16 octobre 2007
Ma Mère Etait Une Très Belle Femme
Ma Mère était une très belle femme par Karlen de Villiers.
Non, Karlien n’est pas l’une des filles de Philippe le Joli de Villiers de Saintignon, alias l’anti européen qui s’est fait élire député européen (on admirera la logique de la chose), mais qui va devoir rembourser ses indemnités à force de ne même pas y faire acte de présence. Elle n’est pas non plus la fille de l’un des De Villiers joueur de rugby Sud-Af’.
Mais Karlien de Villiers est une dessinatrice de BD Sud-Africaine. Oui, il y aussi de la BD en Afrique du Sud (et un journal emblématique appelé Bitterkomix paraît il) ! On trouve d’ailleurs aujourd’hui quantité d’auteurs de BD venus de destinations lointaines. On peut lire des BD dessinées par des Indiens, des Coréens (très populaires grâce au double effet Mangas), et même des Sud Africains.
Ma mère était une très belle femme est dans la veine féconde et populaire des BD autobiographiques (Marjane Satrapi, David B. et pleins d’autres). Comme on aurait pu s’y attendre ce n’est donc pas une dénonciation de l’apartheid ou de la société Sud-Africaine. Où plutôt, elle avance masquée derrière l’histoire familiale, la séparation conflictuelle des parents, la maladie de sa maman, les modes de vie et de pensée des parents, de Karlien et de sa sœur au cœur de cette BD.
Le père de Karlien, ingénieur, dessine des engins blindés pour la guerre en Angola. La famille habite dans une banlieue middle class exclusivement Afrikaner. Karlien raconte ses années d’enfance, son échappée à Londres pour sortir du climat familial qui devient de plus en plus étouffant, la maladie de sa mère, son retour en Afrique du Sud pour tenter de renouer avec sa famille, et son éloignement final.
Donc pas une BD « Youp La Boum ! ». Amateur d’Astérix, passe ton chemin, cette BD n’est pas pour toi.
Avant que vous ne déprimiez devant un tel sujet laissez moi ajouter que l’histoire racontée par Karlien de Villiers contraste beaucoup avec son dessin. Très coloré, un peu naïf, on s’attendrait à une BD Smarties alors que l’histoire racontée est plus dure et amère par son réalisme et d’une certaine façon la description froide des sentiments exprimés, le rejet de tout « sentimentalisme ». D’où un sentiment un peu étrange entre chaud et givre.
Malgré quelques petites faiblesses de construction du scénario, c’est précisément l’ambivalence de l’histoire et du dessin qui fait l’attachement de cette B.D. pas tout à fait comme les autres. Un auteur (une auteure, pour faire plaisir à ceux qui préfère la féminisation du terme) à découvrir et à suivre en tout cas.

Pour lire un extrait du livre : http://www.caetla.fr/images/MaMereExtrait.pdf
Commentaires
Je sens que je vais aimer, oui c'est même sûr. Merci LVN.
Ben dis donc, c'est la grande ère de la BD, chez toi, en ce moment ?! Tant mieux, je me cultive (mais il va falloir que je prenne une carte d'abonnement à tes stocks, je crois...)
FauAnn
> Fauvette.
Houlala, je sens une lourde responsabilité peser sur moi d'un seul coup !
:-)
Et si jamais ça te plaisait pas finalement ?
> Anne.
Oui, c'est vrai. Ca marche par période !
Pendant un bon moment je n'ai pas trouvé de BD qui me plaisaient. Et maintenant il y a tout un renouveau. Alors, hop ! Post It !
Pas de problème pour la bibliothèque, ni pour la carte d'abonnement.
:-)
J'admire son courage
Parler de sa vie n'est pas chose facile pour nous tous,surtout pour le sujet comme l'apartheid,son BD va contribuer au dialogue des cultures et comprendre que nous avons en nous tous le bien ou le mal.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=13777&pid=6557236
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :




