17 octobre 2008
All You Need Is The Marseillaise
En d'autres moments je me serais peut être étalé longuement sur cette ânerie footbalistique dont on nous rebat les oreilles depuis le dernier match de l'équipe de France. Mais j'ai pas envie. Je m'étonne même d'écrire quelques lignes sur ce sujet... surréaliste.
Nom de dieu, qu'est ce qu'on en a à foutre de la Marseillaise ! Et qu'elle soit sifflée dans un stade de foot ! Un haut lieu bien connu de débat sur la citoyenneté et la tolérance, bien sûr entre deux "aux chiottes l'arbitre", "l'OM au poteau", "le PSG y z'ont des p'tites bites", quand on ne passe pas aux insultes racistes et groupuscules de supporters néo nazis présents dans les tribunes depuis des années sans que ça ne gêne personne. Ces mêmes supporters, suppôts aujourd'hui de l'anti France qui seront les mêmes à soutenir la même équipe demain à la première promesse de glorieuse victoire.
En d'autres moments j'aurai peut être exposé longuement les possibles raisons que peut trouver un public (une certaine catégorie de personnels comme on dit parfois) à siffler son hymne national : revanche des déclassés et sans avenirs, colère des banlieues, effet de masse, comportement régressif du supporter de base, substitut du sport à l'affrontement guerrier, pfiou... c'est qu'il y en a des explications.
Mais alors que dire des réactions des sois-disant responsables politiques, supposés lire ces mêmes raisons pour y comprendre ce qu'attend d'eux une société et y apporter des réponses pour la rendre meilleure à tous.
Il y avait longtemps que je n'avais pas entendu un tel ramassis d'âneries en si peu de temps, de Fillon à Bachelot, de Sarkozy à Laporte, de Alliot Marie à Myard, Lucas, Bartolone, Copé et... et ça suffit comme ça. Des commentaires aussi hypocrites, écoeurants, stupides... je pensais que c'était réservé au F.N. en période électorale, ou... aux supporters de football réunis dans un stade.
Voilà la tendance, celle qui réhabilite "l'outraaaage" aux symboles républicains, fustige le non-patriotisme, et veut que tout le monde chante bien en coeur une chanson pas si terrible que ça d'abord... Les paroles... franchement discutables... La musique, franchement matamore mais sans le côté rigolo des hymes Italiens ou Espagnols par exemple.
Je m'en contre tape de la Marseillaise.
Comme si aimer son pays se mesurait à chanter son hymne, suspendre des drapeaux tricolores, ou assister au défilé du 14 Juillet. Sans oublier la lettre de Guy Moquet pour faire bonne conscience avant de beugler avec les veaux sur la disparition de l'esprit Franchouillard parce que les zimmigrés c'est des voleurs qui veulent pas s'yntégrer, et pi les jeunes y font peur, ils feraient mieux de s'acheter un costume pour se trouver un Cdd de manutentionnaire en hypermarché, ou un boulot de gardiennage à 2 Euros.
Tout cela sent bon le Super Dupont contre l'Anti-France, sauf que c'est pas Gotlib qui dessine. Alors forcément c'est beaucoup moins rigolo.
Peut être auront nous des commentaires intéressants de Fadela Amara dans quelques jours, ou mieux de Brice Hortefeux qui dirige un ministère dont le nom contient les mots "Intégration" et "Développement Solidaire", mais qui consiste surtout à faire la chasse aux sans papiers (plus de 14 500 reconduites à la frontière depuis Janvier).
Mais bon... C'est vrai que pendant ce temps on ne parle pas des bourses mondiales qui continuent de se casser la gueule, et de tout le reste (la liste prend des dimensions infinies).
Alors franchement, foutez moi la paix avec cette fucking marseillaise.
Aller Roselyne, au lieu de dire des conneries, et puisque tu aimes ça, chante avec moi un Hymne qui en jette.

Tunisie / Médina de Tunis
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10 octobre 2008
Highway To Hell.
Crise par ci, crise par là.
Je vous épargnerai de longues digressions économico-sociétales (un nouveau mot à la mode ça, "sociétal"), il suffit d'ouvrir la radio, la télé ou lire n'importe quel journal pour cela pour en avoir sa dose de crise... et parfois de crise de rire (jaune).
Souvenez-vous, au départ il n'y avait pas de crise, puis pas de crise en europe, puis aujourd'hui pas de crise en France. Il n'y avait pas non plus de récession, puis une récession technique (nuance), puis -et là, on touche au sublime- une croissance négative (mouhaha). Maintenant il ne faut pas dire qu'il y a, ou aura, récession. La récession c'était en 1929. La récession se sera aux Etats Unis, qui bien sûr ne vivent pas à crédit grâce au dollar sur le dos du reste de la planète. En tout cas, il ne faut pas dire "récession", c'est moche, c'est un gros mot, c'est vilain. Et pi, ça pourrait faire encore plus peur à la confiance.
Vous savez, cette fameuse confiance !
On croit que les têtes d'oeuf de l'économie font de savants calculs prospectifs, que les banquiers, les hedges funds, les spéculateurs, les traders utilisent des formules à faire palir n'importe quel mathématicien de génie pour prévoir le futur de l'économie. Et finalement, on comprend que tout cela ne fonctionne que grâce à la "confiance". Ca se mesure comment, ca pèse combien, ca se marchande sur quelle bourse la confiance ? Qui sait.
En tout cas, pas les économistes libéraux, ou leurs politiciens affiliés qui nous abreuvent depuis des années sur la nécessité des ajustements structurels, sur les règles de la compétitivité à l'heure des marchés émergents, sur le coût et les bienfaits de la mondialisation... Pour finalement gémir parce que, ou qu'elle est passée la confiance !?
Devant les chiffres astronomiques qu'on avance pour redonner confiance à nos malheureux banquiers qui ne se rappellent plus ou ils l'ont rangé la confiance, bien difficile de se rendre compte ce que cela représente vraiment. Ca fait combien de confiance ça les 1200 milliards de dollars engagés par différents gouvernements depuis le mois de Février et la perte définitive de la confiance pour la banque Anglaise Northern Rock ?
Moi j'arrive pas à me représenter ce que c'est 1200 milliards de dollars.
Tenez, on va m'accuser d'amalgames honteux et simplificateurs, mais c'est juste pour vous donner une vague idée, et en plus j'men fiche d'être un honteux amalgamateur.
- L'ONU évalue ses objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à -grosso modo- un montant supplémentaire de 50 milliards de dollars pendant 20 ans. C'est pas grand-chose les OMD : réduire l'extrême pauvreté et la faim; assurer l'éducation primaire pour tous; promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes; réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans; améliorer la santé maternelle; combattre le VIH, paludisme et autres maladies; assurer un environnement durable; mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Trois fois rien...
Ben ça nous fait que 1 000 milliards tout ça !
- Sur une estimation de 135 millions de chômeurs sur la planète, 1 200 milliards ça ne ferait qu'une petite prime de 9000 dollars par chômeur. Il y aurait de quoi lancer le micro-crédit sur toute la planète pas vrai ? Ca permettrait sûrement de créer des entreprises et des emplois ?
Mais fi de tout cela !
Un peu de réalisme que diantre !
Les états riches diminuent leurs aides aux pays pauvres, et imposent leurs lois à travers les règles de l'OMC, les plans d'ajustement du FMI et autres. C'est qu'il faut s'adapter au marché. Ayez confiance dans le marché, et il vous le rendra bien, comme on peut le constater.
Et puis les chômeurs ! Ces feignants qui ne veulent pas bosser. Alors que les caisses sont vides (mais alors d'ou sortent ces 1200 milliards). Leur verser 9000 dollars chacun, un appel à la gabegie et au fainéantisme voilà ce que c'est !
Non, soyons un peu sérieux. Rangeons-nous du côté des gens raisonnables. Kouchnérisons notre cerveau pour soutenir la guerre en Irak par exemple. Coût de la guerre en Irak ? Entre 1000 et 2000 milliards de dollars. Certes on appréciera la précision du chiffrage, mais quand même ! A ce prix là, on a les moyens de s'en offrir une deuxième dis-donc ! Qu'est ce qu'on attend !
Et pendant que j'y pense, avec 1200 milliards il y aurait pas moyen de trouver un peu de sous pour équiper nos vaillants soldats en Afghanistan avec de vrais gilets pare balles, des véhicules et des hélicos qui fonctionnent, des munitions et des moyens radio conséquent ?
Qu'est ce qu'il attend Kouchner, pour fonder une banque de l'armement ? Il nommera Attali comme administrateur, lui qui a laissé un """grand souvenir""" lors de son passage à la direction de la Berd (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement).
Mais bon. Pas d'inquiétude.
Pendant la non-crise, la croissance négative et la dépression qui n'existe pas les affaires continuent. Car, pendant ce genre de période, croyez-moi, on (toujours les mêmes) peut s'offrir de belles entreprises pour pas cher. Il suffit d'être subventionné par l'état, amis avec les gens bien en place, et dûment tuyauté pour permettre de faire quelques raids sur les joyaux restés accrochés aux couronnes tombées à terre.
Il suffit de spéculer à la baisse.
Il suffit de continuer à bloquer ses propres liquidités pour liquider le concurrent et le racheter.
A votre avis, que se passe t'il en ce moment ?
Enfin, une dernière pensée pour nos malheureux traders, en tout cas ceux qui se retrouvent aujourd'hui au chômage après banqueroute de leurs employeurs. Ainsi ces braves traders Français, émigrés à Londres, parce que là-bas au moins on n'est pas surchargés d'impôts, on gagne du fric, parce que c'est le vrai libéralisme, le vrai esprit d'entreprise... Que croyez vous qu'ils font quand ils se retrouvent sur le sable ?
Ils reviennent s'inscrire au chômage en France !
(ben oui, parce que les allocs chômage au Royaume Uni, c'est que dalle. Libéralisme oblige).
Et avec leurs revenus gagnés à la City, ils ont droit au plafond maximum, soit un peu plus de 6 000 Euros.
Mais comme disait l'un d'eux : "Ouais, bon, mais vous savez ça paye tout juste mes billets d'avions et les com' sur mon portable".
Sic Transit Gloria Mundi, comme diraient Jérôme Kerviel et ses amis avant de reprendre le volant des finances bancaires, direction Highway To Hell.

Thailande / Parachutes Dorés sur le marché de Chiang Mai.
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02 octobre 2008
One Better Day.
Quand il y aura plus de chomeurs que de travailleurs, quand on pourra s'acheter une banque avec son alloc', quand un golden parachute sera un carnet de tickets resto, quand les adresses des Restos du Coeur rempliront les pages du guide Michelin, quand la sécu ne remboursera plus que la mort aux rats, quand il faudra un emprunt sur 3 générations pour payer une tente, alors je m'en rappelerai... des jours meilleurs.
Bien sûr, tout cela n'arrivera pas.
Mais pas parce que nos prophètes du tout libéral découvrent les bienfaits du rôle de l'état. Ni parce que -c'est sûr- un jour Christine Lagarde et tous ses semblables seront renvoyés là ou ils auraient mieux fait de rester. Encore moins parce qu'on arrêtera de faire comme si les lessiveuses des paradis fiscaux n'existaient pas. Pas plus -soyons fous- si jamais on se décidait à donner à chacun une part égale de la planche à billet (sans oublier le mode d'emploi).
Bien sûr que non.
Faut pas rêver, non plus (mais pas se laisser faire quand même).
En attendant, pour un jour meilleur, je me contenterai bien d'un sourire, de n'importe qui, n'importe ou, sans raison particulière. Un sourire, juste comme ça. Pour un jour meilleur.

London / Storey's Gate, Westminster - Methodist Church
Pour en (sa)voir plus sur : One Better Day
01 octobre 2008
La Vie Des Autres.
Hier j'ai regardé ce très beau film, "La Vie Des Autres", un film de... attendez... ah, voilà... de : Florian Henckel von Donnersmarck. Un film Allemand donc...
Bon, à priori, tout le monde ne tombe pas en pamoison devant le terme "cinéma Allemand" hein !? Peut-être pas beaucoup plus au nom de Florian truc von chose (alors qu'il le mériterait !). Peut être un peu plus au nom de Ulrich Mühe, l'acteur principal de ce film, et encore.
Je ne l'avais pas vu au cinéma au moment de sa sortie (et j'aurai dû). Mais bon, bref, la vie des autres donc. Pour ceux qui ne l'auraient pas vu non plus, cela raconte, en Allemagne de l'Est, avant la chute du mur, comment un zélé membre de la Stasi finit par trahir son sinistre boulot d'espionnage.
Après ce film j'ai eu comme une drôle d'impression.
Je me suis demandé si finalement ces braves despotes de la Stasi n'avaient pas réussi -sans le savoir- leur coup dans notre beau monde d'aujourd'hui. Car pourquoi se donner la peine de planquer des micros en 2008, d'espionner ou de suivre les gens, alors que tant de moyens permettent d'en apprendre beaucoup sur nous sans même savoir à quoi ressemble notre tronche.
Il y a bien sûr tout ce que nous diffusons de nous même, volontairement ou pas, à travers les réseaux sociaux type Facebook, nos mails, nos blogs. Il y a tout ce que nous livrons de nos habitudes à travers nos achats en ligne, par carte bleue, et les innombrables fichages de consommateurs qui en découlent. Il y a nos déplacements, à travers l'espionnage de nos portables désormais à la portée du 1er jaloux(se) venu(e) qui voudrait tout savoir de nos déplacements.
Et bien sûr, tous les tripatouillages plus ou moins légaux : les fichiers Edvige, les écoutes de la NSA, le fichage biométrique, le risque de perte de confidentialité des dossiers médicaux et j'en passe.
Pas la peine non plus de devenir méga-paranoïaque pour autant. Ce n'est pas la Stasi qui gouverne nos vies. Enfin pas les nôtres, pas ici, en ce moment. Mais ailleurs, ou dans le futur ? C'est que c'est un immense marché ce truc là !
A toute petite échelle, il y a quelques mois j'ai assisté à une conférence qui expliquait comment gérer les bases de données. L'exemple pris était celui d'une (très) grosse boite qui vend de la musique, et comment elle utilise toutes les infos que les fans laissent sur le site spécialement ouvert pour leur groupe préféré de Death Metal, Reggae, Musique Classique, R'n'B. Croyez-moi, c'est -si j'ose dire- assez fabuleux.
Bien sûr, là, on ne parle que de "marketing", d'offrir au consommateur ce qu'il attend, et blablabla... C'est en quelque sorte, "pour notre bien", ou plutôt pour le bien de l'entreprise qui saura bien mieux comment configurer et fourguer sa camelote. Mais, pour en revenir à la Vie Des Autres, Gerd Wiesler (l'espion de la Stasi) est au départ tout aussi persuadé de bien agir, parce qu'il agit pour le bien du parti et du socialisme, et donc pour le peuple... pour nous.
On s'agite beaucoup et avec raison sur le respect de notre privée. Mais dans notre monde d'aujourd'hui, finalement la notion de vie privée a t'elle encore du sens ? Il semble qu'on soit passé du stade ou l'on cherchait avant à connaître notre vie privée (parce qu'elle était protégée, au moins parce que les moyens techniques de la détecter n'existaient pas), à aujourd'hui ou l'on se demande bien plus comment la protéger car de toute façon tellement d'éléments peuvent en être connus que la protection ne consiste déjà plus qu'à empêcher qu'on puisse en recouper trop d'éléments.
J'imagine que si tout va bien, si aucune Stasi d'aucune sorte ne prend trop d'importance, si nos droits juridiques et politiques demeurent ce qu'ils sont il ne faudra quand même pas beaucoup de générations avant que la notion de vie privée ne se transforme complètement.
Après tout ce ne serait pas la première fois dans l'histoire de l'homme, puisque la notion de liberté individuelle est finalement assez récente.
Je n'ai pas de réponse évidemment. Qui sait de quoi demain sera fait ? Mais en tout cas, derrière tous ceux qui soutiennent ou dénigrent les fichiers Edvige, j'ai toujours tendance à me demander, à propos de tous ces gens "qui ne veulent que mon bien", de quel bien tiennent ils tant à me faire profiter au juste ?
Boudiou, j'ai été bien sérieux ce soir !

La vie des autres au marché de nuit de Chiang Mai / Thailande.
Pour faire plaisir à ma maman (et sans doute plein d'autres), le lien de ce soir n'a rien à voir avec le sujet du post. Mais il mérite bien une petite place dans mon panthéon personnel de toute façon : c'est là.
