Comme disent les Auvergnats avec un cheveu sur la langue « un fou est un fou ».

Mais ces temps ci – qu’est ce qu’un fou ? - semble faire débat parmi nos grosses têtes gouvernantes. Car il y a des meurtres qui sont horribles, ils le sont tous. Et il y a aussi des meurtriers atteints de délires qui les poussent à la violence, ou des pervers dont la maladie les pousse à des actes abjects et horribles.

Et il y a une autre perversion, qui consiste à exploiter le malheur qui peut arriver à n’importe qui, à utiliser les craintes que chacun peut avoir pour soi et pour ses proches. Et cette perversion est d’autant plus lamentable et pernicieuse que dans ce cas elle n’a pas « l’excuse » sinon l’explication d’être commise par des irresponsables, mais par les représentants élus de not’ belle nation. Normalement, à partir de cette phrase certains devraient penser que je n’ai rien compris, que j’en reste à des niaiseries soixante huitardes, (bouh) que je ne cherche pas à comprendre les victimes… C’est vrai que pendant que j’y suis, je n’ai pas voté Sarkozy, et que ça n’en prend pas le chemin. Pourtant, oui, pourtant…

Qu’est ce qu’il réclame notre Présidensky ? Il voudrait que les individus diagnostiqués « irresponsables » puissent quand même passer devant les assises, et donc être jugés et prononçés coupables avant d’être envoyé à l’asile. Même si cela ne représente qu'un pourcentage infime des meutriers, et que les experts sont de plus réticents à reconnaitre la fameuse notion d'irresponsabilité, et d'abolition permanente ou temporaire du discernement.

Et bien jusqu’à un certain point je ne pense pas que c’est si bête que ça !
Si, si !
Mais hélas ce ne serait pas si bête si toute cette manœuvre n’était en fait rien d’autre qu’un brossage dans le sens du poil du sentiment d'horreur pour le sort des victimes, et de l’utilisation de la peur et du sentiment d’impuissance qu’on peut ressentir face à des individus gouvernés par leurs pulsions. C'est que je ne pense pas que ce soit totalement stupide de signifier à des individus malades, si leur discernement n’est pas totalement aboli en permanence, qu’ils ont agit en dehors de la loi des hommes, au-delà même des lois de la république. Je ne pense pas que ça soit totalement inutile, pour ces assassins là, de s’entendre dire qu’ils sont dans la faute. Je pense même que cela peut être une étape nécessaire, un moment qui pourra leur servir à percevoir leur état, et l'exclusion de la communauté humaine qu'elle implique.

Je ne vois là qu’un acte qui peut être, pourrait leur être utile, parmi bien d’autres choses, pour se reconstruire, et peut être guérir.

Ah, ben oui, même là décidément je suis un salaud ! Je ne pense toujours pas aux victimes mais à la guérison éventuelle d’un assassin. Ce qui me paraît être la seule chose envisageable, et ce qui n’exclut pas –au contraire- de signifier à leurs auteurs qu’ils ont transgressé la loi, au moins quand ils ont la capacité de l’entendre.

Et je suis doublement un salaud, parce que je ne suis pas non plus d’accord avec ce que notre président à derrière la tête : désignons les méchants, les pas bien, les déviants et mettons les à part. Même dans les sociétés dites « primitives » on ne juge pas et on ne condamne pas les fous. C’est dire ou on en est.

Mais justement pensons y aux victimes, et à leur famille, qui trouvent en Sarkozy le porte voix de leur douleur, et le vengeur de leur colère (comme si c’était là le sens du mot justice). « C’est pour faire leur deuil » dit-on, comme un coupable s’invente un alibi. Pardonnez-moi, mais pour ma part, je doute que dans un cas pareil, à un tribunal, un gusse (qu’on appelle Président d’ailleurs tiens ! Il paraît même que ça les énerve quand des petits délinquants nourris aux séries télé US débiles les appelle « Votre Honneur » en pensant bien faire, hu hu hu…)… je doute qu’un gusse disais-je, vêtu d’une robe noire ridicule et d’un ramasse poussière en hermine, réussisse à me faire faire mon deuil par la grâce (non présidentielle) de l’incantation magique du mot « Coupable ». Ah non, je m’imagine au contraire qu’il m’en faudrait des années, et des tempêtes affectives avant de pouvoir faire mon deuil d’un évènement aussi terrible, en admettant même que j’y arrive vraiment un jour, avec ou sans sentence.
C'est que la justice se rend au nom d'une société avant de réparer les torts subis par les justiciables.

Mais poussons la logique (si logique il y a) Sarkozyenne jusqu’au bout, et imaginons un procès aux assises, dans les règles et donc en présence de la famille et de l’accusé, puisque paraît il c’est ce que veux Vox Populi. C’est à se demander si le petit Nicolas –pourtant avocat de formation- sait de quoi il parle !?

Je me demande quel genre de deuil pourrait faire une famille confrontée à un accusé complètement schizophrène et donc incapable de comprendre quoi que ce soit à ce qu’il se passe et incapable de manifester quoi que ce soit. Ou même, je vous laisse imaginer ce que la dite famille pourrait entendre en provenance d’un box des accusés occupé par un pervers obsessionnel hors catégorie qui n’aurait envie que d’une chose : en rajouter encore dans l’insupportable.

Essayez donc de faire votre deuil avec ça tiens !

Et puisque notre petit timonier paraît si préoccupé par le retour du bon sens national, voilà quelques idées pour lui. Sans même parler de la faiblesse des moyens judiciaires ou pénitentiaires pourtant bien connus depuis des années, rappelons à not’ bon Prez’ ce que l’Etat Français laisse faire.

Puisqu’il a proposé cette glorieuse idée suite entre autres à l’assassinat par un schizophrène dangereux de 2 infirmières à l’hôpital psychiatrique de Pau il pourrait se souvenir qu’à quelques kilomètres de là, à Toulouse, l’hôpital psychiatrique Marchant a été détruit lors de l’explosion de l’usine AZF. Il attend toujours sa réouverture. Ainsi que tous les malades qui depuis sont à la charge de leurs familles, laissés dans la nature, ou envoyés squatter les services des Urgences locales qui se débrouillent de ça en plus du reste.

Tout cela est à l’image de ce qu’est devenu le niveau de la prise en charge psychiatrique dans ce pays. Et également de ce que cachent les beaux discours derrière des financements de plus en plus inexistants. Mais bien sûr, cela n’a rien à voir avec notre bon sens présidentiel, tellement évident que je me demande pourquoi je cherche à compliquer les choses, alors que la vie pourrait être si simple n’est ce pas !

Si Sarko était courageux il lancerait un vrai débat sur la façon dont on peut soigner mieux tout en réduisant les postes, les moyens, les soins et leur accessibilité. Ce serait une vraie question de société de savoir ce qu’on est prêt ou pas à sacrifier en matière de santé par exemple ! Mais il est pas fou Sarkozy ! Enfin… peut être !

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