L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

10 octobre 2006

Peau De Cochon !

Vous avez remarqué ? Je voudrais pas fayoter, mais depuis un moment on nous explique de plus en plus que pour avoir la patate, il faudrait se mettre à boulotter comme un herbivore ! Finit de nous prendre pour des jambons, il faudrait se passer du bon vieux steak frites/purée d’antan, des gros gâteaux très sucrés, des plats en sauce, ou de la pizza imbibée de fromage… Pouacre ! Stop ! Foin de tout cela, désormais il faut, on doit, et tout de suite manger 5, 10, voire 15 fruits et légumes par jour. C’est bon pour la santé !

Moi, je ne vais pas trop m’en plaindre. Je fais mes choux gras des légumes depuis longtemps. J’aime bien ça les légumes moi ! Et c’est pas aujourd’hui que je découvre qu’il n’est pas forcément bon de se goinfrer de sucre et de graisses, même si c’est bon aussi ça les sucres et les graisses ! Et que manger équilibré, faire des repas réguliers dans des proportions généreuses mais pas forcément disproportionnées c’est mieux que de faire le succès de l’agro-alimentaire qui fabrique de plus en plus d’obésité, et surtout parmi –entre autres- les plus jeunes. Me v’la à la mode s’en l’avoir cherché, quel bol (alimentaire) !

Donc, je résume, si tu ne manges pas tes 10 légumes par jour, tes carottes sont cuites ! C’est pas bien ! Même si c’est en fait moins simple que ça, c’est ce qu’on te fait comprendre.
Mais moi, quitte à ne pas ménager la chèvre et le chou, j’ai l’impression qu’on me prend pour une poire avec ce discours là !

D’un seul coup, parce qu’on est allé trop loin, trop vite, et qu’il y a menace sur la santé publique et le trou de la sécu, on nous sert des slogans visant à nous faire marcher à la carotte plutôt que de nous traiter comme des individus responsables. Alors -et je me fais l’avocat du diable-, dois-je penser que le corps médical qui pendant des dizaines d’année a laissé diffuser des discours favorables à la viande, au sucre, aux plats tous faits… nous ont raconté des salades pour mieux vendre une autre sauce aujourd’hui ? Quand ce n’est pas de l’autre côté, pour faire la promotion de régimes amaigrissants débiles destinés à presser comme des citrons les porte monnaies des ménagers et ménagères de 7 à 77 ans. Et que penser de l’alimentation dans les cantines scolaires sur ces 20 dernières années ? Et le Kinder Surprise qui est bon pour les enfants, il sert à quoi, juste à préparer pour plus tard le passage aux alicaments parce qu’on se sentira coupable de s’être goinfré de M&M’s pendant sa jeunesse ?

Voilà comment on se prend un coup derrière la calebasse, en découvrant le nouveau message à caractère informatif martelé quotidiennement dans sa radio matinale : qu’on serait rien qu’une banane à manger n’importe quoi, n’importe comment. Même si c’était pour avoir suivi des conseils alimentaires serinés pendant des années et qui étaient censés être les bons pourtant ! C’est vraiment la fin des haricots là !
On en serait presque à s’énerver devant ces changements de postures nous invitant à troquer nos steaks hachés pour des nèfles ! Et d’adopter illico le teint d’endives qu’on suppose être désormais celui en vigueur pour être dans les critères de santé modernes ! D’un seul coup, on s’aperçoit que manger « normalement », de manière diversifiée, et de faire un peu de sport (même marcher tiens !) c’est bien ! Moi, ça me courre sur le haricot !
J’aime pas qu’on se mêle de mes oignons, surtout si c’est pour me prendre pour une courge au passage. Pour avoir la pêche, je serais plutôt enclin à faire le poireau à la porte de l’ordre des médecins ou du ministère de la santé ou de l’agriculture, histoire d’y recevoir leurs hôtes estimables à coups de tomates pour tout ce qu’ils ont laissé faire et dire pendant des décennies.
C’est toujours la même chose désormais.
Les seuls responsables d’une situation, c’est nous ! On a jamais été encouragés à rien, guidés, prescrits parfois… à suivre les conduites et comportements qu’on nous reprochera plus tard. C’est sans aucune influence jamais, en toute transparence qu’on a bouffé trop gras, picolé trop d’alcool, fumé des clopes, qu’on s’est goinfré d’antibios ou de calmants, respiré de l’amiante, conduit trop vite et sans ceinture dans des trop grosse voitures avec des moteurs trop puissants…
Si on bouffe mal, c’est uniquement pour perpétuer le plaisir de marcher à la carotte et au bâton alors !? C’est un peu fort de café quand même ! A croire qu’on est trop débiles pour ne pas savoir comment faire autrement pour mettre du piment dans notre vie ! Et pourquoi pas d’ailleurs !

Mais peut être que cette campagne de civisme alimentaire (et toutes les autres) nous donnerait un peu plus l’envie d’appuyer sur le champignon de leur mise en pratique, si leurs prescripteurs étaient capables de dire « Eh les gars, c’est vrai, on a parfois dit un peu n’importe quoi… On s’est même trompés dès fois… Ou on a fait celui qui n’avait rien vu, ni entendu dès fois mais c’était uniquement pour de l’argent. On s’excuse même, c’est d’accord. Mais maintenant faites gaffe là, pour la malbouffe on vous raconte plus des salades ». Ca aurait quand même une autre gueule !
Et j’ai dans l’idée que les conseils ça marche beaucoup mieux quand on essaie pas de culpabiliser les gens.
En attendant ce grand moment, tant que j’entendrai ces pubs débiles pour absorber un potager entier quotidiennement mon premier réflexe sera de penser « Vas donc, eh patate ! ».

arcimboldo

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09 octobre 2006

La Consommation des Idées.

A l'heure de la virtualisation intensive, j'en viens à me poser la question de l'utilité de tout un pan de la blogosphère. Rien aujourd'hui qui n'échappe aux yeux des caméras de surveillance, des appareils photos numériques, des portables, des sites web, des blogs, des télés, des radios, des journaux...

Nous sommes informés de tout, tout le temps... Et même mieux, à peine connue rien n'échappe à sa reprise immédiate d'une information sous forme de critique, de billet, d'analyse, de commentaire, d'étude, d'opinion, d'avis, de réflexion, de chronique... A peine un fait est il porté à la connaissance de tous que déboule aussitôt son cortège d'exégèses et ses décortiquages en tout sens.
Mais justement, en tout sens, est ce que cela fait vraiment sens ?

On peut se féliciter que beaucoup, spécialistes comme néophytes réagissent devant chaque évènement quotidien pour le questionner et proposer la perception qu'ils en ont. Bonne nouvelle, nous ne sommes pas insensible à la marche du monde ! Mais au bout du compte est ce que cela produit vraiment quelque chose ?
Est ce que cela génère de l'action ou simplement un effet de bruit de fond qui sous couvert d'une discussion permanente en tout sens, s'étourdit dans le discours dans un "cause toujours tu m'intéresse" qui tout bien pesé ne fait pas avancer le schmilblick ?
Oui, cela produit quelque chose si on repense à la contribution des web-citoyens lorsqu'il s'agissait du débat sur la constitution européenne, ou sur la mise à l'écart homophobe de Garfield, ou plus récemment sur le traitement des sans-papiers et la menace sur les mineurs générée par la circulaire Sarkozy... Les esemples ne manquent pas, ici comme ailleurs.
Non si on considère par ailleurs l'absence d'un débat consistant sur les idées à quelques mois des présidentielles, sur le surf des hommes politiques à travers leurs blogs alors que plus que jamais leur image remplace leurs programmes, sur notre méfiance vis à vis d'eux, sur l'apparition de blogs de propagande, et de marketeurs de tout poils qui scrutent les tendances numériques de tout poil.
Pendant que les journaux d'opinions voient leur influence décroitre au profit de gratuits qui se contenent de recopier des dépêches AFP.

Je n'ai pas de réponse définitive, sinon qu'il me paraît que cette sorte d'énivrement permanent au débat et au commentaire aboutit à une forme de stérilité en ne prêchant que pour les convaincus d'un camp ou d'un autre. Que produire du commentaire ce n'est pas forcément produire de la connaissance et de la compréhension. Et que de plus en plus, ceux qui pouvaient rêver d'une université populaire virtuelle se retrouvent de plus en plus dans un café du commerce qui n'a même pas forcément l'avantage d'être haut en couleur et chaleureux, comme le petit zinc ou il m'arrive d'aller boire mon café du matin.

Le temps de l'analyse, de la finesse, de peser le pour et le contre, de confronter et préciser sa pensée me paraît de plus en plus rare sur les blogs (et ailleurs aussi) ou la vitesse et l'étourdissement virtuose, l'illusion de jongler avec le pouvoir des idées remplace la modestie, l'écoute, et le partage (ce qui n'exclut pas forcément des positions claires et affirmées sur son opinion pourvu qu'on accepte de l'éprouver).
Bla bla, bla bla et le ciel des fils RSS t'aidera.

Pour l'instant j'en suis là.
Pas sûr des bienfaits apportés par cette blogosphère qu'il est devenu top tendance de citer, reprendre et faire entrer à coups d'approximation dans le grand cirque du "cause toujours". Mais certain qu'il vaut mieux ça qu'un grand silence ou pas une tête ne pourrait dépasser.

Alors aujourd'hui, je voudrais simplement vous proposer un petit test :
Débranchez vos PC, fermez vos journaux, posez vos livres, éteignez la radio, débranchez vos consoles de jeu, décalez votre séance de cinéma ou de théâtre, reportez cette conférence, coupez votre téléphone... et laisser vous aller simplement à penser.

Est ce que vous ne vous sentez pas mieux ?

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04 octobre 2006

Je lis le Japonais si je veux !

Je voulais prendre quelques minutes pour vous parler de 2 livres.
Oui, bon... d'accord... ce sont des B.D. mais parfois -pour ceux qui en douteraient encore- la B.D. c'est tout aussi consistant qu'un livre, un vrai.

Prenez par exemple ce livre "Quartier Lointain" (en 2 tomes) de Taniguchi. Eh ben, c'est sans doute une des meilleures B.D. que j'ai lu depuis longtemps (même s'il est paru en 2003). Si, si, j'vous jure !
Taniguchi se sert d'une idée qui probablement nous est tous passé par la tête à un moment ou un autre de notre vie : et si je revenais en conservant ma conscience d'adulte, dans mon corps de 14 ans, que se passerait-il ?
C'est ce qui arrive au héros de Quartier Lointain. Après une biture digne de tout salary-men, il se réveille dans son corps de 14 ans.
Et n'allez pas croire qu'il s'agit d'un banal jeu autour de l'espace-temps ! Genre, mais si je change le passé, alors je change l'avenir !? Taniguchi raconte quelque chose de bien plus subtil et bien plus beau. Surtout, il essaie de raconter comment son héros va essayer de résoudre une énigme qui le poursuit depuis ses 14 ans justement : la disparition de son père, un jour, sans explication.
Hiroshi -le héros- se réveille dans sa jeunesse quelques temps avant cette disparition, et bien sûr il veut essayer de l'empêcher. Mais comment faire ? L'auteur s'applique bien plus à montrer ce que peut changer la maturité dans la perception d'une histoire, et ce vers quoi elle conduit. Hiroshi, adulte dans un corps d'adolescent redécouvre en fait son enfance, par tous ces petits morceaux du quotidien : en famille, à l'école, avec ses amis, en tombant amoureux... jusqu'à cette fameuse énigme de la disparition... Il en deviendra un nouvel adulte.
C'est magnifiquement raconté, et le dessin en noir et blanc, précis et léger, colle idéalement à l'histoire.
c'est moi qui vous le dit, les 2 tomes de Quartier Lointain, c'est un chef d'oeuvre.

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Un autre ?
Vous pouvez aussi lire la série des "Bicyclettes Rouges" de Kim Dong Hwa, un Coréen.
Rien à voir avec Taniguchi le japonais. Hwa raconte un village sud-coréen à travers le regard de son facteur en tournée quotidienne. Sa bicyclette rouge le promène à travers les champs et les collines, auprès des habitants : vieux, agriculteurs, nouveaux habitants... et de toutes leurs petites histoires.
Les dialogues entre les papis du coin, le vent qui passe dans les branches, les visites des enfants installés en ville... tout est prétexte à dépeindre une campagne lointaine, un mode de vie différent du notre, mais pas sans écho avec notre propre monde.
La couleur fait chanter les pages, Kim Dong Hwa (pas plus que Taniguchi) n'est désabusé, ou amer.
Tout juste un peu nostalgique, il n'en accepte pas moins le présent et ses difficultés comme de nouvelles sources d'inspirations souvent drôlatiques. Une bouffée d'air frais en 3 volumes déjà parus, et bientôt un 4ème.

bicrou

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03 octobre 2006

Forbidden Planet.

Fallait-il que j’aime avoir les jetons !
Tout avait commencé, quand fatigué par une longue route, je les avais vu, eux… les envah… Euh ! Oups ! Je voulais dire, ça a commencé quand un été de jeunesse, sur une plage, mon père m’avait offert un bouquin de Lovecraft. Je m’en souviens autant parce que mon père m’offrait quelque chose, que parce que ce bouquin du grand-maître cinglé du fantastique m’avait foutu les jetons. Maintenant que j’y repense… Je me demande d’ailleurs quel but mon père avait en tête…
J

C’est ce livre qui m’a fait plonger, voire me noyer… dans la littérature fantastique et la science fiction pendant longtemps. Il y a eu une époque où je ne lisais plus que ça, et parfois 2 livres par jour que j’achetais en poche en détournant un peu de sous des commissions (étant le préposé au ravitaillement familial).
Et puis, après l’étape livre, il y a eu l’étape cinéma. Ca tombait bien, toute une série de nouveaux films de science-fiction étaient en train d’apparaître. Mais surtout, celui qui a tout déclenché, c’était lorsque j’ai vu pour la première fois « Forbidden Planet » à la télé.
Car ça, c’est quelque chose Forbidden Planet !


D’abord –même pour moi à l’époque, c’était déjà un très vieux film (1956) !
Mais, fichtre ! Qu’est ce que j’avais eu les chocottes !
Pas à cause de Robby le Robot, qui à la demande du cuistot de l’équipage porté sur la bouteille, se met à picoler du whisky puis à en produire lui-même. Non, dans ce film, ce qui fout les chocottes c’est la Planète (Interdite) elle-même, qui fabrique une sorte de monstre invisible qui croque les astronautes venus à la rescousse du vaisseau précédent qui a disparu. Bien sûr, il y a les extra-terrestres, mais eux aussi ont disparu de manière inexpliquée, laissant des vestiges super en avance sur la science Terrienne (comme d’hab’). Et bien sûr, il y a une une sorte de savant fou rescapé (le docteur Morbius), venu avec le 1er équipage, et bien décidé à profiter de cette technologie mystérieuse.

N’hésitons pas à le dire (je n’hésite donc pas) : La Planète Interdite est l’un des meilleurs films de science-fiction qu’il soit possible de voir (le film ressort bientôt à l’écran, guettez les programmes de vos cinoches préférés, et en DVD en Novembre).

Vous ne pourrez que craquer sur le côté fifties de l’aventure, les costumes, les effets spéciaux millésimés, Helle Nielsen (Y a-t-il un pilote, une reine…. Etc, etc… Vous connaissez la série) dans l’un de ses premiers rôles. Sans compter Altaïra, l’héroïne du film, fille du savant fou, évidemment une sorte de créature sortie des calendriers américains à pin-up de l’époque (c’est donc pas du Kate Moss, vous vous en doutez).
Miam, miam… Je suis plutôt impatient de retrouver Robby Le Robot, la musique fantabuleuse de ce film (musique électronique des années ’50 : très fort), les rondeurs pulpeuses de l’héroïne, la cité-puit des extra terrestres disparus, le monstre invisible, le look méphistophélique du savant fou, et surtout les chocottes de mon enfance…

Et si jamais, vous avez peur de passer pour un attardé, un éternellement adulescent, vous pourrez frimer dans les dîners (on dîne tous aujourd’hui, il paraît !!!), en expliquant que le scénario est inspiré par ‘La Tempête’ de William Shakespeare.
Et toc !

ebc178

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27 septembre 2006

Quand je voudra deviendre écrivain !

Quand un jour je voudra deviendre écrivain, j'aura pleins de choses à faire !

Il faudra que je mette toujours une chemise de la même couleur, blanche comme BHL , noire comme Christine Angot pour qu'on me reconnaisse bien. Tant qu'à faire j'essaierai d'y associer le caractère qui va avec. Comme Christine Angot, je m'envelopperai ainsi dans mon titre autoproclamé d'écrivain pour arborer une mine et un discours pète sec et renfrognée.

Il me faudra aussi une coupe de cheveux reconnaissable pour les photos. Sans doute un truc rebelle de chez Neuilly-Auteuil-Passy comme Florian Zeller qui en dira long sur moi tout en ne disant rien.

Une attitude spécialement étudiée bizarre serait aussi la bienvenue. Quand on écrit et qu'on est artiste, la moindre des choses est de se distinguer de la masse. Un look gothique comme Amélie Nothomb serait donc totalement idoine.

A moins que je me décide pour quelque chose de plus post-punk apocalyptique, et pas chochotte pour un sou. Alors, je n'aurai plus qu'à porter mes lunettes noires à la warrior en permanence, en dévidant des sentences de terminator littéraires pour que ça fasse l'afffaire comme Maurice Dantec.

Car il faudra bien que je passe à travers la rentrée littéraire de Septembre et ses 600 nouveaux bouquins. Peut-être me laisserais-je alors tenté par l'exposé d'idées d'arrière-arrière-arrière fond de bouteilles de mauvais picrate rétrograde. Il me suffirait de les ripoliner à l'air du temps pour qu'on m'offre alors une chronique littéraire à moi tout seul comme Eric Zemmour.

Car, la chronique littéraire, c'est un bon plan. Le seul problème c'est qu'il faut réussir à lire 40 livres par semaine, et pas les lire en passant comme ça. Naaaaan ! Car après il faut en parler ! Donc, et qui en douterait, il faut le lire vachement bien. C'est pour ça que j'aurai toujours quelques citations du bouquin chroniqué à portée de main. Ca fait pro, on peut même en devenir éditeur à la fin. Comme Frédéric Beigbeder.

Ou alors, à l'opposé de tout ça, il faudrait que je refuse tout : interviews, télé, presse, pubs... Sauf que je ferais de la télé, de la presse, de la pub... et même tout plein, pour dire que j'aime pas en faire (en ne disant rien), comme Michel Houellebecq. Ca ferait parler de moi quand même, ma posture de merlan frit anémique symbole du vide intersidéral de notre monde moderne.

Ce serait toujours mieux que d'écumer les plateaux télé, pour répondre à des questions débiles en 5 mots (pas plus), ou à des questions compliquées (avec des mots de plus de 3 syllabes dedans) en moins de 20 secondes. De toute façon comme Yann Moix, on s'intéresse à ce que je suis, pas à ce que j'écrit. Et d'aileurs il vaut peut être mieux.

Et puis pendant que j'y suis, j'ouvrirai un blog, et je ferais comme ce La Vita Nuda aujourd'hui quand il parle de cette sois-disante rentrée littéraire. Alors j'en profiterai pour faire du name-dropping et faire croire que j'ai lu tous ces gens là, alors qu'ils ne m'intéressent pas. Mais comme tout le monde en parle...

Et pi, après, seulement après tout ça, p'têt que si j'en aura encore le temps, j'en profitera pour écriver un livre dis donc !

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Ce texte est inspiré d'un post de Samantdi à propos des livres qui attendent sur nos tables de nuit, étagères... de bien vouloir être lu. A l'inverse, il s'agit des livres qui ont bien peu de chance d'attendre quoi que ce soit de moi.

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22 septembre 2006

Les Sentiers de la Gloire.

Dans l’express de cette semaine, Eric Conan s’interroge gravement pour savoir s’il faut avoir honte d’être Français. En s’appuyant pour dénoncer les effets des reproches faits à la République sur le film « Les Indigènes », et pour espérer un retour au patriotisme sur « La Tyrannie de la Pénitence » de Pascal Bruckner, Eric Conan entend régler son compte à cette honte qui gangrènerait notre société.

S’en prenant aux politiques qui rejettent sur le passé leurs incapacités d’aujourd’hui, et les intellectuels qui se réfugient dans un œcuménisme hypocrite, Eric Conan se plaint d’une France qui s’apitoie sur elle-même, et s’oppose à l'idée que « plus la France aura honte de ses crimes, plus les problèmes actuels de ceux qui s’identifient à ses victimes du passé se résoudront ».

Pour lui, cette surenchère victimaire ne conduit à rien, et nous serions plus inspirés de nous saisir des points positifs de notre histoire pour construire l’avenir.

Bien qu’il convoque Pierre Vidal Naquet à l’appui de sa théorie, je doute que celui-ci aurait appuyé sa démonstration, mais je m’abstiendrai de faire parler les morts comme il le fait.

Car si « dérive perverse » et victimaire il y a, celle-ci ne vient pas de nulle part.
Eric Conan a beau jeu de dire que les enfants d’aujourd’hui n’ont pas à porter les malheurs et la culpabilité de leurs aînés. C’est vrai, mais pas suffisant.
Il ne suffit pas de dire Yaka/Faukon, pour que les effets de l’histoire ne pèsent pas sur des générations et des générations. Sur le fait que les enfants et petits enfants de Juifs déportés, de Maghrébins colonisés, de descendants d’esclaves Africains… ne soient eux-mêmes poursuivis par leur cauchemar historique et générationnel. Et c'est une imposture de choisir d'ignorer que des siècles d’histoire ne façonnent pas durablement un inconscient collectif.

Qu’on le regrette ou pas, une part d’irrationnel continue à faire fonctionner n’importe quelle société à ce sujet, dès lors que l’une de ses composantes vit une forme de culpabilité parce qu’elle a été victime ou parce qu’elle a été bourreau.
Un exemple ? Quand on parle aujourd'hui de ce fameux plafond de verre, qu’est ce qui fait qu’un arabe, un noir, un jaune... ne soit toujours pas –aujourd’hui- considéré à l’égal d’un blanc ? Les raisons invoquées par leurs responsables sont rarement de l’ordre d'un racisme avoué « J’aime pas les Noirs ». Ils sont prêts à admettre leurs qualités personnelles, mais ils préfèrent invoquer –par exemple- que la « clientèle » n’aimerait pas avoir à faire à quelqu’un de couleur à ce poste… et qu’ils ne veulent pas prendre ce risque.
Idem pour louer un appartement, entrer en boite de nuit, obtenir un crédit immobilier, un emploi, une revalorisation de poste ou de salaire, devenir une personnalité des médias, être choisi comme candidat à une élection par un parti politique …

La honte naît de la culpabilité, mais de cette honte on peut faire bien des choses.
Je veux bien être d’accord avec Conan et Bruckner s’ils en ont après la honte qui conduite à se réfugier dans l’oubli et le déni.
Combien de temps a-t-il fallu attendre pour que la France de 1939-44 ne soit pas uniquement représentée comme une France résistante et qu’on revienne sur les effets de la collaboration y compris après la libération ?
Quel accueil donné à ce sujet au livre-somme de Robert Paxton sur cette part d’ombre de notre passé ?
Puisque Patrick Conan parle de films avec les Indigènes, combien de temps a été interdit en France le film de Stanley Kubrick, Les Sentiers de la Gloire, coupable de ne pas glorifier l’état major de l’armée Française pendant la 1ère guerre mondiale ? 18 ans de 1957 à 1975 !
A propos des Indigènes, qui a appris à l’école que nombre de soldats nés dans l’empire Français sont venus mourir pour nous durant les 2 guerres mondiales ? Combien de temps a-t-il fallu attendre pour les voir et les entendre ?
Combien de temps pour admettre les tortures en Algérie et ailleurs, quand on préfère parler des « effets positifs de la colonisation » ?

Mais ce n’est pas cette honte là que dénoncent Patrick Conan et Pascal Bruckner.
Dans un bel amalgame fourre-tout, ils préfèrent passer sous silence que la honte c’est aussi une prise de conscience. Une acceptation de la responsabilité non pas personnelle, mais d’une nation. Et surtout le souhait de comprendre le passé sous tous ses angles, pour ne pas s’enferrer dans un déni silencieux. Une habitude bien franchouillarde celle-ci. Et qui conduit aux aberrations d’aujourd’hui bien plus directement que les sois disants activistes de la repentance permanente.

Si d’une honte, naît une prise de conscience et une réaffirmation de principes essentiels, alors moi ça me va. On peut se moquer des U.S.A (oui, on le peut, car il y a de quoi), mais eux ont écrit et fait pas mal pour parler et éduquer au sujet du massacre des Indiens, de l’esclavagisme, de la guerre du Vietnam. Eux se sont débarrassés d’un président qui procédait aux écoutes illégales du Watergate… Eux acceptent d’ouvrir leurs archives militaires, ou de leurs service secrets (plus souvent que nous en tout cas)…

« Prôner la fierté Française » comme l’entendent Conan et Bruckner, c’est prolonger la même amnésie nauséeuse, la même fierté de banquet municipal commémoratif. C'est croire qu'il suffit de se parer d'une écharpe tricolore pour que la France étincelle. C'est élever au firmament des actes républicains un défilé du 14 Juillet. Et ne célébrer la société civile que quand elle joue au foot avec une équipe de France Black-Blanc-Beur.
La fierté de Conan et Bruckner, leur propre « Sentier de la Gloire » c’est précisément de s’accrocher à cette culpabilité honteuse qu’ils prétendent dénoncer. Qu’ils ne comptent pas sur moi pour marcher dans leurs traces.

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21 septembre 2006

La Liberté Guide Elle Le Peuple ?

Ne sachant trop quoi faire de mon envie de note aujourd’hui je suis allé chercher mon inspiration ailleurs, chez le blog de Anne Archet, dont les excellents Samantdi et Swami Petaramesh se font l’écho. Et je lis, et voici entre autre ce que je lis (tout en vous recommandant vivement de lire l’ensemble du texte, les extraits étant par nature réductifs) :

« La démocratie est aujourd’hui une valeur universellement partagée par toutes les idéologies politiques »
« La démocratie n’est pas un moyen de libérer les individus mais une façon particulièrement efficace de les asservir en obtenant leur consentement. »
« La démocratie est une hydre à abattre. »
« Soyez réaliste ! Comme le disait Churchill, la démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes. » Ce n’est pas parce qu’un régime politique est moins mauvais que les autres qu’il mérite d’être défendu, qu’il mérite qu’on meure pour lui. Ce n’est pas parce que le sida tue que je militerai pour l’herpès génital.
« Le problème central de la démocratie est qu’elle est source institutionnalisée d’aliénation. »

Voilà une lecture qui a plutôt eu le don de me coller les nerfs en petite boules bien crissantes, tout en admirant la rhétorique d’enfant gâté de son auteure.
Passons sur le simple fait qu’Anne Archet aurait eu bien peu de chances de pouvoir s’exprimer ainsi si elle ne vivait dans l’une de ses affreuses démocraties. Mais ce n’est là qu’une péripétie de circonstance.

Non, ce qui est plutôt stupéfiant à la lecture de ce texte (et à ceux de ses commentateurs louangeurs), c’est qu’ils confondent tout simplement démocratie et vie en société.
La démocratie est imparfaite et injuste disent ils ? Sans blague ? Qui ne s’en était jamais aperçu !?
La démocratie ne permet pas aux êtres de vivre pleinement selon leurs désirs, c’est une forme élaborée de contrôle social.
Evidemment que c’est le cas !
Mais ce n'est pas la démocratie qui est ainsi. C'est le monde, avec des petits et des grands, des forts et des faibles, des riches et des pauvres, etc, etc...
«  Moi, moi, mon moi » réclament ils, faisant mine d’ignorer qu’à partir du moment ou il y a vie en société, il y a une forme de contrôle social qui naît, et qui s’exerce : frustrante, décourageante, exigeante, traître parfois, contre nos désirs souvent. Et que c’est notre prix à payer pour être un être humain. Justement pour tenter que ce ne soit pas toujours les grands, riches et forts qui décident pour tous les autres (et ce n'est pas facile je le concède).

Un être humain, ne vit pas seul, sur sa petite planète, dans sa petite blogosphère, parmi sa tribu virtuelle, dans l’élaboration de son monde à lui ou lui/elle seul serait roi. Voilà bien là un de nos rêves modernes de ce mirage de société ou la liberté individuelle doit s’exercer au dessus de tout.
Un être humain naît dans une famille, puis il vit avec des autres humains, il rencontre le monde extérieur et avec eux bon nombre de gens et choses insupportables. Il apprend à s’en accommoder en renonçant à quelques bonheurs et espoirs personnels et en en découvrant d’autres en échange.
L’être humain apprend à obéir à ses parents, à prêter ses jouets, à ne pas voler, à essayer de ne pas trop mentir, à tirer la chasse d'eau… Il se venge sur des fourmis de ce qu’il ne peut pas faire subir à ses frères et sœurs, à ses parents, à ses profs, tous ces salauds qui lui gâchent la vie… Certains d’ailleurs n’y arrivent pas et plus tard ils tabassent leur femme, leur gosse, leur chien… On retrouve sa liberté ou on peut...

Autant dire que la liberté d’être soi et seulement soi, de ne vivre que selon son bon plaisir, ce n’est pas la liberté, mais probablement une des plus sûres voies vers la tyrannie. Car si tel doit être mon bon plaisir, qui me le contestera ? Qui pourra y échapper ?
Le choix du prince, le monarque absolu, la terreur des tyrans et des despotes, voilà où conduisent l’illusion de ceux qui croient jouir du monde sans contrepartie.
Ils n’en sont même pas heureux car quand il n’y a plus qu’un rapport de maître à esclave… parfois, finalement, le maître n’est rien sans son esclave.
L’aliénation est bien plus dans l’illusion qu’on exerce en toute puissance sa liberté individuelle, que dans le fait de consentir par des mécanismes imparfaits à en abandonner une parcelle à une collectivité qui ne sera jamais aussi bien que ce que nous, nous sommes.

La vie en société c’est la frustration.
La frustration c’est l’instrument qui fait de nous des adultes.
C’est pas marrant, je sais bien. Et je compatis sincèrement avec toutes/tous les Anne Archer confrontés à cette réalité. Comme ça je compatis un peu sur moi aussi au passage.
Mais vouloir faire endosser cette frustration à la notion de démocratie n’est rien de plus qu’une manifestation de leur dépit intime, de la rage qui les fait trépigner du pied en piaillant des « c’est pas juuuuste !».
Même si au fond rien n’y fait, et qu’ils le savent bien.

Mais quitte à choisir son asservissement, en effet je choisis celui de la démocratie, imparfaite, décevante, frustrante… parce que je peux participer à son évolution (imparfaite, décevante, frustrante), et au fait que soient respectés nos droits individuels (imparfaits, décevants, frustrants) et réévalués nos rôles collectifs (imparfaits, décevants, frustrants).
Car c’est la démocratie qui me permet cette liberté là, et personne d’autre !
Ni moi, ni Anne Archer qui sommes imparfaits, décevants, frustrants… mais qu'une démocratie accepte comme tel.



liberty

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19 septembre 2006

2007, Année Electorale.

6 924 !
Six mille neuf cent vingt quatre, c’est le nombre de familles qui bénéficieront d’une régularisation au titre des critères de la circulaire Sarkozy sur un total de 23 000 familles ayant déposé un dossier. Les autres, subtile distinction, rentrent donc à la fois dans les critères d’exclusion du territoire, mais « ne seront pas tous expulsés » dixit Arno Klarsfeld.

Ce chiffre annoncé par N.Sarkozy lui-même illustre bien la façon dont est conduite cette affaire. Car il est annoncé alors que les préfectures n’ont pas encore terminé d’examiner les dossiers qui lui ont été transmis. Arno Klarsfeld à plusieurs reprises a indiqué qu’il n’avait pas reçu les dossiers de tous les cas particuliers dont on lui fait part. Ce qui ne l’empêche pas par ailleurs de rappeler que par la même occasion il n’a aucun pouvoir de décision en la matière. A quoi sert il ? A part promener sa tronche là ou il y a des journalistes pour tenter de faire passer la pilule en mettant sous les projecteurs quelques cas particuliers régularisés, au détriment du reste.
Conclusion : la présidentielle arrive, et cette vaste supercherie ne vise qu’à faire tomber quelques votes sécuritaires dans l’escarcelle du candidat de l’UMP.

D’ailleurs, quand on demande à MM. Sarkozy et Klarsfeld comment il faut comprendre les termes de la circulaire : faut-il répondre à un seul des critères, plusieurs ou tous pour espérer une régularisation ? L’un comme l’autre se gardent bien de répondre. Mais les directives du Ministre de l’Intérieur aux préfets pour faire du chiffre sur les reconduites aux frontières, et la chasse aux sans papiers sont, elles, tout à fait claires et sans ambiguïté, ce qui les conduit à « faire du chiffre ».

Peu importe que des enfants scolarisés aient à en faire les frais, que des familles soient séparées ou amenées à vivre clandestinement, que des rapatriements arbitraires et stupides soient prononcés, que des droits soient bafoués, que les mots « intégration » ou « nation » ou « France » ne se vident du même coup de leurs sens et conduisent à la radicalisation de beaucoup.

2007 année électorale, voilà tout ce qui importe à notre ministre d’état.
L’Etat c’est lui, voilà sa seule et unique ambition. Mais elle n’est digne que du niveau auquel il souhaite la situer. Celle d’un politicien qui ne recule devant aucun artifice pour satisfaire son ambition personnelle.
Mais certainement pas l’ambition d’un homme d’Etat.
C'est-à-dire que moi, ce que je croyais, c’est qu’un homme d’état, c’était quelqu’un qui cherchait à voir plus loin que le bout de son nez, qui ne jouait pas ce qu’il pouvait gagner l’heure suivante contre ce qu’il pouvait perdre pendant des années. En tout cas, que ce n’était pas quelqu’un en perpétuelle recherche de boucs émissaires électoralistes : les immigrés sans papiers forcément indésirables, les jeunes sauvageons forcément dangereux, les fonctionnaires forcément feignants, les salariés forcément trop peu flexibles, les retraités toujours trop protégés, les familles obligatoirement incapables, les ceusses qui pensent autrement forcément incohérents…

Mais j’ai peut être tort après tout !
Alors un homme d’état aujourd’hui, c’est quoi ?

chaise

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18 septembre 2006

A Découvrir ?

Samedi matin, tandis que je prolongeais mon petit déjeuner d'un café et de tartines supplémentaires, j'ai entendu à la radio l'interview de Philippe Caubère par Rebecca Manzoni.
Ce Philippe Caubère là, ça fait un moment que par intermittence j'entend parler de lui. Ca m'a l'air d'être un drôle de zigue ! Acteur, voilà ce qu'il est. Et moi qui ne vais pas très souvent au théâtre, je ne peux pas dire que je connaisse ce qu'il fait.

Mais quand même... Parfois il y a des livres, des films, des spectacles... On ne les connait pas, mais c'est pas très important, on s'en fiche, on a juste envie de voir à quoi ça ressemble et ca suffit. Il y a une envie que je ne saurais pas trop comment définir.
Ce que je sais de Philippe Caubère c'est qu'il présente jusqu'à la fin de l'année son dernier spectacle au théâtre du rond point. Ce que je connais de lui, c'est qu'il raconte sa vie sur scène (même s'il n'a pas fait que ça). Je ne l'ai jamais vu sur scène, ni vu une diffusion d'un de ses spectacles, rien. Philippe Caubère m'a un peu fait penser à un bloggeur qui se raconte à travers ses billets, lui sur scène il raconte comment il est devenu ce qu'il est en le jouant. Donc d'une certaine façon Philippe Caubère joue Philippe Caubère (sous le prénom de Ferdinand), mais un autre Philippe Caubère pourtant puisqu'on ne saurait vraiment redevenir ce qu'on a été. Et il fait ça depuis... pfiou, longtemps (il doit avoir 50-55 ans maintenant).

J'ai trouvé ça curieux comme idée. Et en même temps ça m'a plut !
Sans doute, de lui on dit autant de bien que de mal. Un peu comme un Fabrice Lucchini, peut être a t'il le don d'émerveiller les uns et d'éxécrer les autres (ou parfois les deux en même temps)? Philippe Caubère est il un égocentrique ? Peut on faire un bon spectacle en parlant de soi ? A quoi ca rime tout ça ?

Avec tout ça je ne suis pas très avancé moi. Tout ce que je sais, c'est qu'en écoutant son interview, j'ai plutôt eu envie d'en savoir plus, j'ai plutôt eu envie de le voir sur scène. Peut-être uniquement parce qu'à l'entendre, j'ai eu l'impression qu'il faisait ce qu'il avait envie de faire, et que ça, c'était profondément sincère et sans doute ça mérite qu'on y prête un peu d'attention.

N'empêche, qui c'est ce Philippe Caubère ?

124900

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15 septembre 2006

Libé Rationné ?

Dans les jours ou semaines à venir je risque peut être de ne plus acheter mon Libé quotidien, le journal que j'ai choisi comme compagnon informatif de tous les jours.

Libé, comme l'ensemble de la presse quotidienne va mal.
Après le départ de sa figure emblématique -Serge July-, quatre autres figures de ce journal sont parties il y a peu (Florence Aubenas, Jean Hatzfeld entre autres). Sous peu va être annoncé un plan de sauvetage de la dernière chance qui risque de voir Libé amputé d'une part de sa pagination, sans compter qu'une part du personnel risque aussi de faire partie de la même charette.

On connaît le problème de la presse : changement des habitudes de consommation (l'info est considérée comme gratuite à l'image du téléchargement musical ou vidéo), la concurrence des gratuits (que pour ma part je ne qualifierai pas de presse), la concurrence du web et des autres supports d'information, le coûts des journaux et de leur distribution, etc, etc...
Je ne vais pas vous abrutir de chiffres ou d'analyse détaillée, ceux-ci sont disponibles sur des sites aisément consultables (Acrimed, Observatoire de la Presse, Association de la Presse Internationale...).

Non, je voulais juste parler de Mon Libé.
J'y suis habitué, parfois je m'énerve après lui, parfois je ne suis pas d'accord, parfois j'y fait des découvertes, je m'enthousiasme et je m'étonne. Mais rarement je m'ennuie.
Je fais partie de ceux qui pensent qu'il est important d'avoir une presse d'opinion, quelquesoient les opinions défendues. Je crois que les journaux permettent d'avoir une approche, un recul et un ressenti que n'offre pas la télévision, la radio ou le web. En tout cas pas de la même manière. Je crois qu'une presse libre est essentielle à un pays démocratique, et que la concentration des médias dans les mains d'un nombre limité d'actionnaire ne vaut pas mieux qu'une presse d'Etat. Je pense que la dépendance accrue des journaux vis à vis de la publicité a été une corde avec laquelle les éditeurs se sont pendus. Je pense aussi que l'information demeure un enjeu de pouvoir et qu'il est illusoire d'espérer l'affranchir totalement d'influences économiques ou politique (cela n'a d'ailleurs jamais existé). Mais il doit être possible d'imaginer des formes garantissant au mieux la liberté d'informer et de s'exprimer, en tout cas meilleures que celles qui prévalent aujourd'hui.

Mais pour mon Libé, tout simplement j'aime l'avoir entre les mains, et je ne me vois pas changer pour un autre quotidien. De quotidien dit "de gauche" il n'y en pas tant que ça (et même Libé n'est pas toujours de gauche). Le Monde m'ennuie souvent, l'Huma est parfois pas mal mais parfois seulement, le Figaro j'aime bien certains suppléments mais pour cause de divergence d'opinion je ne me vois pas l'acheter tous les jours, Le Parisien... bof.
Ce qui m'étonne surtout c'est que malgré les difficultés décrites, la presse reste vivace dans beaucoup d'autres pays qui connaissent les mêmes évolutions. Il existe une presse d'opinion plus vivante que la notre en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, aux USA...
Alors je me demande ce qu'il se passe avec la France ? Pourquoi les tirages qui atteignaient les 6 millions il y a des années ne stagnent plus qu'à 2 millions. Quelquesoit les raisons invoquées, peut être qu'après tout le Français lit moins et puis voilà. On peut s'en inquiéter et s'en attrister, mais cela ressemble sans doute à une tendance lourde de notre belle modernité.

Peut être que tout simplement "l'info" n'attire plus grand monde ?
Un monde qui devient plus petit, ou tout paraît plus disponible instantanément. Un monde beaucoup plus individualiste aussi et replié sur lui même. Un monde ou beaucoup se croient démunis devant des puissances qui les dépassent et choisissent pour eux. Un monde qui préfère fermer les yeux. Qui préfère oublier même jusqu'à sa mauvaise conscience de savoir ce qui se passe autour de lui et de même plus vouloir croire qu'il est possible de l'améliorer. Un monde riquiqui, ou du moment qu'on aurait réalisé son bonheur individuel on aurait tout fait, parce que de toute façon faut pas espérer pouvoir faire mieux.

Alors pourquoi lire dans les journaux toutes ces raisons quotidiennes qui s'accumulent pour nous faire penser qu'on a baissé les bras, qu'on y peut rien, que si on a pas réponse à tout alors on a forcément réponse à rien ?
Après tout peut être que ceux qui s'obstinent à lire -journaux, livres, ou autres...- ce sont les gens qui n'ont pas renoncé au sens du mot espoir ?

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Posté par LaVitaNuda à 17:06 - Collection Café Society - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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