L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

17 octobre 2008

All You Need Is The Marseillaise

En d'autres moments je me serais peut être étalé longuement sur cette ânerie footbalistique dont on nous rebat les oreilles depuis le dernier match de l'équipe de France. Mais j'ai pas envie. Je m'étonne même d'écrire quelques lignes sur ce sujet... surréaliste.
Nom de dieu, qu'est ce qu'on en a à foutre de la Marseillaise ! Et qu'elle soit sifflée dans un stade de foot ! Un haut lieu bien connu de débat sur la citoyenneté et la tolérance, bien sûr entre deux "aux chiottes l'arbitre", "l'OM au poteau", "le PSG y z'ont des p'tites bites", quand on ne passe pas aux insultes racistes et groupuscules de supporters néo nazis présents dans les tribunes depuis des années sans que ça ne gêne personne. Ces mêmes supporters, suppôts aujourd'hui de l'anti France qui seront les mêmes à soutenir la même équipe demain à la première promesse de glorieuse victoire.

En d'autres moments j'aurai peut être exposé longuement les possibles raisons que peut trouver un public (une certaine catégorie de personnels comme on dit parfois) à siffler son hymne national : revanche des déclassés et sans avenirs, colère des banlieues, effet de masse, comportement régressif du supporter de base, substitut du sport à l'affrontement guerrier, pfiou... c'est qu'il y en a des explications.

Mais alors que dire des réactions des sois-disant responsables politiques, supposés lire ces mêmes raisons pour y comprendre ce qu'attend d'eux une société et y apporter des réponses pour la rendre meilleure à tous.
Il y avait longtemps que je n'avais pas entendu un tel ramassis d'âneries en si peu de temps, de Fillon à Bachelot, de Sarkozy à Laporte, de Alliot Marie à Myard, Lucas, Bartolone, Copé et... et ça suffit comme ça. Des commentaires aussi hypocrites, écoeurants, stupides... je pensais que c'était réservé au F.N. en période électorale, ou... aux supporters de football réunis dans un stade.

Voilà la tendance, celle qui réhabilite "l'outraaaage" aux symboles républicains, fustige le non-patriotisme, et veut que tout le monde chante bien en coeur une chanson pas si terrible que ça d'abord... Les paroles... franchement discutables... La musique, franchement matamore mais sans le côté rigolo des hymes Italiens ou Espagnols par exemple.
Je m'en contre tape de la Marseillaise.
Comme si aimer son pays se mesurait à chanter son hymne, suspendre des drapeaux tricolores, ou assister au défilé du 14 Juillet. Sans oublier la lettre de Guy Moquet pour faire bonne conscience avant de beugler avec les veaux sur la disparition de l'esprit Franchouillard parce que les zimmigrés c'est des voleurs qui veulent pas s'yntégrer, et pi les jeunes y font peur, ils feraient mieux de s'acheter un costume pour se trouver un Cdd de manutentionnaire en hypermarché, ou un boulot de gardiennage à 2 Euros.

Tout cela sent bon le Super Dupont contre l'Anti-France, sauf que c'est pas Gotlib qui dessine. Alors forcément c'est beaucoup moins rigolo.
Peut être auront nous des commentaires intéressants de Fadela Amara dans quelques jours, ou mieux de Brice Hortefeux qui dirige un ministère dont le nom contient les mots "Intégration" et "Développement Solidaire", mais qui consiste surtout à faire la chasse aux sans papiers (plus de 14 500 reconduites à la frontière depuis Janvier).

Mais bon... C'est vrai que pendant ce temps on ne parle pas des bourses mondiales qui continuent de se casser la gueule, et de tout le reste (la liste prend des dimensions infinies).
Alors franchement, foutez moi la paix avec cette fucking marseillaise.

Aller Roselyne, au lieu de dire des conneries, et puisque tu aimes ça, chante avec moi un Hymne qui en jette.

LVN171008

Tunisie / Médina de Tunis

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10 octobre 2008

Highway To Hell.

Crise par ci, crise par là.
Je vous épargnerai de longues digressions économico-sociétales (un nouveau mot à la mode ça, "sociétal"), il suffit d'ouvrir la radio, la télé ou lire n'importe quel journal pour cela pour en avoir sa dose de crise... et parfois de crise de rire (jaune).
Souvenez-vous, au départ il n'y avait pas de crise, puis pas de crise en europe, puis aujourd'hui pas de crise en France. Il n'y avait pas non plus de récession, puis une récession technique (nuance), puis -et là, on touche au sublime- une croissance négative (mouhaha). Maintenant il ne faut pas dire qu'il y a, ou aura, récession. La récession c'était en 1929. La récession se sera aux Etats Unis, qui bien sûr ne vivent pas à crédit grâce au dollar sur le dos du reste de la planète. En tout cas, il ne faut pas dire "récession", c'est moche, c'est un gros mot, c'est vilain. Et pi, ça pourrait faire encore plus peur à la confiance.
Vous savez, cette fameuse confiance !

On croit que les têtes d'oeuf de l'économie font de savants calculs prospectifs, que les banquiers, les hedges funds, les spéculateurs, les traders utilisent des formules à faire palir n'importe quel mathématicien de génie pour prévoir le futur de l'économie. Et finalement, on comprend que tout cela ne fonctionne que grâce à la "confiance". Ca se mesure comment, ca pèse combien, ca se marchande sur quelle bourse la confiance ? Qui sait.
En tout cas, pas les économistes libéraux, ou leurs politiciens affiliés qui nous abreuvent depuis des années sur la nécessité des ajustements structurels, sur les règles de la compétitivité à l'heure des marchés émergents, sur le coût et les bienfaits de la mondialisation... Pour finalement gémir parce que, ou qu'elle est passée la confiance !?

Devant les chiffres astronomiques qu'on avance pour redonner confiance à nos malheureux banquiers qui ne se rappellent plus ou ils l'ont rangé la confiance, bien difficile de se rendre compte ce que cela représente vraiment. Ca fait combien de confiance ça les 1200 milliards de dollars engagés par différents gouvernements depuis le mois de Février et la perte définitive de la confiance pour la banque Anglaise Northern Rock ?
Moi j'arrive pas à me représenter ce que c'est 1200 milliards de dollars.

Tenez, on va m'accuser d'amalgames honteux et simplificateurs, mais c'est juste pour vous donner une vague idée, et en plus j'men fiche d'être un honteux amalgamateur.
- L'ONU évalue ses objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à -grosso modo- un montant supplémentaire de 50 milliards de dollars pendant 20 ans. C'est pas grand-chose les OMD : réduire l'extrême pauvreté et la faim; assurer l'éducation primaire pour tous; promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes; réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans; améliorer la santé maternelle; combattre le VIH, paludisme et autres maladies; assurer un environnement durable; mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Trois fois rien...
Ben ça nous fait que 1 000 milliards tout ça !
- Sur une estimation de 135 millions de chômeurs sur la planète, 1 200 milliards ça ne ferait qu'une petite prime de 9000 dollars par chômeur. Il y aurait de quoi lancer le micro-crédit sur toute la planète pas vrai ? Ca permettrait sûrement de créer des entreprises et des emplois ?

Mais fi de tout cela !
Un peu de réalisme que diantre !
Les états riches diminuent leurs aides aux pays pauvres, et imposent leurs lois à travers les règles de l'OMC, les plans d'ajustement du FMI et autres. C'est qu'il faut s'adapter au marché. Ayez confiance dans le marché, et il vous le rendra bien, comme on peut le constater.
Et puis les chômeurs ! Ces feignants qui ne veulent pas bosser. Alors que les caisses sont vides (mais alors d'ou sortent ces 1200 milliards). Leur verser 9000 dollars chacun, un appel à la gabegie et au fainéantisme voilà ce que c'est !

Non, soyons un peu sérieux. Rangeons-nous du côté des gens raisonnables. Kouchnérisons notre cerveau pour soutenir la guerre en Irak par exemple. Coût de la guerre en Irak ? Entre 1000 et 2000 milliards de dollars. Certes on appréciera la précision du chiffrage, mais quand même ! A ce prix là, on a les moyens de s'en offrir une deuxième dis-donc ! Qu'est ce qu'on attend !
Et pendant que j'y pense, avec 1200 milliards il y aurait pas moyen de trouver un peu de sous pour équiper nos vaillants soldats en Afghanistan avec de vrais gilets pare balles, des véhicules et des hélicos qui fonctionnent, des munitions et des moyens radio conséquent ?
Qu'est ce qu'il attend Kouchner, pour fonder une banque de l'armement ? Il nommera Attali comme administrateur, lui qui a laissé un """grand souvenir""" lors de son passage à la direction de la Berd (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement).

Mais bon. Pas d'inquiétude.
Pendant la non-crise, la croissance négative et la dépression qui n'existe pas les affaires continuent. Car, pendant ce genre de période, croyez-moi, on (toujours les mêmes) peut s'offrir de belles entreprises pour pas cher. Il suffit d'être subventionné par l'état, amis avec les gens bien en place, et dûment tuyauté pour permettre de faire quelques raids sur les joyaux restés accrochés aux couronnes tombées à terre.
Il suffit de spéculer à la baisse.
Il suffit de continuer à bloquer ses propres liquidités pour liquider le concurrent et le racheter.
A votre avis, que se passe t'il en ce moment ?

Enfin, une dernière pensée pour nos malheureux traders, en tout cas ceux qui se retrouvent aujourd'hui au chômage après banqueroute de leurs employeurs. Ainsi ces braves traders Français, émigrés à Londres, parce que là-bas au moins on n'est pas surchargés d'impôts, on gagne du fric, parce que c'est le vrai libéralisme, le vrai esprit d'entreprise... Que croyez vous qu'ils font quand ils se retrouvent sur le sable ?
Ils reviennent s'inscrire au chômage en France !
(ben oui, parce que les allocs chômage au Royaume Uni, c'est que dalle. Libéralisme oblige).
Et avec leurs revenus gagnés à la City, ils ont droit au plafond maximum, soit un peu plus de 6 000 Euros.

Mais comme disait l'un d'eux : "Ouais, bon, mais vous savez ça paye tout juste mes billets d'avions et les com' sur mon portable".

Sic Transit Gloria Mundi, comme diraient Jérôme Kerviel et ses amis avant de reprendre le volant des finances bancaires, direction Highway To Hell.

LVN101008

Thailande / Parachutes Dorés sur le marché de Chiang Mai.

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02 octobre 2008

One Better Day.

Quand il y aura plus de chomeurs que de travailleurs, quand on pourra s'acheter une banque avec son alloc', quand un golden parachute sera un carnet de tickets resto, quand les adresses des Restos du Coeur rempliront les pages du guide Michelin, quand la sécu ne remboursera plus que la mort aux rats, quand il faudra un emprunt sur 3 générations pour payer une tente, alors je m'en rappelerai... des jours meilleurs.

Bien sûr, tout cela n'arrivera pas.

Mais pas parce que nos prophètes du tout libéral découvrent les bienfaits du rôle de l'état. Ni parce que -c'est sûr- un jour Christine Lagarde et tous ses semblables seront renvoyés là ou ils auraient mieux fait de rester. Encore moins parce qu'on arrêtera de faire comme si les lessiveuses des paradis fiscaux n'existaient pas. Pas plus -soyons fous- si jamais on se décidait à donner à chacun une part égale de la planche à billet (sans oublier le mode d'emploi).

Bien sûr que non.
Faut pas rêver, non plus (mais pas se laisser faire quand même).

En attendant, pour un jour meilleur, je me contenterai bien d'un sourire, de n'importe qui, n'importe ou, sans raison particulière. Un sourire, juste comme ça. Pour un jour meilleur.

LVN021008

London / Storey's Gate, Westminster - Methodist Church

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01 octobre 2008

La Vie Des Autres.

Hier j'ai regardé ce très beau film, "La Vie Des Autres", un film de... attendez... ah, voilà... de : Florian Henckel von Donnersmarck. Un film Allemand donc...
Bon, à priori, tout le monde ne tombe pas en pamoison devant le terme "cinéma Allemand" hein !? Peut-être pas beaucoup plus au nom de Florian truc von chose (alors qu'il le mériterait !). Peut être un peu plus au nom de Ulrich Mühe, l'acteur principal de ce film, et encore.
Je ne l'avais pas vu au cinéma au moment de sa sortie (et j'aurai dû). Mais bon, bref, la vie des autres donc. Pour ceux qui ne l'auraient pas vu non plus, cela raconte, en Allemagne de l'Est, avant la chute du mur, comment un zélé membre de la Stasi finit par trahir son sinistre boulot d'espionnage.

Après ce film j'ai eu comme une drôle d'impression.
Je me suis demandé si finalement ces braves despotes de la Stasi n'avaient pas réussi -sans le savoir- leur coup dans notre beau monde d'aujourd'hui. Car pourquoi se donner la peine de planquer des micros en 2008, d'espionner ou de suivre les gens, alors que tant de moyens permettent d'en apprendre beaucoup sur nous sans même savoir à quoi ressemble notre tronche.

Il y a bien sûr tout ce que nous diffusons de nous même, volontairement ou pas, à travers les réseaux sociaux type Facebook, nos mails, nos blogs. Il y a tout ce que nous livrons de nos habitudes à travers nos achats en ligne, par carte bleue, et les innombrables fichages de consommateurs qui en découlent. Il y a nos déplacements, à travers l'espionnage de nos portables désormais à la portée du 1er jaloux(se) venu(e) qui voudrait tout savoir de nos déplacements.
Et bien sûr, tous les tripatouillages plus ou moins légaux : les fichiers Edvige, les écoutes de la NSA, le fichage biométrique, le risque de perte de confidentialité des dossiers médicaux et j'en passe.

Pas la peine non plus de devenir méga-paranoïaque pour autant. Ce n'est pas la Stasi qui gouverne nos vies. Enfin pas les nôtres, pas ici, en ce moment. Mais ailleurs, ou dans le futur ? C'est que c'est un immense marché ce truc là !
A toute petite échelle, il y a quelques mois j'ai assisté à une conférence qui expliquait comment gérer les bases de données. L'exemple pris était celui d'une (très) grosse boite qui vend de la musique, et comment elle utilise toutes les infos que les fans laissent sur le site spécialement ouvert pour leur groupe préféré de Death Metal, Reggae, Musique Classique, R'n'B. Croyez-moi, c'est -si j'ose dire- assez fabuleux.

Bien sûr, là, on ne parle que de "marketing", d'offrir au consommateur ce qu'il attend, et blablabla... C'est en quelque sorte, "pour notre bien", ou plutôt pour le bien de l'entreprise qui saura bien mieux comment configurer et fourguer sa camelote. Mais, pour en revenir à la Vie Des Autres, Gerd Wiesler (l'espion de la Stasi) est au départ tout aussi persuadé de bien agir, parce qu'il agit pour le bien du parti et du socialisme, et donc pour le peuple... pour nous.

On s'agite beaucoup et avec raison sur le respect de notre privée. Mais dans notre monde d'aujourd'hui, finalement la notion de vie privée a t'elle encore du sens ? Il semble qu'on soit passé du stade ou l'on cherchait avant à connaître notre vie privée (parce qu'elle était protégée, au moins parce que les moyens techniques de la détecter n'existaient pas), à aujourd'hui ou l'on se demande bien plus comment la protéger car de toute façon tellement d'éléments peuvent en être connus que la protection ne consiste déjà plus qu'à empêcher qu'on puisse en recouper trop d'éléments.

J'imagine que si tout va bien, si aucune Stasi d'aucune sorte ne prend trop d'importance, si nos droits juridiques et politiques demeurent ce qu'ils sont il ne faudra quand même pas beaucoup de générations avant que la notion de vie privée ne se transforme complètement.
Après tout ce ne serait pas la première fois dans l'histoire de l'homme, puisque la notion de liberté individuelle est finalement assez récente.

Je n'ai pas de réponse évidemment. Qui sait de quoi demain sera fait ? Mais en tout cas, derrière tous ceux qui soutiennent ou dénigrent les fichiers Edvige, j'ai toujours tendance à me demander, à propos de tous ces gens "qui ne veulent que mon bien", de quel bien tiennent ils tant à me faire profiter au juste ?

Boudiou, j'ai été bien sérieux ce soir !

LVN011008

La vie des autres au marché de nuit de Chiang Mai / Thailande.

Pour faire plaisir à ma maman (et sans doute plein d'autres), le lien de ce soir n'a rien à voir avec le sujet du post. Mais il mérite bien une petite place dans mon panthéon personnel de toute façon : c'est là.

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17 mars 2008

De la psychologie du pigeon.

Que se passe t’il dans la tête d’un pigeon ?

L’observation de ce volatile parisien (mais pas que) me laisse à penser qu’une cervelle de pigeon est, soit totalement dépourvue des neurones les plus élémentaires, soit au contraire atteint les stades les plus développés de l’intelligence.
C’est que je suis très étonné de constater le nombre faramineux de pigeons qui brinquebalent, claudiquent, pied-bottent ou tintinabulent sur le pavé des rues de mon quartier.
Le pigeon aime jouer à un jeu dangereux. Il est là, au milieu de la rue, à attendre le dernier moment face au 4x4 du cadre sup’ pressé de rentrer chez lui se saouler après avoir encaissé ses résidus de stocks-options de la Société Générale.
Le pigeon attend mollement l’ultime moment avant de décoller aussi pesamment qu’un avion charter affrété par la Fram.

Généralement, à ce petit jeu, il finit par y laisser un morceau de patte. Ce qui le rend tout claudiquant quand ensuite il se déplace à hauteur de bitume. Comme si d'habitude le hochement parfaitement ridicule de sa tête (il doit avoir les tendons des pattes directement reliés au cou) n’y suffisait pas.
Alors !?
Le pigeon est-il bien l’oiseau sans cerveau qu’on imagine, réagissant toujours avec une seconde de retard à l’ordre de décollage immédiat lancé par sa pseudo cervelle (ce qu'on appelle les cerveaux-commandes)? Ou au contraire, est-il conscient de l’inanité de sa condition de pigeon urbain, loin de toutes les fêtes, free parties et autres orgies organisées dans les pigeonniers de nos campagnes, et donc habité de pulsions suicidaires qui le poussent à s’offrir aux roues des voitures, des poussettes, des rollers… n’importe quoi pourvu que ça roule.
A moins que, le pigeon ne soit un aventurier, un fou des sports extrêmes, qui n’aime rien tant que défier l’impossible. Et reconnaissons que le cadre sup’ en 4x4 constitue une sorte d’extrême à lui tout seul.
Le pigeon le défie de son regard creux, dans une sorte de corrida ou le Michelin joue le rôle du taureau furieux. Ensuite, il y laisse une patte. Voire plus, si affinités.

Je ne sais pas trop, au fond, de quoi le pigeon meuble sa morne vie de picoreur de merdouilles.
Mais ce que je sais, c’est que quand des Balkany –cette catégorie de personnages illustres de ce que l’humanité peut imaginer de plus désespérant- sont élus Maire sans coup férir par ceux-là même qui ne peuvent ignorer à quel point ils se font gruger, et bien je me demande qui des Balkany ou des habitants de Levallois Perret est le pigeon de l’autre.
Et dindon de la farce qui s’en dédit.

sin

Singapour : fin des fêtes du nouvel an lunaire.
On décroche les lampions de la fête.

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21 janvier 2008

Les Mots du 21ème Siècle : Bling-Bling.

En voilà un mot qu'il est beau, -bling-bling- et qui débarque tel un nuage de sauterelles sur un champ de céréales Ethiopien, dans nos journaux télé, radio, papier, virtuels. Qui n'en veut de mon bling-bling ?
Et même pas un défenseur de la pureté de la langue Française pour s'élever contre l'irruption d'onomatopées anglo-saxonne dans notre belle France !
Je sais pas moi, on aurait peut être pu choisir... "port ostentatoire de quincaillerie ruineuse" ? Ou "signe extérieur de richesse" ? Mais le port ostentatoire et le signe extérieur ont déjà servi dans le passé.

Alors !
Bling-Bling !

J'avoue que ce qualificatif simpliste me réjouis.
D'abord il résume bien ce qu'il souhaite signifier. La suprématie du "avoir l'air de". La quête perdue d'avance de croire acquérir un fond à travers une forme, de croire passer par le seul paraitre de l'état de "péquenot" à "gentleman". Cette quête perdue entraîne donc souvent l'adoption frustrée d'un style "nouveau riche et j't'emmerde" de pacotille.
C'est que voyez-vous, pour copier Michel Audiard, "Un gentleman est quelqu'un capable de décrire Carla Bruni sans faire de geste", et pour paraphraser Oscar Wilde (qui s'y connaissait en matière de gentleman, et même d'un peu trop près pour son malheur) "Un gentleman est quelqu'un qui ne blesse jamais les sentiments d'autrui sans le faire exprès".
Et même que Desproges ajoutait : "Un gentleman est quelqu'un qui sait jouer de la cornemuse, mais qui n'en joue pas".

Alors vous voyez, c'est bien plus facile de devenir bling-bling que gentleman.
Très peu de gens savent jouer de la cornemuse, et parmi ceux-là très peu s'en abstiennent, hélas.

Et il y a plusieurs choses que j'ai trouvé hilarantes dans l'utilisation de cette nouvelle onomatopée.
D'abord, j'ai imaginé la tronche de tous ces journalistes compassés entendant pour la première fois ce terme "louche". Bling-bling, kezaco ont dû se demander tous les Alain Duhamel, Jean Daniel, Elkabbach, Arlette Chabot, etc...
Les imaginer à quatre pattes dans la chambre de leur petits-neveux, plongés dans une caisse de vieux numéros de Vibe ou Hardcore pour trouver un sens au mot bling-bling a un je ne sais quoi de réjouissant.

Ensuite, rien de plus marrant de voir notre super-président, affublé d'un vocable venu de cette sous-caste qu'il méprise tant, qu'il convient d'après lui de Karcheriser, de remettre au pas, voire de renvoyer vers son pays d'origine dans un grand élan de générosité "civilisateur".
Et ce vocable lui va si bien... à notre Puff Daddy à nous !

Que vive le bling-bling décomplexé !
Et qu'on m'apporte une piscine de champagne, que je vérifie que ma Patek Philippe est bien étanche !

Et puis, il est vrai que notre agité du bocal a un fils qui souhaite se lancer dans la production de groupes de rap (de "crew" Niko, il faut dire "crew" pas groupe...).
J'apprécie le courage de ce jeune homme.
Casey (c'est son pseudo), tu es un peu dingue !
Imaginez ce p'ti jeune qui n'en veut de percer dans le hip-hop bizness tu vois ! Il faut vraiment qu'il en veuille dans sa situation. "Salut, ch'uis Sarkasey, j'voudrais produire du son à la St Denis Style !".
"Ah ouais, et ton père, c'est pas lui qu'est en Cdd à l'Elysée ?"
Boudiou !
C'est que comme son père à Kzay, les rappeurs ne sont pas forcément tous connus pour leur esprit peace and love (une vieillerie soixante huitarde, insupportable à tout adhérent UMP).

En tout cas, en voilà un qui n'aurait pas peur comme son papa, d'aller faire un tour à Vaux en Velin, mais bon... uniquement si c'est pour produire un groupe qui arrache trop sa race, sinon...
Il pourra toujours monter un groupe avec le fils Hortefeux, ou la fille de Mam.
J'ai trouvé un nom très bling-bling pour eux : PolProx !

Ca déchire !

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Quand il sera grand, petit Nicolas deviendra P.Daddy ! On a tout le temps...

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25 octobre 2007

Space Invader !

C’est cette information parue dans Le Parisien et reprise dans la revue de presse de France Inter qui m’inspire mon post du jour (oué, bon d’accord. Peut être celui de la semaine).

« Carton plein pour les jeux vidéo ! », constate le journal, avec « quatre titres dans le palmarès 2006 des meilleures ventes de biens culturels en France. (…) Pour les livres, poursuit le journal, seul le Goncourt 2006, Les Bienveillantes de Jonathan Littell, se hisse dans le top 10 ». Alors au total, 4 jeux vidéo, un seul livre, et 5 films en DVD, dont un seul français, Camping. Voilà donc pour ce top 10 de la culture en France…

Bon là, normalement, je devrais geindre sur la disparition de la Kultur, pourfendre l’abêtissement des masses devant ce qui sera sûrement le carton culturel de cette fin d’année, le tant attendu jeu de Futebol « Pro Evolution Soccer 08 ». Je pourrais me moquer allègrement de tous ces footeux de moquette, ces joueurs sur canapé, tous ces affolés de la manette qui –c’est sûr- si y z’avaient été coach à la place de Raymond et ben, la France elle l’aurait gagnée la coupe du monde.
J’aurai bien aime, mais bon… Voilà… Je peux pas faire ça. Parce que j’y connais rien en jeu vidéo. Ce qui est devenu une énorme industrie, qui phagocyte et influence le cinéma, l’édition me laisse complètement coi, quoi, koua !

Comme (presque ?) tout le monde j’ai joué aux jeux vidéos. Les modèles préhistoriques, quand j’étais petit, avec les petits rectangles qui jouent au tennis en faisant ping… ping… Et puis après les fameux casses-briques et autres space invaders ou super mario. C’était marrant, mais bon…
Le truc, c’est que j’ai finalement jamais vraiment accroché. Si vous y ajoutez que les jeux genre Terminator qui dézingue tout ce qu’il trouve sur son passage, les courses de F1, le foot et autres Tomb Raider… je trouve ça gonflant dès la première minute. Il y avait finalement peu de chances que je devienne accro. Le truc c’est que si tu commences à jouer, tu t’excites comme un rien pour réussir à passer le prochain niveau, ça en devient obsessionnel, et puis une fois que tu as fini… plus rien, aucun intérêt… Il faut un autre jeu (et vite), celui-là est juste bon à foutre à la poubelle.

Bien sûr parfois c’était marrant de jouer avec les potes, mais franchement au bout de 10 minutes, ça devenait carrément gonflant. Et même pire quand je regardais les autres jouer ! Non mais vraiment ! Vous avez déjà vu ça, une bande d’ados semi-pubères tout excités du joystick en train de se venger de leur frustrations Kevinesques sur un malheureux alien soit disant venu coloniser la planète terre ! En plus, les dits ados peuvent même avoir 45 ans maintenant ! C’est marrant. C’est ridicule aussi.
J’imagine que si on est accro aux jeux vidéos, en décrocher est à peu près aussi compliqué que d’arrêter de fumer. Il y a quelque chose d’obsessionnel et de compulsif là dedans.

Certes, il y a sans doute des jeux très bien, bien mieux que ceux dont j’ai parlé. Sans doute que la course aux armements technologiques, l’entretien de la frustration des joueurs à partir de consoles de plus en plus évoluées, de graphisme pointus, d’ouverture internet et le jeu en ligne à plusieurs et ainsi de suite font que les jeux d’aujourd’hui sont peut-être –mais j’en suis pas sûr- plus intéressants qu’avant. Le comble ce serait quand même que ce soit le contraire !
Mais j’avoue que tout cela me laisse absolument froid. J’irais pas faire la queue pour acheter une Wii on la prochaine Playstation, encore moins pour acheter Soccer Chose Bidule 2008, et si je remarque que les rayons jeux vidéos prennent de plus en plus de place dans les magasins (puisque ça se vend comme des petits pains), je n’y mets jamais les pieds. Je regarde toujours un peu héberlué les « addicts » avec leur Gameboy, dans le métro, complètement crispés sur leurs petits boutons, totalement hermétiques à tout ce qui les entoure. Souvent je me dis, mais d’où viennent ils ? Qu’est ce qui les emmerde tellement dans la vie, pour qu’ils préfèrent la remplacer par ça !
Ca m’a fait rigoler quand des critiques on annonçé que Matrix était le 1er film-jeu vidéo. Matrix c’est une histoire ultra recyclée depuis des siècles dans moults livres de science fiction, à laquelle on a ajouté des effets spéciaux qui certes sont inspirés du jeu vidéo. Mais les films qui reposent sur des effets spéciaux sont presque toujours des produits destinés à être oublié dès qu’il y en aura de nouveaux, plus spectaculaires, plus ceci ou plus cela.

Finalement, le jeu vidéo reste un jeu avant tout. Et c’est très bien comme ça. Contrairement au hip-hop ou à la Bd par exemple, autres pans de la culture populaire longtemps méprisés, celui-ci n’a pas encore trouvé ses génies capables de lui faire traverser ses propres frontières pour y trouver une reconnaissance élargie. Les jeux vidéos recyclent des univers trouvés ailleurs, dans la mythologie, la science-fiction, le cinéma, les romans d’aventures, le sport, l’histoire… mais ils n’ont pas encore trouvé à mon sens leur expression propre. C’est avant tout un objet marchand, avec de très gros investissements industriels (le jeu sert à vendre des consoles, comme le Cd a servi à vendre des lecteurs Cd) et beaucoup-beaucoup-beaucoup de marketing attrape couillon. Même si pour les réaliser des gens de talent y expriment toutes sortes de qualité et de talents. Ce n’est pas encore dans l’autre sens que ça marche. Mais ce n’est peut être qu’une question de temps !?

SpaceInvaders

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18 octobre 2007

Faut il chercher des Pelloux dans la tête de Patrick ?

Patrick Pelloux est une grande gueule, ce qui ne sied pas à la docte tenue de son statut de médecin urgentiste. Patrick Pelloux écrit des livres, des articles (dans Charlie Hebdo et ailleurs) ou il témoigne et tempête après une gestion strictement comptable de l’hôpital et des dépenses de santé en général. Patrick Pelloux défend l’hôpital public, et on avait vu sa bobine sur les écrans télé au moment de la canicule de l’été 2003. Il hurlait seul dans le désert avant qu’on ne s’aperçoive (mais un peu tard) qu’il avait raison. Il défend surtout les services d’urgences ou il exerce, et dont il décrit souvent la diminution des moyens, leur transformation en boite à réception de toutes sortes de patients qu’on ne sait / ne veut plus orienter ailleurs. Ce que par ailleurs tout le monde sait (j’imagine), et a pu constater s’il a été amené à faire un jour un passage aux urgences.

Hier Patrick Pelloux, à la demande d’autres médecins, a été convoqué pour s’expliquer devant la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins sur sa « non confraternité ».
On lui reproche d’avoir déclaré que "les urgences ne sont pas là pour faire le travail que les médecins libéraux ne veulent plus faire..." Des propos qu'il avait tenus en 2005, en tant que président du syndicat AMUF.
En tant que grande gueule Patrick Pelloux n’est bien sûr pas exempts de critiques et de reproches. La différence étant que lui souhaite l’ouvrir, (en même temps que les débats et discussions qui vont avec) quand d’autres préfèreraient qu’il la ferme. Du coup pleins de grandes gueules se joignent à lui pour protester contre sa comparution, et les motifs qui la justifierait.

Sans revenir sur l’histoire compliquée de l’Ordre des Médecins, fondé par le régime de Vichy, dissous par De Gaulle et reconstitué en 1945, rappelons que l’ordre des médecins est un organe corporatif, totalement indépendant, chargé de faire respecter le code de déontologie médicale. Il a un pouvoir réglementaire et juridictionnel important, et n’est rattaché à aucun ministère de tutelle. L’ordre des médecins est encore largement critiqué, entre autre –justement- pour des mesures disciplinaires qui s’apparentent à de la censure.
On peut se demander en effet, comment il est possible d’apprécier la notion de « non confraternité ». Patrick Pelloux a-t-il fait des avions en papier avec les ordonnances de ses confrères ? A t’il coupé une mèche de Douste Blazy dans le but d’exercer quelques cérémonies vaudou ? Est ce qu’il joue à anesthésier le chirugien en plein opération au bloc ? Là on pourrait dire que c’est non confraternel ! Mais dire que "les urgences ne sont pas là pour faire le travail que les médecins libéraux ne veulent plus faire...", est ce que c’est si méchant que ça ? Certainement pas.

Heureusement l’ordre des médecins sait faire preuve parfois d’une grande mansuétude, comme lors de l’affaire du sang contaminé, ou le Dr Michel Garetta ex-directeur du centre national de transfusion est « pardonné ». L’ordre des médecins sait en effet beaucoup pardonner à tous ceux qui ne font pas de vagues, et maintiennent « l’entre soi » qui est une des règles non écrites de l’ordre.

On retrouve là un peu de cette distance qu’il est souvent difficile à vaincre dans une relation patient-médecin. Ce dernier, le spécialiste, estimant qu’il n’a rien à partager avec un malade ignorant de la technicité de son métier. D’ailleurs, le malade ne l’intéresse pas. Ce qui l’intéresse c’est la maladie du malade (ah si celui là on pouvait s’en passer). On remarquera aussi qu’il n’y a pas d’Ordre des Infirmières (certaines en rêvent), peut être aussi parce que l’ordre des médecins ne juge pas utile d’intégrer les ouvrières de la santé à leur hautes considérations.

Heureusement, il y a les grandes gueules…

charliehebdon800171007ddj1

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17 octobre 2007

La Kroissanss, Ze Kommbak

Aaaah la croissance.
On ne (re-re-re)parle plus que de ça.

J’ai téléchargé le rapport dont on parle (rapport intermédiaire, il faut le préciser) de la commission Attali, je l’ai survolé et peut être que j’en parlerai en détail une autre fois (peut être seulement).
Tout le monde en veut de la croissance ! Pour ceux que cela pourrait intéresser, vous pourrez même lire un vieux post à ce sujet par ici.

Car la croissance, ça veut dire à la fois tout et rien.

En tout cas pour le moment, ce que je remarque dans ce rapport c’est que la croissance ce serait avant tout de la consommation. Ouais, bon, bof… c’est quand même vite dit tout ça.
Je résume : la croissance ce serait une voiture de plus dans votre garage, un appartement plus grand, un écran plat dans chaque chambre, quelques paires de jeans ou de chaussures dans nos placards, un peu plus de saumon et de foie gras pour Noël. Pfff…

Si quelqu’un pouvait me dire en quoi la croissance sera améliorée avec une voiture Japonaise dans votre garage, un appartement construit par un fond financier des Emirats, un écran plat Coréen dans chaque chambre, quelques paires de jeans ou de chaussures made in China dans nos placards, et du saumon d’élevage Suédois ou de foie gras Canadien pour Noël, je serais curieux de le savoir.
Avant d’être de la consommation, la croissance c’est aussi (et surtout) de la production. Et ce rapport –intermédiaire- et ben il en parle pas de la production. Il ne dit rien de ce qu’on appelle une politique de développement, par exemple d’une politique industrielle en France, il ne dit rien des secteurs sur lesquels il serait bon d’investir (ni pourquoi) pour produire en France, créer des PME dynamiques, qui créeront des emplois, qui créeront de la richesse et au bout du compte de la consommation. Il parle encore moins de toute l’activité financière qui aujourd’hui brasse des quantités de capitaux et de profits bien supérieurs à l’activité industrielle dont pourtant elle se nourrit (sur son dos de plus en plus).

La commission Attali propose de « libéraliser » comme si avec ça on avait tout dit.
Libéraliser, pourquoi pas ! Mais surtout pourquoi faire ? Pour construire plus d’hypermarchés (c’est une des propositions) ? Et qui ira acheter quoi dans ces hypers? Le personnel des hypers, payé avec des lances pierres sur des contrats à temps partiel ? Car pas question de parler des salaires dans ce rapport. Et pour cause ! Sans création d’activité économique ou trouve t’on de nouvelles sources de revenus ?

Et puis la croissance pour quoi faire ? La croissance, la richesse, est ce vivre mieux, est ce le bonheur ?
On peut produire plus, mais si la production se solde par la moitié ou les trois quarts des ressources naturelles exploitées qui se transforme en déchets ou en pollution, qu’est ce qu’elle vaut cette croissance ? Si pendant des années, en toute connaissance de cause, on a produit de l’amiante cela a bien créé de la richesse et participé à la croissance ! Mais pour tous ceux qui ont vécu, vivent ou vivront une vie diminuée et abrégée à cause de l’amiante, c’est quoi la croissance ? Et si en Angleterre –qu’on cite si souvent comme exemple- la croissance a progressé de 20% entre les années 90 et 2000 et qu’en même temps 1 million d’Anglais supplémentaires vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est quoi la croissance ?

Attali s’en moque, il parle de croissance, de transparence, de concurrence, de libéralisation. Blablabla.

Ben tiens !

Prenons un exemple chiant : l’armement.
Pouacre, l’armement, la guerre, les missiles, les mines anti-personnel. Voilà une activité bien dégueu. En plus une activité qui coûte très cher, puisque pour assurer son indépendance militaire, la France consacre 10% de son budget aux armées. Quelle gabegie des fonds publics ! Comme si on avait encore les moyens ! Vite, il faut faire quelque chose.
En plus, pas de concurrence ! On n’achète pas de chars allemands, d’avions de chasse américains, de canons anglais, de missiles russes, de radars japonais. Tout ça c’est du made in France, ça coûte très cher, c’est subventionné à mort (sic), c’est concentré sur quelques entreprises qui se partagent le marché. Rien de libéral là dedans. Honte sur toi Dassault et Lagardère ! Vous n’êtes que deux fonctionnaires qui vivent des commandes d’état.
Mais voilà, l’armement se vend très bien. Parce qu’elle a choisi de créer et protéger son marché militaire, la France est le 3ème exportateur d’armes dans le monde (7 125 milliards d’Euros en 2004 par exemple). On exporte, on fait travailler plein de gens, on ramène pleins de devises grâce à cette absence de concurrence, on fait de la recherche (sic), ce manque criant de libéralisme, cette transparence inexistante sur les tractations (souvent douteuses, n’est ce pas la Pasqua family) entre marchands d’armes. On crée de la croissance nom de Dieu ! De la croissance qui ampute, mutile et tue, mais de la croissance quand même.
Alléluia, Attali devrait en faire pipi dans son pantalon.

Mais Attali, il parle pas de ça. Lui il se concentre sur la flexibilité, la disponibilité et la consommation. Il peut bien dire tout ce qu’il veut, avancer les propositions les plus intéressantes et les plus débiles (ce dont il n’a pas l’air de se priver), tant qu’on vous parlera de la croissance comme d’une sorte d’incantation magique sensée tout arranger, sans vous dire pourquoi faire, avec qui et au bénéfice de qui, il y aura pleins de raisons de continuer à se foutre de la gueule d’Attali.

charliehebdon795120907dde8

Posté par LaVitaNuda à 12:50 - Collection Café Society - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2007

Ma Mère Etait Une Très Belle Femme

Ma Mère était une très belle femme par Karlen de Villiers.
Non, Karlien n’est pas l’une des filles de Philippe le Joli de Villiers de Saintignon, alias l’anti européen qui s’est fait élire député européen (on admirera la logique de la chose), mais qui va devoir rembourser ses indemnités à force de ne même pas y faire acte de présence. Elle n’est pas non plus la fille de l’un des De Villiers joueur de rugby Sud-Af’.
Mais Karlien de Villiers est une dessinatrice de BD Sud-Africaine. Oui, il y aussi de la BD en Afrique du Sud (et un journal emblématique appelé Bitterkomix paraît il) ! On trouve d’ailleurs aujourd’hui quantité d’auteurs de BD venus de destinations lointaines. On peut lire des BD dessinées par des Indiens, des Coréens (très populaires grâce au double effet Mangas), et même des Sud Africains.
Ma mère était une très belle femme est dans la veine féconde et populaire des BD autobiographiques (Marjane Satrapi, David B. et pleins d’autres). Comme on aurait pu s’y attendre ce n’est donc pas une dénonciation de l’apartheid ou de la société Sud-Africaine. Où plutôt, elle avance masquée derrière l’histoire familiale, la séparation conflictuelle des parents, la maladie de sa maman, les modes de vie et de pensée des parents, de Karlien et de sa sœur au cœur de cette BD.

Le père de Karlien, ingénieur, dessine des engins blindés pour la guerre en Angola. La famille habite dans une banlieue middle class exclusivement Afrikaner. Karlien raconte ses années d’enfance, son échappée à Londres pour sortir du climat familial qui devient de plus en plus étouffant, la maladie de sa mère, son retour en Afrique du Sud pour tenter de renouer avec sa famille, et son éloignement final.
Donc pas une BD « Youp La Boum ! ». Amateur d’Astérix, passe ton chemin, cette BD n’est pas pour toi.
Avant que vous ne déprimiez devant un tel sujet laissez moi ajouter que l’histoire racontée par Karlien de Villiers contraste beaucoup avec son dessin. Très coloré, un peu naïf, on s’attendrait à une BD Smarties alors que l’histoire racontée est plus dure et amère par son réalisme et d’une certaine façon la description froide des sentiments exprimés, le rejet de tout « sentimentalisme ». D’où un sentiment un peu étrange entre chaud et givre.
Malgré quelques petites faiblesses de construction du scénario, c’est précisément l’ambivalence de l’histoire et du dessin qui fait l’attachement de cette B.D. pas tout à fait comme les autres. Un auteur (une auteure, pour faire plaisir à ceux qui préfère la féminisation du terme) à découvrir et à suivre en tout cas.

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Pour lire un extrait du livre : http://www.caetla.fr/images/MaMereExtrait.pdf

Posté par LaVitaNuda à 15:09 - Collection Café Society - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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