L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

30 janvier 2007

Cinq Choses Que Vous Ne Savez Pas De Moi (1).

En réponse à la demande de Chiboum.

On dit que c’est au moment ou on s’attend le moins aux choses qu’elles se produisent. Mais des choses… on en raconte tellement.

Je me rendais à un cours. C’était un dimanche, et ça devait être une des toutes premières fois ou je m’étais décidé à y aller un dimanche matin. Un dimanche matin ! Et puis quoi encore ? Le dimanche matin, c’est fait pour dormir ! Prendre le temps de se préparer un gros petit déjeuner, avec du pain frais, des croissants, ou des pains au chocolat. Mais ce dimanche matin là, c’était différent.

Qu’est ce que j’attendais le moins ? Rien. Ce qui est le comble de ne rien attendre en quelque sorte. Quand on attend quelque chose le moins, c’est que malgré tout ou l’attend. Et on l’attend d’autant plus qu’on croît bien que c’est ce qui a –justement- le moins de chances de se produire. Encore une expression qui veut dire l’inverse de ce qu’elle prétend !

J’avais écourté mon petit déjeuner, laissé de côté le détour par la boulangerie pour acheter pains au chocolat, croissants et pain frais. J’avais enfilé quelques vêtements à la va-vite en sortant de la douche, rempli mon sac avec un pantalon, un T-Shirt, et des sparadraps à mettre là ou le parquet m’avait griffé la plante des pieds. Et puis j’étais parti.

Alors, toujours de la même bizarre façon, ce qu’on attend le moins, c’est finalement quand on arrive au point ou on n’attend pas, ou on n’attend plus. Quand il n’est plus question de « plus » ou de « moins », mais que finalement c’est la notion d’attendre qui n’a plus vraiment de sens. On est là, on vit, on en oublie d’attendre et voilà tout.

J’ai marché dans la rue, et au bout de quelques minutes je suis arrivé à destination. J’ai poussé la porte d’entrée. Il était tôt et je savais que pendant presque une heure j’aurai la salle pour moi tout seul, avec le parquet, la glace et les barres. Et même je pourrais passer ma musique sur la sono sans gêner personne.

Alors j’avais dû oublier d’attendre moi aussi. Parfois c’est mieux, ou bien c’est juste plus pratique. Plus pratique que se dire qu’on est en train de chercher une aiguille dans une botte de foin, ce qui nécessite une forte capacité à attendre ce qu’on a le moins de chance de trouver n’est ce pas ?

Mais en poussant la porte d’entrée, j’ai entendu qu’il y avait déjà de la musique. Il y avait déjà quelqu’un et ça c’était inhabituel. J’en étais un peu contrarié parce que je n’allais pas pouvoir profiter de la salle vide pour moi tout seul. Mais bon… J’étais là, alors autant y aller. Il y avait un escalier à descendre pour rejoindre le parquet d’où venait la musique. Comme je n’attendais rien, je suis descendu !

Mais ce qui est amusant, si on attend le plus, si on attend le moins, si on a préféré arrêter d’attendre même, c’est qu’on sait exactement à quel moment on trouve. Il y a un avant, et un après de l’attente, et le moment qui passe de l’un à l’autre, c’est immanquable. Ca fait comme un vertige, tellement ça passe vite.

Alors j’ai descendu l’escalier en colimaçon. Et puis j’ai entendu une voix. Et ça a suffit. Pour le vertige. Je me souviens avoir imaginé à quoi pouvait ressembler la propriétaire de cette voix. Ca ne tient à pas grand-chose une voix. Une voix que je n’avais jamais entendu, qui ne m’en rappelait pas une autre, même si c’était comme si je la connaissais depuis toujours.

Evidemment, elle ne ressemblait pas à sa voix. Et ça n’avait aucune importance. Ca peut paraître dérisoire de se dire qu’il suffit d’une voix pour trouver quelqu’un qu’on attendait plus. Mais c’est quant on s’y attend le moins que tout peut se produire.

vertigo1th

Posté par LaVitaNuda à 13:04 - Collection Souvenirs Pour Demain - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Tu es un coquin, LaVitaNuda, tu l'as déjà racontée cette histoire. Je peux même te dire qu'au bout d'une ligne, je savais que c'était ça que tu allais raconter !

Et on en reste sur cette conclusion en forme de porte à peine entrouverte... terrible !

Mais à chaque fois il y palpite tellement de choses que je ne peux pas ne pas me sentir vivante de t'avoir lu raconter cette voix et cet escalier en colimaçon, visiblement tellement importants, tellement pierre angulaires, qu'ils reviennent régulièrement en forme de mots si particuliers sur ton blog...

Posté par Anne, 30 janvier 2007 à 14:11

Moi aussi, je m'en souvenais, du cours du dimanche matin et de l'escalier en colimaçon au bout duquel ???...

Posté par swahili, 30 janvier 2007 à 14:22

AnSw

Anne & Swahili.
Fichtre !
Pour que vous vous en rappeliez, c'est qu'il devait être bien ce post !
:-)
(et allons y pour un peu d'autocongratulation)
Mais je ne me souvenais pas l'avoir raconté de façon aussi précise (enfin si j'ose dire, parce que ça reste quand même assez elliptique tout ça). Du coup je ne sais pas trop si ça compte ou pas dans les 5 ! :-)
Après tout ce temps en tout cas, je reste étonné de la présence pour moi de ce moment là.

Posté par LaVitaNuda, 30 janvier 2007 à 14:58

Pareil ! Je m'en souviens si bien... et chaque fois, je prends ce texte en plein coeur, un des plus beaux que tu aies écrit.

Posté par samantdi, 30 janvier 2007 à 15:06

Mais qu'est-ce que tu crois, nous ne sommes pas que des groupies, nous avons aussi un goût certain dans le choix des billets qui nous restent en tête !! :-D

Posté par Anne, 30 janvier 2007 à 15:44

Je confirme que ça reste assez elliptique. Fort, fantastique.

Posté par janu, 30 janvier 2007 à 17:24

SaAnJa

> Samantdi et Anne.
D'ailleurs voici le billet d'origine :
http://lavitanuda.canalblog.com/archives/2004/10/22/145985.html
Tout compte fait, je me demande si je ne préfère pas la nouvelle version. Il faudrait peut être que j'essaie une troisième ?
:-)

> Janu.
Si je racontais tout de cette histoire, je crois bien que peu de personnes y croiraient en fait. Alors c'est peut être pour ça que je suis resté "elliptique" ! Et puis, je trouve ça plus joli comme ça.
:-)

Posté par LaVitaNuda, 30 janvier 2007 à 18:41

Pour moi c'est nouveau, et je trouve ce billet vraiment, vraiment bien. Un beau billet oui.
Bonsoir Monsieur Elliptique !

Posté par Fauvette, 31 janvier 2007 à 00:20

ben la troisième fois tu raconteras TOUT DE CETTE HISTOIRE, pour qu'on n'y croit pas.

Posté par 4, 31 janvier 2007 à 16:25

Ah ben zut, je viens de te lancer la même invitation. Huhuhu, superbe...

Posté par Richard G., 31 janvier 2007 à 19:23

Fa4Ri

> Fauvette+4+RichardG
Bon, ben ce billet à l'air de plaire.
Me voilà flatté et en train de rougir. Sur un blog de couleur verte ça se voit !!!
:-)
Pour la suite, pour "TOUT de cette histoire", je vais y réfléchir. "Some things are better left unsaid", mais c'est surtout une question de façon de raconter.

Posté par LaVitaNuda, 01 février 2007 à 16:00

Tiens, ça me rappelle une histoire de points de fuite !! :-))))

Posté par Anne, 01 février 2007 à 16:27

C'est bizarre, je viens de suivre le lien que tu indiques pour ta première version, et je ne me souviens absolument pas de ce billet. Tu es sûr qu'il n'y a pas une autre version ?

Posté par swahili, 02 février 2007 à 12:28

Swahili, moi aussi je me souviens d'une encore autre version :-)

Posté par Anne, 02 février 2007 à 15:04

AnSwa

Anne & Swahili.
Il y a peut être une autre version. Ca ferait 3 fois, la même histoire !!! Mon dieu, ayé, j'ai chopé Alzheimer !

Posté par LaVitaNuda, 03 février 2007 à 12:47

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