26 mars 2008
Paix et Sérénité.
Moi, il y a des chiffres, dès fois j’ai l’impression de plus savoir compter.
Plus de 4 000 soldats américains morts en Irak, une estimation de 100 000 à 1 million de civils tués (ça c’est de l’estimation), et voilà pour démarrer un Lundi de Pâques. C’est un peu raide pour un lundi de Pâques.
Ils en disent beaucoup trop ces chiffres, au point que je ne les comprends plus très bien. Il faudrait faire l’effort de les transposer ailleurs pour se les représenter.
Voyons voir… combien de temps me faut-il pour que je rencontre 4 000 personnes différentes ? 100 000 personnes c’est quoi comme ville : plus grand que Neuilly mais plus petit que Dijon ? Et 5 milliards d’Euros perdus par la Société Générale, ça ferait combien de Smic par personne et par mois pour 1 million de personnes…
Vous savez quoi ? Au fond je ne tiens pas forcément à savoir…
J’ai l’impression que ça me déprimerait de trop bien comprendre ce que représentent ces chiffres. En plus il y a des chiffres beaucoup plus simples, bien moins compliqués.
On fait tout un tas d’histoire pour une dame –une seule hein !- qui en avait marre d’être trop malade et d’avoir trop mal. Elle voulait en finir C.Sebire. Malheureusement elle n’a pas eu la chance de vivre dans un pays ou les voitures suicides explosent partout pour un oui ou pour un non, ou on aligne contre un mur pour canarder sans distinction, ou même d’être un troufion envoyé dans une sale guerre de plus et d’en revenir entre quatre planches… A croire que le sort avait décidé de s’acharner sur elle.
On aurait dû la protéger contre son gré. Enfin c’est ce qu’aurait souhaité Christine Boutin. Elle, Christine Boutin, elle devrait se précipiter dans les hôpitaux –ou ce qu’on nomme ainsi- en Irak et d’ailleurs. Elle y trouverais sans doute plein de gens pour partager son désir de vivre à n’importe quel prix plutôt que de rentrer chez eux dans une petite boite.
Ca te consolera tu crois Christine ?
Ne t’inquiète pas, il y en qui survivront, il y aura des soldats qui vivront très vieux pour mourir de leur belle mort. Et gageons que le dernier d’entre eux se verra honoré par son pays le moment venu. A moins que la honte d’une guerre perdue ne le renvoie dans l’oubli (est ce qu’on va honorer le dernier combattant d’Indochine ou d’Algérie ?). Mais maintenant que le dernier de la grande guerre fait partie de l’histoire, la voie est libre.
Libre pour le plus grand silence du président et des députés que nous avons élu il y a à peine 1 an, libre pour le plus grand silence également des maires et conseillers municipaux et régionaux que nous avons élu il y a même pas un mois. Libres d’envoyer nos troufions tricolores faire une sale guerre au Tchad, et sans doute pas beaucoup plus belle (sic) en Afghanistan ou ailleurs.
Rappelle toi Christine, quand les premiers d’entre eux rentreront dans une petite boite, rappelle toi qu’en tant que Ministre, ancienne Députée, et toute Conseillère Pontificale que tu es par ailleurs, tu aurais pu avec tes collègues demander et provoquer à l’Assemblée Nationale un débat responsable sur l’usage qu’on fait en France de la vie des soldats et l’utilisation de leurs armes.
Chiche !
Rappelle toi qu’en matière de rupture on attend toujours et en vain une autre attitude en France par rapport à l’utilisation de l’armée Française, toujours en loucedé, en donnant le moins d’explications possibles. Hou hou les journalistes ! A croire que vous êtes payés par des marchands d’armes ?
Et puisque tu as cru bon de pouvoir nous affirmer « Je suis scandalisée qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme (C.Sebire) parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme », je suis bien certain que tu seras encore plus scandalisée quand nos propres soldats tueront ou mutileront des hommes, femmes et enfants bien portants et bien vivants ceux-là.
Et toi qui tiens tant à défendre la vie, je suis bien sûr que tu sauras également quoi dire aux familles, femmes, enfants, amis des soldats d’ici qui rentreront un jour dans un cercueil.
Parle Christine ! Dis quelque chose bon sang !
Quoi ! Toi aussi, au fond, tu ne tiens pas forcément à savoir ?

Old Sukhotai - Wat Mahatat
Boudha et le gardien du temple. Mais qui veille sur qui ?
21 mars 2008
Plan d'Occupation des Sols.
Il y a des gens quand ils partent en vacances il faut qu’ils s’occupent. Pardon, il faut qu’ils s’OCCUPENT. Rien de plus essentiel, important, impératif même que d’être occupé. Des nostalgiques de 39-45 peut être !?
Ou qu’ils arrivent il faut donc qu’ils se lancent aussitôt dans leur occupation favorite. Il faut absolument qu’ils aillent sans attendre visiter cette église romane du XIIème siècle dont il ne reste plus qu’une colonne. Il faut qu’ils aillent immédiatement manger dans ce petit resto indiqué dans le guide du Gros et Mayo même si aujourd’hui c’est fermé. Il faut qu’ils aillent séance tenante courir leurs 15km de jogging qu’ils n’ont pas eu le temps de faire le matin. Pour les plus atteints d’entre eux, il faut qu’ils appellent immédiatement le bureau…
Ils me foutent les jetons ces cons là !
Ces gens me consternent, m’épuisent, m’ébahissent et me donnent illico envie de (les) fuir. Ils me font désespérer de l’âme humaine, de la douceur du printemps, des odeurs de pain grillé et de café chaud le matin… Ah tiens, je les assassinerais bien un par un si je n’avais pas si peur d’y prendre obsessionnellement goût et de les rejoindre ainsi dans leur perversion tout en les expédiant ad patres.
Donc pour être tranquille, je m’étais précipité dans ce temple, échappant ainsi à cette horde de touristes que je voyais débouler devant moi, marchant d’une tong martiale, l’œil enraybanné de verres aussi fumés que leur air hagard, la tête portant la toute dernière casquette fashion en vrai poil de M.Pokora, déblatérant à haut volume sonore des inanités dignes de leur faire gagner la prochaine saison de l’île de la tentation, occupant à eux seuls tout le volume et l’air respirable de cette rue plus sûrement qu’un nuage de sauterelles génétiquement modifiées sur un champs de céréales Monsanto.
L’occupation favorite de ces individus consiste à me pourrir la vie.
Alors j’entre dans ce temple pour les éviter. Pas le temple hollywoodien qui pourrait leur faire croire qu’il s’agit d’un décor de la dernière comédie musicale chorégraphiée par Camille Oualou ! Non juste un petit temple de quartier, avec juste quelques gongs de dimensions fort respectables servant à appeler les bonzes à la prière, à la soupe, à regarder le match à la télé…
Bon c’est surtout pour le fun parce que maintenant ils préfèrent s’envoyer des sms.
Pendant que la horde touristique passe mon chemin, j’en profite pour me promener dans ce lieu apaisé, tout en réprimant une envie de saisir ce gros maillet en bois et d’en asséner un bon coup sur ce gong d’un mètre cinquante de diamètre pour voir (sic) quel bruit ça fait. Au bout d’un moment un jeune apprenti bonze se lasse de m’observer et me fait un petit signe de la main, histoire que je m’approche, qu’il puisse me dire bonjour, ainsi qu’à mon karma et mes autres réincarnations qui me suivent partout.
Il paraît que c’est impossible de s’en défaire de ces trucs là.
On discute, assez longtemps… j’apprends entre autres choses qu’il vient du Cambodge, mais que d’autres comme lui viennent du Vietnam, du Laos, de la Birmanie… Qu’il restera apprenti moine pendant quelques années, pour apprendre à être une « meilleure personne » avant de rentrer chez lui pour devenir professeur et apporter du progrès à son pays. Parce que me dit-il « la guerre ici, la guerre là, au Vietnam, au Cambodge, beaucoup à réparer encore ».
Je repensais à ce jeune gars ces jours-ci, ou le gouvernement Chinois n’est préoccupé de ce qui se passe au Tibet que dans la mesure ou ça pourrait saloper ses jolis Jeux Olympiques. Tout le monde s’en fout du Tibet, l’important c’est de savoir si il faut boycotter ou pas un grand rassemblement sponsorisé de dieux du stade dont je me contrefiche comme de mon premier slip.
Je me disais que la Chine a beau déverser sur le Tibet des tonnes d’investissement, construire des routes et des chemins de fer, développer l’économie et le tourisme, déverser des milliers de colons qui ouvrent des restos karaoké… ça n’a pas l’air de suffire à tous les Tibétains.
Pire, le temps passant, la jeunesse Tibétaine se lasse de la non-violence des anciens et se sent prête à réclamer par la lutte armée une indépendance là ou leurs aînés se seraient contentés d’un protectorat en échange d’un peu plus de libertés et d’un peu mieux de droits sur leurs existences et la conduite de leur pays. Bientôt peut être, le gouvernement Chinois aura enfin les vrais terroristes qu’il prétend déjà combattre et qu’il appelle de ses voeux pour justifier l’injustifiable.
Le rêve de la Chine n’est pas de réduire le Tibet en esclavage.
Le rêve de la Chine c’est juste de convertir cette population au bienfaits des affaires, à aller se saouler le soir dans des resto-karaoké, a applaudir bien fort et tous en chœur aux exploits de jouets anabolisés pour la gloire du drapeau national, une médaille à deux sous et quelques juteux contrats publicitaires. La Chine aura réussi quand dans quelques années, ce sera un groupe de touristes Tibétains crétinisés dès la naissance, qui prendront ce temple en photo comme d'autres photographient le Louvre en passant devant en bus avant d’aller « occuper » leurs week-end à Disneyland Paris.

Chiang Mai - Séance de bonzage au Wat Phra Singh
18 mars 2008
Ma Vie Aquatique
L’homme moderne ne gaspille pas son énergie.
Il cherche sans cesse à améliorer son quotidien, à rendre sa vie plus heureuse, à satisfaire son sort et celui de ses frères et sœurs humains par la même occasion. Ce qui l’a conduit à inventer la bombe thermonucléaire, adhérer à l’UMP, laisser chanter Rika Zarai et même à laisser mourir Mozart dans la misère.
Pour autant le génie humain réserve parfois des surprises pléonastiquement étonnantes !
Si d’aventure vos pieds et votre compte en banque vous amène un jour à passer par l’île de Koh Samui au sud de la Thailande, une expérience unique s’impose.
Et là, je ne vous parle pas de vous lancer à corps perdu dans toutes ces sortes d’activités censées comblée le touriste moyennement moyen de mille et uns plaisirs : surfboarding, skydiving, snorkeling… qui conduisent généralement comme le remarquait Reiser à un « et je m’emmerding toujours autant ».
C’est beaucoup plus simple, et surtout si vous arrivez par voie aérienne. Après être sortie de l’avion rendez vous directement aux toilettes homme de l’aéroport. Evidemment, pour les femmes, ça complique un peu les choses. Mais avec un peu d’audace, elles n’auront pas à prendre la file d’attente traditionnelle et interminable des toilettes femmes.
Une expérience singulière vous y attend.
Tout d’abord, vous pourrez constater que vous faites pipi contre des sanitaires dont la marque déposée s’appelle « Fiontec », ce qui, à des milliers de kilomètres de votre Jacob & Delafon habituel ne manquera pas de provoquer un sourire légèrement égrillard.
Et ensuite, une fois que votre esprit et votre vessie sera soulagé, vous pourrez constater en levant enfin les yeux dans un sentiment de soulagement extasié, que face à vous quelqu’un vous regarde ainsi que votre bistouquette !!!
L’homme moderne ne gaspille pas son énergie en vain, et son génie a voulu que dans les toilettes de l’aéroport de Koh Samui, il ait installé au dessus des vespasiennes un long aquarium ou tout un tas de petits poissons multicolores viennent vous faire coucou pendant que vous faites pipi. C’est surprenant et distrayant, pour un peu on en oublierait presque de se rhabiller, comme quoi le génie humain Thaï a –en outre de goûts esthétiques innovants- un sens de l’humour et de la blague imprévu.
Les poissons tropicaux vous regardent en se marrant (enfin, on dirait que…), et vous regardez les poissons en train de vous regarder tout en ayant la braguette ouverte. A la fin, on ne sait plus très bien lequel est le sujet d’observation de l’autre. Comme quoi, le génie humain a de toute façon ses limites.
Je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte ça. Alors qu’au même moment, au lendemain d’élections dont le grand vainqueur semble quand même être les abstentionnistes, il paraît que les états-majors des grands partis fourbissent leurs armes en prévision de devenir les chefs des lendemains qui chantent. Comme quoi il y a des choses autrement plus importantes pour mobiliser le génie humain qu’un aquarium dans les toilettes pour hommes d’un aéroport.
Comme… euh… comme… Comme un panier de crabes ?
17 mars 2008
De la psychologie du pigeon.
Que se passe t’il dans la tête d’un pigeon ?
L’observation de ce volatile parisien (mais pas que) me laisse à penser qu’une cervelle de pigeon est, soit totalement dépourvue des neurones les plus élémentaires, soit au contraire atteint les stades les plus développés de l’intelligence.
C’est que je suis très étonné de constater le nombre faramineux de pigeons qui brinquebalent, claudiquent, pied-bottent ou tintinabulent sur le pavé des rues de mon quartier.
Le pigeon aime jouer à un jeu dangereux. Il est là, au milieu de la rue, à attendre le dernier moment face au 4x4 du cadre sup’ pressé de rentrer chez lui se saouler après avoir encaissé ses résidus de stocks-options de la Société Générale.
Le pigeon attend mollement l’ultime moment avant de décoller aussi pesamment qu’un avion charter affrété par la Fram.
Généralement, à ce petit jeu, il finit par y laisser un morceau de patte. Ce qui le rend tout claudiquant quand ensuite il se déplace à hauteur de bitume. Comme si d'habitude le hochement parfaitement ridicule de sa tête (il doit avoir les tendons des pattes directement reliés au cou) n’y suffisait pas.
Alors !?
Le pigeon est-il bien l’oiseau sans cerveau qu’on imagine, réagissant toujours avec une seconde de retard à l’ordre de décollage immédiat lancé par sa pseudo cervelle (ce qu'on appelle les cerveaux-commandes)? Ou au contraire, est-il conscient de l’inanité de sa condition de pigeon urbain, loin de toutes les fêtes, free parties et autres orgies organisées dans les pigeonniers de nos campagnes, et donc habité de pulsions suicidaires qui le poussent à s’offrir aux roues des voitures, des poussettes, des rollers… n’importe quoi pourvu que ça roule.
A moins que, le pigeon ne soit un aventurier, un fou des sports extrêmes, qui n’aime rien tant que défier l’impossible. Et reconnaissons que le cadre sup’ en 4x4 constitue une sorte d’extrême à lui tout seul.
Le pigeon le défie de son regard creux, dans une sorte de corrida ou le Michelin joue le rôle du taureau furieux. Ensuite, il y laisse une patte. Voire plus, si affinités.
Je ne sais pas trop, au fond, de quoi le pigeon meuble sa morne vie de picoreur de merdouilles.
Mais ce que je sais, c’est que quand des Balkany –cette catégorie de personnages illustres de ce que l’humanité peut imaginer de plus désespérant- sont élus Maire sans coup férir par ceux-là même qui ne peuvent ignorer à quel point ils se font gruger, et bien je me demande qui des Balkany ou des habitants de Levallois Perret est le pigeon de l’autre.
Et dindon de la farce qui s’en dédit.

Singapour : fin des fêtes du nouvel an lunaire.
On décroche les lampions de la fête.
