C’est cette information parue dans Le Parisien et reprise dans la revue de presse de France Inter qui m’inspire mon post du jour (oué, bon d’accord. Peut être celui de la semaine).

« Carton plein pour les jeux vidéo ! », constate le journal, avec « quatre titres dans le palmarès 2006 des meilleures ventes de biens culturels en France. (…) Pour les livres, poursuit le journal, seul le Goncourt 2006, Les Bienveillantes de Jonathan Littell, se hisse dans le top 10 ». Alors au total, 4 jeux vidéo, un seul livre, et 5 films en DVD, dont un seul français, Camping. Voilà donc pour ce top 10 de la culture en France…

Bon là, normalement, je devrais geindre sur la disparition de la Kultur, pourfendre l’abêtissement des masses devant ce qui sera sûrement le carton culturel de cette fin d’année, le tant attendu jeu de Futebol « Pro Evolution Soccer 08 ». Je pourrais me moquer allègrement de tous ces footeux de moquette, ces joueurs sur canapé, tous ces affolés de la manette qui –c’est sûr- si y z’avaient été coach à la place de Raymond et ben, la France elle l’aurait gagnée la coupe du monde.
J’aurai bien aime, mais bon… Voilà… Je peux pas faire ça. Parce que j’y connais rien en jeu vidéo. Ce qui est devenu une énorme industrie, qui phagocyte et influence le cinéma, l’édition me laisse complètement coi, quoi, koua !

Comme (presque ?) tout le monde j’ai joué aux jeux vidéos. Les modèles préhistoriques, quand j’étais petit, avec les petits rectangles qui jouent au tennis en faisant ping… ping… Et puis après les fameux casses-briques et autres space invaders ou super mario. C’était marrant, mais bon…
Le truc, c’est que j’ai finalement jamais vraiment accroché. Si vous y ajoutez que les jeux genre Terminator qui dézingue tout ce qu’il trouve sur son passage, les courses de F1, le foot et autres Tomb Raider… je trouve ça gonflant dès la première minute. Il y avait finalement peu de chances que je devienne accro. Le truc c’est que si tu commences à jouer, tu t’excites comme un rien pour réussir à passer le prochain niveau, ça en devient obsessionnel, et puis une fois que tu as fini… plus rien, aucun intérêt… Il faut un autre jeu (et vite), celui-là est juste bon à foutre à la poubelle.

Bien sûr parfois c’était marrant de jouer avec les potes, mais franchement au bout de 10 minutes, ça devenait carrément gonflant. Et même pire quand je regardais les autres jouer ! Non mais vraiment ! Vous avez déjà vu ça, une bande d’ados semi-pubères tout excités du joystick en train de se venger de leur frustrations Kevinesques sur un malheureux alien soit disant venu coloniser la planète terre ! En plus, les dits ados peuvent même avoir 45 ans maintenant ! C’est marrant. C’est ridicule aussi.
J’imagine que si on est accro aux jeux vidéos, en décrocher est à peu près aussi compliqué que d’arrêter de fumer. Il y a quelque chose d’obsessionnel et de compulsif là dedans.

Certes, il y a sans doute des jeux très bien, bien mieux que ceux dont j’ai parlé. Sans doute que la course aux armements technologiques, l’entretien de la frustration des joueurs à partir de consoles de plus en plus évoluées, de graphisme pointus, d’ouverture internet et le jeu en ligne à plusieurs et ainsi de suite font que les jeux d’aujourd’hui sont peut-être –mais j’en suis pas sûr- plus intéressants qu’avant. Le comble ce serait quand même que ce soit le contraire !
Mais j’avoue que tout cela me laisse absolument froid. J’irais pas faire la queue pour acheter une Wii on la prochaine Playstation, encore moins pour acheter Soccer Chose Bidule 2008, et si je remarque que les rayons jeux vidéos prennent de plus en plus de place dans les magasins (puisque ça se vend comme des petits pains), je n’y mets jamais les pieds. Je regarde toujours un peu héberlué les « addicts » avec leur Gameboy, dans le métro, complètement crispés sur leurs petits boutons, totalement hermétiques à tout ce qui les entoure. Souvent je me dis, mais d’où viennent ils ? Qu’est ce qui les emmerde tellement dans la vie, pour qu’ils préfèrent la remplacer par ça !
Ca m’a fait rigoler quand des critiques on annonçé que Matrix était le 1er film-jeu vidéo. Matrix c’est une histoire ultra recyclée depuis des siècles dans moults livres de science fiction, à laquelle on a ajouté des effets spéciaux qui certes sont inspirés du jeu vidéo. Mais les films qui reposent sur des effets spéciaux sont presque toujours des produits destinés à être oublié dès qu’il y en aura de nouveaux, plus spectaculaires, plus ceci ou plus cela.

Finalement, le jeu vidéo reste un jeu avant tout. Et c’est très bien comme ça. Contrairement au hip-hop ou à la Bd par exemple, autres pans de la culture populaire longtemps méprisés, celui-ci n’a pas encore trouvé ses génies capables de lui faire traverser ses propres frontières pour y trouver une reconnaissance élargie. Les jeux vidéos recyclent des univers trouvés ailleurs, dans la mythologie, la science-fiction, le cinéma, les romans d’aventures, le sport, l’histoire… mais ils n’ont pas encore trouvé à mon sens leur expression propre. C’est avant tout un objet marchand, avec de très gros investissements industriels (le jeu sert à vendre des consoles, comme le Cd a servi à vendre des lecteurs Cd) et beaucoup-beaucoup-beaucoup de marketing attrape couillon. Même si pour les réaliser des gens de talent y expriment toutes sortes de qualité et de talents. Ce n’est pas encore dans l’autre sens que ça marche. Mais ce n’est peut être qu’une question de temps !?

SpaceInvaders