L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

28 avril 2006

Les Films de Guerre.

...C’était l’bon temps, les films de guerre,
Les figurants morts de rire la gueule en sang,
Aujourd’hui double cacheton pour ceux qui tombent du pont
Le charnier, c’est beaucoup mieux payé,
C’est devenu ça les films de guerre

Les films de guerre c’est c’que j’préfère
Les films de guerre c’est c’que j’préfère...

(San Severino/Les Films de Guerre)

Les films de guerre c’est un genre en soi. Dans les grandes surfaces à DVD on trouve des racks pour films de guerre, comme on en trouve pour les films fantastique et science-fiction, le cinéma asiatique et autres spécialités qu’un jugement sommaire permettrait de classer dans une rubrique plus globale qui semble dire : films infantiles pour hommes et femmes fascinés par la testostérone.

Mais au fond, à la taille des rayons, c’est rien comparé à la place occupée par les DVD des séries télé. Le monde change. Il est plus facile de trouver l’intégrale de Friends ou les 387 saisons de Derrick plutôt que les films de Lubistch.

Mais bon. Je disais donc, les films de guerre…

Pas besoin de vous faire un dessin. On en a tous vu un jour ou l’autre. C’est pas ça qui manque. Depuis La Grande Vadrouille (enfin si on veut) jusqu’à Full Metal Jacket en passant par le Jour Le Plus Long ou Good Morning Vietnam et tant d’autres.

J’en ai vu gamin des films de guerre.

Y en avait plein à la télé, presque autant que des westerns.
Et au cinéma aussi. Je me souviens que mon père m’avait emmené voir « La Bataille de Midway ». Une panouille impossible tout juste relevée par la présence de Toshiro Mifune, le préposé aux rôles d’officier supérieur Japonais à Hollywood (et très bon acteur quand même). Le truc, c’était que le film était diffusé en « sensurround », une sorte de dispositif qui ferait passer la sono d’un groupe de hardcore pour une petite boite à musique à pets de nonne. Dès que notre ami l’amiral Toshiro grondait un ordre en Japonais (je me demande s’ils parlent vraiment partout comme dans les films les Japonais), le papier peint de la salle se mettait à se décoller. Je vous laisse imaginer les explosions des obus et les crash des kamikazes !!!

Reconnaissons-le, comme tous les films dits "de genre", la plupart des films de guerre n’ont finit qu’à servir de prétexte à des réalisateurs tâcherons pour nous permettre d’écouler quelques penchants sadiques.

Ceux que l’âge adulte empêche de satisfaire une fois qu’on a plus l’âge de martyriser les insectes ou ses petits frères et sœurs.

C’est ce qui fait le succès de tous ces crétins de Stallone, Van Damme, Steven Seagal et autres Schwarzy suivant une règle immuable. Le héros morfle un maximum avant d’avoir sa revanche par le miracle de la multiplication des pains dans la gueule des méchants.

Rares sont les réalisateurs capables d’aller un peu plus loin que ce plus court chemin là, qui permet d’atteindre rapidement le contenu du tiroir caisse à défaut de faire un vrai film.

Mais un « vrai film de guerre » -excusez moi de cette expression malheureuse : vrai film de guerre- j’en tiens un ! Et quitte à en voir un, je me risquerai bien à vous proposer celui-là.

« The Big Red One » ça s’appelle (“Au Delà de la Gloire” en V.F) !

C’est pas un film de guerre tout à fait comme les autres.

D’abord parce que pendant la guerre de 1939-45, son réalisateur, Samuel Fuller, a fait partie de la « Big Red One » qui désigne l’insigne de ce régiment d’infanterie US, un écusson portant un grand chiffre 1 rouge.

Et ce qu’il raconte, c’est ça.

C’est juste la vie d’un groupe de soldats de la Big Red One pendant la 2ème guerre mondialle, du débarquement en Afrique jusqu’à la fin de la guerre, pour eux en Tchécoslovaquie. C’est une fiction, mais dont Samuel Fuller à composé l’histoire à partir d’histoires vraies qu’il a connu ou entendu pendant cette période.

Le film date de 1980, et n’a pas été tourné avec un budget en sensurround. Pas de bourres pifs numériques façon « Matrix contre Dien Bien Phû ». Pas d’effet spéciaux virtuoses pour faire comme si on y était, en train de se faire trouer la peau sur les plages du débarquement. Pas de mise en scène porteuse de message humaniste avec coucher de soleil triomphant sur un lendemain qui chante après Hiroshima. Pas de figurants par milliers pour se donner un genre « historique ».

Juste l’histoire de 4 soldats emmenés par un sergent et qui vont survivre à 3 ans de guerre, en traversant l’inimaginable comme ils le pourront. Lee Marvin joue le sergent dur de dur et laconique de façon admirable, Mark Hammill (Luke Skywalker de Star Wars) jour un tireur d’élite paralysé par l’angoisse et qui n’arrive pas à trucider personne... On y croise même Stéphane Audran et Guy Marchand en résistante et officier de cavalerie Français !?!

C’est plus qu’un film de guerre ! C’est un film sur comment on est un être humain, avec tout ce que cela peut signifier quand une fois mis dans un uniforme le seul objectif qui compte c’est de rester en vie.

Samuel Fuller savait de quoi il parlait. Et encore mieux, il savait comment le raconter. Et son « The Big Red One » mérite bien mieux qu’une médaille d’honneur pour figurer au premier plan du rayon « films de guerre » dans les hypers.

Pour en savoir plus :

Sur « Au-delà de la gloire » La version inedite-Samuel-Fuller

Samuel Fuller, reportage sur la libération du camp de Falkenau / Arte

Le Dossier de Presse sur The Big Red One & Sam Fuller

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27 avril 2006

Le Retour De La Bloggeuse Mystère !

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NDLA : Les épisodes précédents sont dans la collection "La vie secrète du blog".

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24 avril 2006

Période Test.

Je reviens de deux bonnes semaines de convalescence.
Donc, c'est une période test pour un petit peu tout :
- suis-je capable de me lever le matin à 7h ?
- suis-je prêt à retourner au boulot ?
- puis-je supporter 1h30 de transports en commun et une arrivée dans la riante "zone de fret" de Roissy Aeroport ? Et pareil au retour ?
- vais-je réagir correctement à la perspective d'ouvrir quelques centaines de mails en retard, d'affronter 15 jours de retard dans mon boulot, et de retrouver la riante ambiance du moment qui fait tirer une gueule de 6 pieds de long à tout le monde ?
- vais-je me remettre à partir à l'heure pas trop tard, en échange d'une arrivée plus matinale que d'habitude ?
etc, etc...

A toutes ces questions, je peux d'ores et déjà répondre OUI, même si cela ne m'a pas empli d'un bonheur sans fin, que mon PC a planté moults fois aujourd'hui, et que le boulot qui s'accumule est plutôt monstrueux.

Mais je dois constater que j'ai plus de mal à me dire qu'il faut à tout prix que je poste quelque chose sur ce blog, alors que je n'ai pas pris le temps de bidouiller les idées de posts qui me sont passées par la tête.
D'abord c'est la faute aux médecins !
C'est eux qui m'ont dit qu'il fallait que je me repose, et que je ne laisse rien ni personne me tracasser. J'ai suivi leur avis à la lettre, je n'ai rien fait d'autre que de me reposer.

Il va falloir que je fasse en sorte de m'en rappeler dans les semaines et les mois à venir. Heureusement, le blog va m'y aider. Même avec pleins de lecture et de commentaires en retard !

hlloyd

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13 avril 2006

La Vie C'est Pas Comme à la Télé.

Et surtout c'est pas comme dans les séries télé ! Ah ben ça non.

Prenez l'exemple de la série Urgences par exemple.
LVN ne reculant devant aucun sacrifice a décidé de tester pour vous cette semaine les urgences Parisiennes.

Pour commencer ce n'est pas une ambulance qui -toutes sirènes hurlantes- s'est faufilée à travers les embouteillages Parisiens, n'hésitant pas à piétiner quelques manifestants attardés, quelques individus séchant leur dur labeur quotidien pour un moment de shopping, etc... Nan, nan, nan...
J'y suis allé tout seul aux urgences. C'est vrai que je n'avais pas besoin d'être intubé, transfusé, intra-veiné, masquàoxigèné, etc... Pas a peine de déranger un chauffeur de taxi blanc à sirène pour ça !

Une fois la porte des urgences franchie de ce grand hopital parisien, aucune marée humaine de blouses blanches, bleues ou vertes, aucune course d'auto-tamponneuse avec des brancards, aucuns râles ou gémissements de mourants ou de blessés souffrants dans d'atroces douleurs...
Aucuns cris impatients mais professionnels de médecins ou d'infirmières réclamant "une piqûre de dizenpotropéïne", "un cyclopneumatographe à oxygène sur roulette", "un dosage saccharo-hormonal à double hélicoïde en urgence avec un expresso pour moi merci..." et toutes ces choses exotiques qui agitent l'air hertzien encombré des urgences télé (et c'est hertzien de le dire).
Non, rien de tout ça...
Juste le zen antillais du bureau d'acceuil : "Bonjour, c'est pourquoi ?" (je vous laisse ajouter l'accent zen antillais, difficilement transcriptible à l'écrit.
"C'est pour des examens parce que je vais pas bien madame, et que mon médecin il m'a dit de venir vous voir sans trainer en route".
"Ah bon" me répond le zen antillais "je vais noter vos informations et puis vous verrez un médecin."

A ce stade on s'attend à... attendre.
Une fois les renseignement pris par Mme Zen Antillais, on se dit "Bon maintenant, elle va m'envoyer vers l'envers du décor, la vraie salle d'urgences, ou je vais attendre au milieu de dizaines d'amochés en tous genres pendant des heures qu'un médecin glisse sur une seringue oubliée sur le sol, et se rattrapant à mon brancard, s'aperçoive que -bon sang, celui là, depuis le temps qu'il est là il peut plus attendre, ou alors il pourra attendre éternellement."
Pas du tout.
A peine le dossier complété, voici une charmante infirmière qui m'emmène dans un bureau pour rassembler les premiers éléments me concernant. Je récite mon CV médical, ce qui m'amène ici en même temps que ma tension, ma température et autres mesures de signes vitaux sont digérés dans l'ordinateur. Elle me dit qu'il va falloir m'allonger et qu'ensuite on s'occupera de moi.
Mais je peux tenir debout que je lui répond.
"Taratata...", me répond elle "on ne va prendre aucun risque, vous vous allonger dans ce beau brancard de compétition avec boite automatique, 4 roues motrices pour que les infirmiers puissent un peu s'amuser avec vous".

Me voilà donc parti vers mon box comme sur des roulettes, piloté par le docteur Boubacar.
Même pas d'opération sauvage sur les brancards, d'électrochocs, d'héliotropine injectée entre l'ascenceur 3 et la salle de radiologie comme dans les séries télé. Pas de cris de paniques, genre "Poussez vous c'est une urgence" dès fois qu'on ait oublié le titre de la série.
Rien de tout ça, juste le docteur Boubacar qui me pousse tranquillement dans mon box perso rien que pour moi. Le premier docteur, il s'appelle toujours Dr Boubacar, ou Hazemi, ou Fati Al Asremh, ou N'guyen Loc... Ils coûtent moins chers et ils bossent aussi bien que les autres. Et s'ils gueulent parce qu'ils ne trouvent pas ça juste, tout le monde s'en fout, enfin surtout ceux qui pourraient les payer normalement.

Docteur Boubacar me fait répéter mon histoire.
Il décide des premières dispositions à prendre et part les valider avec Médecin chef. Il revient armé d'un ECG (électrocardiogramme, c'est fou ce qu'on apprend vite à causer le médical dans le texte quand on arrive aux urgences) et entreprend de savoir si ma breloque toque avec la régularité d'un coucou suisse.
Branchements multiples, tests... L'ECG indique que je meurs et renait à peu près toutes les 30 secondes, mais seulement du ventricule droit !!! "Il doit y avoir des parasites" me dit le Dr Boubacar !
Des parasites ???
Y a pas de parasites dans la série ! Sauf peut être des trucs bizarres ramenés de contrées lointaines par des explorateurs du Manhattan de la sixième dimension.
Dr Boubacar vérifie son ECG et finit par le faire fonctionner normalement. J'entend un peu les aiguilles qui grattent le papier au rythme des systoles. "Très bien" termine le Dr Boubacar, qui rentre toutes les infos dans l'ordinateur, "Je vais voir le médecin chef et on revient pour discuter avec vous de ce qu'il faudra faire."

Bon.

J'attend.

En effet.

Au bout d'un quart d'heure médecin chef revient avec le Dr Boubacar. Je répète mon histoire, répond à ses questions. Médecin Chef n'a pas l'air convaincu. J'ai l'habitude. A chaque fois que je vais voir un médecin, au départ ils ne croient jamais à ce que je leur dit. Au départ en tout cas...
Médecin Chef regarde les examens que j'ai amené avec moi et me dit "Bon, on va vérifier avec une analyse, je vous envois une infirmière pour une prise de sang, une perfusion et après on fera une radio".
Ainsi soit il. Me revoilà dans mon box jusqu'à ce que l'infirmière arrive.
Pardon, 2 infirmières !!!
Deux infirmières par malade et vous, vous vous étonnez du trou sans fond de la sécu ??? Et ben moi je vous dis, que c'est plus sympa d'avoir 2 infirmières avec qui discuter plutôt qu'une seule, et que le trou de la sécu, allongé sur mon brancard, j'en ai rien à talquer".
En fait tout s'explique, la première explique à la seconde ce qu'il faut faire. Je vais donc servir de cobaye !
C'est ça les urgences en fait ! C'est pas pour vous soigner vous, c'est pour que le personnel hospitalier se forme rapidement !
:-)

Bref.
D'abord la prise de sang. Mathilde, l'infirmière chef regarde mes bras. "Ah ben on voit bien vos veines, ça va être facile ! Vas y Madeleine, prépare le matériel, je te laisse faire".
Ca va être facile...
Un quart d'heure plus tard, j'ai 5 trous dans les 2 bras et la prise de sang n'est toujours pas faite malgré les efforts re-quintuplés de Madeleine et Mathilde. "Oh là là, mais c'est fou, j'ai jamais vu ça, vos veines se voient super bien, mais elles 'roulent' tellement qu'on arrive pas à vous piquer".
Je m'en étais aperçu !
Ca aussi c'est pas dans la série ! Jamais vu une infirmière foirer une prise de sang 5 fois de suite (ils auraient dû y penser, histoire de placeer 5 écrans pubs).
Les pauvres se confondent en excuses. Pas grave, je me suis toujours demandé quelle sensation on avait à être tranformé en écumoire. On rigole, on rigole, mais finalement la cinquième est la bonne, mon bras gauche consent enfin à vouloir donner un peu de son sang. Mission accomplie, il n'y a plus qu'à poser la perfusion, si jamais j'ai besoin de médicaments, ce sera déjà prêt à l'emploi.
C'est la nouvelle procédure.
Cette fois c'est bon du 1er coup, je n'ai plus qu'à être véhiculé par Mathilde et Madeleine jusqu'à la radio. Et à attendre les résultats de tout ça. Il y en a au moins pour une heure et demie d'analyse.

Le couloir des urgences n'est même pas encombré de partout pendant que j'attend.
En me tournant je vois un panneau marqué "Salle de déchocage" et j'entend à l'intérieur la voix du médecin chef qui crie "Violetta, tu m'entends Violetta !", quelques bruits de claques suivis de "Ouvre les yeux Violetta", "Comment tu t'appelles", "Lève la main", "Ouvre les yeux Violetta". D'autres bruits de claques pour essayer de maintenir Violetta éveillée.

Au bout de pas mal de temps revoilà Médecin Chef qui vient me voir avec les résultats.
Il est décontracté mais avec un petit air pinçé qu'il avait pas tout à l'heure.
"Euh, écoutez... Avec votre taux de Zirbondiflure à la Crème de Menthe révélé par l'analyse de sang, on va peut être vous garder. En tout cas, on va vous envoyer tout de suite passer un scanner pour être certain, parce que vraiment, ça fait beaucoup trop de Zirbondiflure. Et par rapport aux symptomes décrits il faut absolument savoir ce qu'il se passe. Il n'y a que le scanner qui nous le dira avec certitude".

Et zou, revoilà 2 infirmiers qui me font faire une course poursuite sur mon brancard, comme dans Urgences ce coup-ci !!! Pour de vrai. Comme à la télé, uh uh uh !
Ligne droite de la zone d'accueil en cinquième à fond. Rétrogradage et freinage de ouf' au virage des ascenseurs. Descente à fond au sous-sol, sortie de la chicane des portes de l'ascenseur en mordant sur les vibreurs. Accélération à faire péter les tours jusqu'à l'arrivée au stand de l'IRM.
Blocage des roues, les pneus du brancard fument. Les mécanos sont là et me font glisser sur le matelas de l'IRM.
Le mécano chef vient me voir et m'explique ce qui va se passer.
Un peu d'iode envoyé dans la perf, et me voilà englouti par le cyclotron à impulsions électromagnétiques qui entreprend de me découper le thorax en fines lamelles, même que ça fait pas mal et que ça ne se voit pas.

En quelques minutes, l'examen est terminé.
On me remet sur le brancard, et je sors des stands à une vitesse beaucoup plus raisonnable pour rejoindre mon box, d'ou j'entend -à côté- qu'on crie toujours après Violetta, mais qu'elle n'a plus l'air de se prendre des baffes dans la figure.
Et puis j'attend.

.../...

J'attend encore.

.../...

Finalement, médecin chef arrive en faisant des bonds de kangourou dans ma chambre.
Il me lance une bonne claque sur l'épaule et me dit "Le scanner est bon. Je suis super content pour vous, ah oui, je suis super content. Vous nous avez fait peur vous savez !".
Ah bon ?
Moi j'ai vraiment pas vu qu'ils avaient l'air d'avoir peur !
Il ajoute "Bon, excusez-moi, on a plein de monde qui vient d'arriver. Ca va être un peu long, le temps que je voie tout le monde et que je récupère tout votre dossier. Mais puisque les symptomes sont en voie de disparition et que le scanner est OK je vais pouvoir vous laisser rentrer chez vous. Ah je suis content répète t'il encore une fois".

A une heure du matin, je m'en vais.
Je remercie d'un petit signe ceux qui se sont occupés de moi en passant devant leur bureau. Ils me sourient.
En quittant la zone de soins, je croise une vieille dame allongée sur un brancard, inanimée. Ca n'a pas l'air d'aller très fort. Je pense "accroches toi mamie". Et je rentre chez moi.

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Merci à vous tous de vos commentaires, mails, messages, et tout ça.
Vous pouvez être sûrs que ça a contribué à me réconforter.
Pendant une grosse dizaine de jours je ne pourrais faire que de courts passages sur le blog, mais je voulais que vous sachiez que -pendant que l'enquête médicale continue- je vais bien.
Merci encore à vous tous et toutes et à très bentôt.
Smacks ! :-)

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07 avril 2006

Un P'neu Crevé !?

Je ne sais pas comment ils font !
Ah ça non ! Les radiologues, je ne sais pas comment ils font, pour y voir quoi que ce soit sur leurs photos !
Pourtant il me montre, "Là, et puis ici... vous voyez !" dit-il. Je lui dit un vague "v'oui..." histoire de lui faire plaisir, parce que j'y vois rien en fait. Il me dirait que dans mon poumon droit il y a une tasse à café, la transhumance des lemmings, ou juste un bon début de pneumonie comme c'est le cas, et bien ce serait pareil.

C'est là qu'on s'aperçoit de tout le pouvoir des médecins.
C'est pas tant qu'ils l'aient vraiment, mais c'est plutôt qu'on le leur donne au moment ou on en aurait le plus besoin.
Pour peu qu'on ait de l'imagination et/ou qu'on soit un tantinet fébrile, et si en plus on est coursé par une douleur tenace... on ne se sent pas forcément rassuré à l'idée de passer fut-ce une "banale" radio.
Combien sont passés par une banale radio avant d'apprendre qu'ils étaient intérieurement en voie de destruction rapide. On ne sait jamais !
Ensuite il y a cette espèce d'appareil photo géant. Les radiographies échappent à la tendance à la miniaturisation. Alors forcément ça impressionne un peu, cette espèce de machine énorme qui pivote dans tous les sens pour vous prendre en radio.
A l'époque ou un téléphone vous prend en photo en 2 millions de pixels ?
Non mais franchement !
:-)
Et puis après il faut attendre...
Tic, tac, tic, tac...

Attendre que le docteur bidule vous annonce que vous avez une pneumonie (ou rien, ou autre chose) !
Radios à l'appui.
"Là, et puis ici... Vous voyez ?"
"Euh ! V'oui...!"
Dans votre tête vous le remerciez de ne pas vous avoir trouvé une saloperie encore pire qui vous empêcherait de prononcer le moindre "v'oui". Le v'oui, il s'adresse autant à lui, qu'à vous, qu'au truc que vous avez chopé. Il faut bien vous en remettre au savoir de l'expert médical. C'est lui qui sait, et qui saura comment vous guérir. Vous voyez le genre de pouvoir !

Je ne sais pas si j'aimerai être médecin. C'est vrai on peut facilement se tromper. Comme annoncer à une jeune femme qui ne veut pas d'enfant qu'elle est enceinte ! Ploum ploum tralala, vous êtes tout content, un bébé ! En voilà une bonne nouvelle ! Patatra ! L'heureuse élue est catastrophée. Un bébé, quelle tuile ! J'aurai encore préféré me choper une bonne pneumonie pense t'elle.

Je ne sais pas s'ils s'en rendent compte les médecins.
Je crois que oui. Certains d'entre eux en tirent même une certaine gloire. Ils sauvent le monde, ils s'appellent tous Bruce Willis. Ils viennent parfois même nous délivrer dans le poste leur morale de French Doctor même si on leur a rien demandé. C'est que ça doit être sacrément grisant comme sensation !
Quoique, pour la plupart, ils passent ça sous silence.
Il y a juste une petite glissade, le temps d'un "c'est là, vous voyez..." suivi d'un "ah... v'oui !?" plus ou moins convaincu. En un instant le pouvoir a rapidement changé de main. Il sait, vous non. Mais le malade c'est vous. Vous n'êtes plus tout à fait seul maître après dieu chez vous pendant cet instant et jusqu'à la guérison. Mais chacun fait comme si rien de tout cela ne s'était passé. Et on fait du mieux pour reprendre chacun sa place.

Bon aller ! Zoupla.
J'ai plus qu'à guérir maintenant.

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Pourquoi un autoportrait de Francis Bacon ?
Parce que sa peinture ressemble par moment
à des radiographies, on voit mais on comprend
pas bien comment ça marche.
Et en plus il collectionnait les ouvrages médicaux,
et les photos lui servait à travailler sur ses peintures.
Et puis aussi, c'est une peinture "dérangeante" mais
aussi très belle.

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05 avril 2006

Y a t'il un docteur dans la salle ?

Ca doit être le contrecoup de la semaine dernière...
Maintenant que la période de stress maximum est en voie de disparition j'ai l'impression que mon corps se met à réagir au choc... Et j'ai l'impression de me déglinguer morceau par morceau.

Mais bon... Là, ça prend un peu des proportions 'dehouf' et je crois qu'il est plus sage que j'aille rendre visite à mon médecin habituel. Habituel dans le sens ou on se voit tous les 4-5 ans. J'ai beaucoup de chances, je n'ai pas besoin de cotoyer la gent médicale très souvent. Et habituel dans le sens ou à chaque fois, c'est pour des trucs qu'elle est incapable d'expliquer, et qui généralement se soignent à coups de 'yaka attendre que ça passe' vu qu'on ne sait pas quoi faire. Pfff....

A la limite, si c'est la même chose aujourd'hui, ce sera plutôt bon signe ! Le jour ou on me dira d'aller à l'hopital sans attendre, là je m'inquiéterai pour de bon.
Bon, faut que j'y aille.
A demain.

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04 avril 2006

J'aime Pas Quand Y A Pas...

J'aime pas quand y a pas France Inter dans ma radio le matin.
Et ce matin y avait pas pour cause de grève contre le CPE ou ce qu'il en reste du CPE, qui s'applique mais ne s'appliquera pas jusqu'à ce qu'il s'applique à nouveau à moins que finalement... Cette histoire de CPE, quand même... on en a une sacrée équipe de comiques au sommet (de l'état).

Donc, oui, j'aime pas quand y a pas de France Inter le matin pour me réveiller.
Je viens de comprendre pourquoi, en écoutant les autres radios ce matin.
D'abord elles sont toutes envahies par des pubs-débiles (je sais c'est redondant comme expression) pour des assurances, avec des vannes à deux balles pour vendre des pneus, ou dormir en classe affaire sur Air France alors qu'on a déjà du mal à se réveiller !
Je ne sais pas pourquoi, mais les pubs radios, on dirait qu'il y a une prime à gagner à la nullité du spot. Plus c'est décérébré, mieux c'est. En plus le volume augmente automatiquement de 150 décibels, histoire qu'on comprenne bien des messages forts comme "le tiercé c'est mon dada", ou le taré qui en fin de spot te débite en hurlant et à toute berzingue une liste de magasins avec les horaires d'ouverture et un rappel sur le prix sacrifié du salami au rayon charcuterie.
Il m'arrive d'avoir des instants d'égarement ou je me laisse à penser : "tuez les tous" !

C'est pas que je sois spécialement accro à France Inter. C'est une habitude plus qu'autre chose, mais en écoutant leurs concurrents c'est plutôt une habitude que je n'ai pas envie de perdre trop vite.
Presque pas de pub, bon ça d'accord. Mais aussi un ton, une forme qui n'a pas l'air de prendre l'auditeur pour un demeuré incapable de suivre au delà de 3 syllabes.
Ailleurs c'est quand même assez terrifiant.

Sur les musicales -enfin bon... musicales...- on a droit au même formatage plus ou moins morning live pour neuneus, avec intervention d'auditeurs qui feraient passer M.Pokora pour Heidegger ou Lorie pour Simone de Beauvoir (quoique toutes deux méritent le surnom de Castor). Au bout de 10mn de ce régime, soit on va offrir son cerveau à Patrick Le Lay qui fait collec', soit on bizuizuite le truc qui permet de changer de station.

On arrive sur les généralistes et c'est pas mieux. Les interventions des journalistes durent 30 secondes, et quand il y a un débat c'est à se demander si on préfère pas encore mieux les Mousquetaires de la Distribution qui viennent défendre dans le poste le prix de la ménagère et l'honneur des fraises tagada. A moins que ce ne soit le contraire.
Ce matin, j'ai écouté J.P.Elkabach... Je sais, déjà, quelle drôle d'idée ! Il recevait Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'assemblée, pendant 1/4 d'heure pour parler sur le CPE. Qu'est ce que j'ai appris ? Rien... Ah si, que Framboisine à rencontré sa fiancée en fracassant sa voiture assurée par MMA...
Alors rendez-moi le groupe Radio France, viiiite ! On je résilie mon assurance !!!

Moi j'aime bien quand on me raconte des histoires le matin au réveil.
Que je peux me moquer des certitudes économico-hypnotiques de Sylvestre "Les marchés on/n'ont pas confiance" ! Entendre une vraie revue de presse ! Et puis être sorti de la couette le matin par un journaliste qui s'appelle Stéphane Paoli c'est pas quelque chose de poétique un peu ?

Le réveil du matin sans ma radio préférée, c'est comme quand on découvre qu'il n'y a plus de beurre pour mettre sur ses tartines. On a l'impression de pas demander grand chose en échange des efforts à consentir à la routine quotidienne, et que même ça, ça nous est refusé.

Putain de CPE de merde !

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03 avril 2006

La Disparition - La Revenante.

Vous avez peut être lu ce livre de G.Perec, entièrement écrit sans la lettre E ?

En quelque sorte, c'est ce que j'ai vécu pendant une semaine. Il manquait une pièce du puzzle, qui avait disparu sans laisser de trace, comme ça... du jour au lendemain. Jusqu'à ce qu'elle réapparaisse finalement par elle-même hier soir, très tard. Enfin...

En un instant son absence a ouvert un trou dans ma vie, et tout coulait dedans. Avec le même étonnement gamin qu'on peut avoir en regardant l'eau tournoyer et s'enfuir au fond d'un syphon sans fond, je voyais des années d'existence faites de tous petits rien s'en aller vers un je ne sais ou, un ça s'en va et ça ne revient pas. Me disant que celle qui avait poussé le bouchon trop loin risquait bien d'être submergée par la fuite.
Ce n'était malheureusement pas la première fois, mais sans doute la fois de trop.
La fois qui laisse à penser que tous les efforts produits jusque là n'ont servit à rien, ou si peu. Qu'à nouveau il faudra tout reprendre du début, et pas forcément l'envie de s'y coller là, tout de suite. Car s'il manque une lettre à l'alphabet il y a tout un tas de mots dont on se retrouve privé pour raconter les histoires, et batir sur elles une vie en laquelle on peut avoir envie de croire.

Bref, pendant une semaine j'ai colmaté la fuite, avec les moyens du bord.
Ce qui me permet aujourd'hui de vous servir ce post obscur encombré de métaphores de salle de bain qui me laissent à penser que j'ai peut être raté une vocation cachée de plombier (bier-bier, c'est un beau métier-tier-tier... pour ceux qui connaissent cette chanson).
Mais aujourd'hui la noyade est évitée.

Pour l'instant c'est le plus important.
Il ne faudrait pourtant pas se contenter que de cela. Mais une chose à la fois.

Avec mes remerciements sinçères à ceux et celles qui pendant cette folle semaine m'ont apporté leur présence et leur soutien. Je vous embrasse.

Posté par LaVitaNuda à 13:54 - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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