En voilà un mot qu'il est beau, -bling-bling- et qui débarque tel un nuage de sauterelles sur un champ de céréales Ethiopien, dans nos journaux télé, radio, papier, virtuels. Qui n'en veut de mon bling-bling ?
Et même pas un défenseur de la pureté de la langue Française pour s'élever contre l'irruption d'onomatopées anglo-saxonne dans notre belle France !
Je sais pas moi, on aurait peut être pu choisir... "port ostentatoire de quincaillerie ruineuse" ? Ou "signe extérieur de richesse" ? Mais le port ostentatoire et le signe extérieur ont déjà servi dans le passé.

Alors !
Bling-Bling !

J'avoue que ce qualificatif simpliste me réjouis.
D'abord il résume bien ce qu'il souhaite signifier. La suprématie du "avoir l'air de". La quête perdue d'avance de croire acquérir un fond à travers une forme, de croire passer par le seul paraitre de l'état de "péquenot" à "gentleman". Cette quête perdue entraîne donc souvent l'adoption frustrée d'un style "nouveau riche et j't'emmerde" de pacotille.
C'est que voyez-vous, pour copier Michel Audiard, "Un gentleman est quelqu'un capable de décrire Carla Bruni sans faire de geste", et pour paraphraser Oscar Wilde (qui s'y connaissait en matière de gentleman, et même d'un peu trop près pour son malheur) "Un gentleman est quelqu'un qui ne blesse jamais les sentiments d'autrui sans le faire exprès".
Et même que Desproges ajoutait : "Un gentleman est quelqu'un qui sait jouer de la cornemuse, mais qui n'en joue pas".

Alors vous voyez, c'est bien plus facile de devenir bling-bling que gentleman.
Très peu de gens savent jouer de la cornemuse, et parmi ceux-là très peu s'en abstiennent, hélas.

Et il y a plusieurs choses que j'ai trouvé hilarantes dans l'utilisation de cette nouvelle onomatopée.
D'abord, j'ai imaginé la tronche de tous ces journalistes compassés entendant pour la première fois ce terme "louche". Bling-bling, kezaco ont dû se demander tous les Alain Duhamel, Jean Daniel, Elkabbach, Arlette Chabot, etc...
Les imaginer à quatre pattes dans la chambre de leur petits-neveux, plongés dans une caisse de vieux numéros de Vibe ou Hardcore pour trouver un sens au mot bling-bling a un je ne sais quoi de réjouissant.

Ensuite, rien de plus marrant de voir notre super-président, affublé d'un vocable venu de cette sous-caste qu'il méprise tant, qu'il convient d'après lui de Karcheriser, de remettre au pas, voire de renvoyer vers son pays d'origine dans un grand élan de générosité "civilisateur".
Et ce vocable lui va si bien... à notre Puff Daddy à nous !

Que vive le bling-bling décomplexé !
Et qu'on m'apporte une piscine de champagne, que je vérifie que ma Patek Philippe est bien étanche !

Et puis, il est vrai que notre agité du bocal a un fils qui souhaite se lancer dans la production de groupes de rap (de "crew" Niko, il faut dire "crew" pas groupe...).
J'apprécie le courage de ce jeune homme.
Casey (c'est son pseudo), tu es un peu dingue !
Imaginez ce p'ti jeune qui n'en veut de percer dans le hip-hop bizness tu vois ! Il faut vraiment qu'il en veuille dans sa situation. "Salut, ch'uis Sarkasey, j'voudrais produire du son à la St Denis Style !".
"Ah ouais, et ton père, c'est pas lui qu'est en Cdd à l'Elysée ?"
Boudiou !
C'est que comme son père à Kzay, les rappeurs ne sont pas forcément tous connus pour leur esprit peace and love (une vieillerie soixante huitarde, insupportable à tout adhérent UMP).

En tout cas, en voilà un qui n'aurait pas peur comme son papa, d'aller faire un tour à Vaux en Velin, mais bon... uniquement si c'est pour produire un groupe qui arrache trop sa race, sinon...
Il pourra toujours monter un groupe avec le fils Hortefeux, ou la fille de Mam.
J'ai trouvé un nom très bling-bling pour eux : PolProx !

Ca déchire !

162227230_small

Quand il sera grand, petit Nicolas deviendra P.Daddy ! On a tout le temps...