26 septembre 2007
Les Mots du 21ème Siècle : Décomplexé.
Décomplexer : v. tr. de dé et complexer. Libérer de ses inhibitions, de ses complexes. Décoincer, décontracter, défouler. Libérer d’une gêne, d’un sentiment d’infériorité.
(in Le Petit Robert)
Comme on peut le voir, avant d’être décomplexé il faut avoir été complexé. Ca marche comme ça.
Prenons –avec des pincettes afin de ne pas le froisser- l’ADN d’un de nos nouveaux maîtres à penser récemment élus. Peut on y trouver trace d’une gêne ou d’un sentiment d’infériorité ?
Y a-t-il un gène qui sans doute fait détester sa petite taille pour alimenter l’ambition d’aboutir aux plus hautes fonctions ? Ou, le gêne de la peau bien rose –dit gêne Hortefeux- fait-il craindre les coups de soleil au point de renvoyer tout ce qui a peau mate ou sombre loin de sa vue ? Le gêne de la pauvreté est il efficacement combattu à coups de boules puantes en désodorisant afin d’éloigner les sdf des lieux de consommation ? Etc…
Mettons nous à la place du complexé Sarkozyen qui veut, peut enfin, se décomplexer aujourd’hui.
Quel est son grand problème ?
Il est très malheureux de gagner beaucoup d’argent et qu’on ne l’aime pas pour ça. Il est très triste qu’on se moque de sa Rolex neuve. Il est très gêné que la justice l’embête tout le temps à propos de ses stocks options ou parachute doré qu’il mérite. Il est très déçu qu’on parle toujours de ses plans sociaux et ses délocalisations parce que c’est pas lui, c’est le marché. Il est très mécontent qu’on lui dise que son 4x4 urbain pollue plus que de raison.
Il est complexé devant tous ces fonctionnaires et ces syndicalistes qui ne comprennent pas qu’ils seraient bien mieux entre ses mains, car lui saurait gagner de l’argent avec la santé, avec l’éducation, avec les prisons, même avec la Sécu si on le laisse faire.
Le complexé qui veut se décomplexer désespère que trop de gens n’adoptent pas son point de vue : plus un petit nombre gagnera plein d’argent, plus une majorité pourra en recueillir les miettes. Ce qui est mieux que d’essayer de partager tout cela en parts à peu près égales.
Le complexé regrette qu’on mette ses idées et ses pensées à l’écart. Pour lui, tout ça c’est la faute à ces décomplexés libertaires de Mai 68. Il a pourtant un discours généreux : il aime à distribuer ses pièces jaunes dans un geste de mansuétude pour tous ceux qu’ils ne veut surtout pas employer. Il aime rire avec les sketches rigolo de Bigard ou l’écoute attentive des Grosses Têtes. Il est patriote car avoir un chef c’est important, et parce qu’il vaut toujours mieux avoir l’Etat de son côté, même sil faut parfois délocaliser les conseils des ministres à Vichy pendant quelques années. Il participe à l’existence d’une pensée élaborée avec de grands guides intellectuels comme Guy Sorman ou Alain Minc (Jean Dutour ou l’intégrale des textes de Barbelivien conviennent aussi).
Que devrait faire un complexé de droite pour se décomplexer ?
L’usage thérapeutique voudrait qu’il comprenne l’origine de ses complexes. Pourquoi ais-je honte d’être si petit ? Pourquoi ais-je tant besoin de plus d’argent que je ne pourrais jamais en dépenser ? Pourquoi j’aime acheter des trucs qui brillent ? Pourquoi j’aime pas prêter mes jouets ? Pourquoi Alain Minc ou Jean Dutour ?
A part la dernière question, qui laisse perplexe tous les experts, l’expérience montre qu’une fois qu’il a répondu à ces angoissantes questions les complexes disparaissent. Notre homme ou notre femme à décomplexer est alors prêt à vivre sa vraie vie, débarrassé de l’envie irrépressible d’être plus que ce qu’il n’est réellement. Il ne vit plus sous l’inquiétude oppressante de tous ces autres qui pourraient être mieux que lui, avoir plus qu’il n’a, ou lui prendre un peu du pouvoir qu’il possède.
Il devient capable d’apprécier son existence, de nourrir des ambitions qui ne le dévorent pas. Il a des qualités et des défauts. Il est comme vous et moi.
Et voilà qui est bien ennuyeux de se dire qu’une fois décomplexé, on pourrait être comme vous et moi ! Banal, humain, généreux et très con, subtil et grossier.
Voilà la dure limite du processus de décomplexage !
A la dernière étape il est fréquent que le complexé Sarkozyen se décide à ne pas renoncer aux dîners chez Cath’ de Rotschild, aux croisières sur un Yacht, à remettre la légion d’honneur à Poutine, à son logement de fonction, à mille et une petite chose qui –croit il en vain- le distingue du commun des mortels.
Il faut le comprendre, c’est trop dur ! C’est trop ingrat !
Et qui continuerait à lire Jean Dutour et à acheter les bouquins d’Alain Minc ?
Il vaut donc mieux que ce soit les autres (vous, moi) qui se décomplexent.
En guise de droite soi-disant décomplexé, le mieux serait en fait que vous tous, les complexés de gauche faisiez le chemin inverse. Devenez des complexés de droite et coûte que coûte faites croire que là réside le bonheur.
Qu’il est bon de tout partager, mais uniquement avec soi-même. Que le bien public c’est bien quand vous avez des problèmes, mais que quand tout roule, quoi de plus normal d’être le seul à en profiter ? Que les étrangers (c'est-à-dire, les autres, tous les pas comme vous) n’attendent qu’une chose, occuper votre place, abuser de vos pièces jaunes, profiter de vos efforts. Qu’une couverture de Voici vaut mieux que la collection complète de l’Huma. Qu’il vaut mieux 1000 sans logis pour 1 sans profits que l’inverse. Que la démocratie c’est bien tant qu’elle se montre obéissante. Que la peur fabriquée par vos complexes est la plus sûr garantie du bonheur.
Décomplexez-vous, et donnez à ce mot un autre sens que celui prévu par Petit Robert : simplifiez, résumez, écourtez, réduisez, ratatinez… tout ce à quoi vous pourrez penser.
Et bonne chance si vous pensez être plus heureux après ça.
20 septembre 2007
Ma Coupe du Monde de Rugby (part 4)
La coupe du monde de Rugby a beau être internationale, la même coupe en France, y a pas à dire c’est du quasi régional ! D’un côté on a plein de pays exotiques dont-on entend jamais beaucoup parler ailleurs, les Tonga, Fidji, Namibie, Georgie… De l’autre, c’est comme si tout le pays était transplanté au sud de la Loire.
Car ami lecteur, sache le, le rugby se parle avé l’assent ! Malheur à la télé ou à la radio qui n’a pas son consultant Toulousain, Béarnais, Béglais, Tarbais, Biarrot de service. Le rugby sans langue d’oc, c’est comme la soupe sans sel, les socialistes sans gamelles aux élections présidentielles, un tailleur Prada sans Cécilia dedans… C’est pas une faute de goût, ou de style, c’est carrément un péché capital.
Car ami lecteur, sache le aussi, le rugby ça se passe au Sud de la Loire. Certes le 1er club est né au Havre (comme pour le foot), et le Stade Français a l’habitude de piétiner les habitudes du Stade Toulousain, mais - c’est comme ça – Sud égale Rugby !
Est-ce parce que le rugby a bien été accueilli en ces rudes terres Rad-Soc, bien plus favorables que les bien pensants cathos et conservateurs du Nord ? Peut être. C’est que l’histoire politique du rugby n’est pas simple vous savez ! On dit, (mais on dit de ces choses) que c’est même le rugby à XIII qui était le plus populaire en France, jusqu’à ce que les collabos de Vichy ne privilégient leurs amitiés sportives avec les tenants du Rugby à XV, au détriment des Treizistes qui depuis végètent dans les bas-fonds des sport méconnus et méprisés comme le lancer de nains, la confection du Chorizo le plus grand, le patin sur sable, etc…
Donc, la coupe du monde de rugby c’est rigolo, parce que d’un seul coup c’est tout un parlé imagé qui débarque entre nos deux oreilles, franchement plus marrant que François Fillon quand il arrive à en placer une, ou que Claude Allègre qui lui ferait mieux de la fermer plus souvent.
Le match démarre dans la télé que déjà les accents rocailleux déboulent dans nos oreilles, et ce n’est qu’un début ! Le rugby c’est aussi se déplacer dans un monde imagé et savoureux, ou le verbe se porte à la fois haut et de façon surréaliste.
Prenez l’accent et répétez après-moi :
Avant le début du match.
- Bienvenue dans le temple du Rugby, ce soir l’équipe de France joue à la maison.
- A 15 sur le terrain ça fait une équipe complète.
Pendant une phase de jeu.
- L’arrière dégage d’un coup de pied de mammouth, c’est la réponse du berger à la bergère, on va assister à un match dans le match avec ce combat entre les deux arrières.
La balle est récupérée par un trois quart qui lance une offensive.
- Ce joueur a vraiment des jambes de feu, il a enrhumé son vis-à-vis juste avant de taper par un petit coup de pied à suivre.
- Ah oui, la passe au pied est devenue l’arme n°1 du rugby moderne !
- Oh la la ! Il a été plaqué par un plaquage ! Il a pris un caramel ! Il a même pas eu le temps d’enlever le papier autour !
Le joueur adverse est sanctionné pour son plaquage irrégulier.
- Et voilà, c’est normal, le n°7 a été pris par la patrouille, le voilà exclu pour 10 minutes. Il a pris le carton jaune pour une biscotte. C’est une pénalité pour les bleus. Michalak se prépare, vu la distance et le vent, il a intérêt à viser le poteau du milieu !
- Ecoutez le stade, ce silence est impressionnant au moment ou Michalak va tenter la pénalité.
Michalak essaie et loupe son coup de pied.
- Et ça passe à drouaaate du poteau… C’est un renvoi aux 22.
L’équipe adverse repart et se montre menaçante, en menant une belle offensive.
- Rien à dire nous subissons, les Anglais nous font un rugby pommes-vapeur en ce moment ! Le défi physique de leurs avants nous pousse à la faute, et nous voilà avec une mêlée contre nous à 5 mètres de la ligne d’en-but.
- Le cochon est dans le maïs !
- Les Françééé, mettez les barbelés !!!
Les Anglais se rapprochent.
- Le cochon est vraiment dans le maïs !!!
- Dallaglio avance tout seul, il a laissé ses frères à la maison pour aplatir entre les 2 poteaux !
- Et voilà, essai du XV de la rose ! La meilleure réponse au public qui manque vraiment de fair-play depuis le début du match.
C’est la mi-temps, le match reprend et rien ne se passe d’intéressant.
- C’est la mi-temps de la 2ème mi-temps, il va falloir que les bleus se reprennent. Ce qu’ils ont commencé à faire.
- On peut toujours compter sur le French Flair et espérer un quart d’heure champagne !
- Ah oui, mais là pas comme ça. Heymans commet un petit en-avant.
- Eeeh oui, mais en rugby il n’y a pas de petits ou de grands en avant. Il n’y a que des en avants.
- Ca sent la fin, pour ne pas dire le sapin.
Contre toute attente, l’équipe de France commence à bien jouer. Enfin !
- Les mouches ont changé d’âne. C’est l’heure du coaching, Laporte fait entrer le match winner des bleus.
- Le voila, pour son premier ballon ! Il prend le trou, passe les épaules pour transmettre à...
- Ooooh la chistera ! Et voilà Dominici qui passe toute la défense pour aller aplatir en terre promise.
- La cabane est tombée sur le chien des Anglais.
- … Transformation de Michalak réussie !
- Et le chien est mort.
- Si le chien n’est pas mort, la cabane lui est déjà tombée dessus.
- La cabane est tombée sur le chien… Le chien n’est pas mort mais il va falloir le ranimer !
- Et voilà, l’arbitre siffle la fin du match. L’Angleterre s’incline et pourrait bien récupérer la cuillère en bois du tournoi.
- Victoire méritée pour la France qui s’est battue jusqu’au bout.

19 septembre 2007
Ma Coupe du Monde de Rugby (part. 3)
Le rugby est un sport d’hommes dit-on, ce qui n’empêche pas les femmes d’y jouer pour autant. Est-ce pour autant un sport féminin ? Débat sans fondement si je puis me permettre, car qu’est ce que devrait être un sport « féminin » ? Le patinage artistique ? La natation synchronisée ? Et pourquoi pas la poterie, le macramé ou le repassage pendant qu’on y est !
Bref, il n’y a que certains hommes et femmes pour prétendre que le rugby est un sport d’homme (entendre « pas un sport de gonzesse). Je passerai allègrement sur quelques citations bien machistes de joueurs, entraîneurs, sélectionneurs franchissant le pas pour dire que « le rugby n’est pas un sport de tarlouzes ». Ben tiens !
Certes, à première vue, le spectacle de ces gros bestiaux est censé ne laisser planer aucun doute sur leur virilité. Mais là encore, qui a dit que virilité était incompatible avec homosexualité ? Pas le gros moustachu en cuir des Village People quand même ?
Mais seulement voilà, que faut-il penser de 15 bonshommes qui se tiennent et s’empoignent joyeusement par le short pour former une mêlée fumante pleine de cris et souffles rauques suggestifs, qui n’ont de cesse que de s’agglutiner les uns sur les autres sous le prétexte fallacieux qu’un ballon passait par là, que de se plaquer sauvagement dès que l’occasion se présente, ou de se rouler dans la boue pour planter un ballon derrière la ligne orgasmique d’essai. Et cela fait que penser de ce retour vers le milieu de terrain, sous les applaudissements, le ballon-préservatif sous le bras, juste après avoir scoré, l’air serein… Genre, la cigarette après l’amour ?
Force est de reconnaître que tout cela est bien louche, et pas dépourvu d’une certaine ambiguïté sexuelle. Il faut d’ailleurs rappeler que dans nos contrées, le foot s’est développé avec le soutien des Cathos qui au contraire voyaient dans le Rugby des rapprochements suspects entre les corps (des hommes qui se touchent mon Dieu !). Est ce pour cela que le Rugby est populaire dans nos anciennes provinces protestantes ? Va savoir ami lecteur !
Et puis c’est bien connu, les fantasmes des vestiaires –et pas seulement de rugby- ça existe !
Et en plus depuis le rugby moderne est passé par là !
C'est-à-dire qu’on aurait pu attendre longtemps avant de voir un Paparemborde ou un Spanghero poser à poil dans un calendrier ! Même un Jean Pierre Rives pourtant physiquement plus hum… avenant ?
Le rugby moderne c’est ça aussi ! C’est comme la droite décomplexée donc ! C’est un calendrier objet de tous pleins de fantasmes à la fois chez les ménagère de moins de 50 ans, et dans les backrooms du Marais, avec des joueurs starlettes tous nus dedans. Enfin, bon… Fantasmes si on est réceptif à la chose (uh uh uh) : Noah Sloggi contre Dominici Stade Français, qui l’emporterait à l’applaudimètre Chippendales ?
Pour ma part vous m’excuserez, je ne participerai pas à ce d(ébats), vu que les photos du calendrier, je sais pas pour vous, mais moi je les trouve franchement pas top, et même limite ringard dans leur genre. Décomplexé peut être, mais beau ? Ridicule sûrement.
Ceci dit, il n’y a sûrement pas plus d’homos dans le rugby que dans n’importe quel autre sport. Y a pas de raison ! Et puis je ne sais pas pourquoi je vous parle de tout ça ! Du moment que les matches eux le sont –beaux- les joueurs peuvent bien s’empapaouter à qui mieux mieux pendant leurs longues soirées à Marcoussis.

18 septembre 2007
Ma Coupe du Monde de Rugby (part 2)
On arrête pas de nous parler du Rugby moderne, mais c'est quoi donc le rugby moderne ?
Rappelons que les règles n'ont pas fondamentalement changées et sont donc toutes aussi tordues que la lubie qui consiste à vouloir jouer avec un ballon ovale. Ceux qui auront essayé, n'auront pas manqué de remarquer la stupidité produite par les rebonds d'un ballon ovoïde. On l'attend à gauche, il part sur la droite ! On l'espère au raz du sol et il vous survole la calebasse d'au moins 2 mètres.
Comment voulez-vous parler de quoi que ce soit de moderne dans ces conditions !?!
La modernité (enfin la notre, celle d'aujourd'hui) n'exige t'elle pas une simplicité, voire un simplisme absolu ?
Il y a les bons et les méchants, les innocents et les coupables, les "grâce à qui" et les "la faute à"... On remplace l'apprentissage du chant par les Pop Académies, la joie du sport par le culte de la gagne, les hommes d'état par les politiciens... alors il faudrait jouer avec un ballon ovale au lieu d'un ballon rond... Franchement !
Donc le Rugby est un sport traditionnel par essence ?
Voire même conservateur, et peut être bien de droite (on en reparlera).
Non, ami lecteur, le rugby moderne existe, et tu peux même le rencontrer en ce moment à la télé, surtout si t'as Eurosport parce que TF1 va quand même pas nous priver de Julien Courbet contre 1 ou 2 matches dont ils ont l'exclusivité.
Si le rugby est moderne c'est surtout parce que aujourd'hui c'est un sport professionnel.
Pendant longtemps ce sport a été pratiqué au plus haut niveau par des amateurs. Oui, des Za-Ma-Teurs ! Des types qui avaient un vrai travail et qui en plus partageaient joyeusement, youkaïdi, youkaïda, la joie de se filer des bourres pifs tout en courant après un ballon totalement erratique pendant leur temps libre.
Enfin là aussi, c'est un peu la légende.
N'oubliez pas qu'il s'agit d'un sport Anglais, donc d'un sport dont les règles très strictes n'en sont pas moins perverties de toutes les façons possibles pour que "Britannia rules". Donc, même à l'époque amateur, il y avait les vrais amateurs, et les faux. Et des querelles à n'en plus finir au point que les Français ont fini par dire prout pour ne plus respecter que leur organisme officiel à eux pendant un sacré paquet d'années.
Mais bon, tout ça c'est fini. Maintenant les joueurs de Rugby sont des Pros. Tout le monde a rejoint l'IRB (International Rugby Board) pour faire de la thune ! Et finit la rigolade.
Est ce que ça change grand chose me direz-vous ?
Ben oui, quand même un peu.
Pas tellement pour les joueurs, enfin pas dans les proportions qu'on imagine. Un Michalak super populaire gagne, aller 450 000 Euros dans l'année. C'est moins que ce que gagnent certains footballeurs par mois. Bref...
Pour cause de Rugby Moderne, vous aurez du mal à trouver aujourd'hui des joueurs ressemblant à une des idoles de ma toute petite enfance, le célèbre J.P.R. Williams ! (Jipé Williams comme l'appelait les commentateurs). Jipé jouait dans les années '70 avec l'équipe du Pays de Galles, qui à l'époque raflait tout et était en quelque sorte les Brésiliens du rugby (oui, je sais c'est difficille à imaginer, mais certains joueur Irlandais n'en continuent pas moins à porter de ridicules coupes Afro en souvenir de cette époque).
J.P.R. Williams !
Imaginez une sorte de grand flandrin Gallois à rouflaquettes et cheveux filasses, avec des mollets comme des allumettes de telle façon qu'inmanquablement ses chaussettes retombaient façon peau de fleur sur ses chevilles au teint aussi rosâtres que le reste de sa personne (je ne vois que Mr Bean comme équivalent niveau bronzage, et Maxime Bossis en équivalent foot pour donner une idée).
Jipé Williams aurait pu être instituteur hippie, ou marin pêcheur, mais non, il était Maradona version rugbyman, et quel Rugbyman ! Aussi imprévisible qu'une trajectoire de ballon ovale, ce joueur incroyable ne manquait jamais pourtant d'en inventer des trajectoires, et avec elles de transpercer les lignes adverses pour planter des essais de derrière les fagots poteaux.
Aujourd'hui Jipé Williams avec ce physique déguingandé, serait immédiatement concassé par les avants adverses. Car c'est ça aussi le rugby moderne.
Dehors les artistes, La Défense dedans ! Et pour ça on veut du physique fabriqué en usine à muscu et peut être bien additifs pharmaco-chimiques si affinités. Les Jipé Williams d'aujourd'hui sont sommés de prendre 10 kilos de muscle dont ils n'ont que faire, et ils jouent 30 minutes avant d'être sortis sur une civière. Faites un avant/après avec les photos de Catagnède par exemple. Vous aurez un équivalent.
Aujourd'hui on veut du lourd, de la défense, du "No Pasaran" et les Jipé Williams n'ont plus que quelques secondes pour passer le ballon avant qu'une meute enragée ne leur saute dessus. Finit les cavalcades au grand large. On veut du Chabal, on veut pas du Williams. Il paraît que c'est mieux... Qu'il y a moins de temps morts !?!
Et faut bien dire que franchement, un calendrier avec des Jipé Williams à poil, galbé comme un poireau, les ratiches en avant, et le poil roux façon setter Irlandais Gallois, c'est pas vendeur !
N'empêche Jipé, t'es mon héros !
D'ailleurs tu n'as malgré tout pas tout à fait disparu totalement, il y en a encore un peu. En tout cas, toujours suffisament pour mettre à poil les adeptes du rugby béton à la Laporte.
On en reparlera un peu plus tard.
En attendant Rugby moderne, my ass !

17 septembre 2007
Ma Coupe Du Monde de Rugby (part.1).
Bon... Tout d'abord ne cédons pas à la rugbymania ambiante.
C'est saôulant, et pi on va pas se mettre à ressembler aux footeux hystériques et à leurs Footix malgré les efforts marketing du "nouveau rugby" sauce Stade Français à la Max Guazzini. Mais bon, c'est pas tous les jours qu'on a une coupe du monde de rugby qui débarque en France. Enfin bon... même s'il a fallu filer des matches aux Gallois, aux Ecossais et aux Irlandais pour qu'ils votent pour nous et évitent à cette coupe d'aller se perdre du côté de la perfide Albion.
Prends en de la graine Delanoé, plutôt que chouiner avec ton Paris Olympique ou tu t'es fais doubler en beauté par les Angliches !
La coupe du monde de Rugby donc !
Commençons par le début.
Et rappelons que le rugby est un sport Anglais (ils le sont tous, ou presque), donc totalement imbitable !
Comme au tennis par exemple ou on compte les points en 15-30-40-égalité-avantage... bref du grand n'importe quoi !
En apparence le rugby est un jeu simple : il faut porter le ballon dans le but adverse -jusque là ça va- MAIS en le passant à ses petits camarades vers l'arrière !!! On appréciera la logique imparable du truc !
Et encore ! Ce n'est que le début.
Il s'ensuit dans la même logique grande-bretonne tout un tas de règles sur le hors-jeu, les mauls, les mêlées, les touches, les coups-de-pieds, les bastons tolérées et celles qui ne le sont pas, etc... toutes plus incompréhensibles les unes que les autres. D'ailleurs, devenir joueur de rugby, c'est simple, mais devenir arbitre de rugby, bonjour le cursus !!!
D'abord Math Sup/Math Spé, puis Normale Sup, Sciences Po, l'Ena et là un dernier concours à la sélection drastique permet de devenir arbitre officiel de rugby !
Comme les joueurs eux même n'y comprennent rien, ils ne contestent jamais les décisions de l'arbitre, de toute façon 'achement plus intelligent qu'eux (sinon, ils seraient arbitres hein, pas joueur ! Quel est l'intérêt de se faire déglinguer la tronche sur un bout de gazon ?) !
C'est déjà ça !
Pas comme ces footballeurs qui contestent tout et n'importe quoi, et même plutôt n'importe quoi !
Donc Britannique ce jeu est, indeed !
On aura beau faire, l'équipe de France ne sera jamais que la meilleure équipe du monde de Rugby Français. Ce qui nous vaut de pouvoir mettre la pâté à n'importe qui de temps en temps, mais pas forcément à gagner souvent à la fin.
Rappelons que le Rugby est né dans la ville et l'école de Rugby. Du coup c'est facile de s'en rappeler.
A l'époque -il y a plus de 100 ans- Rugby était une de ces écoles qui était chargée de fabriquer en série des générations de petits merdeux Anglais arrogants et prétentieux, destinés à assurer la pérennité du glorieux empire de sa majesté la Reine Victoria, en allant siroter du thé dans les clubs pour Gentlemen de Delhi, Singapour, Hong Kong, ou Ceylan et en faisant trimer les "natives" pour le plus grand bonheur du commerce British. Vous savez bien : "Stiff upper lips", les Lanciers du Bengale, Gunga Dinn, "Tu seras un homme mon fils" et tout ce genre de trucs !
Les étudiants réfractaires de l'époque n'ont pas joué au Rugby. Ils ont plutôt essayé les drogues, l'homosexualité genre Chambre Avec Vue, et plus tard certains sont devenus agents doubles pour refiler pleins de secrets à Joseph Staline et ses copains dans l'espoir de lendemains qui chantent et débarrassés à tout jamais des High Schools avec chatiments corporels et match de rugby obligatoire.
Ca a un peu loupé !
Le rugby est resté, et l'homosexualité aussi. Y a t'il un lien de cause à effet ? Nous l'étudierons dans un épisode ultérieur.
Bref, l'école de Rugby -contrairement à ce qu'on pourrait croire- n'est pas une fabrique à Harry Potter, ou à Poètes Disparus. Le rugby n'y est d'ailleurs devenu vraiment Rugby que le jour ou selon la légende un joueur appelé William Webb Ellis prit le ballon à la main et le porta dans le but adverse. C'est ainsi que le rugby créa la Rugby Football Union. Comme quoi, c'est bien un jeu Anglais, puisqu'on ne savait pas encore à l'époque si on jouait au foot ou au rugby !
Heureusement, tout devint plus clair (?!) grâce à l'invention d'un ballon de forme ovale (?!?).
Mais cela vous le découvrirez dans un prochain post !





