Crise par ci, crise par là.
Je vous épargnerai de longues digressions économico-sociétales (un nouveau mot à la mode ça, "sociétal"), il suffit d'ouvrir la radio, la télé ou lire n'importe quel journal pour cela pour en avoir sa dose de crise... et parfois de crise de rire (jaune).
Souvenez-vous, au départ il n'y avait pas de crise, puis pas de crise en europe, puis aujourd'hui pas de crise en France. Il n'y avait pas non plus de récession, puis une récession technique (nuance), puis -et là, on touche au sublime- une croissance négative (mouhaha). Maintenant il ne faut pas dire qu'il y a, ou aura, récession. La récession c'était en 1929. La récession se sera aux Etats Unis, qui bien sûr ne vivent pas à crédit grâce au dollar sur le dos du reste de la planète. En tout cas, il ne faut pas dire "récession", c'est moche, c'est un gros mot, c'est vilain. Et pi, ça pourrait faire encore plus peur à la confiance.
Vous savez, cette fameuse confiance !

On croit que les têtes d'oeuf de l'économie font de savants calculs prospectifs, que les banquiers, les hedges funds, les spéculateurs, les traders utilisent des formules à faire palir n'importe quel mathématicien de génie pour prévoir le futur de l'économie. Et finalement, on comprend que tout cela ne fonctionne que grâce à la "confiance". Ca se mesure comment, ca pèse combien, ca se marchande sur quelle bourse la confiance ? Qui sait.
En tout cas, pas les économistes libéraux, ou leurs politiciens affiliés qui nous abreuvent depuis des années sur la nécessité des ajustements structurels, sur les règles de la compétitivité à l'heure des marchés émergents, sur le coût et les bienfaits de la mondialisation... Pour finalement gémir parce que, ou qu'elle est passée la confiance !?

Devant les chiffres astronomiques qu'on avance pour redonner confiance à nos malheureux banquiers qui ne se rappellent plus ou ils l'ont rangé la confiance, bien difficile de se rendre compte ce que cela représente vraiment. Ca fait combien de confiance ça les 1200 milliards de dollars engagés par différents gouvernements depuis le mois de Février et la perte définitive de la confiance pour la banque Anglaise Northern Rock ?
Moi j'arrive pas à me représenter ce que c'est 1200 milliards de dollars.

Tenez, on va m'accuser d'amalgames honteux et simplificateurs, mais c'est juste pour vous donner une vague idée, et en plus j'men fiche d'être un honteux amalgamateur.
- L'ONU évalue ses objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à -grosso modo- un montant supplémentaire de 50 milliards de dollars pendant 20 ans. C'est pas grand-chose les OMD : réduire l'extrême pauvreté et la faim; assurer l'éducation primaire pour tous; promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes; réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans; améliorer la santé maternelle; combattre le VIH, paludisme et autres maladies; assurer un environnement durable; mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Trois fois rien...
Ben ça nous fait que 1 000 milliards tout ça !
- Sur une estimation de 135 millions de chômeurs sur la planète, 1 200 milliards ça ne ferait qu'une petite prime de 9000 dollars par chômeur. Il y aurait de quoi lancer le micro-crédit sur toute la planète pas vrai ? Ca permettrait sûrement de créer des entreprises et des emplois ?

Mais fi de tout cela !
Un peu de réalisme que diantre !
Les états riches diminuent leurs aides aux pays pauvres, et imposent leurs lois à travers les règles de l'OMC, les plans d'ajustement du FMI et autres. C'est qu'il faut s'adapter au marché. Ayez confiance dans le marché, et il vous le rendra bien, comme on peut le constater.
Et puis les chômeurs ! Ces feignants qui ne veulent pas bosser. Alors que les caisses sont vides (mais alors d'ou sortent ces 1200 milliards). Leur verser 9000 dollars chacun, un appel à la gabegie et au fainéantisme voilà ce que c'est !

Non, soyons un peu sérieux. Rangeons-nous du côté des gens raisonnables. Kouchnérisons notre cerveau pour soutenir la guerre en Irak par exemple. Coût de la guerre en Irak ? Entre 1000 et 2000 milliards de dollars. Certes on appréciera la précision du chiffrage, mais quand même ! A ce prix là, on a les moyens de s'en offrir une deuxième dis-donc ! Qu'est ce qu'on attend !
Et pendant que j'y pense, avec 1200 milliards il y aurait pas moyen de trouver un peu de sous pour équiper nos vaillants soldats en Afghanistan avec de vrais gilets pare balles, des véhicules et des hélicos qui fonctionnent, des munitions et des moyens radio conséquent ?
Qu'est ce qu'il attend Kouchner, pour fonder une banque de l'armement ? Il nommera Attali comme administrateur, lui qui a laissé un """grand souvenir""" lors de son passage à la direction de la Berd (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement).

Mais bon. Pas d'inquiétude.
Pendant la non-crise, la croissance négative et la dépression qui n'existe pas les affaires continuent. Car, pendant ce genre de période, croyez-moi, on (toujours les mêmes) peut s'offrir de belles entreprises pour pas cher. Il suffit d'être subventionné par l'état, amis avec les gens bien en place, et dûment tuyauté pour permettre de faire quelques raids sur les joyaux restés accrochés aux couronnes tombées à terre.
Il suffit de spéculer à la baisse.
Il suffit de continuer à bloquer ses propres liquidités pour liquider le concurrent et le racheter.
A votre avis, que se passe t'il en ce moment ?

Enfin, une dernière pensée pour nos malheureux traders, en tout cas ceux qui se retrouvent aujourd'hui au chômage après banqueroute de leurs employeurs. Ainsi ces braves traders Français, émigrés à Londres, parce que là-bas au moins on n'est pas surchargés d'impôts, on gagne du fric, parce que c'est le vrai libéralisme, le vrai esprit d'entreprise... Que croyez vous qu'ils font quand ils se retrouvent sur le sable ?
Ils reviennent s'inscrire au chômage en France !
(ben oui, parce que les allocs chômage au Royaume Uni, c'est que dalle. Libéralisme oblige).
Et avec leurs revenus gagnés à la City, ils ont droit au plafond maximum, soit un peu plus de 6 000 Euros.

Mais comme disait l'un d'eux : "Ouais, bon, mais vous savez ça paye tout juste mes billets d'avions et les com' sur mon portable".

Sic Transit Gloria Mundi, comme diraient Jérôme Kerviel et ses amis avant de reprendre le volant des finances bancaires, direction Highway To Hell.

LVN101008

Thailande / Parachutes Dorés sur le marché de Chiang Mai.

Pour en (sa)voir plus sur Highay To Hell