26 avril 2007
Et si jamais !?!
Si jamais Ségo devient notre présidente, je veux :
- Que La Marseillaise soit remplacée par « Grace Kelly » chanté par Mika.
- Que Gérard Depardieu pose publiquement nu pour le buste qui remplacera Marianne dans toutes les mairies.
- Que Nicolas Sarkzoy soit condamné à 300 000 heures de Travaux d’Intérêts Citoyen. Il fera le portier au tribunal de Bobigny, habillé dans un uniforme à brandebourgs, façon Sergeant Pepper.
- Que pour respecter la parité et l’identité Française, tous les prénoms soient désormais catholiquement corrects et paritairement composés et réversibles. Exemple : Pierre-Marie / Marie-Pierre.
- Que notre devise nationale devienne « Liberté Gagnant-Gagnante, Egalité Juste et Maternitude Fraternelle ».
- Que Jean Réno devienne Ministre de la Parité Femmes-Hommes.
- Que tous les ronds-points soient équipés avec un manège pour enfants qui tournera dans le sens inverse de la circulation parce que c’est plus joli..
- Que Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte soient promus ouvriers spécialisés embouteilleurs dans une usine Coca Cola®.
- Que le port d’une veste blanche soit réservée aux citoyens exemplaires. On pourra l’obtenir à partir d’un certain nombre de bons points décernés par votre comité local de démocratie participative.
- Que le 14 Juillet devienne une grande fête tricolore, avec de grands ballets nautiques sur les plages façon Esther Williams.
- Que le tour de France soit désormais disputé par les éléphants du P.S. sur des tricycles, avec arrivée le 14 Juillet sur des rues repeintes en bleu blanc rouge.
- Qu’une mission de service environnemental de 3 mois soit rendue obligatoire pour chaque conducteur de 4x4, renouvelable tous les 50 000 km.
- Que José Bové parte en tandem avec Jean Pierre Coffe dans toutes les écoles de France pour y promouvoir « la bonne bouffe raisonnable ». François Bayrou sera également présent pour administrer une juste torgnole aux mômes qui risqueront un doigt dans le pot de confiture équitable.
- Qu’après 6 mois, et bien qu’ayant adopté le port obligatoire du kilt, tous les Bayrouistes hommes soient renvoyés aux cris de « Souvenez vous des Juppettes ! ».
- Que Geneviève de Fontenay soit élevée au grade de commandeur de la Légion d’Honneur à condition qu’elle défile en deux pièces sur les Champs-Elysées pour le réveillon du 31 Décembre.
- Que Paris obtienne la candidature des Jeux Olympiques en échange de la ratification gagnant-gagnant de la constitution européenne. 90% des épreuves seront décentralisées dans les régions conformément aux nouvelles pratiques régionales en vigueur.
- Que toute personne prononçant la phrase « Mais qui va garder les gosses ? » soit poursuivie pour haute trahison et bannie en Corse, devenue indépendante, paradis fiscal et refuge pour la droite Française sous le haut parrainage de Charles Pasqua.
- Que Johnny Halliday obtienne la nationalité Corse, déclenchant un programme de représailles « Devises contre Nourriture » avec envoi du Charles de Gaulle au large de Bonifacio. A l’ONU, Georges Bush III prononce un discours historique en refusant l’envoi de troupes aéroportées.
- Que toutes les personnes s’appelant Eric et/ou Besson, sont déclarées adoptables à l’étranger, aucun parent Français n’étant capable de se souvenir les avoir enfanté. Eric Serra et Luc Besson créent un studio cinéma en Corse.
- Que Jack Lang soit entarté au Festival de Cannes au moment ou il allait prononcer son célèbre « C’est formidaaaable ! ». La piste terroriste Corse est privilégiée, on a retrouvé une combinaison de plongée siglée Le Grand Bleu.
- Que Azouz Begag écrive un nouveau livre, contre Claude Allègre cette fois, sous le titre de « M’dame, y m’a traité ». Allègre est envoyé en mission d’évaluation du réchauffement planétaire dans tous les réacteurs de centrales nucléaires Françaises.
- Que Yannick Noah soit contraint par arrêté ministériel à faire une campagne d’affichage Sloggi chaque année, sponsorisée par le « Ministère des Droits de l’Homme de la Femme. ».
- Que dans un grand renouveau socialo-centriste, VGE soit accueilli au panthéon après sa mort et que F.Bayrou y prononce un grand discours qui commencera par « Entre ici VGE, avec ton terrible cortège de Jeunes Giscardiens etc , etc… ».
Au moins on rigolera plus qu’avec l’autre Iznogoud là !
20 avril 2007
Libertégalitéfraternité.
Longtemps, je me suis levé de bonne heure… euh, non ! Longtemps, je me suis abstenu de voter (me lever de bonne heure, j’y arrive pas). C’était bien avant Avril 2002, quand j’étais un jeune rebelle, fier d’être un peu con-con, rétif à tous les mots d’ordre, à tout ce qui relevait du collectif, depuis les tribus constituées par affinités musicales jusqu’aux encartés des partis politiques. Ben quoi ! A quoi ça sert d’être jeune sinon !?
Il m’en reste encore pas mal de séquelles aujourd’hui. Si on me traîne dans une association, un syndic de co-propriétaires, une manif’, un groupe de supporter, voire un rallye (uh uh… comprenne qui pourra), je ne tarde jamais à remarquer les tendances naturelles propres aux phénomènes de groupes : les grandes gueules qui prennent la direction du truc, les glandus qui se demandent ce qu’ils font là, les perdus de recherche à qui ont ferait faire n’importe quoi, les absents même quand ils sont là, etc, etc… Oui, je sais, je vous administre une vision gratinée de la chose, d’un manque absolu de nuances, mais que voulez-vous… Je n’ai aucune confiance dans le fonctionnement d’un groupe humain, qui se caractérise pour moi par de grands espoirs lyriques inversement proportionnels à un comportement réel basé sur le plus petit dénominateur commun.
Oui, je fais partie de ces semi-asociaux qui aime la compagnie de mes semblables, mais qui se sent perdu dès que la dite compagnie dépasse une dizaine de personnes. Dans ce cas-là, les timides disparaissent, les idées toutes faites et les clichés reviennent en force, comme dans cette parodie de campagne présidentielle ou on nous à bassinné avec les vâââleurs de la France. Ah, mon dieu (auquel je ne crois pas) ! Toutes ces idées sur les vâââleurs de la France ! Qu’est ce qu’être un bon Français. L’hommage courbé rendu au drapeau tricolore et aux héros de la Nation cités à tour de bras par nos candidats… Tout cela sent bon les banquets commémoratifs ou on pince les fesses de la serveuse, le « je ne veux voir qu’une tête » ou « le chef a toujours raison », et les idées bas de plafond.
Au mieux, ça serait le culte de la famille, celle ou toutes les filles auraient un serre tête, les garçons la raie sur le côté, dans un monde bien propre sur lui ou les emmerdeurs de service seraient tolérés à concurrence qu’ils ne dépassent jamais la période légale de la crise d’adolescence avant de revenir tel l’enfant prodigue qui dira toujours « bonjour à la dame », dans le monde merveilleux de la petite nation dans la prairie…
Ah quel bonheur !
Mais bon… Un jour moi aussi, finalement, je suis allé voter (après ma crise d’adolescence), et je ne sais trop comment cette évolution s’est faite. J’ai grandi, j’ai vieilli, j’ai mûri ? Vous croyez ?
Peut-être pas tant que ça. Peut être que je me suis juste dit qu’au moins ma voix allait annuler celle de mon grand-père préféré, hélas fidèle lecteur du Figaro et admirateur des éditos de Louis Pauwels, l’auteur du « sida mental »- pensait que les chars Soviétiques allait débouler au carrefour de sa banlieue paisible en même temps que les Cocos avec les couteau entre les dents. C’est que le Maréchal Leclerc ne s’en était pas privé lui !
Et puis j’ai goûté aux joies (faut pas exagérer non plus) de l’isoloir. Ce court moment ou tout se bouscule, quand la campagne électorale s’arrête enfin (ouéééé), que d’un seul coup « c’est nous qui décide » avec notre petit bulletin, notre petite enveloppe et le définitif « a voté ».
Pendant ce court instant, c’est le vrai moment ou le sens de république prend sa vraie valeur, toute relative finalement. Pas besoin de s'enrouler dans un drapeau tricolore, ou de se faire expertiser l'adn du cerveau contrairement à ce que certains prétendent. Je choisi, c’est la démocratie, c’est la liberté de voter ou pas, de voter pour un candidat ou de voter blanc (ça m’est arrivé). C’est la relativité de dire que sa voix compte, mais pas plus qu’une autre . Notre fameuse égalité. C’est le petit pincement en pensant que si ma voix ne changera pas grand-chose, elle comptera autant qu’un Lepéniste convaincu (en deux mots, con et vaincu). Ca vaut quand même mieux qu’on puisse tous voter, plutôt que ce droit soit réservé à n’importe quelle élite supposée mieux savoir. La fameuse fraternité de notre jolie devise républicaine.
Alors voilà. Finalement au moment crucial du vote, tout enrobé de ma toute puissance d’électeur plénipotentiaire –statut friable, fugace et incertain au possible- mon choix finit toujours par s’orienter vers celui ou celle qui –je crois- représente le mieux cet intenable axiome. Celui ou celle qui me semble le plus apte à défendre les valeurs (puisque de programmes ou d’idées il n’est plus question) de liberté, d’égalité, de fraternité. C'est mon patriotisme à moi, et je ne lui donne pas de frontières.
Et tant pis si je deviens un vieux con. De toute façon, ça va pas aller en s’arrangeant !
J

16 avril 2007
Le Bloggeur, Cet Inconnu !
Ah le bloggeur ! Qui est il, d’où vient il, que fait il, et ces jours ci… pour qui va-t-il voter ?
C’est le genre de question qu’on se pose en ce moment dans les médias, au vu de la glorieuse incertitude de cette élection présidentielle. Alors il est de bon ton de s’interroger sur cette communauté étrange et insaisissable que sont les internautes, les bloggeurs et tous les agités du web : que veulent ils ? Qui sont ils ? Qu’est ce qu’ils feront ?
C’est que tout indice susceptible d’éclairer un peu sur ces 30% à 40% d’électeurs indécis, ces insondables qui ne veulent surtout pas l’être, ces sans téléphone fixe qu’on ne peut interroger, ces tacticiens démoniaques du vote alternatif fouteur de merde… serait plus que bienvenu pour alimenter un peu ces derniers jours de course à l’échalote.
Sous couvert d’information, il en va donc de quelques agitations supplémentaires pour les jours à venir, plutôt que du décryptage des raisons profondes pour lesquelles l’électeur est devenu si virtuel, si volatile, si inconstant. Et comment ça se fait-il donc que le discours politique ne prend plus avec eux ?
Ce sont les premières choses qui me sont venues à l’esprit en regardant (assez distraitement) l’émission Rispostes de Serge Moati dimanche.
Et –ce n’est pas la première fois que je m’en fais la réflexion – le moins qu’on puisse dire c’est que les médias traditionnels, et surtout la télévision, sont d’un conformisme affligeant quand ils s’intéressent à la blogosphère.
C'est-à-dire qu’ils ne se foulent pas trop : la blogosphère c’est soit Versac, soir Loïc Le Meur. Et puis voilà ! Les autres c’est déjà plus rare…
Je ne vais pas faire ici et maintenant une longue analyse des raisons de l’émergence des bloggeurs dans les autres médias, célébrée officiellement lors des débats sur la constitution européenne. Il y aurait beaucoup à en dire pourtant. Je ne vais pas m’en plaindre non plus, même s’il y a des raisons.
La seule chose que je veux souligner, c’est que franchement les médias institutionnels comme la télé font preuve d’une désespérante pauvreté d’esprit en limitant leurs invitations à quelques figures emblématiques de la blogosphère Française.
Certes Loïc Le Meur est un assoiffé du genre, et je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement entre sa quête éperdue de reconnaissance et de pouvoir, son « moi, moi, mon moi » et le candidat qu’il a choisi de soutenir officiellement et politiquement. Il y a peut être eu clonage génétique du cerveau pour reprendre des idées chères au candidat de l’UMP.
Certes Versac a engagé son blog dans le débat public et les idées politiques et cela de longue date. C’est bien son droit. Mais j’ai sans doute et à tort me monstrueux à priori de penser que son esprit d’entreprise et sa bonne bouille de Besancenot Versaillais (hu hu hu, pardon, j’ai pas pu m’en empêcher) paraît plus représentative de « l’internaute idéal » aux yeux de la télé, qu’une Mme Truc ou Mr Machin, toute aussi blogo-prolixe mais âgée de 65 ans, et s’exprimant comme Jackie Sardou, l’intelligence en plus.
Ou alors c’est que j’ai pas de bol ! C’est que c’est la faute à pas de chances mais quand j’ouvre ma télé et que j’entend (rarement c'est vrai) le mot « blog » alors, 9 fois sur 10, je vois les tronches à Loïc Le Meur ou à Versac.
Encore une fois, que je sois bien clair, je ne leur en veux pas de répondre aux invitations qu’on leur propose, et éventuellement au passage, de faire avancer leur petite entreprise personnelle.
Et je ne prêche pas pour moi-même, en tant que grand talent injustement méconnu et oublié, hu hu hu... M’en fous de la télé, et n’ai aucune envie particulière d’y amener ma tronche.
Mais je ne reconnais pas à la télévision, et entre autres à ceux qui préparent des émissions un peu « sérieuses » comme Ripostes, ou Arrêt Sur Image, cette représentation de la blogosphère à travers nos deux illustres génies blogosphériques. C’est pourtant, ce qui en sous-main tend à être accrédité par leur visibilité répétée pour le téléspectateur très moyen que je suis.
Quelques soient leurs qualités, ni l’un, ni l’autre, ni moi, ni personne ne sommes représentatifs de la blogosphère. Nous ne sommes pas plus des experts sociologues aptes à la décrire, et encore moins autorisés par qui que ce soit à la représenter. Au mieux nous n’en sommes qu’un témoin et/ou acteur parmi d’autres. Parmi les milliers de blogs qui apparaissent ou disparaissent chaque jour, si vite, qu’il est bien délicat de s’en faire une représentation globale.
D’autant plus délicat, que ce n’est pas nous mais une représentation de nous-même que nous offrons sur nos blogs vis nos pseudos. Et que, de la sincérité et l’honnêteté la plus vraie jusqu’à la mythomanie ou schizophrénie la plus achevée, bien malin qui pourra dire qui et quoi est véritablement à l’œuvre derrière chaque pseudo.
Pourtant les médias n’ignorent plus le monde virtuel. Journaux, radios, journalistes s’en servent aujourd’hui, au pire pour occuper le terrain, au mieux pour renouveler l’exercice de leur métier. Idem à la télé, l’équipe d’Arrêt Sur Images qui a invité Versac par exemple comprend au moins 2 bloggeurs très actifs (Daniel Schneidermann et David Abiker) entre autres. Les journalistes de Libé (qui ont fait le portrait de LLM) sont nombreux à animer un blog, et certains d’entre eux qui ont quitté le journal ont fondé un site d’information « Rue 89.com ». Etc, etc…
Alors s’il vous plaît messieurs les animateurs télé, vous qui êtes si prompts à vous saisir de tous les conservatismes pour les exposer et en susciter la critique, si prompts à fustiger et à réclamer des explications, si prompts à réussir l’exploit de vous élever au dessus du débat tout en ne sortant presque jamais des petites phrases de la com’ politique… Vous qui justement vous étonnez parfois d'être vu comme les complices bien pensants d'une pensée dite "unique" (faudrait il encore qu'elle pense vraiment) et bien justement, sortez un peu de vos habitudes, de votre propre sens du « moindre effort ».
Quand vous voudrez parler de la blogosphère, plutôt que d’ouvrir votre carnet d’adresse et de vous référer à vos seuls réflexes favorisant ceux ou celles qui jouent le jeu du hasard de l’incrustation par influence. Cherchez, enquêtez, découvrez et faites connaître les innombrables internautes qui apportent un regard intéressant et un peu moins conventionnel. Bref, faites votre métier.
Et évitez nous la pipolisation de vos « bloggeurs modèles ». Invitez Versac, invitez Loïc Le Meur, et aussi beaucoup d’autres qui ont tout autant et parfois mieux à dire. Je vous regarderai avec un peu plus d’intérêt.

10 avril 2007
Ah Si Seulement !
Ah si seulement je savais m’y prendre,
Si pour moi la vie était simple et facile à comprendre.
Si comme on me le répète, comme on me le dit,
Que tout ça, c’est la faute à Mai 68.
Et que c’est pourtant évident,
C’est les immigrés les méchants.
Ah si seulement comme on me le dit
Pourquoi réfléchir, pourquoi penser ?
Y a tellement plus de place dans un esprit plus petit.
C’est pourtant facile de pas se tromper :
Les pas pareils naissent dépravés, ou tueurs de cartes vermeil,
Il n’y a qu’à les expulser, sinon les enfermer.
Alors je chanterai ma chanson débile,
Celle de quand on m’appelait Sarkozy.
Être une heure une heure seulement
Être une heure une heure quelquefois
Être une heure rien qu’une heure durant
Sarko, sarko, sarkozyste et con à la fois
Ah si seulement, je pouvais y croire,
Si comme on me le répète
Qu’un bon Français, suffit de le savoir,
Dois surtout être fier,
D’agiter comme un benêt,
Du bleu blanc rouge à sa fenêtre,
Chaque année tous les 14 Juillet.
Ah si seulement, j’en étais sûr, bon sang de bonsoir
Que pour s’occuper des délinquants,
C’est pas sans espoir
Qu’il suffit d’un adjudant, d’un ordre juste, d’interdire les pétards,
Pour que tout rentre dans le rang,
Qu’il n’y ait plus d’écart.
Alors je chanterai ma chanson morose,
Celle de quand on m’appellait Ségo.
Être une heure une heure seulement
Être une heure une heure quelquefois
Être une heure rien qu’une heure durant
Socialo, socialo, socialo et con à la fois
Même si un jour, juste avant le 1er tour
Je deviens comme je le redoute
Electeur pour candidature inexistante
Même si aux résultats je déchante
Demande asile au Groland
Je sais que dans ma saoulographie
Je chanterai quand même ma chanson à moi
Une chanson anti-abrutis
Celle du temps où pourtant j’y crois pas,
Je votais, votais, votais en étant pris pour un con à chaque fois.
Librement déformé à partir de la « Chanson de Jacky » - Jacques Brel, 1966

04 avril 2007
Smoking, No Smoking.
Je sais… J’ai tort… Quand j’ai arrêté de fumer, je n’aurais pas du reprendre.
Au moins cette boulette fondamentale me vaut la joie et le bonheur de me confronter au quotidien de cette race odieuse et dégénérée que constitue aujourd’hui les fumeurs. D’horribles individus, qu’il faut éradiquer au plus vite de notre société heureuse. A quand la création d’un ministère de surveillance des fumeurs !?
Reconnaissons que –de manière générale- les fumeurs l’ont bien cherché. Pendant des années, ils (nous ?) ne se sont pas gênés pour polluer en parfaits égoïstes nicotinomanes l’atmosphère de nos bureaux et domiciles, sans grande considération pour les non-fumeurs alentour. Même si je fumais aussi, j’ai été plus d’une fois impressionné par le dédain des accros à la clope pour tous ceux qui étaient incommodés par leurs 2 paquets quotidiens de Gauloises, grillées en bureau paysager, ou par le nuage bleu-fumé qui planait dans le salon ou Oncles, Beaux Frères, Parents et Grands Parents digéraient le gigot dominical pour le plus grand bénéfice de leurs mioches en bas âge.
Moyennant quoi, le retour de bâton est celui qu’on connaît aujourd’hui.
Les fumeurs sont bannis. Dans « c’te boite », nous avons d’abord été interdits de cigarette à l’intérieur des bureaux (malgré la résistance de ceux qui avaient un bureau à eux tout seuls). Nous nous sommes expatriés dans les couloirs et les entrées des étages. On y a vu fleurir toutes sortes de cendriers les plus hétéroclites, les plus bizarres, les plus rigolos, un vrai cauchemar de brocanteur ! Quand même toujours mieux que les fumeurs dégueux jetant tout simplement leurs mégots sur le sol, dans les escaliers… pour le plus grand plaisir des aspirateurs poussifs et exténués du personnel d’entretien.
Mais pas question de s’arrêter là. Bientôt, il a fallu migrer plus loin, les parties communes étant elles aussi considérées comme zone interdite. Nous, les moins que rien de fumeurs, nous nous sommes donc retrouvés dans les escaliers. Ca n’a pas traîné : interdit aussi. Nous sommes donc descendus dans une réserve pour fumeurs : une cafétéria pourrave de l’entresol ou se retrouvaient donc les lemmings migrateurs de la Marlboro Light®.
Nous nous sommes crus enfin dans une enclave protégée, loin de tous, tous ceux qui nous pompent l'air (sic) sous prétexte de notre bonne santé. Tous les hystériques de l'hygiénisme moderne trop content d'avoir trouvé une alternative à l'extermination de leurs acariens. Un temps nous formions ainsi une sorte de club très fermé, souterrain, un petit village Gaulois qui résiste grâce à sa fumée magique.
Mais que nenni !
Il faut dire que cet entresol est aussi le lieu de stockage des archives, avec des kilomètres de rayonnages pleins de dossiers et paperasses diverses, entreposés par toutes les « c’te boite » du bâtiment. Une zone fumeur à cet endroit, c’est vrai qu’il fallait y penser !
Alors –question de sécurité et réglementation aidant- la sentence est tombée un beau matin : interdit de fumer dans tout le bâtiment. Tout partout.
Nous avons donc été expulsés dehors, aux portes d’entrées. Mais puisqu’elles sont au milieu des quais de livraisons, il n’a pas fallu longtemps avant qu’on nous repousse un peu plus loin encore, sur le parking, dans le vent et sous la pluie. C’est vrai qu’installer une zone fumeur sur des quais pouvant accueillir toutes sortes de produits, parfois inflammables ou explosifs ou toxiques… il fallait aussi y penser !
Si avec tout ça, on n’était pas encouragé à arrêter la cigarette c’est que vraiment, on y met de la mauvaise volonté !
Car l’affaire est entendue. Les fumeurs sont à ranger dans la catégorie des délinquants d’aujourd’hui. Dans les films, les séries… y a plus que les méchants qui fument, c’est même à ça qu’on les reconnaît (trop facile !). Dans les débats, les émissions littéraires, finit l’époque de l’écrivain ou du journaleux qui tirait sur sa bouffarde ou sa Gauloise en plein débat sur « Le Marxisme est il l’avenir de l’homme » ! Finit le ministre, ou le candidat qui allumait sa clope devant les caméras. Finit les jets de cendriers dans la tronche pendant les débats sur "Droits de réponse". Finit tout ça…
Bouh que c’est vilain de fumer !
Résultat paradoxal : plutôt que de prendre un plaisir pervers à enfumer mes petits chefs désagréables, mes collègues casse-bonbons, ou les fumeurs repentis inscrits aux Fumeurs Anonymes ou aux Weight Fumeurs (les pires). Ceux là qui s’agitent en tout sens à la moindre vue d’une cigarette, qui brandissent le règlement intérieur, le code de la santé, et blablabla… avant de remonter dans leurs 4x4, pour passer à la pharmacie y acheter leur Prozac, puis emmènent leurs gamins au Mac Drive et trouvent que les émissions de Charles Villeneuve, ou les discours de Sarkozy c’est bon pour la santé… Plutôt que ceux là, j’ai tendance à enfumer mes amis d'une indulgence coupable, quand ils m’invitent chez eux, histoire de profiter d’une (ou plusieurs) petite cigarette devant l’apéro ou avec le café…
Je sais pas vous, mais ce martelage de la santé anti-tabac "pour vous jusqu'au malgré vous", moi ça me fait un effet inverse. Ca titille mon sens de la contradiction, mes (mauvais ?) penchants à préférer ne pas être du côté du manche, ma mauvaise foi qui trouve à se justifier dès qu’il s’agit de ne pas rentrer dans le rang… Et si en plus, ça me permet de satisfaire mon addiction à la nicotine plutôt que de me donner envie de vraiment boycotter les pirates industriels de l’industrie du tabac… Je ne me fais pas prier.
Ca devient tellement grotesque parfois que maintenant quand j'entend le mot anti tabac, je sors mon briquet pour m'en rallumer une.
Et pas la peine de me traiter d’abruti, je le fais tout seul.
Là ou ça devient un peu plus rigolo, c’est qu’on est en train d’atteindre le sommet du ridicule, car comme vous le savez (ou pas), il est interdit de fumer dans les lieux publics (et je trouve ça normal), mais il y est aussi interdit de faire l’apologie, ou la promotion du tabac sous toutes ses formes.
Ce qui veut dire que –par exemple- si vous allez au théâtre, vous n’avez pas le droit de fumer dans la salle, ou à la buvette, ou même dans les toilettes (eh oh, on n’est plus au bahut !).
Mais maintenant, imaginez que vous alliez voir une représentation de Molière. Don Juan par exemple. Vous vous rappelez peut être de vos commentaires composés de lycéen sur cette tirade de Sganarelle :
(tenant une tabatière) « Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n'est rien d'égal au tabac: c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l'on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d'en donner à droite et à gauche, partout où l'on se trouve? On n'attend pas même qu'on en demande, et l'on court au-devant du souhait des gens: tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent… ».
Et bien voilà : apologie du tabac.
Pas bien !
Moche !
Horrible même !
A bannir donc.
Vous rigolez, mais en Grande Bretagne le pragmatisme Britannique a déjà conduit à expurger quelques textes de leurs odieuses soumissions à la perversion ultime du tabac. Et il est question qu’on suive le mouvement en France aussi. « Dura lex, sed lex » comme dirait Sarkozy s’il avait des lettres.
Alors pendant qu’on y est, ça serait bien qu’on pense à sucrer tous les films ou James Dean, Bogart, Brando, Gabin, Ventura, Dewaere… sont en train de s'arrimer à une cibiche en grand écran. Il faudrait aussi redessiner tous les Lucky Luke d’avant l’époque ou il s’est mis à mâchonner un brin d’herbe plus vite que son ombre. Et je ne vous parle pas de tous ces disques psychédéliques à censurer d’un sticker « contient des paroles qui nuisent gravement à la santé ».
Et la carte postale de Prévert assis sur un banc, sa clope au bec ! Pendant que les crétins en feront de polluants autodafés en hurlant "Bouh, c'est vraiment pas bien de fumer", il en restera quelques uns qui se l’échangeront sous le manteau.
Surtout ne pas se faire prendre ! En taule, -un lieu public- théoriquement il est désormais interdit de fumer.





