des personnalités et des inconnus, des bloggeurs, des pères et mères, des célibataires, des jeunes et vieux, des gens de tous horizons... s'opposent à cette circulaire et déclarent qu'ils n'en respecteront pas les termes.

Je les cite par l'intermédaire du RESF (Réseau Education Sans Frontières) :
"Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police."

Je me joins à eux.

Libre à vous d'en faire autant.

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28 avril 2006

Les Films de Guerre.

...C’était l’bon temps, les films de guerre,
Les figurants morts de rire la gueule en sang,
Aujourd’hui double cacheton pour ceux qui tombent du pont
Le charnier, c’est beaucoup mieux payé,
C’est devenu ça les films de guerre

Les films de guerre c’est c’que j’préfère
Les films de guerre c’est c’que j’préfère...

(San Severino/Les Films de Guerre)

Les films de guerre c’est un genre en soi. Dans les grandes surfaces à DVD on trouve des racks pour films de guerre, comme on en trouve pour les films fantastique et science-fiction, le cinéma asiatique et autres spécialités qu’un jugement sommaire permettrait de classer dans une rubrique plus globale qui semble dire : films infantiles pour hommes et femmes fascinés par la testostérone.

Mais au fond, à la taille des rayons, c’est rien comparé à la place occupée par les DVD des séries télé. Le monde change. Il est plus facile de trouver l’intégrale de Friends ou les 387 saisons de Derrick plutôt que les films de Lubistch.

Mais bon. Je disais donc, les films de guerre…

Pas besoin de vous faire un dessin. On en a tous vu un jour ou l’autre. C’est pas ça qui manque. Depuis La Grande Vadrouille (enfin si on veut) jusqu’à Full Metal Jacket en passant par le Jour Le Plus Long ou Good Morning Vietnam et tant d’autres.

J’en ai vu gamin des films de guerre.

Y en avait plein à la télé, presque autant que des westerns.
Et au cinéma aussi. Je me souviens que mon père m’avait emmené voir « La Bataille de Midway ». Une panouille impossible tout juste relevée par la présence de Toshiro Mifune, le préposé aux rôles d’officier supérieur Japonais à Hollywood (et très bon acteur quand même). Le truc, c’était que le film était diffusé en « sensurround », une sorte de dispositif qui ferait passer la sono d’un groupe de hardcore pour une petite boite à musique à pets de nonne. Dès que notre ami l’amiral Toshiro grondait un ordre en Japonais (je me demande s’ils parlent vraiment partout comme dans les films les Japonais), le papier peint de la salle se mettait à se décoller. Je vous laisse imaginer les explosions des obus et les crash des kamikazes !!!

Reconnaissons-le, comme tous les films dits "de genre", la plupart des films de guerre n’ont finit qu’à servir de prétexte à des réalisateurs tâcherons pour nous permettre d’écouler quelques penchants sadiques.

Ceux que l’âge adulte empêche de satisfaire une fois qu’on a plus l’âge de martyriser les insectes ou ses petits frères et sœurs.

C’est ce qui fait le succès de tous ces crétins de Stallone, Van Damme, Steven Seagal et autres Schwarzy suivant une règle immuable. Le héros morfle un maximum avant d’avoir sa revanche par le miracle de la multiplication des pains dans la gueule des méchants.

Rares sont les réalisateurs capables d’aller un peu plus loin que ce plus court chemin là, qui permet d’atteindre rapidement le contenu du tiroir caisse à défaut de faire un vrai film.

Mais un « vrai film de guerre » -excusez moi de cette expression malheureuse : vrai film de guerre- j’en tiens un ! Et quitte à en voir un, je me risquerai bien à vous proposer celui-là.

« The Big Red One » ça s’appelle (“Au Delà de la Gloire” en V.F) !

C’est pas un film de guerre tout à fait comme les autres.

D’abord parce que pendant la guerre de 1939-45, son réalisateur, Samuel Fuller, a fait partie de la « Big Red One » qui désigne l’insigne de ce régiment d’infanterie US, un écusson portant un grand chiffre 1 rouge.

Et ce qu’il raconte, c’est ça.

C’est juste la vie d’un groupe de soldats de la Big Red One pendant la 2ème guerre mondialle, du débarquement en Afrique jusqu’à la fin de la guerre, pour eux en Tchécoslovaquie. C’est une fiction, mais dont Samuel Fuller à composé l’histoire à partir d’histoires vraies qu’il a connu ou entendu pendant cette période.

Le film date de 1980, et n’a pas été tourné avec un budget en sensurround. Pas de bourres pifs numériques façon « Matrix contre Dien Bien Phû ». Pas d’effet spéciaux virtuoses pour faire comme si on y était, en train de se faire trouer la peau sur les plages du débarquement. Pas de mise en scène porteuse de message humaniste avec coucher de soleil triomphant sur un lendemain qui chante après Hiroshima. Pas de figurants par milliers pour se donner un genre « historique ».

Juste l’histoire de 4 soldats emmenés par un sergent et qui vont survivre à 3 ans de guerre, en traversant l’inimaginable comme ils le pourront. Lee Marvin joue le sergent dur de dur et laconique de façon admirable, Mark Hammill (Luke Skywalker de Star Wars) jour un tireur d’élite paralysé par l’angoisse et qui n’arrive pas à trucider personne... On y croise même Stéphane Audran et Guy Marchand en résistante et officier de cavalerie Français !?!

C’est plus qu’un film de guerre ! C’est un film sur comment on est un être humain, avec tout ce que cela peut signifier quand une fois mis dans un uniforme le seul objectif qui compte c’est de rester en vie.

Samuel Fuller savait de quoi il parlait. Et encore mieux, il savait comment le raconter. Et son « The Big Red One » mérite bien mieux qu’une médaille d’honneur pour figurer au premier plan du rayon « films de guerre » dans les hypers.

Pour en savoir plus :

Sur « Au-delà de la gloire » La version inedite-Samuel-Fuller

Samuel Fuller, reportage sur la libération du camp de Falkenau / Arte

Le Dossier de Presse sur The Big Red One & Sam Fuller

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04 avril 2006

J'aime Pas Quand Y A Pas...

J'aime pas quand y a pas France Inter dans ma radio le matin.
Et ce matin y avait pas pour cause de grève contre le CPE ou ce qu'il en reste du CPE, qui s'applique mais ne s'appliquera pas jusqu'à ce qu'il s'applique à nouveau à moins que finalement... Cette histoire de CPE, quand même... on en a une sacrée équipe de comiques au sommet (de l'état).

Donc, oui, j'aime pas quand y a pas de France Inter le matin pour me réveiller.
Je viens de comprendre pourquoi, en écoutant les autres radios ce matin.
D'abord elles sont toutes envahies par des pubs-débiles (je sais c'est redondant comme expression) pour des assurances, avec des vannes à deux balles pour vendre des pneus, ou dormir en classe affaire sur Air France alors qu'on a déjà du mal à se réveiller !
Je ne sais pas pourquoi, mais les pubs radios, on dirait qu'il y a une prime à gagner à la nullité du spot. Plus c'est décérébré, mieux c'est. En plus le volume augmente automatiquement de 150 décibels, histoire qu'on comprenne bien des messages forts comme "le tiercé c'est mon dada", ou le taré qui en fin de spot te débite en hurlant et à toute berzingue une liste de magasins avec les horaires d'ouverture et un rappel sur le prix sacrifié du salami au rayon charcuterie.
Il m'arrive d'avoir des instants d'égarement ou je me laisse à penser : "tuez les tous" !

C'est pas que je sois spécialement accro à France Inter. C'est une habitude plus qu'autre chose, mais en écoutant leurs concurrents c'est plutôt une habitude que je n'ai pas envie de perdre trop vite.
Presque pas de pub, bon ça d'accord. Mais aussi un ton, une forme qui n'a pas l'air de prendre l'auditeur pour un demeuré incapable de suivre au delà de 3 syllabes.
Ailleurs c'est quand même assez terrifiant.

Sur les musicales -enfin bon... musicales...- on a droit au même formatage plus ou moins morning live pour neuneus, avec intervention d'auditeurs qui feraient passer M.Pokora pour Heidegger ou Lorie pour Simone de Beauvoir (quoique toutes deux méritent le surnom de Castor). Au bout de 10mn de ce régime, soit on va offrir son cerveau à Patrick Le Lay qui fait collec', soit on bizuizuite le truc qui permet de changer de station.

On arrive sur les généralistes et c'est pas mieux. Les interventions des journalistes durent 30 secondes, et quand il y a un débat c'est à se demander si on préfère pas encore mieux les Mousquetaires de la Distribution qui viennent défendre dans le poste le prix de la ménagère et l'honneur des fraises tagada. A moins que ce ne soit le contraire.
Ce matin, j'ai écouté J.P.Elkabach... Je sais, déjà, quelle drôle d'idée ! Il recevait Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'assemblée, pendant 1/4 d'heure pour parler sur le CPE. Qu'est ce que j'ai appris ? Rien... Ah si, que Framboisine à rencontré sa fiancée en fracassant sa voiture assurée par MMA...
Alors rendez-moi le groupe Radio France, viiiite ! On je résilie mon assurance !!!

Moi j'aime bien quand on me raconte des histoires le matin au réveil.
Que je peux me moquer des certitudes économico-hypnotiques de Sylvestre "Les marchés on/n'ont pas confiance" ! Entendre une vraie revue de presse ! Et puis être sorti de la couette le matin par un journaliste qui s'appelle Stéphane Paoli c'est pas quelque chose de poétique un peu ?

Le réveil du matin sans ma radio préférée, c'est comme quand on découvre qu'il n'y a plus de beurre pour mettre sur ses tartines. On a l'impression de pas demander grand chose en échange des efforts à consentir à la routine quotidienne, et que même ça, ça nous est refusé.

Putain de CPE de merde !

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Posté par LaVitaNuda à 15:26 - Collection Café Society - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 mars 2006

Bon Anniversaire !

J’ai vu quelques affiches dans le métro, j’ai entendu des interviews à la radio, mais pas tant que ça et c’est dommage !

Quand on est encore un gamin, on a une façon bien à soi d’entendre et de comprendre les choses. Les adultes racontent leurs histoires et là, de deux choses l’une. Soit ils font comme si on n’était pas là, ou bien qu’on est incapable de comprendre le sens de leur conversation, sauf qu’on a cette manière bien à nous de comprendre ce qu’ils racontent. Soit, sous prétexte qu’on est à l’autre bout de la pièce tout là-bas, ils ignorent vraiment la capacité exponentielle de nos petites oreilles à décoder les histoires des grands. Un truc qu’ils ont oublié.

Mais assis au pied de la chaise en bois dans la cuisine, ou de l’autre bout du salon à l’heure du thé entre voisines nous gardions nos oreilles grandes ouvertes et notre façon bien à nous de comprendre les choses. De saisir à notre façon les histoires que se racontent les grands. Alors vous, moi, les autres je serais étonné si en cherchant dans votre mémoire vous n’y trouviez pas des bribes de souvenirs de cette façon bien à nous d’attraper au vol les histoires que se racontent les grands.

De drôles d’histoires parfois… Ces histoires là…

Surtout à l’heure du thé entre voisines.

Ca peut être l’histoire du bébé de la jeune Josie. Un mois de vacances à la mer, une amourette de bal du 14 Juillet, et un polichinelle dans le tiroir comme disent les grands. Ou alors c’est l’histoire de la voisine du 6ème, celle qu’on ne croise que furtivement dans la cage d’escalier et qui porte souvent des lunettes de soleil. Même en plein hiver. Surtout les lendemains des jours ou elle s’est disputée avec son mari. Ou encore, ça peut être l’histoire des filles de Mme Mireille. Elles sont grandes les filles de Mme Mireille, et elles ont un peu envie de vivre leur vie. Mais Mme Mireille est un peu embêtée. Dans la famille de Mme Mireille les jeunes filles sont sages et obéissantes. Elles vont au catéchisme et puis un jour elles se marient, et entre les deux… rien. Mais Mme Mireille voit bien que ses filles, ça fait un moment qu’elles ne sont plus tentées par le caté’. Pour les tentations, question de génération. Et elle se sent un peu désemparée Mme Mireille…

Mais si nos oreilles décollées ne nous suffisaient pas pour décoder les histoires des grands, il restait encore l’option papivore, pour peu qu’il y ait des journaux à lire à la maison.

Moi je me souviens que je lisais tout ce qui traînait à la maison, et donc les journaux des mamans. Avec des photos de filles presque nues dedans. Mais –hum- pas seulement ! Il y avait aussi le courrier des lecteurs, ou plutôt des lectrices. J’ai toujours aimé lire le courrier des lecteurs moi, celui de Télé 7 Jours chez mes parents, du Figaro Magazine chez mes grands parents ou de l’Huma euh… ailleurs… Mais c’est dans le courrier de Elle, ou Marie Claire que j’ai lu des histoires que je ne lisais jamais ailleurs. Des femmes qui écrivaient –comme on jette une bouteille à la mer, c’est l’impression que ça donnait- à leur journal préféré pour raconter leur mariage forcé, leur divorce impossible, le mépris… Ou parfois pire, les avortements clandestins, les coups, ou les viols. Suivis du mépris et du rejet de leur famille, du corps médical ou de la police et de la justice si jamais elles osaient porter plainte. L’air était connu, ce qui leur était arrivé, elles devaient bien y être pour quelque chose.

Elles entendaient les sempiternelles ritournelles : quelle idée de porter des minijupes ! Un homme c’est un homme, vous le saviez bien. Et pourquoi étiez vous toute seule dans la rue ce soir là ? Au fond vous l’avez bien cherché ce qui vous est arrivé.
Et elles étaient beaucoup à le croire et à préférer se taire avec leurs secrets, ou à se débrouiller seul avec le polichinelle du 14 Juillet.

Il y avait peu de gens à qui elles pouvaient se confier, demander conseil, en qui avoir confiance. Mais il y avait ceux et celles dont on oublie un peu l’anniversaire aujourd’hui.
J’ai lu toutes ces histoires au milieu des années 70, c’est loin, mais pas tant que ça. L’homme était déjà allé sur la lune.

Les choses ont changé il paraît. Mais est ce qu’elles ont vraiment changé ? Je veus dire vraiment ! Et pour tout le monde ?

C’est pour ça qu’il est important de ne pas oublier cet anniversaire là, pour tout ce qu’ont fait les hommes et les femmes dont c’est au passage l’anniversaire de leur engagement, et de leur foi dans la liberté et dans le progrès. Et blabla, tout de suite les grands mots vous voyez…

Mais bon, le monde est plein d’anonymes qui n’auront jamais de légion d’honneur. Contrairement à n’importe quel premier ministre venu si vous voyez à qui je pense.

Et après tout, tant mieux.

Bon anniversaire au planning familial

logoplanningfamilial

Posté par LaVitaNuda à 15:14 - Collection Café Society - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2006

Making Plans For Nigel...

On en voit et on en entend tellement à propos de ce CPE que je me demande s'il est vraiment nécessaire d'y ajouter quoi que ce soit ! Entre les discours convenus, les défenses d'intérêts plus ou moins particuliers, et de vraies revendications sociales et économiques, pas facile de faire le tri.

Au café du commerce, c'est à dire au petit resto du midi avec "boss" et consorts, la cause est entendue... Tout ça "c'est la faute du code du travail"... Voilà les hauteurs stratosphériques du débat... Alors je m'abstiens de placer le couplet provocateur qui mettrait tout le monde d'accord : "Ce qu'il faudrait à l'europe, c'est une bonne guerre avec pleins de morts pour résoudre le problème du chômage et relancer l'économie... N'hésitez pas à envoyer vos gamins en première ligne surtout !".
Ca volerait aussi haut.

Et puis j'ai eu au moins la chance de tomber sur ce papier (Libération de ce week end) -on peut être d'accord ou pas- qui au moins défend l'intelligence par rapport à cette calamité qui veuille que le travail soit depuis 30 ans des miettes de plus en plus petites qu'il faut se partager à de plus en plus de convives.
Je vous le re-cite tout de go, ainsi que le lien qui va bien avec.

François Dubet, professeur de sociologie à l'université Bordeaux-II et directeur d'études à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), analyse le mouvement de protestation anti-CPE. Il publie au Seuil Injustices, l'expérience des inégalités au travail (1).

Pourquoi le CPE mobilise-t-il tant les jeunes ?

Il faut rapprocher les émeutes en banlieues de l'automne et les manifestations d'aujourd'hui. Il y a un véritable problème de la jeunesse en France : d'un côté, les enfants des classes moyennes font des études, mais sont très angoissés par la dégradation programmée de leur situation sociale. Un jeune sur deux occupera demain un emploi qui n'aura rien à voir avec sa formation universitaire. Dans les années 60, seuls 12 % des jeunes avaient le bac. En face, il y avait environ l'équivalent de postes disponibles de cadres moyens et supérieurs. Aujourd'hui, 70 % d'une classe d'âge a le bac, sans qu'en face on ait le même nombre de postes. Et puis il y a une autre partie de la jeunesse, totalement marginalisée, qui adopte des conduites émeutières. Les jeunes de banlieue sont déjà «dehors», et les enfants des classes moyennes savent qu'ils peuvent rapidement les y rejoindre. Dans ce contexte, le CPE a un effet désastreux, au moins symboliquement : il institutionnalise la précarité pour tous. Pourtant, pour certains jeunes, qui cumulent les stages ou ne trouvent pas de travail, le CPE peut être «mieux que rien.» Je ne défends pas la mesure, mais j'observe des tensions à l'intérieur même des jeunes. D'un côté ceux qui font des études, en se disant : «Je dois tenter ma chance, avoir un diplôme pour obtenir un CDI.» Et ceux déjà «dehors», à qui en théorie est destiné le CPE. En 1994, au moment du CIP, qui prévoyait une rémunération à 80 % du Smic pour les jeunes, cette tension existait déjà.

N'est-ce pas la crainte de ne plus progresser socialement qui mobilise ?

C'est un thème qui a su mobiliser plutôt les générations précédentes. Aujourd'hui, la grande affaire, c'est l'injustice. Il y a une conscience vive qu'il y aurait une barrière dans la société entre ceux qui peuvent entrer dans la vie sociale, fonder une famille, avoir un appartement, une voiture... Et ceux qui en resteront exclus. Au fond, tout le monde a admis que le travail allait désormais être flexible. Mais la vie ne peut pas l'être. C'est un échec français, on est incapable d'articuler cette flexibilité de l'emploi imposée, et le fait que sa vie ne peut pas être totalement indexée sur son contrat de travail. Si un jeune est en CDD, sa banque refuse de lui prêter de l'argent. Alors il continue à dépendre de sa famille. La principale préoccupation des jeunes, c'est de devenir adultes, en ayant des revenus stables, pour s'installer dans la vie.

Quel rôle jouent les syndicats dans cette lutte ?

Je ne les accuse pas. Mais depuis trente ans, ils sont devenus minoritaires, centrés sur des secteurs protégés, sur des populations qui ne se sont jamais posé objectivement la question de la précarité. Ils défendent le noyau dur de leurs adhérents, qui sont en CDI. Ils ont cependant d'excellentes raisons d'agir avec les jeunes, mais leur alliance n'est pas si claire. Avec un taux de chômage élevé, les jeunes sont la variable d'ajustement du monde du travail. Sans compter que les écarts de salaire entre les débuts et les fins de carrière se sont creusés. En se liant aux étudiants, les syndicats se remettent aussi dans le jeu face à Dominique de Villepin, et ce à la veille de leurs congrès respectifs. Il y a aujourd'hui en France comme un deal secret : la question du chômage et donc de l'emploi a évincé celle des conditions de travail. Au point de sacrifier une génération. Mais ce deal craque, dans les émeutes de banlieue, comme dans les manifestations d'aujourd'hui, même si l'imaginaire social des Trente Glorieuses continue à dominer.

(1) Avec Valérie Caillet, Régis Cortéséro, David Mélo et Françoise Rault.

http://www.liberation.com/page.php?Article=368123

Quand j'étais gamin il y avait cette chanson de XTC, j'y repense toujours à chaque fois que des sois disant réformes se préparent à entuber la jeunesse sous couvert de vouloir résoudre ses problèmes :

We’re only making plans for nigel
We only want what’s best for him
We’re only making plans for nigel
Nigel just needs this helping hand
And if young nigel says he’s happy
He must be happy
He must be happy in his work...

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Photo : Remy Artiges

Posté par LaVitaNuda à 15:05 - Collection Café Society - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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