Ah si seulement je savais m’y prendre,
Si pour moi la vie était simple et facile à comprendre.
Si comme on me le répète, comme on me le dit,
Que tout ça, c’est la faute à Mai 68.
Et que c’est pourtant évident,
C’est les immigrés les méchants.

Ah si seulement comme on me le dit
Pourquoi réfléchir, pourquoi penser ?
Y a tellement plus de place dans un esprit plus petit.
C’est pourtant facile de pas se tromper :
Les pas pareils naissent dépravés, ou tueurs de cartes vermeil,
Il n’y a qu’à les expulser, sinon les enfermer.
Alors je chanterai ma chanson débile,
Celle de quand on m’appelait Sarkozy.

Être une heure une heure seulement
Être une heure une heure quelquefois
Être une heure rien qu’une heure durant
Sarko, sarko, sarkozyste et con à la fois

Ah si seulement, je pouvais y croire,
Si comme on me le répète
Qu’un bon Français, suffit de le savoir,
Dois surtout être fier,
D’agiter comme un benêt,
Du bleu blanc rouge à sa fenêtre,
Chaque année tous les 14 Juillet.

Ah si seulement, j’en étais sûr, bon sang de bonsoir
Que pour s’occuper des délinquants,
C’est pas sans espoir
Qu’il suffit d’un adjudant, d’un ordre juste, d’interdire les pétards,
Pour que tout rentre dans le rang,
Qu’il n’y ait plus d’écart.
Alors je chanterai ma chanson morose,
Celle de quand on m’appellait Ségo.

Être une heure une heure seulement
Être une heure une heure quelquefois
Être une heure rien qu’une heure durant
Socialo, socialo, socialo et con à la fois

Même si un jour, juste avant le 1er tour
Je deviens comme je le redoute
Electeur pour candidature inexistante
Même si aux résultats je déchante
Demande asile au Groland
Je sais que dans ma saoulographie
Je chanterai quand même ma chanson à moi
Une chanson anti-abrutis
Celle du temps où pourtant j’y crois pas,
Je votais, votais, votais en étant pris pour un con à chaque fois.

Librement déformé à partir de la « Chanson de Jacky » - Jacques Brel, 1966

brelgrand