L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

20 mai 2005

Hable Con Ella

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Ce film d'Almodovar est repassé hier à la télé. Et en une seule note j'aurai bien de la peine à raconter pourquoi il représente tant pour moi, et comment il s'est imbriqué étroitement à un moment particulier de ma vie.

Mais un souvenir me revient en mémoire.
Nous étions en train de répéter notre spectacle d'été. Le moment de bravoure -en quelque sorte- de mon groupe se faisait avec la musique de ce film. Et puis il y avait ce court passage qu'on avait ajouté.
Un groupe de danseuses entraient côté cour, un autre de danseurs côté jardin.
Disposés sur la scène, nous devions nous enlacer par couple, et tout doucement au rythme de la musique commencer à osciller et à tanguer, toujours enlacés, de plus en plus, jusqu'à ce que la danseuse repousse le danseur qui traversait la scène jusqu'aux coulisses.
C'était juste un intermède, entre deux tableaux. Si ça durait une minute ou deux c'était le maximum.

Aux répétitions j'avais fauché la place de H. Exprès pour me retrouver avec elle. Il n'avait rien dit, m'avait laissé sa place, sachant sans vraiment savoir.
Ce n'était pas compliqué à faire, il suffisait de rester dans le timing, alors nous ne l'avons répété que deux fois.

Le soir du spectacle il fallait arriver sur le plateau en marchant au moment ou la musique se mélangeait avec un bruit d'orage et de pluie. Nous étions de profil par rapport à la scène, je l'ai prise dans mes bras. Nous avons commencé à tanguer doucement.
Il fallait jouer le moment de séparation avec une sorte de violence.
Mais, juste avant qu'on se sépare, de son bras tourné côté coulisses que le public ne pouvait pas voir, elle a serré le mien, le pincant doucement comme on peut prendre affectueusement la joue d'un enfant entre ses doigts. Elle a murmuré trois mots dans le creux de mon cou, sa tête cachée du public par la mienne. Je lui ai répondu avec un souffle qui lui disait que je l'avais entendue et que je la remerciais.
Tant de choses étaient rassemblées dans cet intermède si court.

Le spectacle a continué. C'était bien.
Je parle toujours avec elle.
Et ce film, quand je le revois, je sais qu'il contient toujours autant de larmes... et de joie.

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Les Héros de LVN : ce film.

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19 mai 2005

L'Art de Tourner en Bourrique.

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Il y a quelques jours j'ai pondu une note sur la Fondation pour l'Art Contemporain de F.Pinault, qui ira se faire voir dans un palais Vénitien plutôt que sur l'île Seguin.
Et puis en réfléchissant un peu, je me suis dit que nous avions la chance d'avoir une véritable galerie d'art permanente sous les yeux, tous les jours, gratuite et libre d'accès. Donc, bye bye Pinault c'est pas grave !

Cette galerie d'art permanente c'est... (suspense)... les ronds-points !
Et v'oui, au fur et à mesure ou disparaissent de la surface du sol Français ces dangereux carrefours ou il faisait bon ne pas respecter les priorités, ce sont les ronds-point qui se multiplient. Quel accès à une route prioritaire ne compte pas son rond point maintenant ?
Parfois même, il y en a 2, voire 3 qui se suivent !
Le rond-point -je sais pas moi- a du devenir le travail pratique de base de n'importe quel ingénieur des ponts et chaussées : "Dis donc toi là-bas, enlève ton gobelet de café des plans du viaduc de Millau et va plutôt me décider le rond point d'accès à la zone d'intérêt commercial de Trévouchon l'Auxerrois ! Non mais !"

Et quoiquinya au beau milieu de nos ronds-point maintenant ?
De l'aaart !
Oui, de l'art municipal !
Des colliers de nouilles concoctés par l'agence de design urbain de Trévouchon l'Auxerrois.
Des rêves poétiques pondus par une classe maternelle sélectionnée sur concours cantonal, et réalisée par les ados condamnés à la réinsertion par les travaux d'intérêt généraux.
Une vision progressiste et artistique des spécialités régionales et sponsorisée par les industries locales : le comité des producteurs de saindoux, la coopérative des tréfileurs à gasoil de turlusinfoin, le syndicat d'initiative des merveilles maritimes de la Beauce... chacun d'entre eux ayant contacté un artiste local de renom, aux pieds fermement ancrés dans le terroir, mais à l'imagination libre et palpitante (accent lyrique).

Pensez y quand en voiture vous faites un tour de manège autour d'un rond-point.
Je vous en prie, cessez de regardez à votre droite si des véhicules arrivent. N'ayez d'yeux que pour votre gauche (aucun sous-entendu politique ici) afin d'admirer ce parterre de fleurs d'inspiration maritime, ce kangourou géant taillé dans une haie, ce tonneau viticole tranformé en évocation de la bouillie bordelaise, cette flèche en aluminium censé symboliser votre arrivée dans le nouveau millénaire en même temps qu'à Bouvion Sur Morzeille.

Et vous, vououous (accent lyrique bis) les parisianistes bobos admirateurs de Boltanski, Beuys ou Cindy Sherman, ayez honte de vos sarcasmes.
Ne venez pas vous piquer d'art moderne si vous n'êtes pas capable d'admirer la naïveté figurative d'un globe terrestre en terre cuite incrusté d'émaux imaginé par le club des Chiffres et des Lettres de Saint Piche. Si vous ne reconnaissez pas ce cri de rebellion contre la mondialisation à travers l'empilement désordonné et tragique de ces vieux outils agricoles... symbole d'un passé heureux de nos banlieues désormais à problème.
C'est comme ça qu'on fabrique de la France d'en haut et de la France d'en bas.

Ah ah, vous pouvez rire mais dans quelques dizaines d'années cet art là sera exposé dans les musées. Et pensez donc à la tête des futurs archéologues qui déterreront ces précieux totems culturels dans des centaines d'années.

Sait-on jamais, un nouvel art conceptuel est peut être en train de naïtre. Alors hein ? pouet pouet.

Pour en savoir plus sur l'art giratoire : www.sens-giratoire.com

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Les Héros de LVN : le sculpteur Henry Moore.
S'il avait décoré les ronds-points, le monde serait plus beau.
http://www.henry-moore-fdn.co.uk/

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18 mai 2005

On Dirait Le Sud.

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Je ne sais pas si ça vous fait ça (mais ca ne m'étonnerait pas) : il y a des jours ou je me réveille, plein de bonne volonté professionnelle. Je pars cahin-caha vers mon lieu de travail, une petite 'to do list' bien organisée dans la tête. J'arrive. Je me pose. Et là...

Pfff...

Tout s'évanouit.
Comme à l'école, avant, je regarde la pendule, puis par la fenêtre, puis je me dis "et si je rentrais chez moi, là maintenant, tout de suite". Mais non. Je reste.
Alors je vais faire un tour sur le blog. En me disant "mais mets toi donc à bosser un peu bougre d'âne". Alors au bout d'un moment je finis par m'y mettre en effet.

La journée passe comme ça, entre expédition des tâches quotidiennes et cerveau en balade entre projets de demain, inquiétudes du présent, souvenirs doux... Des petites touches sentimentales et amoureuses comme autant de nénuphars parmi les coassements de crapaud de mon boss qui me parviennent de loin, de très très loin (Hein quoi ? Keskidit ? M'en fous de toute façon).

Je suis là et ailleurs.
Avec moi.
Avec elle.
Avec vous.
Avec n'importe quoi qui ne serait pas bourré des inepties quotidiennes qu'il faut avaler pour vendre un peu plus de ceci ou de cela, pour ramasser un peu plus d'argent, pour être un peu plus ù*$¤# que le voisin.

C'est le moment ou je serais capable de me laisser pousser les cheveux, de porter une longue chemise mauve sur un pantalon Pat' d'Eph', et peut être même de me lancer dans la confection de fromages bio dans une ferme interdite aux caméras télé.
La maison près de la fontaine, on dirait le sud chantait Nino Ferrer. Ces chansons me reviennent de très loin, comme des souvenirs de vacances enfantines qui commençaient avec le bruit des vagues, le chant des cigales et l'odeur des pins.

Le quotidien ne devrait porter aucune atteinte à la douceur des plaisirs de la vie. Par protestation, je pourrais presque en prendre ma carte au PC tient !

Alors je me console en écrivant cette note un peu moyenne.
Mais les cocos en pattes d'eph' dans les maisons près de la fontaine sont naturellement indulgents.
Et puis je me remets au travail.

1975le_sud_avec_radiah

Les héros de LVN : ce disque, la 1ère
fois ou je me suis rendu compte que
la musique contenait de la nostalgie.

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17 mai 2005

Le Jeu du Ni Oui Ni Non.

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Je sais ce que vous allez dire.
Encore un qui s'y colle avec son avis sur la constitution. Y en a marre de la constitution. Y en a marre des avis des bloggeurs, des politiciens, des journalistes, des artistes, des monsieur et madame tout le monde.
Pour vous alors, bon ben, je préfère vous dire à demain. Ce n'est pas la peine de vous attarder ici aujourd'hui. Eh oh, quand même, c'est mon blog. J'y fais ce que je veux.

Et pour les autres (Houhou, vous z'êtes là, y a quelqu'un ?), juste quelques petites idées qui se sont accumulées au fur et à mesure du débat.

D'abord pour situer le point de départ, il vaut mieux que vous sachiez que je suis un européen convaincu. Je ne crois pas en l'état nation comme seule entité politique viable. je ne crois pas à la République Française über Alles. Ou plutôt je trouve dommage que notre horizon se limite à ca. L'idée que la diversité européenne puisse un jour s'épanouir, se renouveler et s'enrichir dans une conféderation ou une féderation a tout pour me plaire.
Pour moi c'est l'avenir. Et s'il existe des frontières naturelles et historiques d'ordre culturel, linguistique, religieux, politique, économique, sociologique, psychologique même... entre les pays de l'U.E. c'est une magnifique idée que d'envisager que des pays aussi divers puissent vivrent ensemble, en paix, et travailler au bien être et au progrès des peuples qui la compose.
J'imagine que je ne suis pas le seul dans ce cas là, loin de là.

Alors à priori, une constitution, ça a tout pour me plaire.
Et puis voilà que chez nous, le réferendum déclenche réactions multiples et variées. Des réactions qui dépassent les clivages habituels comme on les connaît. Chez les tenants du oui, je retrouve des idées et des ambitions auxquelles je tiens. Chez les partisans du non (vous avez remarqué qu'on les appelle très souvent "partisans", comme le synonyme des résistants communistes au nazisme. Non, c'est pas un hasard.), je me retrouve dans pas mal de critiques faites au contenu et aux orientations de ce texte.
Rogntudju ! Ca m'éclaire pas beaucoup.

Alors je lis le texte. Et... même chose. Un coup je trouve ça bien, un coup je trouve ça pas bien du tout. Oui il y a un début d'europe sociale. Non, cette constitution fait la part trop belle au tout économique ultralibéral, etc, etc... Me voilà bien avancé.
Il faudra pourtant choisir entre un oui ou un non.

Surtout une chose me gêne.
Ce texte n'est pas une constitution.
C'est un traité constitutionnel.
Si vous lisez la constitution Française, Allemande ou Américaine, vous découvrirez quelques dizaines d'articles tout au plus. Des articles clairs, compréhensibles. Dont le seul but est de définir la loi des lois, c'est à dire le cadre institutionnel dans lequel un état et une nation régissent leurs rapports en tant que société.
Ce qu'on nous a refilé c'est un traité constitutionnel qui rentre dans des détails qu'une constitution n'a pas forcément à régir. Ceci relève des lois votées par des parlementaires élus par le peuple.
A mon sens il n'y a donc pas encore de constitution en Europe.
Il n'y a qu'un traité ou une grenouille essaie de se faire plus grosse que le boeuf.

C'est peut être inévitable.
Au départ j'ai cru que ce traité n'était finalement qu'un amas de compromis faits à chaque pays sur des thèmes auxquels ils sont si strictement attaché qu'un point de vue commun était impossible. Les Français tiennent à la notion de services publics d'état, les anglais à la liberté du travail, les allemands à l'indépendance de l'euro, etc, etc...
C'est ce qui fait qu'à l'arrivée on peut lire ce texte dans tous les sens, pour lui donner le sens qu'on veut. La fameuse bouteille à moitié vide ou pleine.
Et puis après je me suis rappellé qu'on avait à faire à des gens intelligents (si, si, j'vous jure).
Et je pense que ces gens intelligents, sachant qu'ils ne pourraient éviter autant de compromis faits aux membres de l'union, ils s'en sont au contraire servi pour renforcer en sous-main le caractère libéral de ce traité et le rendre dificillement modifiable. En jouant de ces compromis comme autant d'écrans de fumée.
Ca c'est pas bien me suis-je dit.
Et juste après je me suis dit aussi : mais comment se fait-il que depuis le temps que se texte est en préparation, les tenants du Non d'aujourd'hui n'aient pas pris les devants plus tôt pour proposer plus fortement d'autres alternatives ? Le fond des choses, c'est que je crois qu'il y a aussi chez eux une majorité d'opportunistes, qui au fond se moquent totalement de l'europe.

Avec tout ça, vous devriez imaginer un énorme NON en train de recouvrir ce blog.
Non à ceux qui disent oui.
Non à ceux qui disent non.

Et ben pourtant non (et encore non).
Et pourquoi ça ?
Parce que j'en reviens à ma première idée.
Parce que la seule chose sur laquelle on peut s'appuyer dans ce traité, c'est qu'enfin une europe politique commence à exister en tant que tel. Que ce traité, aussi bancal et décevant soit-il, il permettra de construire une Europe qui ne sera pas qu'une europe économique, qu'une europe de l'euro.
Que puisqu'il se crée enfin des institutions européennes au dessus des Etats Nations (et avec eux), nous pouvons enfin espérer pouvoir construire demain une Europe des Affaires Etrangères, une Europe militaire, une Europe de la culture et de l'éducation, une Europe sociale, des syndicats, des peuples. En tout cas plus qu'avant.

Et que grâce à ça, nous pourrons nous faire entendre sur d'autres sujets que les négociations de l'OMC.
Nous pourrons parler d'une seule voix aux USA, à la Chine et à tous les autres. Nous pourrons peser plus lourd pour réclamer plus de démocratie, plus de partage Nord/Sud, plus de protection de l'environnement, plus de droits à la diversité, plus de protection économique et sociale.
Parce qu'il n'y a qu'en Europe qu'on a réussi à mettre tant bien que mal en marche un modèle de société qui fasse de la place à cette diversité là.
Et qu'on ne peut défendre ces idées que si on construit une europe politique forte, à l'intérieur de laquelle il faudra se battre aussi contre ceux qui ne veulent que des sacro saints marchés.

Voilà ou j'en suis de ma réflexion.
En train de dire oui au oui.
En train de dire oui au non.
Ca ne s'arrange pas.

Heureusement qu'il me reste encore quinze jours pour réfléchir.

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Lez' héros de LVN : les mythes Grecs que je lisais petit. L'Iliade et l'Odyssée, etc, etc...
Ici l'enlèvement d'Europe par Véronèse. Je l'ai vu pour de vrai, il est bien plus beau que ça.

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16 mai 2005

Sans Domicile Fixe.

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Ce n'est pas tout à fait vrai.
Un domicile fixe il en a un. Juste en bas de chez moi, à quelques mètres, sous le porche de la bibliothèque. Ca fait quelques mois qu'il s'est installé là. Petit à petit, il s'est construit une sorte d'appartement avec ce que les habitants du quartier lui ont donné, ou ce qu'il a trouvé.
Un matelas, une couette et un sac de couchage. Un gros chien en peluche. Une table de nuit avec un réveil, un vase rempli de fleurs occasionnellement. De quoi faire une dinette : une assiette, des couverts, un verre, quelques tupperwares. Quelques vêtements.
Il emprunte, ou on emprunte pour lui quelques livres à la bibliothèque.
Il ne se plaint jamais, discute avec tout le monde, trouve toujours des mots réconfortants pour les autres. Je soupçonne qu'il se les dit aussi à lui même souvent.
Je le croise le matin en partant, mais le plus souvent il dort à cette heure là. Je le recroise le soir. On se dit bonjour toujours, de temps en temps on discute un moment. Il me tape d'une cigarette, c'est vraiment pas grand-chose. Samedi soir en partant chez les adorables Chiboum et l'Amoureux  manger la soupe Phô du siècle, je n'en avais plus des cigarettes. Il m'a dit "Pas grave, si tu en as en rentrant tu peux en glisser une là, dans le tiroir".
Personne ne l'embête ou rarement car il n'embête personne. Les gosses l'aiment bien, je crois qu'ils ont avec lui des petites discussions qu'ils n'ont peut être pas avec leurs parents. Il est devenu une sorte de figure locale du quartier. Une mascotte presque. Quand il n'est pas là, personne ne touche à ses affaires. Les îlotiers ont cessé de lui casser les pieds depuis longtemps.
La semaine dernière il portait un beau costume bleu marine et une chemise blanche. Un cadeau. Je l'ai regardé et je lui ai dit "mazette !". Il a rigolé et m'a dit : "le commissaire du XIVè envoie une voiture avec chauffeur pour venir me chercher tout à l'heure. Il y a des chances que je retrouve un boulot, et on va discuter pour que je récupère un HLM". On a rigolé à propos des flics et de leurs voitures avec chauffeur. D'habitude, ils ont d'autres motivations que celle-là.
Si tout va bien, dans quelques jours ou quelques semaines, il ne sera plus là. Il m'a dit "Je ferais une petite fête, tu viendras ? J'invite tous ceux qui ont partagé un peu de leurs temps avec moi." J'ai dit "Oui, bien sûr" en pensant que j'avais fait bien peu de choses réellement pour lui. A part un peu de temps. Mais c'est vrai que c'est sans doute quelque chose qui compte. Qui compte pour qu'on ne voit pas un clodo parmi tant d'autres, comme une espèce de masse uniforme de désespérés de toutes sortes, mais quelqu'un. Quelqu'un comme vous, comme moi, comme lui, comme nous.
Comme lui ? Pas sûr que si un jour une chose semblable m'arrive, je réussisse à avoir la même attitude que lui pourtant.
Un de ces 4 matins, en partant au boulot, il ne sera plus là, ni lui ni ses affaires. Alors j'en profiterai pour arrêter la cigarette.

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Les z'Héros de LVN : Charlot le clochard céleste.

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13 mai 2005

Z'Heros Défauts

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Pas évident de parler de ses défauts.


On connaît ces entretiens d’embauche et leurs questions rituelles : quelles sont vos qualités et vos défauts ? Il faut alors développer une rhétorique subtile afin de montrer qu’en plus de nos évidentes qualités, la moindre d’entre elles c’est que nous savons tirer parti de nos défauts pour les transformer en atouts au service de « c’te boite » et du sacro saint client.
Nos vrais défauts, ils auront bien le temps de les découvrir et de nous initier à en inventer de nouveaux. Et nous, nous aurons vite fait de découvrir les leurs.

Mais bien pire.
Une plongée en apnée dans mon passé montre aussi à quel point mes défauts pouvaient être nombreux : je ne mangeais pas ma soupe, j’embêtais ma p’tite sœur, je ne voulais pas aller me coucher, pas faire mes devoirs, pas aller à l’école, pas me lever le matin, pas dire bonjour à la dame, pas arrêter de me mettre les doigts dans le nez, pas dire s’il te plaît ni merci, pas sortir de la piscine, pas arrêter de m’agiter comme ça pendant 5 mn, pas poser mes jouets ou mes livres…
Une avalanche sans fin de défauts me tombaient dessus de toute part : mes parents, ma famille, les profs, les voisins, les commerçants, les copains, leurs parents (les fourbes qui s’adressaient aux miens plutôt qu’à moi)…
Toujours trop ceci, ou pas assez cela, je n’étais qu’un tas de défauts empilés les uns sur les autres. Un centre de retraitement de défauts sur pattes.

Lesquels choisir parmi tous ceux là !?

Mais le pire était encore à venir.
Ce lavage de cerveau continuel et malheureusement nécessaire qu’on baptise « éducation » ne tardait pas à faire ses effets.
Bientôt en plus des défauts dont on m’affublait à plaisir, la culpabilité prenait le relais et faisait que je m’inventais moi-même des défauts. Même plus besoin d’affirmer que je n’étais qu’un sacripan, un gibier de potence, un sale gosse monstrueux d’égoïsme et de bêtise. Je me le disais tout seul.
Tenir la porte à Mme Grinchon, cette vieille peste qui crevait nos ballons arrivés « malencontreusement » dans son salon, qui hurlait après nos chants mélodieux (« Tiens voilà du boudin », « Prout Prout », voici quelques titres phares…). Je la lui tenais sa saleté de porte, en même temps qu’intérieurement je la baptisais d’aimables qualificatifs que la décence m’interdit de détailler ici.


Résultat : ma bonne conscience m’affligeait de cette horrible duplicité. Tenir la porte à Mme Grinchon, tout en tendant discrètement le pied, pour qu’elle aille s’écraser lamentablement face contre terre quelques mètres plus loin. Je m’en voulais de tous ces défauts supplémentaires que mes mauvaises pensées faisaient naître dans le secret de ma conscience.

Le soir venu, avant de sombrer dans d’horribles cauchemars, créés par toutes les Mme Grinchon du monde je rêvais éveillé. Je me voyais en Zorro réparateur de toutes ces injustices qu’on me faisait. Ou en Belphégor assouvissant enfin ma soif de vengeance. Mais rien de tout cela n’était très satisfaisant.
C’était sûr ! Tôt ou tard, je finirai sur l’échafaud.

Devant cette inéluctable issue, je décidais alors de céder à tous mes mauvais penchants. Perdu pour perdu, ils allaient voir ce qu’ils allaient voir.
Je décidais de devenir une sorte de Dr Jekyll & Mr Hyde. Présentant chaque jour une attitude des plus respectables mais de pure façade, je laissais en secret libre cours à mes penchants les plus sombres. Je me mis à voler des bonbons, à sonner aux portes, à faire des blagues au téléphone, lancer des bombes à eau, casser des carreaux avec des ballons, griller les feux rouges, marcher sur les pelouses interdites (et seulement celles là), tricher aux compos de maths, sécher les cours, dépenser le peu d’argent gagné en futilité, écouter la musique (le terme « musique » fait encore débat dans mon entourage) toujours trop fort, n’écouter aucun conseil. Voire même parfois, j'allais jusqu'à mettre mes doigts dans mon nez.
Pire même, je traitais toute tentative de remise dans le droit chemin par le sarcasme, l’humour absurde… Ou encore pire, par l’indifférence.

C’est que j’avais trouvé l’arme fatale qui allait enfin me venger de tous mes censeurs.
Pourquoi n’y avais je pas pensé plus tôt, alors que c’était juste sous mon nez.
Chaque reproche reçu devenait alors une occasion parfaite pour faire remarquer à mes critiques qu’eux-mêmes ne respectaient pas leurs propres directives.
Ah oui, je ne tenais pas la porte à Mme Grinchon ? Et alors ! Cette priorité refusée à la 2CV, c’était pas la même chose.
Ah oui, je mets peut être mes doigts dans mon nez, mais je ne passe pas mon temps à me gratter les fesses moi, etc, etc…

Ce fut fatal.
Hélas, non seulement j’étais déjà un idiot congénital chargé de toutes les tares ! Mais en plus à cela s’ajoutait maintenant l’ingratitude, l’absence de civisme et de respect, le nihilisme social. J’étais parti sur la pente ou la mauvaise graine disparaît au fond du gouffre. J’avais de mauvaises fréquentations, de mauvais goûts, de mauvaises habitudes, de mauvais réflexes…
Banni de la catégorie des citoyens honnêtes j’étais. Avec encore plus de défauts aux basques.

J’entassais alors tous mes défauts dans mon baluchon, et je partis seul à l’aventure.
Je me mis à vivre, à travailler, à aimer. Galères, bonheurs, surprises, voyages, vie seul ou à deux… J’eu plus souvent que les honnêtes citoyens l’occasion d’ouvrir mon baluchon pour essayer de faire le tri dans mes défauts et mes qualités.
Une habitude dont je ne me suis pas débarrassé.
Ce qui était une qualité pouvait devenir un défaut dans d’autres circonstances. J’appris qu’être honnête et sincère pouvait être nuisible, mais que ne pas l’être pouvait être pire encore.

J’arrêtai de faire le tri.
Comment voulez-vous que je m’y retrouve !
Comment trouver 3 bons gros défauts de derrière les fagots dans cette mélasse ?
Ca y est, voilà un défaut de plus : parmi tous mes défauts, je ne sais même pas en choisir trois !

Et puisque je dois choisir 3 victimes à mon tour je choisis :
ludecrit

samantdi

et nausicaa 

coyote

Les Z'héros de LVN : un héros de circonstance pour
cette note, le célèbre "Vil Coyote".

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12 mai 2005

L'Alinéa.

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Non, non, c'est pas de la flemme.
C'est juste que j'ai une montagne de travail aujourd'hui, et que je n'ai pas de quoi me creuser la cervelle pour nourrir mon blog quotidien (j'ai jeté ma pelle et mon seau).

Hé, ho, on n'est pas des machines !

En fait comme je n'ai pas vraiment beaucoup de temps à vous faire supporter mes âneries, je voulais au moins en profiter pour rendre hommage à un personnage extrèmement important, sympathique, digne d'être connu et pourtant anonyme. Il est là-dessous.

Et pi' comme ça je peux commencer à réflechir à ma note de demain et au cadeau empoisonné que m'a fait Barnabé aujourd'hui !
:-)

cava01

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11 mai 2005

Sortie Des Artistes.

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La France de la culture conotemporaine est en deuil.
François Pinault a décidé de laisser tomber son projet de Fondation pour l'Art Contemporain, qui devait s'ériger sur l'îlot Seguin (pas celui du Monsieur amateur de chèves, celui des anciennes usines Renault de Boulogne Billancourt). Les peintures qu'il a accumulé sur des conseils d'experts iront se faire voir à Venise dans un ancien palais qu'il a racheté.

Et voilà tout le monde qui s'agite.
C'est la faute au maire qui a laissé traîner le dossier sans manifester vraiment d'intérêt. C'est la faute à l'état et son administration qui montre qu'une nouvelle fois il est impossible en France de faire avancer des projets d'envergure d'ordre privé. C'est la faute à Aillagon, ancien ministre de la Culture qui n'a pas su mener le projet que Pinault lui avait confié. C'est la faute à Pinault lui-même.
Bref, c'est notre faute, notre très grande faute.
Il y aurait beaucoup à dire, mais le sujet n'en mérite même pas tant que ça.

Si ce n'est plusieurs commentaires ahurissants :
- Ce serait la preuve que l'exception culturelle Française est en danger.
- Paris devient en matière d'art une zone désertique comparée aux autres capitales culturelles.
- C'est un sale coup porté à la création et aux artistes Français.
- C'est une lourde perte pour le patrimoine culturel Français.

Hé ho, du calme les gars !

Admettons que cet exemple prouve qu'une fois de plus, les grands projets culturels doivent être portés par un président de la république pour exister (Le Centre Georges Pompidou, le Grand Louvre et sa Pyramide, La Très Grande Bibliothèque, bientôt le Musée des Arts Premiers...).
Qu'y a t'il de surprenant ?
On ne peut pas vouloir que l'Etat protège de tellement près la culture, et que cela n'en rende fatalement plus compliquées les initiatives privées. C'est une longue tradition Française depuis la royauté et dans ce domaine le fait du Prince a force de loi même aujourd'hui. C'est quand même pas une découverte ça ?
Parmi ceux qui versent des larmes de crocodiles, combien sont des courtisans surtout avides de ménager leurs avantages et privilèges auprès des ministères et autres institutions ?
Si Pinault n'avait pas été un grand pote de Chirac, aurait-il eu un tel soutien de la part d'un Ministre de la Culture devenu son employé ? Son projet n'aurait même pas eu l'occasion de naître sur le papier.
Elle a bon dos ici l'exception culturelle.

C'est une honte que ce projet de Fondation quitte la France pour aller s'installer ailleurs !
Allons bon, revoilà les Cocorico qui caquètent de partout, sans peur du ridicule.
Dites les gars, vous vous sentez européens ? Vous ne défendez pas l'existence d'une union des peuples et des cultures d'Europe ? Vous ne nous serinez pas avec le fait que si on dit pas Oui à la Constitution ce sera panpan cucul ? Que tout le monde veut plus d'Europe.
Bien, bien, bien...
Et elle part ou cette fondation ?
A Venise.
Quel pays ?
L'Italie.
C'est pas un pays de l'UE l'Italie ?
Cette fondation qu'elle soit à Paris, Berlin ou Venise, est ce que vous n'allez pas payer le ticket d'entrée en Euro ?
Alors ou est le problème !
Désolé mais moi je considère que Le Louvre, la Tate Gallery, Le Guggenheim de Bilbao ou le Rijkmuseum, et bien c'est chez moi puisque je suis citoyen européen comme c'est indiqué sur mon passeport. Evidemment cette fondation à Boulogne Billancourt ça aurait été plus près de chez moi, et après ? Le British Museum de Londres est aussi plus près de chez moi que le Louvre pour un Marseillais.

C'est un sale coup porté à la création Française et une grande perte pour notre patrimoine.
Ah ben tiens...
Pourquoi ? Pinault n'a acheté que des oeuvres Françaises ? Il n'allait exposer que les artistes Français de sa collection ?
Mais puisque vous êtes si à cheval sur le droit du sol artistique, à ce moment là videz les musées d'état de toutes leurs oeuvres étrangères et rendez les à leur pays d'origine ? Ce ne serait que justice !!
Et hop ! L'obélisque de la Concorde et le sarcophage de Toutankhamon renvoyés au Caire, la Joconde renvoyée en Italie, les Picasso en Espagne...
Franchement vous n'avez pas honte avec des arguments pareils ?! Avez vous seulement demandé à ces artistes Français si c'est ce qu'ils réclamaient ?! S'ils se sentaient Franco-Français, sans ouverture vers le monde et ses richesses.

Personne n'a souligné que si cela était un échec pour un renouveau des pratiques culturelles de ce pays (eh, ho, dites... Avec Chirac et Raffarin, ne me dites pas que vous espériez du renouveau en quoi que ce soit), la bonne nouvelle c'était quand même que cette fondation elle verra le jour quand même.
Et que de nombreux travaux d'artistes intéressants pourront être vus par tous plutôt que de décorer le coffre fort de la banque servant à les protéger.
Et ce partage possible, quel que soit le lieu qu'il se choisit, c'est pas ça l'accès à la culture ?

Réjouissons nous plutôt.

lewis

Les Z'héros de LVN : Jerry Lewis, ici dans Artistes et Modèles.

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10 mai 2005

Le Chevalier Noir

florence_et_hussein38

Après la note d'hier, besoin de passer à quelque chose d'un peu plus léger.
Alors, intéressons nous à la vie difficile des "pipaules", juste un instant (pas plus que ça parce que bon sinon...).

Je suppose que comme moi vous avez entendu parler du fils du Prince de Monac'. A peine son père rangé 6 pieds sous terre, voici la révélation du fils qu'il aurait eu avec une demoiselle, fils dont la couleur de peau s'écarte assez définitivement des standards princiers dont tout le monde parle, puisqu'il est noir.

Non pas qu'il n'existe pas de rois et de princes noirs. Le continent Africain en a même connu de fameux, qui ont inspiré certains Rois de France d'ailleurs. Signalons au passage à Dieudonné, que ces Rois comme les notres avaient coutume de guerroyer pour un oui ou pour un non et ont contribué de manière non négligeable à fournir des esclaves aux colonies en vendant à nos commerçants en chair humaine leurs prisonniers. Mais c'est un autre sujet.

Donc Albert (ça fait pas sérieux comme prénom Altessissime quand même, je sia spas, mais un truc genre Brett Sinclair c'est quand même autre chose), non content de défendre les couleurs de la principauté au J.O. d'hiver en bobsleigh, a semble t'il pris des cours de perfectionnement avec une douce amie des Rasta Rockets !
Le petit coquinou en a profité pour semer sa graine de Prince Consort, pendant que son père devait être trop occupé par les histoire de ses filles Princesses qu'on peut pas laisser sortir. Et le voilà doté d'un héritier potentiel qui est plus du côté d'Othello que de Henry V (remarquez les réferences Shakespeariennes, afin de tenter d'élever une note qui pourrait facilement tomber dans la triviallité).

Moi, je trouve que cette nouvelle a un petit quelque chose de rafraichissant.
En fait ce qui me plaît c'est d'imaginer les crises d'urticaire qui vont fleurir sur les peaux des rombières et des coinçés, des abonnés à Gala qui écoutent Candle In The Wind en boucle, en allant péleriner Pont de l'Alma. Pensez donc, un noir futur prince de Monac'.
Tous ces clones de Stephane Bern qui doivent arborer une mine United Colors of Benetton de façade, alors qu'en fait la dépression nerveuse les guette.
Peut être imaginent t'ils déjà le bal des débutantes dans une quinzaine d'année, quand Othellino de Monaco ira inviter à danser les royales blondinettes scandinaves, les pulpeuses princesses grecques, espagnoles ou italiennes. En plus c'est bien connu, les noirs, ils ont la danse dans le sang... Il va te les retourner comme une crêpe ces petites (restons corrects, nous sommes entre gentlemen). C'est sûrement pas un danseur de menuet Britannique qui pourra faire grand chose contre l'appel lubrique et lascif des déhanchements d'une zouk machine. En plus c'est bien connu aussi, les noirs courent vite, ils auront du mal à trouver un chaperon qui le rattrape à la course à pied.*
(*NDLVN : je laisse ces propos racistes et intolérables à leurs auteurs supposés, car par exemple si les noirs courent vite, c'est sans doute grâce aux blancs qui les ont longtemps coursé à cheval pour leur coller des fers aux pieds. Je m'égare totalement...).
Bref, au secours, le loup est dans la bergerie.
Même l'Europe souveraine de nos descendances royales, à la blancheur imaculée, est maintenant menaçée par la mixité interaciale.

"Ou va le monde !" doivent se dire tous ces bien pensants d'un autre âge, avant d'aller voter Non à la constitution parce que De Villiers c'est quelqu'un de bien, et qu'au Puy du Fou on s'amuse bien. Même Monaco n'est plus un endroit sûr. Sans doute, cette bourgeoise qui exaltait le bonheur de vivre à Monaco (parce que - je cite - "on peut se promener tard le soir en robe de soirée sans être importunée") est elle déjà en train de demander une nationalité Suisse en chocolat blanc !?

Pour une fois, j'ai hâte d'aller "au coiffeur" pour écouter les commentaires acerbes de Mme Dugenou et Mme Chombier sur cette triste et douloureuse affaire.

Othellon 1er (dont j'ignore d'ailleurs le vrai prénom, et au fond j'm'en fous), bonne chance pour les années à venir. Si un petit morveux de Kevin royal déguisé en nazi vient t'embêter, colle lui un bon bourre pif, ça assoiera ta réputation d'homme du monde. N'oublies pas que tu seras peut être assis un jour sur un gros tas de pièces jaunes (en or massif celles là). J'espère que tu n'en feras pas une aumône méprisante, comme celle qu'une Altesse Corrézienne fait par chez nous, pendant qu'elle mange sa brioche payée par les contribuables (notez les réferences historiques délicates afin de ne pas tomber dans la vulgaire caricature. Hum, hum...).

holygrail014

Les Z'héros de LVN : The Monty Python (forever).
Ici le Chevalier Noir dans Sacré Graal.

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09 mai 2005

Comité Des Tocs

florence_et_hussein37

Cet article a occupé un quart de page dans le Libération de ce week end et je suis très étonné qu’il n’ait pas été repris dans d’autres médias et ne fasse pas l’objet d’une diffusion plus importante.


Je vous le résume vite fait : l’institut national de la santé aux USA a autorisé, dans les années 80 et 90, l’expérimentation de médicaments anti sida sur des orphelins séropositifs. Une grande partie de ces gamins étaient issus de milieux défavorisés. Une partie des enfants sont morts suite à ces expérimentations, d’autres ont subi des effets secondaires.
En l’absence des parents, les risques encourus par ces traitements expérimentaux n’ont pas été présentés aux enfants, ou à leurs tuteurs ou un « protecteur » indépendant tel que le stipule les règles du NIH (National Health Institute). Leur consentement a été « rarement recherché » signale le communiqué.

Voilà l’histoire.

J’en profite pour rappeler au passage que c’est en 1989, que les pays membres de l’ONU ont ratifié la Convention Relative Aux Droits de l’Enfant. Donc au beau milieu de ces expérimentations illégales.

2. Les Etats parties s'engagent à assurer à l'enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées.

3. Les Etats parties veillent à ce que le fonctionnement des institutions, services et établissements qui ont la charge des enfants et assurent leur protection soit conforme aux normes fixées par les autorités compétentes, particulièrement dans le domaine de la sécurité et de la santé et en ce qui concerne le nombre et la compétence de leur personnel ainsi que l'existence d'un contrôle approprié.

On a aussi vu ces dernières années, se multiplier les comités d’éthique en rapport avec les domaines scientifiques les plus divers. Reconnaître le besoin de comités d’éthique, c’est par voie de conséquence reconnaître qu’il y a besoin d’établir des règles dans des domaines ou les progrès scientifiques touchent à la nature même de la vie, de sa conception, de sa modification. Mais aussi qu’il y a donc un risque à laisser les seuls scientifiques décider de ce qui est bon ou pas en matière de recherche.
C'est donc pour mettre des barrières aux seuls intérêts des communautés scientifiques, aux intérêts commerciaux de ceux qui les financent, et aux intérêts d’états dans le développement, la maîtrise et l’exclusivité de connaissances dont la nature touche à la vie elle-même que ces comités agissent.

Ni cette convention des droits de l’enfant, ni tous les comités d’éthique du monde n’ont été capables de prévenir le comportement du NIH aux Etats-Unis, et de l’empêcher d’agir.
Peu importe que ces enfants séropositifs aient été sans doute promis à une mort certaine. Cela n’autorise en aucun cas une institution qu’elle quelle soit à s’arroger des droits et des consentements sur la personne d’autres êtres humains.

On sait à quel point une partie de la population aux USA entend défendre un droit d’ingérence dans les choix individuels relatifs à la vie. Il y a des menaces sur les femmes ayant recours à un avortement et sur leurs médecins. On a même vu un président américain tenter de faire passer une loi pour interdire à un mari un droit autorisé par la justice pour mettre fin aux jours de coma de sa femme…
Je ne sais pas ce que les « Pro Life » pensent de cette triste histoire, mais je sais qu’on n’a pas encore beaucoup entendu Bush monter au créneau pour exiger des explications de la part du NIH, et des médecins qui ont administré ces traitements expérimentaux à des orphelins. Silence radio.

De manière plus générale, il faut s’inquiéter de cette indifférence dans les médias Français (ou ailleurs). Pourquoi ? Parce que ce n’est pas chez nous ?
Mais -par exemple- la faillite des services sociaux démontrés dans les procès actuels sur les comportements pervers et pédophiles ne renvoient ils pas aussi à de graves manquements et inadaptations de nos institutions ?


Enfin, comment ne pas englober tout cela dans un changement de perception global par rapport au corps et à la vie ?
Quand on défend le culte de la performance, de la jeunesse, de l’adaptabilité permanente on ne peut pas s’étonner que si les progrès scientifiques le permettent, le corps devienne un produit en lui-même, en instance de dématérialisation.
Un produit que les chirurgiens esthétiques rendront beau pour le montrer à la télé réalité, séduire forcément toujours, maquiller jusqu’au bout pour calmer les angoisses du vieillissement et de la mort.
Un produit que chacun bourrera d’antidépresseurs et/ou de stimulants pour que dans l’entreprise il soit adaptable, performant, concurrent. Pour que socialement il soit toujours « fraîcheur de vivre » à la Hollywood Chewing Gum.
Un produit que les sportifs doperont pour enlever une médaille et satisfaire la demande des sponsors, des médias, du public.

Un produit que certains scientifiques sans états d’âme pensent déjà à rendre mutable plus qu’adaptable pour répondre aux contraintes et aux demandes de demain. Et créer les "marchés" du 22ème siècle ?
Un corps-produit que chacun petit à petit se convainc de devoir toujours rendre plus efficace, échappant à tout stress, toute maladie, toute faiblesse. Avec des pièces de rechange toutes prêtes. Toujours beau. Toujours enviable surtout, car dans la compétition permanente que qui compte, ce n’est pas d’être soi, mais d’être mieux que l’autre.

Ces produits on les aura demain.
On sait déjà à quel prix !
Comme toujours en faisant payer le prix de leurs mises au point aux plus faibles d’entre nous –des orphelins par exemple – ou aux plus atteints mentalement par ce fantasme de perfection et d’immortalité.

Une nouvelle guerre va-t-elle éclater, celle que notre fantasme de toute puissance nous fera mener contre nous même ? Y a qu'à demander au côté obscur de la force !

darth_vader

Les z'héros de LVN : Darth Vador forcément !

Puisqu’on est en période de décorticage de texte constitutionnel abscons, voici l’article 3 de cette convention des droits de l’enfant, qui lui a le mérite d’être clair :
1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale.

Posté par LaVitaNuda à 13:39 - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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