28 septembre 2006
Quand J'étais Chanteur...
Quand j’étais petit, je voulais devenir :
- Astronaute (allo Houston).
- Zorro (avec mon déguisement).
- Joueur de timbales dans un orchestre symphonique (Zim, Boum !).
- Dessinateur de BD (jusqu’à ce que j’essaie de dessiner).
- Scénariste de BD (après avoir essayer de dessiner).
- Pilote de chasse (comme le Baron Rouge).
- Joueur de foot (trop nul).
- Joueur de rugby (mieux, mais trop coûteux en paires de lunettes).
- Pianiste (sans prendre de cours).
- Ecrivain de science-fiction (pour commencer).
- Ecrivain sans science-fiction (pour continuer).
- Batteur (avec the Clash).
- Journaliste (engagé).
- Rock Critic (à Rock & Folk).
- Garde Champêtre (de joie).
- Fils adoptif de Pierre Desproges (Etonnant non ?).
- Prof (d’histoire, de philo, d’éco ou un mélange des trois).
- Une fille (pour savoir ce que ça fait).
- Marin (pour voyager en solitaire comme Moitessier et Gérard Manset).
- Cinéaste (comme… euh… pleins).
- Emmerdeur (on ne l’est jamais assez).
- Célèbre (pour emmerder le monde tranquillos…).
- Voleur (à la Robin des Bois).
- Danny Wilde (alternativement avec Lord Brett Sinclair).
- Peintre (Cf. dessinateur de BD).
- Peintre en batiment (Cf. ci-dessus).
- Inventeur (comme Géo Trouvetou).
- Libraire (parce que).
- Danseur étoile, ah oui, ça oui (comme Barychnikov)
- Et pleins d’autres choses encore…
En grandissant je suis devenu "je me demande encore quoi au juste", mais... Vous savez !? En fait, je suis toujours petit…
Ce post est dédié à Lionel Rotcage

27 septembre 2006
Quand je voudra deviendre écrivain !
Quand un jour je voudra deviendre écrivain, j'aura pleins de choses à faire !
Il faudra que je mette toujours une chemise de la même couleur, blanche comme BHL , noire comme Christine Angot pour qu'on me reconnaisse bien. Tant qu'à faire j'essaierai d'y associer le caractère qui va avec. Comme Christine Angot, je m'envelopperai ainsi dans mon titre autoproclamé d'écrivain pour arborer une mine et un discours pète sec et renfrognée.
Il me faudra aussi une coupe de cheveux reconnaissable pour les photos. Sans doute un truc rebelle de chez Neuilly-Auteuil-Passy comme Florian Zeller qui en dira long sur moi tout en ne disant rien.
Une attitude spécialement étudiée bizarre serait aussi la bienvenue. Quand on écrit et qu'on est artiste, la moindre des choses est de se distinguer de la masse. Un look gothique comme Amélie Nothomb serait donc totalement idoine.
A moins que je me décide pour quelque chose de plus post-punk apocalyptique, et pas chochotte pour un sou. Alors, je n'aurai plus qu'à porter mes lunettes noires à la warrior en permanence, en dévidant des sentences de terminator littéraires pour que ça fasse l'afffaire comme Maurice Dantec.
Car il faudra bien que je passe à travers la rentrée littéraire de Septembre et ses 600 nouveaux bouquins. Peut-être me laisserais-je alors tenté par l'exposé d'idées d'arrière-arrière-arrière fond de bouteilles de mauvais picrate rétrograde. Il me suffirait de les ripoliner à l'air du temps pour qu'on m'offre alors une chronique littéraire à moi tout seul comme Eric Zemmour.
Car, la chronique littéraire, c'est un bon plan. Le seul problème c'est qu'il faut réussir à lire 40 livres par semaine, et pas les lire en passant comme ça. Naaaaan ! Car après il faut en parler ! Donc, et qui en douterait, il faut le lire vachement bien. C'est pour ça que j'aurai toujours quelques citations du bouquin chroniqué à portée de main. Ca fait pro, on peut même en devenir éditeur à la fin. Comme Frédéric Beigbeder.
Ou alors, à l'opposé de tout ça, il faudrait que je refuse tout : interviews, télé, presse, pubs... Sauf que je ferais de la télé, de la presse, de la pub... et même tout plein, pour dire que j'aime pas en faire (en ne disant rien), comme Michel Houellebecq. Ca ferait parler de moi quand même, ma posture de merlan frit anémique symbole du vide intersidéral de notre monde moderne.
Ce serait toujours mieux que d'écumer les plateaux télé, pour répondre à des questions débiles en 5 mots (pas plus), ou à des questions compliquées (avec des mots de plus de 3 syllabes dedans) en moins de 20 secondes. De toute façon comme Yann Moix, on s'intéresse à ce que je suis, pas à ce que j'écrit. Et d'aileurs il vaut peut être mieux.
Et puis pendant que j'y suis, j'ouvrirai un blog, et je ferais comme ce La Vita Nuda aujourd'hui quand il parle de cette sois-disante rentrée littéraire. Alors j'en profiterai pour faire du name-dropping et faire croire que j'ai lu tous ces gens là, alors qu'ils ne m'intéressent pas. Mais comme tout le monde en parle...
Et pi, après, seulement après tout ça, p'têt que si j'en aura encore le temps, j'en profitera pour écriver un livre dis donc !

Ce texte est inspiré d'un post de Samantdi à propos des livres qui attendent sur nos tables de nuit, étagères... de bien vouloir être lu. A l'inverse, il s'agit des livres qui ont bien peu de chance d'attendre quoi que ce soit de moi.
22 septembre 2006
Les Sentiers de la Gloire.
Dans l’express de cette semaine, Eric Conan s’interroge gravement pour savoir s’il faut avoir honte d’être Français. En s’appuyant pour dénoncer les effets des reproches faits à la République sur le film « Les Indigènes », et pour espérer un retour au patriotisme sur « La Tyrannie de la Pénitence » de Pascal Bruckner, Eric Conan entend régler son compte à cette honte qui gangrènerait notre société.
S’en prenant aux politiques qui rejettent sur le passé leurs incapacités d’aujourd’hui, et les intellectuels qui se réfugient dans un œcuménisme hypocrite, Eric Conan se plaint d’une France qui s’apitoie sur elle-même, et s’oppose à l'idée que « plus la France aura honte de ses crimes, plus les problèmes actuels de ceux qui s’identifient à ses victimes du passé se résoudront ».
Pour lui, cette surenchère victimaire ne conduit à rien, et nous serions plus inspirés de nous saisir des points positifs de notre histoire pour construire l’avenir.
Bien qu’il convoque Pierre Vidal Naquet à l’appui de sa théorie, je doute que celui-ci aurait appuyé sa démonstration, mais je m’abstiendrai de faire parler les morts comme il le fait.
Car si « dérive perverse » et victimaire il y a, celle-ci ne vient pas de nulle part.
Eric Conan a beau jeu de dire que les enfants d’aujourd’hui n’ont pas à porter les malheurs et la culpabilité de leurs aînés. C’est vrai, mais pas suffisant.
Il ne suffit pas de dire Yaka/Faukon, pour que les effets de l’histoire ne pèsent pas sur des générations et des générations. Sur le fait que les enfants et petits enfants de Juifs déportés, de Maghrébins colonisés, de descendants d’esclaves Africains… ne soient eux-mêmes poursuivis par leur cauchemar historique et générationnel. Et c'est une imposture de choisir d'ignorer que des siècles d’histoire ne façonnent pas durablement un inconscient collectif.
Qu’on le regrette ou pas, une part d’irrationnel continue à faire fonctionner n’importe quelle société à ce sujet, dès lors que l’une de ses composantes vit une forme de culpabilité parce qu’elle a été victime ou parce qu’elle a été bourreau.
Un exemple ? Quand on parle aujourd'hui de ce fameux plafond de verre, qu’est ce qui fait qu’un arabe, un noir, un jaune... ne soit toujours pas –aujourd’hui- considéré à l’égal d’un blanc ? Les raisons invoquées par leurs responsables sont rarement de l’ordre d'un racisme avoué « J’aime pas les Noirs ». Ils sont prêts à admettre leurs qualités personnelles, mais ils préfèrent invoquer –par exemple- que la « clientèle » n’aimerait pas avoir à faire à quelqu’un de couleur à ce poste… et qu’ils ne veulent pas prendre ce risque.
Idem pour louer un appartement, entrer en boite de nuit, obtenir un crédit immobilier, un emploi, une revalorisation de poste ou de salaire, devenir une personnalité des médias, être choisi comme candidat à une élection par un parti politique …
La honte naît de la culpabilité, mais de cette honte on peut faire bien des choses.
Je veux bien être d’accord avec Conan et Bruckner s’ils en ont après la honte qui conduite à se réfugier dans l’oubli et le déni.
Combien de temps a-t-il fallu attendre pour que la France de 1939-44 ne soit pas uniquement représentée comme une France résistante et qu’on revienne sur les effets de la collaboration y compris après la libération ?
Quel accueil donné à ce sujet au livre-somme de Robert Paxton sur cette part d’ombre de notre passé ?
Puisque Patrick Conan parle de films avec les Indigènes, combien de temps a été interdit en France le film de Stanley Kubrick, Les Sentiers de la Gloire, coupable de ne pas glorifier l’état major de l’armée Française pendant la 1ère guerre mondiale ? 18 ans de 1957 à 1975 !
A propos des Indigènes, qui a appris à l’école que nombre de soldats nés dans l’empire Français sont venus mourir pour nous durant les 2 guerres mondiales ? Combien de temps a-t-il fallu attendre pour les voir et les entendre ?
Combien de temps pour admettre les tortures en Algérie et ailleurs, quand on préfère parler des « effets positifs de la colonisation » ?
Mais ce n’est pas cette honte là que dénoncent Patrick Conan et Pascal Bruckner.
Dans un bel amalgame fourre-tout, ils préfèrent passer sous silence que la honte c’est aussi une prise de conscience. Une acceptation de la responsabilité non pas personnelle, mais d’une nation. Et surtout le souhait de comprendre le passé sous tous ses angles, pour ne pas s’enferrer dans un déni silencieux. Une habitude bien franchouillarde celle-ci. Et qui conduit aux aberrations d’aujourd’hui bien plus directement que les sois disants activistes de la repentance permanente.
Si d’une honte, naît une prise de conscience et une réaffirmation de principes essentiels, alors moi ça me va. On peut se moquer des U.S.A (oui, on le peut, car il y a de quoi), mais eux ont écrit et fait pas mal pour parler et éduquer au sujet du massacre des Indiens, de l’esclavagisme, de la guerre du Vietnam. Eux se sont débarrassés d’un président qui procédait aux écoutes illégales du Watergate… Eux acceptent d’ouvrir leurs archives militaires, ou de leurs service secrets (plus souvent que nous en tout cas)…
« Prôner la fierté Française » comme l’entendent Conan et Bruckner, c’est prolonger la même amnésie nauséeuse, la même fierté de banquet municipal commémoratif. C'est croire qu'il suffit de se parer d'une écharpe tricolore pour que la France étincelle. C'est élever au firmament des actes républicains un défilé du 14 Juillet. Et ne célébrer la société civile que quand elle joue au foot avec une équipe de France Black-Blanc-Beur.
La fierté de Conan et Bruckner, leur propre « Sentier de la Gloire » c’est précisément de s’accrocher à cette culpabilité honteuse qu’ils prétendent dénoncer. Qu’ils ne comptent pas sur moi pour marcher dans leurs traces.

21 septembre 2006
La Liberté Guide Elle Le Peuple ?
Ne sachant trop quoi faire de mon envie de note aujourd’hui je suis allé chercher mon inspiration ailleurs, chez le blog de Anne Archet, dont les excellents Samantdi et Swami Petaramesh se font l’écho. Et je lis, et voici entre autre ce que je lis (tout en vous recommandant vivement de lire l’ensemble du texte, les extraits étant par nature réductifs) :
« La démocratie est aujourd’hui une valeur universellement partagée par toutes les idéologies politiques »
« La démocratie n’est pas un moyen de libérer les individus mais une façon particulièrement efficace de les asservir en obtenant leur consentement. »
« La démocratie est une hydre à abattre. »
« Soyez réaliste ! Comme le disait Churchill, la démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes. » Ce n’est pas parce qu’un régime politique est moins mauvais que les autres qu’il mérite d’être défendu, qu’il mérite qu’on meure pour lui. Ce n’est pas parce que le sida tue que je militerai pour l’herpès génital.
« Le problème central de la démocratie est qu’elle est source institutionnalisée d’aliénation. »
Voilà une lecture qui a plutôt eu le don de me coller les nerfs en petite boules bien crissantes, tout en admirant la rhétorique d’enfant gâté de son auteure.
Passons sur le simple fait qu’Anne Archet aurait eu bien peu de chances de pouvoir s’exprimer ainsi si elle ne vivait dans l’une de ses affreuses démocraties. Mais ce n’est là qu’une péripétie de circonstance.
Non, ce qui est plutôt stupéfiant à la lecture de ce texte (et à ceux de ses commentateurs louangeurs), c’est qu’ils confondent tout simplement démocratie et vie en société.
La démocratie est imparfaite et injuste disent ils ? Sans blague ? Qui ne s’en était jamais aperçu !?
La démocratie ne permet pas aux êtres de vivre pleinement selon leurs désirs, c’est une forme élaborée de contrôle social.
Evidemment que c’est le cas !
Mais ce n'est pas la démocratie qui est ainsi. C'est le monde, avec des petits et des grands, des forts et des faibles, des riches et des pauvres, etc, etc...
« Moi, moi, mon moi » réclament ils, faisant mine d’ignorer qu’à partir du moment ou il y a vie en société, il y a une forme de contrôle social qui naît, et qui s’exerce : frustrante, décourageante, exigeante, traître parfois, contre nos désirs souvent. Et que c’est notre prix à payer pour être un être humain. Justement pour tenter que ce ne soit pas toujours les grands, riches et forts qui décident pour tous les autres (et ce n'est pas facile je le concède).
Un être humain, ne vit pas seul, sur sa petite planète, dans sa petite blogosphère, parmi sa tribu virtuelle, dans l’élaboration de son monde à lui ou lui/elle seul serait roi. Voilà bien là un de nos rêves modernes de ce mirage de société ou la liberté individuelle doit s’exercer au dessus de tout.
Un être humain naît dans une famille, puis il vit avec des autres humains, il rencontre le monde extérieur et avec eux bon nombre de gens et choses insupportables. Il apprend à s’en accommoder en renonçant à quelques bonheurs et espoirs personnels et en en découvrant d’autres en échange.
L’être humain apprend à obéir à ses parents, à prêter ses jouets, à ne pas voler, à essayer de ne pas trop mentir, à tirer la chasse d'eau… Il se venge sur des fourmis de ce qu’il ne peut pas faire subir à ses frères et sœurs, à ses parents, à ses profs, tous ces salauds qui lui gâchent la vie… Certains d’ailleurs n’y arrivent pas et plus tard ils tabassent leur femme, leur gosse, leur chien… On retrouve sa liberté ou on peut...
Autant dire que la liberté d’être soi et seulement soi, de ne vivre que selon son bon plaisir, ce n’est pas la liberté, mais probablement une des plus sûres voies vers la tyrannie. Car si tel doit être mon bon plaisir, qui me le contestera ? Qui pourra y échapper ?
Le choix du prince, le monarque absolu, la terreur des tyrans et des despotes, voilà où conduisent l’illusion de ceux qui croient jouir du monde sans contrepartie.
Ils n’en sont même pas heureux car quand il n’y a plus qu’un rapport de maître à esclave… parfois, finalement, le maître n’est rien sans son esclave.
L’aliénation est bien plus dans l’illusion qu’on exerce en toute puissance sa liberté individuelle, que dans le fait de consentir par des mécanismes imparfaits à en abandonner une parcelle à une collectivité qui ne sera jamais aussi bien que ce que nous, nous sommes.
La vie en société c’est la frustration.
La frustration c’est l’instrument qui fait de nous des adultes.
C’est pas marrant, je sais bien. Et je compatis sincèrement avec toutes/tous les Anne Archer confrontés à cette réalité. Comme ça je compatis un peu sur moi aussi au passage.
Mais vouloir faire endosser cette frustration à la notion de démocratie n’est rien de plus qu’une manifestation de leur dépit intime, de la rage qui les fait trépigner du pied en piaillant des « c’est pas juuuuste !».
Même si au fond rien n’y fait, et qu’ils le savent bien.
Mais quitte à choisir son asservissement, en effet je choisis celui de la démocratie, imparfaite, décevante, frustrante… parce que je peux participer à son évolution (imparfaite, décevante, frustrante), et au fait que soient respectés nos droits individuels (imparfaits, décevants, frustrants) et réévalués nos rôles collectifs (imparfaits, décevants, frustrants).
Car c’est la démocratie qui me permet cette liberté là, et personne d’autre !
Ni moi, ni Anne Archer qui sommes imparfaits, décevants, frustrants… mais qu'une démocratie accepte comme tel.

19 septembre 2006
2007, Année Electorale.
6 924 !
Six mille neuf cent vingt quatre, c’est le nombre de familles qui bénéficieront d’une régularisation au titre des critères de la circulaire Sarkozy sur un total de 23 000 familles ayant déposé un dossier. Les autres, subtile distinction, rentrent donc à la fois dans les critères d’exclusion du territoire, mais « ne seront pas tous expulsés » dixit Arno Klarsfeld.
Ce chiffre annoncé par N.Sarkozy lui-même illustre bien la façon dont est conduite cette affaire. Car il est annoncé alors que les préfectures n’ont pas encore terminé d’examiner les dossiers qui lui ont été transmis. Arno Klarsfeld à plusieurs reprises a indiqué qu’il n’avait pas reçu les dossiers de tous les cas particuliers dont on lui fait part. Ce qui ne l’empêche pas par ailleurs de rappeler que par la même occasion il n’a aucun pouvoir de décision en la matière. A quoi sert il ? A part promener sa tronche là ou il y a des journalistes pour tenter de faire passer la pilule en mettant sous les projecteurs quelques cas particuliers régularisés, au détriment du reste. D’ailleurs, quand on demande à MM. Sarkozy et Klarsfeld comment il faut comprendre les termes de la circulaire : faut-il répondre à un seul des critères, plusieurs ou tous pour espérer une régularisation ? L’un comme l’autre se gardent bien de répondre. Mais les directives du Ministre de l’Intérieur aux préfets pour faire du chiffre sur les reconduites aux frontières, et la chasse aux sans papiers sont, elles, tout à fait claires et sans ambiguïté, ce qui les conduit à « faire du chiffre ».
Conclusion : la présidentielle arrive, et cette vaste supercherie ne vise qu’à faire tomber quelques votes sécuritaires dans l’escarcelle du candidat de l’UMP.
Peu importe que des enfants scolarisés aient à en faire les frais, que des familles soient séparées ou amenées à vivre clandestinement, que des rapatriements arbitraires et stupides soient prononcés, que des droits soient bafoués, que les mots « intégration » ou « nation » ou « France » ne se vident du même coup de leurs sens et conduisent à la radicalisation de beaucoup.
2007 année électorale, voilà tout ce qui importe à notre ministre d’état. Mais j’ai peut être tort après tout !
L’Etat c’est lui, voilà sa seule et unique ambition. Mais elle n’est digne que du niveau auquel il souhaite la situer. Celle d’un politicien qui ne recule devant aucun artifice pour satisfaire son ambition personnelle.
Mais certainement pas l’ambition d’un homme d’Etat.
C'est-à-dire que moi, ce que je croyais, c’est qu’un homme d’état, c’était quelqu’un qui cherchait à voir plus loin que le bout de son nez, qui ne jouait pas ce qu’il pouvait gagner l’heure suivante contre ce qu’il pouvait perdre pendant des années. En tout cas, que ce n’était pas quelqu’un en perpétuelle recherche de boucs émissaires électoralistes : les immigrés sans papiers forcément indésirables, les jeunes sauvageons forcément dangereux, les fonctionnaires forcément feignants, les salariés forcément trop peu flexibles, les retraités toujours trop protégés, les familles obligatoirement incapables, les ceusses qui pensent autrement forcément incohérents…
Alors un homme d’état aujourd’hui, c’est quoi ?

18 septembre 2006
A Découvrir ?
Samedi matin, tandis que je prolongeais mon petit déjeuner d'un café et de tartines supplémentaires, j'ai entendu à la radio l'interview de Philippe Caubère par Rebecca Manzoni.
Ce Philippe Caubère là, ça fait un moment que par intermittence j'entend parler de lui. Ca m'a l'air d'être un drôle de zigue ! Acteur, voilà ce qu'il est. Et moi qui ne vais pas très souvent au théâtre, je ne peux pas dire que je connaisse ce qu'il fait.
Mais quand même... Parfois il y a des livres, des films, des spectacles... On ne les connait pas, mais c'est pas très important, on s'en fiche, on a juste envie de voir à quoi ça ressemble et ca suffit. Il y a une envie que je ne saurais pas trop comment définir.
Ce que je sais de Philippe Caubère c'est qu'il présente jusqu'à la fin de l'année son dernier spectacle au théâtre du rond point. Ce que je connais de lui, c'est qu'il raconte sa vie sur scène (même s'il n'a pas fait que ça). Je ne l'ai jamais vu sur scène, ni vu une diffusion d'un de ses spectacles, rien. Philippe Caubère m'a un peu fait penser à un bloggeur qui se raconte à travers ses billets, lui sur scène il raconte comment il est devenu ce qu'il est en le jouant. Donc d'une certaine façon Philippe Caubère joue Philippe Caubère (sous le prénom de Ferdinand), mais un autre Philippe Caubère pourtant puisqu'on ne saurait vraiment redevenir ce qu'on a été. Et il fait ça depuis... pfiou, longtemps (il doit avoir 50-55 ans maintenant).
J'ai trouvé ça curieux comme idée. Et en même temps ça m'a plut !
Sans doute, de lui on dit autant de bien que de mal. Un peu comme un Fabrice Lucchini, peut être a t'il le don d'émerveiller les uns et d'éxécrer les autres (ou parfois les deux en même temps)? Philippe Caubère est il un égocentrique ? Peut on faire un bon spectacle en parlant de soi ? A quoi ca rime tout ça ?
Avec tout ça je ne suis pas très avancé moi. Tout ce que je sais, c'est qu'en écoutant son interview, j'ai plutôt eu envie d'en savoir plus, j'ai plutôt eu envie de le voir sur scène. Peut-être uniquement parce qu'à l'entendre, j'ai eu l'impression qu'il faisait ce qu'il avait envie de faire, et que ça, c'était profondément sincère et sans doute ça mérite qu'on y prête un peu d'attention.
N'empêche, qui c'est ce Philippe Caubère ?

15 septembre 2006
Libé Rationné ?
Dans les jours ou semaines à venir je risque peut être de ne plus acheter mon Libé quotidien, le journal que j'ai choisi comme compagnon informatif de tous les jours.
Libé, comme l'ensemble de la presse quotidienne va mal.
Après le départ de sa figure emblématique -Serge July-, quatre autres figures de ce journal sont parties il y a peu (Florence Aubenas, Jean Hatzfeld entre autres). Sous peu va être annoncé un plan de sauvetage de la dernière chance qui risque de voir Libé amputé d'une part de sa pagination, sans compter qu'une part du personnel risque aussi de faire partie de la même charette.
On connaît le problème de la presse : changement des habitudes de consommation (l'info est considérée comme gratuite à l'image du téléchargement musical ou vidéo), la concurrence des gratuits (que pour ma part je ne qualifierai pas de presse), la concurrence du web et des autres supports d'information, le coûts des journaux et de leur distribution, etc, etc...
Je ne vais pas vous abrutir de chiffres ou d'analyse détaillée, ceux-ci sont disponibles sur des sites aisément consultables (Acrimed, Observatoire de la Presse, Association de la Presse Internationale...).
Non, je voulais juste parler de Mon Libé.
J'y suis habitué, parfois je m'énerve après lui, parfois je ne suis pas d'accord, parfois j'y fait des découvertes, je m'enthousiasme et je m'étonne. Mais rarement je m'ennuie.
Je fais partie de ceux qui pensent qu'il est important d'avoir une presse d'opinion, quelquesoient les opinions défendues. Je crois que les journaux permettent d'avoir une approche, un recul et un ressenti que n'offre pas la télévision, la radio ou le web. En tout cas pas de la même manière. Je crois qu'une presse libre est essentielle à un pays démocratique, et que la concentration des médias dans les mains d'un nombre limité d'actionnaire ne vaut pas mieux qu'une presse d'Etat. Je pense que la dépendance accrue des journaux vis à vis de la publicité a été une corde avec laquelle les éditeurs se sont pendus. Je pense aussi que l'information demeure un enjeu de pouvoir et qu'il est illusoire d'espérer l'affranchir totalement d'influences économiques ou politique (cela n'a d'ailleurs jamais existé). Mais il doit être possible d'imaginer des formes garantissant au mieux la liberté d'informer et de s'exprimer, en tout cas meilleures que celles qui prévalent aujourd'hui.
Mais pour mon Libé, tout simplement j'aime l'avoir entre les mains, et je ne me vois pas changer pour un autre quotidien. De quotidien dit "de gauche" il n'y en pas tant que ça (et même Libé n'est pas toujours de gauche). Le Monde m'ennuie souvent, l'Huma est parfois pas mal mais parfois seulement, le Figaro j'aime bien certains suppléments mais pour cause de divergence d'opinion je ne me vois pas l'acheter tous les jours, Le Parisien... bof.
Ce qui m'étonne surtout c'est que malgré les difficultés décrites, la presse reste vivace dans beaucoup d'autres pays qui connaissent les mêmes évolutions. Il existe une presse d'opinion plus vivante que la notre en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, aux USA...
Alors je me demande ce qu'il se passe avec la France ? Pourquoi les tirages qui atteignaient les 6 millions il y a des années ne stagnent plus qu'à 2 millions. Quelquesoit les raisons invoquées, peut être qu'après tout le Français lit moins et puis voilà. On peut s'en inquiéter et s'en attrister, mais cela ressemble sans doute à une tendance lourde de notre belle modernité.
Peut être que tout simplement "l'info" n'attire plus grand monde ?
Un monde qui devient plus petit, ou tout paraît plus disponible instantanément. Un monde beaucoup plus individualiste aussi et replié sur lui même. Un monde ou beaucoup se croient démunis devant des puissances qui les dépassent et choisissent pour eux. Un monde qui préfère fermer les yeux. Qui préfère oublier même jusqu'à sa mauvaise conscience de savoir ce qui se passe autour de lui et de même plus vouloir croire qu'il est possible de l'améliorer. Un monde riquiqui, ou du moment qu'on aurait réalisé son bonheur individuel on aurait tout fait, parce que de toute façon faut pas espérer pouvoir faire mieux.
Alors pourquoi lire dans les journaux toutes ces raisons quotidiennes qui s'accumulent pour nous faire penser qu'on a baissé les bras, qu'on y peut rien, que si on a pas réponse à tout alors on a forcément réponse à rien ?
Après tout peut être que ceux qui s'obstinent à lire -journaux, livres, ou autres...- ce sont les gens qui n'ont pas renoncé au sens du mot espoir ?
14 septembre 2006
La Maison de Mon Père (3) - Le Jardin Est Il Toujours d'Eden ?
Comme partout, vous l'avez sûrement remarqué, le jardinage est devenu une sorte de sport national, qui se mélange plus ou moins heureusement avec la déco et le bricolage. Vous ne savez pas quoi offrir à des amis partis se relocaliser à Champignac En Cambrousse ? Fastoche ! Un sécateur, une perceuse multi-fonction, le guide du jardinage, la déco pour les nuls...
La Bretagne n'échappe pas à cette tendance lourde. Bien sûr il y a la conquête du titre glorieux de Village Fleuri, du concours du plus bel Hortensia, ou plus chic être publié dans un de ces journaux déco Côté Ouest/Est/Nord/Sud... A se demander si les gens habitent vraiment dans ces maisons "Coté Truc" d'ailleurs ? Tout semble tellement pensé pour la maison, qu'elle n'a sans doute même plus besoin de vrais habitants !
L'élément décoratif, c'est ceux qui y vivent !
Il y a bien un jardin dans la maison de mon père. Oui, il y en a un !
Certes, on ne le voit pas tout de suite, car les propriétaires précédents ont jugé bon d'installer une remise face à la fenêtre qui était donc censée nous ouvrir une vue dégagée sur cette bande de terre étirée en longueur, appelée "le jardin".
Dommage, car ce n'est franchement pas un jardin comme les autres !
Pas comme les voisins de gauche, ou de droite, qui -quelle banalité- s'évertuent à planter des arbres fruitiers, des fleurs de toutes sortes, des bambous, et évidemment les traditionnels hortensias Bretons (un must régional). Mais aussi un potager accueillant salades, tomates, fraises, haricots, pommes de terre... De quoi assurer une vie en toute autonomie et en respectant les principes JeanPierreCoffiens sacrés : "Tu mangeras les fruits et légumes de saison ou tu ne mangeras pas (de la meeeerde) du tout".
La maison de mon père est bien plus originale que ça (on est comme ça dans la famille) !
On la reconnaitrait entre mille si la vue sur le jardin était directement accessible.
De l'herbe !
C'est tout.
Et je ne vous parle pas d'un british-gazon, sans un cheveu vert qui dépasse, soigné au ciseau à ongles tous les matins et arrosé à la Vittel. Non, une bonne grosse herbe locale, qui pousse comme la tignasse d'un soixante-huitard, par touffes irrégulières, et garnies de fleurs des champs qui se sont installés là en toute tranquilité. Une herbe au look de vieux loup de mer pourrais-je dire !
Pas un arbre, pas une plante décorative, pas de fruits ou de légumes ou de fleurs... on va pas s'emmerder avec tout ça dans la maison de mon père.
Insconscient que j'étais, lorsqu'il s'est installé ici je lui avais offert un de ces livres pour qu'il se cultive lui, son """jardin""", et ses racines ancestrales agricoles. Grave erreur !
Depuis je n'ai pas réussi à relocaliser chez lui ce livre qui expliquait pourtant tout (même moi le béotien du terroir, le citadin bétonné, je pouvais comprendre ce qu'il fallait faire pour faire pousser des tomates, planter un pommier, tailler des rosiers. C'est bien pour ça que je l'avais acheté !).
En totale inconscience je tentais même une récidive en lui amenant une pousse d'arbre prête à planter. Certes, pour me faire plaisir, il l'avait planté. Mais l'arbre n'a jamais poussé... Il devait s'y sentir un peu seul dans le jardin de la maison de mon père.
Lors de mes passages successifs je tentais d'autres approches.
Avant que son mobilier de jardin en plastique blanc ne tombe en ruine, je me pris un jour à lui proposer "Et si on prenait le petit déjeuner dehors, avec ce beau soleil et cette température juste comme il faut ? Je m'occupe de tout !".
Mon père dans sa 'maison de mon père' ne dit jamais non. Ce n'est pas la moindre de ses caractéristiques. D'un seul coup un blanc se fait, un ange passe (toute une escadre même), ses yeux paraissent soudain fixer l'hyper espace, son corps s'affaisse légèrement comme sous le poids d'un coup du sort inattendu... et il finit par détourner la conversation : "ah ça oui, il fait beau aujourd'hui", "et qu'est ce que tu veux manger ce midi ?", "je vais voir si il y a du courrier", etc, etc...
En tout cas, ça veut dire : Non.
Depuis, j'ai abandonné toute envie de le voir intégrer les cohortes de jardiniers-paysagistes amateurs. Quand sa fiancée, à force de torture mentale finit de son propre chef par planter 3 herbes aromatiques, on assiste pourtant à un retournement de situation spectaculaire !
"Ouééé -dit-il- ce midi on va se faire une omelette à l'oseille du jardin ! C'est mouaaaa qui l'a fait ! Ca c'est de l'oseille maison ça ! Miam ! Youpi !"...
J'étouffe dans l'oeuf (puisqu'on mange une omelette) un léger sourire narquois que je vois s'afficher au même instant sur le visage de Fiancée de mon père.
Ainsi va le jardin dans la maison de mon père. C'est Freeland sur Mer. Pousse ce qui veut et ce qui peut. Seule, une tondeuse passe de temps en temps, ratiboiser à hauteur raisonnable une jungle Celtique naissante.
Certes, vous pourriez penser que dans la maison de mon père on vit plutôt comme dans l'ancien appartement de mon père, et vous n'auriez pas tout à fait tort.
Je me permet pourtant de vouloir croire à tout prix que si la municipalité s'est mis à fleurir les ronds-points, et les terres pleins du quartier, c'est peut-être bien pour contrer l'effet désastreux provoqué par le jardin de mon père, et la chute terrible au classement des Villages Fleuris de France qui en est la conséquence.
Et ça, ça me réjouit un peu !
:-)

Et un hortensia breton, un !
13 septembre 2006
Je L'ai Pas Fait Expert !
Vu mon retour tardif dans ma maison hier soir, pour cause de RER ultra poussif, je me suis risqué à m'affaler devant ce qui me sert de télévision : un vieux poste portable, format mini, mais quand même en couleurs. A m'affaler nanti d'une salade de crudités composée par moi-même (naan, c'était pas des carottes rapées en sachet) et le tout accompagné d'un peu d'huile d'olive supra-gouteuse (les crudités ne sont qu'un prétexte) offerte par une bloggeuse qui vient souvent commenter ici... :-)
Et nanti de ma salade et d'une méga flemme, pour la première fois de ma vie j'ai regardé... Les Experts !
Je venais de lire dans le train que cette série était tellement diffusée en France qu'on ne pouvait pas y échapper. Jusque là, moi si ! J'y avais échappé. En laissant ma télé éteinte il est vrai (sauf pour France Italie, mais c'était à cause de Vieira, pour vérifier en truc, enfin bon c'est une autre histoire) !
Et là, j'allume la télé !
Et y a Les Experts.
Du coup l'occasion était trop belle et j'ai regardé (2 épisodes même). Et j'ai bien ri aussi !
Ca c'est rigolo Les Experts !
Toute l'équipe des Experts, ils sont triés sur le volet ! Dans la gamme du "correct" à "craquant", tous fringués clean et chic (mais pas rupin), ils vont chez le coiffeur tous les jours, et tout laisse à penser qu'ils ne puent jamais des pieds. C'est pas chez nous qu'on verrait ça, vous n'avez qu'à entrer dans un commissairiat pour vérifier.
Ils travaillent dans un bâtiment high tech mais quand même vachement accueillant tu vois ! C'est lumineux, coloré, tout neuf. On est pas dans Hill Street Blues ou Maigret (je sais mes réferences datent un peu mais bon...). Ca pourrait être un centre commercial, une salle de fitness new age, un magasin de déco les locaux des Experts. Le genre de building qui chez nous te plombe 95% des nouveaux crédit accordés à toute la police. C'est cool !
Quand ils travaillent Les Experts, là c'est carrément de la folie.
La morgue ou ils font joujous avec leurs cadavres, elle a été décorée aussi par Terence Conran. Je vous jure, doit y avoir plein de gens qui préfereraient mourir dans la volupté de la table à disséquer des Experts plutôt que de continuer à vivre dans leur HLM ! C'est trop sympa ces lumières tamisées, pourquoi ne pas y avoir songé avant, plutôt que de s'infliger d'horribles carrelages blancs éclairés au néon dans un sous-sol crapoteux ?
Quand au matos pour bosser, ça confine au délire.
Tout a l'air toujours neuf, comme si ça venait d'être sorti de sa boite d'emballage. C'est pleins de trucs impressionnants qu'on saurait même pas comment les mettre en marche nous : des instruments chirurgicaux, le paradis sur terre pour n'importe quel Mr Bricolage, des appareils photos, des trucs qui font de la lumimère bleue ou verte ou rouge ou tout ce que tu veux... Mais nous on est pas des experts. On saurait même pas les mettre en marche. La preuve ? Leur matériel informatique. Ca bugge jamais, ils ont des logiciels qui leurs font des tas d'animation en 3D sans même qu'ils le demandent. Ca te cherche dans des banques de données qu'on imagine sans peine balaises, et ça te fait des comparatifs en 2 coups les gros. Genre je tape sur Enter et tout est fait, bouclé, plié...
Je veux le même PC qu'un Expert mouaaa !
Au bout du compte les cadavres des experts -ah oui, parce qu'il y quand même des cadavres- et bien c'est bien simple : ils ont beau faire des tas d'efforts pour nous effrayer avec (yeux crevés, crâne défoncé... j'imagine que les idées ne font pas défaut au scénaristes) finalement ça ne marche pas.
Dans un tel environnement accueillant, comment avoir peur d'un cadavre, même mochement mutilé. Non ! On est un peu impressionné, mais tout de suite il nous paraît bien sympathique ce macchabée.
D'autant plus qu'il recèle toujours l'infime indice qui vont permettre aux Experts de résoudre l'affaire grâce à leur super matos ; enfin dès qu'ils l'auront sorti du carton tout neuf et branché sur le secteur.
Quand à l'histoire c'est toujours pareil je suppose.
C'est Les Experts qui gagnent à la fin (au pire dans l'épisode d'après) et qui arrêtent tous ces meurtriers, généralement complètement tarés, quand c'est pas également le cas des témoins ou de n'importe qui qui croise la route des Experts. Car c'est une constante on dirait. Tous les personnages des Experts ont toujours un truc glauque. Les Experts eux même parfois ne paraissent pas au dessus de tout soupçon.
Car la morale des Experts (s'il y en a une) est bien celle-là : derrière tous cet environnement bien propres, ces gens sains et beaux, ces fringues sorties du teinturier... chaque être humain n'est au fond qu'un horrible monstre en puissance, y a qu'à regarder au fond de son ADN pour en être persuadé.
L'Amérique ne change pas, le puritanisme qui dit que l'homme est fondamentalement mauvais est simplement devenu scientifique.
Il suffit de 45mn pour nous en persuader !
Avec à chaque fois la série suivante : un plan sur la ville (pour qu'on sache ou ça se passe), un plan sur le crime (sinon ca sert à rien que l'épisode commence), un plan sur les locaux des Experts (attention ça va commencer), un plan sur leurs bidouilleries technologique (les Experts maitrisent leur sujet) et des plans moyens sur chacun d'eux (l'Expert fait son Lycos) et chaque suspect (Est ce lui ou un autre ?) jusqu'à résolution du crime grâce au subtil indice que le/la meurtrier ne manque jamais de ne pas pouvoir soustraire au dieu scientifique qui voit tout.
Ah oui !
J'oubliais le plus important.
Au fond, en fait, oubliez tout cela si vous voulez aussi devenir un Expert. Car le truc le plus important, le plus indispensable, le plus abordable et qui fera de vous un vrai Expert à coup sur, c'est de toujours vous promener avec... un coton tige.

11 septembre 2006
La Maison de Mon Père (2) – Faut il faire le mur pour y entrer ?
La maison de mon père est en bretagne. Non loin de ce village d’où est originaire une partie de ma famille et où certains d’entre eux ont d’ailleurs racheté terrains et maisons pour y couler leurs vieux jours.
La Bretagne est d’ailleurs un endroit propice à la perpétuation des racines familiales. On y trouve peut être plus qu’ailleurs à mon avis ces maisons de bonne famille que l’on garde dans le patrimoine et dans lesquelles les familles viennent passer leurs vacances. Ainsi se transmettent les traditions et… les héritages.
C’est une question d’ambiance aussi ! A se promener dans les villages on y verra peu de jeunes zazous à lunettes de soleil tendance, vêtements surfs flashy, et gel fixant dans les cheveux. 'Pas le genre de la maison' (sic). On laisse ça aux amateurs de côte d’azur. Pas de Ferrari et de Porsche à tout bout de champ non plus. Pas de hors-bord luxueux au port. Pas de signe ostentatoires de « ch’uis bourré de thune », le Breton intermittent n’étale pas, il est dans la richesse retenue et le ‘quant à lui’ de ses intérêts.
La Bretagne se veut plus authentique, avec ce je ne sais quoi de vacances ennuyeusement respectable, telles que semblent le promettre ces jeunes grands-mères pimpantes, aux cheveux gris soigneusement coupés, aux vêtements de bon goût blancs et bleus, qui promènent leurs petits enfants eux aussi pimpants et de bons goût et qui tous semblent porter des prénoms composés : Jean Vincent, Anne Laure, Pierre Marie ou Marie Pierre, c’est selon…
La Bretagne, parfois c’est un mini Versailles entourée d’un peu d’eau salée froide.
Sans doute la maison de mon père était elle destinée à devenir elle aussi cet ancrage autour duquel nous nous serions tous retrouvés, sur plusieurs générations, perpétuant ainsi la tradition des vacances familiales. Cela ne s’est pas exactement passé comme cela. La faute à la vie qui a plus penché du côté des séparations que des réunions de famille, et qui fait que de nous tous je suis le seul à m’octroyer des visites et des vacances dans cette maison de mon père, en veillant bien toutefois à ce que mes valises ne contiennent aucun de ces vêtements de bon goût dans les tons blancs et bleus. Ils ne m’iraient pas du tout, ainsi que tout ce qui va avec…
Par un curieux effet du hasard la maison de mon père ne cesse d’ailleurs de me renvoyer l’étrangeté de ce statut bancal. Pour commencer, on n’y entre pas. Il n’y a pas de porte !
Les maisons de la région sont souvent entourées d’un épais mur de pierre, destiné à protéger leurs habitants de toute irruption extérieure. On entre que sur invitation dans ces maisons là, c’est un des effets de la bonne éducation. Le même mur de pierre sert aussi à calfeutrer les histoires de famille, et à éviter que celles-ci ne s’ébruitent au dehors. Il ne faudrait pas croire que la bonne éducation, la messe du dimanche, les coupes de cheveux pour jeunes gens raisonnables, les vêtements bon chic du moment qu’ils ne font pas mauvais genre, etc… mettent pour toujours à l’abri des désordres et soucis que tout un chacun risque de connaître un jour : tromperies, enfant venus de la main gauche (expression locale), déroutes professionnelles ou personnelles, folie, drogue, alcoolisme… Mais l’important est qu’en toutes circonstances, les apparences soient sauvent. Et pour ce qui est des apparences, les épais murs qui bordent les maisons familiales sont alors d’une aide précieuse.
Pour y accéder dans la maison de mon père, il faut d’abord passer par chez le voisin d’a côté ! C’est amusant ! Le mur longe toute la maison, et la porte ne se trouve que chez le voisin. C’est de chez lui qu’une deuxième porte permet enfin d’accéder à destination. Par un étrange effet du cadastre, la maison de mon père semble nous prévenir à l’avance : ici, on sera un peu plus calfeutré qu’ailleurs, et en faire sortir un peu de ce désordre qu’on appelle la vie ne sera pas chose donnée à tout le monde.
(à suivre)

La Maison de Plougrescant, celle qu'on retrouve sur tous les catalogues... Dans ce coin là a
été tourné une partie de "Un Long Dimanche de Fiançailles".




