29 mars 2006
Inquiétude...
Ce n'est pas pour dire "interlude".
J'ai des soucis "de famille" urgents dont je dois m'occuper.
LVN est en sommeil pour l'instant.
Ne vous inquiétez pas.
28 mars 2006
Et pi voilà !
Bigre !
Je me suis un peu étalé par ici et maintenant j'ai tout juste le temps d'un mini post !
Alors, que les choses soient dites : malgré la galère pour aller bosser aujourd'hui, je soutiens les étudiants qui manifestent pour le retrait du CPE.
Et pi voilà !

27 mars 2006
Le dimanche est si prêt...
... que j'ai du mal à me dire qu'on est déjà lundi.
Il y a quelque chose qui ne vas pas. Hier, je profitais d'une douce journée en compagnie d'autres bloggeurs amis. l'après-midi filait sans que nous ne nous en rendions vraiment compte, aidés par une heure de jour supplémentaire dérobée à la nuit précedente.
Et là c'est déjà lundi, et il faut que je me concentre sur toute une foule de choses et de détails dont la finalité pour le bienfait de l'humanité (ouais, je vise peut être un peu haut hein ?) me paraît loin d'être immédiat.
Dans une semi-léthargie propre au lundi matin, je me dit "qu'il y a quelque chose qui ne va vaguement pas". Comme si hier les choses étaient à leurs places, et qu'aujourd'hui elles ne le seraient plus tout à fait. J'envie ceux et celles pour qui l'existence et ce qu'ils en font paraît couler de source, s'enchainer dans un même mouvement continu, porté par le même sens de ce qu'on fait de soi, ou de ce qu'on fait pour les autres.
C'est peut être bien le printemps qui arrive après tout. Qui réveille des envies en attente. Qui me rappelle que je ne devrais pas rester les pieds dans le même sabot.
Il y a ceux qui trouvent leur place et qui ensuite s'y sentent bien, la plupart du temps. Il y a ceux qui ont toujours une sorte de bougeotte intérieure, une incertitude qui les fait aller de l'avant, une insatisfaction qui contribue à les faire avancer.
Le lundi c'est souvent le jour de l'insatisfaction !
Encore plus si le dimanche était heureux !!!
:-)
Les lundi (avec ou sans "s" ?), c'est le jour ou je me dit que la semaine prochaine, il ne faut pas qu'il y ait cette sorte de lundi.

Pour Barny & Phany.
(Manu Larcenet)
23 mars 2006
Menu Télé !
Non, cette fois ci je ne vous parlerai pas de cet achat qu'avait fait ma mère quand j'étais gosse (en ce moment je suis dans une phase come back 70's) !
A partir de 19h45, une fois mon père rentré, la télé régnait en maître chez nous, elle devenait le 5ème membre de la famille. Alors pour tenir compte de cette tendance à la télé-portation (arf) de la cuisine vers le salon, ma mère avait cédé à l'achat de plateaux en plastique thermomoulé d'un marron glaçé légèrement translucide tout à fait -euh- original ?
Il y avait un grand creux rond au milieu pour le plat principal, 2 autre plus petits et rectangulaires pour l'entrée et le fromage ou dessert, un petit rond pour y poser un verre ! Enfin, vous voyez le genre...
Mais non, ce n'est pas de cela que je voulais vous parler !
Pour une fois, la première fois même, je vais vous proposer de regarder la télé, avec ou sans plateau thermoformé couleur marron glacé.
Et oui. Moi dont la télé git par terre dans un coin de mon chez moi et qui reste la plupart du temps obstinément éteinte. Moi qui ai cessé d'en posséder une pendant de longues années, et puis un jour j'étais un peu malade alors j'ai récupéré un vieux clou riquiqui pour meubler mes journées fiévreuses sous la couette. Ben oui, c'est bien moi qui vais vous conseiller de regarder la télé.
Deux fois même !
Parce que cette semaine il y a Excalibur !
Tintintin....
Peut être bien le meilleur film jamais fait sur la légende du roi Arthur, les chevaliers de la table ronde et tout le toutim. Je ne sais pas s'il a bien vieilli ce film, mais j'en garde un souvenir tout ébloui de quand je l'avais vu au cinéma à sa sortie. Pas d'effets numériques tape à l'oeil servant à masquer un scénario indigent ou des personnages à dimension zéro. Non, non... Juste un regard intéressant sur les légendes Arthuriennes (que je vous conseille de lire dans la collection Bouquins), avec tout ce qu'il faut de chevalerie, de magie Merlinesque qui disparaît avec l'arrivée de la Chrétienté, de Lancelot, de Guenièvre et autres Dame du Lac... Si le réalisateur, John Boorman s'était occupé du Seigneur des Anneaux, ça aurait été autre chose croyez moi ! Quoique, Boorman a été capable du meilleur (Délivrance) et du... plus barré (Zardoz).
En tout cas, cet Excalibur, rien que pour la photo et l'utilisation de la musique Wagnérienne, ça vaut son pesant de sacrés Graal !!!
Qu'on se le dise.
Mais c'est pas tout ça !
Vous pouvez louper Excalibur, mais vous ne pouvez pas louper Le Festin de Babette, et encore moins ... Tampopo.
Tampopo, Kesaco ?
Tampopo c'est un film Japonais.
Sur les nouilles !
Là, déjà, ceux qui sont pas intéressés par ce post ont fuit ailleurs.
Tampopo raconte l'histoire d'une femme qui tient l'un des innombrables petits restos pas chers ou les Japonais viennent manger des nouilles ("ramen"). Petit à petit et avec l'aide des autres personnages elle va transformer sa cuisine de gargotte en moments de plaisir. D'ailleurs tout le film associe manger et faire la cuisine à la sensualité et au plaisir.
D'ailleurs, l'héroïne se transforme en même temps que sa cuisine, et... Et je vais pas tout vous raconter !
Mais on n'est pas dans Neuf Semaine Et Demi, Tampopo c'est beaucoup plus drôle, avec des tas de seconds rôles marrants : chauffeurs routiers, yakusa en costume blanc, grand-maitre de la cuisine... Bien plus drôle que l'Aile ou la Cuisse, c'est sûr !
Bon, c'est pas LE chef d'oeuvre absolu du cinéma, mais comment-vous dire... vous ne pouvez pas louper ça ! Non, vous ne le pouvez pas. J'offre une soupe de nouilles à ceux et celles qui auront détesté ce film.
Et toc !


22 mars 2006
Bon Anniversaire !
J’ai vu quelques affiches dans le métro, j’ai entendu des interviews à la radio, mais pas tant que ça et c’est dommage !
Quand on est encore un gamin, on a une façon bien à soi d’entendre et de comprendre les choses. Les adultes racontent leurs histoires et là, de deux choses l’une. Soit ils font comme si on n’était pas là, ou bien qu’on est incapable de comprendre le sens de leur conversation, sauf qu’on a cette manière bien à nous de comprendre ce qu’ils racontent. Soit, sous prétexte qu’on est à l’autre bout de la pièce tout là-bas, ils ignorent vraiment la capacité exponentielle de nos petites oreilles à décoder les histoires des grands. Un truc qu’ils ont oublié.
Mais assis au pied de la chaise en bois dans la cuisine, ou de l’autre bout du salon à l’heure du thé entre voisines nous gardions nos oreilles grandes ouvertes et notre façon bien à nous de comprendre les choses. De saisir à notre façon les histoires que se racontent les grands. Alors vous, moi, les autres je serais étonné si en cherchant dans votre mémoire vous n’y trouviez pas des bribes de souvenirs de cette façon bien à nous d’attraper au vol les histoires que se racontent les grands.
De drôles d’histoires parfois… Ces histoires là…
Surtout à l’heure du thé entre voisines.
Ca peut être l’histoire du bébé de la jeune Josie. Un mois de vacances à la mer, une amourette de bal du 14 Juillet, et un polichinelle dans le tiroir comme disent les grands. Ou alors c’est l’histoire de la voisine du 6ème, celle qu’on ne croise que furtivement dans la cage d’escalier et qui porte souvent des lunettes de soleil. Même en plein hiver. Surtout les lendemains des jours ou elle s’est disputée avec son mari. Ou encore, ça peut être l’histoire des filles de Mme Mireille. Elles sont grandes les filles de Mme Mireille, et elles ont un peu envie de vivre leur vie. Mais Mme Mireille est un peu embêtée. Dans la famille de Mme Mireille les jeunes filles sont sages et obéissantes. Elles vont au catéchisme et puis un jour elles se marient, et entre les deux… rien. Mais Mme Mireille voit bien que ses filles, ça fait un moment qu’elles ne sont plus tentées par le caté’. Pour les tentations, question de génération. Et elle se sent un peu désemparée Mme Mireille…
Mais si nos oreilles décollées ne nous suffisaient pas pour décoder les histoires des grands, il restait encore l’option papivore, pour peu qu’il y ait des journaux à lire à la maison.
Moi je me souviens que je lisais tout ce qui traînait à la maison, et donc les journaux des mamans. Avec des photos de filles presque nues dedans. Mais –hum- pas seulement ! Il y avait aussi le courrier des lecteurs, ou plutôt des lectrices. J’ai toujours aimé lire le courrier des lecteurs moi, celui de Télé 7 Jours chez mes parents, du Figaro Magazine chez mes grands parents ou de l’Huma euh… ailleurs… Mais c’est dans le courrier de Elle, ou Marie Claire que j’ai lu des histoires que je ne lisais jamais ailleurs. Des femmes qui écrivaient –comme on jette une bouteille à la mer, c’est l’impression que ça donnait- à leur journal préféré pour raconter leur mariage forcé, leur divorce impossible, le mépris… Ou parfois pire, les avortements clandestins, les coups, ou les viols. Suivis du mépris et du rejet de leur famille, du corps médical ou de la police et de la justice si jamais elles osaient porter plainte. L’air était connu, ce qui leur était arrivé, elles devaient bien y être pour quelque chose.
Elles entendaient les sempiternelles ritournelles : quelle idée de porter des minijupes ! Un homme c’est un homme, vous le saviez bien. Et pourquoi étiez vous toute seule dans la rue ce soir là ? Au fond vous l’avez bien cherché ce qui vous est arrivé.
Et elles étaient beaucoup à le croire et à préférer se taire avec leurs secrets, ou à se débrouiller seul avec le polichinelle du 14 Juillet.
Il y avait peu de gens à qui elles pouvaient se confier, demander conseil, en qui avoir confiance. Mais il y avait ceux et celles dont on oublie un peu l’anniversaire aujourd’hui.
J’ai lu toutes ces histoires au milieu des années 70, c’est loin, mais pas tant que ça. L’homme était déjà allé sur la lune.
Les choses ont changé il paraît. Mais est ce qu’elles ont vraiment changé ? Je veus dire vraiment ! Et pour tout le monde ?
C’est pour ça qu’il est important de ne pas oublier cet anniversaire là, pour tout ce qu’ont fait les hommes et les femmes dont c’est au passage l’anniversaire de leur engagement, et de leur foi dans la liberté et dans le progrès. Et blabla, tout de suite les grands mots vous voyez…
Mais bon, le monde est plein d’anonymes qui n’auront jamais de légion d’honneur. Contrairement à n’importe quel premier ministre venu si vous voyez à qui je pense.
Et après tout, tant mieux.
Bon anniversaire au planning familial

20 mars 2006
Making Plans For Nigel...
On en voit et on en entend tellement à propos de ce CPE que je me demande s'il est vraiment nécessaire d'y ajouter quoi que ce soit ! Entre les discours convenus, les défenses d'intérêts plus ou moins particuliers, et de vraies revendications sociales et économiques, pas facile de faire le tri.
Au café du commerce, c'est à dire au petit resto du midi avec "boss" et consorts, la cause est entendue... Tout ça "c'est la faute du code du travail"... Voilà les hauteurs stratosphériques du débat... Alors je m'abstiens de placer le couplet provocateur qui mettrait tout le monde d'accord : "Ce qu'il faudrait à l'europe, c'est une bonne guerre avec pleins de morts pour résoudre le problème du chômage et relancer l'économie... N'hésitez pas à envoyer vos gamins en première ligne surtout !".
Ca volerait aussi haut.
Et puis j'ai eu au moins la chance de tomber sur ce papier (Libération de ce week end) -on peut être d'accord ou pas- qui au moins défend l'intelligence par rapport à cette calamité qui veuille que le travail soit depuis 30 ans des miettes de plus en plus petites qu'il faut se partager à de plus en plus de convives.
Je vous le re-cite tout de go, ainsi que le lien qui va bien avec.
François Dubet, professeur de sociologie à l'université Bordeaux-II et directeur d'études à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), analyse le mouvement de protestation anti-CPE. Il publie au Seuil Injustices, l'expérience des inégalités au travail (1).
Pourquoi le CPE mobilise-t-il tant les jeunes ?
Il faut rapprocher les émeutes en banlieues de l'automne et les manifestations d'aujourd'hui. Il y a un véritable problème de la jeunesse en France : d'un côté, les enfants des classes moyennes font des études, mais sont très angoissés par la dégradation programmée de leur situation sociale. Un jeune sur deux occupera demain un emploi qui n'aura rien à voir avec sa formation universitaire. Dans les années 60, seuls 12 % des jeunes avaient le bac. En face, il y avait environ l'équivalent de postes disponibles de cadres moyens et supérieurs. Aujourd'hui, 70 % d'une classe d'âge a le bac, sans qu'en face on ait le même nombre de postes. Et puis il y a une autre partie de la jeunesse, totalement marginalisée, qui adopte des conduites émeutières. Les jeunes de banlieue sont déjà «dehors», et les enfants des classes moyennes savent qu'ils peuvent rapidement les y rejoindre. Dans ce contexte, le CPE a un effet désastreux, au moins symboliquement : il institutionnalise la précarité pour tous. Pourtant, pour certains jeunes, qui cumulent les stages ou ne trouvent pas de travail, le CPE peut être «mieux que rien.» Je ne défends pas la mesure, mais j'observe des tensions à l'intérieur même des jeunes. D'un côté ceux qui font des études, en se disant : «Je dois tenter ma chance, avoir un diplôme pour obtenir un CDI.» Et ceux déjà «dehors», à qui en théorie est destiné le CPE. En 1994, au moment du CIP, qui prévoyait une rémunération à 80 % du Smic pour les jeunes, cette tension existait déjà.
N'est-ce pas la crainte de ne plus progresser socialement qui mobilise ?
C'est un thème qui a su mobiliser plutôt les générations précédentes. Aujourd'hui, la grande affaire, c'est l'injustice. Il y a une conscience vive qu'il y aurait une barrière dans la société entre ceux qui peuvent entrer dans la vie sociale, fonder une famille, avoir un appartement, une voiture... Et ceux qui en resteront exclus. Au fond, tout le monde a admis que le travail allait désormais être flexible. Mais la vie ne peut pas l'être. C'est un échec français, on est incapable d'articuler cette flexibilité de l'emploi imposée, et le fait que sa vie ne peut pas être totalement indexée sur son contrat de travail. Si un jeune est en CDD, sa banque refuse de lui prêter de l'argent. Alors il continue à dépendre de sa famille. La principale préoccupation des jeunes, c'est de devenir adultes, en ayant des revenus stables, pour s'installer dans la vie.
Quel rôle jouent les syndicats dans cette lutte ?
Je ne les accuse pas. Mais depuis trente ans, ils sont devenus minoritaires, centrés sur des secteurs protégés, sur des populations qui ne se sont jamais posé objectivement la question de la précarité. Ils défendent le noyau dur de leurs adhérents, qui sont en CDI. Ils ont cependant d'excellentes raisons d'agir avec les jeunes, mais leur alliance n'est pas si claire. Avec un taux de chômage élevé, les jeunes sont la variable d'ajustement du monde du travail. Sans compter que les écarts de salaire entre les débuts et les fins de carrière se sont creusés. En se liant aux étudiants, les syndicats se remettent aussi dans le jeu face à Dominique de Villepin, et ce à la veille de leurs congrès respectifs. Il y a aujourd'hui en France comme un deal secret : la question du chômage et donc de l'emploi a évincé celle des conditions de travail. Au point de sacrifier une génération. Mais ce deal craque, dans les émeutes de banlieue, comme dans les manifestations d'aujourd'hui, même si l'imaginaire social des Trente Glorieuses continue à dominer.
(1) Avec Valérie Caillet, Régis Cortéséro, David Mélo et Françoise Rault.
Quand j'étais gamin il y avait cette chanson de XTC, j'y repense toujours à chaque fois que des sois disant réformes se préparent à entuber la jeunesse sous couvert de vouloir résoudre ses problèmes :
We’re only making plans for nigel
We only want what’s best for him
We’re only making plans for nigel
Nigel just needs this helping hand
And if young nigel says he’s happy
He must be happy
He must be happy in his work...

Photo : Remy Artiges
14 mars 2006
God Save The Queen.
A peine rentré... c'est à peine croyable... il faut que je reparte pour 2 jours à Londres.
Mais pour le boulot cette fois.
:-(
Avec mon boss... celui avec lequel j'entretiens de si bonnes relations en ce moment...
:-((
Au point ou je pense de plus en plus à aller me faire voir ailleurs... Si c'est pas mieux, ça sera pas pire !
La fête quoi !
:-)
Heureusement que j'ai encore de la neige pleins les yeux uh uh uh... Et le bruit des skis dans la neige toute fraïche... Et les petits déjeuner géants du matin... Et puis, et puis... et puis les vacances quoi !
Pfff, vivement... plus tard ! Aller... A très très bientôt !

03 mars 2006
Singapore Turns Offs
Suite et fin de la découverte de Singapour.
Qu’est ce qu’être Singapourien ? On peut franchement se poser la question tant cette cité-état paraît vouloir s’appliquer à être un modèle international. Et finalement c’est peut être ça être Singapourien pour des yeux occidentaux.
A défaut d’avoir des caractéristiques nationales propres, l’identité des Singapouriens paraît s’affirmer dans leur fringale à être les premiers en Asie du sud est à avoir autant et aussi bien que ce qui peut exister ailleurs. Et à consommer frénétiquement tout ce qui symbolise la réussite moderne. On y trouve tout ce qui fait tendance par chez nous : une boutique Manchester United, des téléphones portables dernier cri, des bars à la mode, jusqu’à une franchise du Crazy Horse (!!!) qui emploie évidemment des filles occidentales plutôt que de charmantes Singapouriennes (c'est dans la pub)…
En souhaitant vouloir toujours être le premier de la classe Singapour se construit sa propre image basée sur la réussite et la performance. Une image qui se vend bien en matière d’investissement, mais qui pour le visiteur laisse une drôle d’impression : mais ou sont donc les vrais Singapouriens ?
Ils sont sûrement dans leur histoire et leur situation régionale spécifique.
Ancienne colonie britannique, Singapour est un peu à l’image de Hong Kong, une île état qui a construit sa richesse sur sa situation géographique privilégiée, son port franc, des liens commerciaux anciens avec l’Europe, l’Amérique ou les pays environnants. Elle n’a pas vraiment d’histoire ancienne en tant que nation, contrairement à la Thaïlande par exemple, l’ancien royaume du Siam qui lui n’a jamais été colonisé, possède sa propre langue, etc…
Singapour est un pays jeune, indépendant depuis les années 60, et qui aurait adopté dès le début le « enrichissez vous » de la Chine d’aujourd’hui en zappant la période communiste, mais en en conservant tout l’aspect autoritaire. Amusant de voir que pour un paradis libéral, l’état intervient pourtant de façon très directive et paternaliste dans la vie de ses citoyens et des entreprises. Comme quoi, quand on parle d’intervention de l’état, certains avant de beugler à l’atteinte à la libre entreprise feraient mieux d’y réfléchir à deux fois. Parfois ça donne d'étranges résultats, vous vous rappelez peut être du scandale de la Barings Bank plombée par Nick Leeson son courtier (britannique). C'était à Singapour.
Le niveau d’éducation y est élevé, ainsi que le niveau de vie, le système de santé, etc… est fourni en échange d’une soumission de la population à la direction « éclairée » des responsables politiques dont l’influence reste grande et les opinions franchement rétrogrades. A Singapour on trouve ainsi la notion de « senior minister » c'est-à-dire d’anciens gouvernants à la retraite mais dont l’influence et le pouvoir restent grand, et les opinions tranchées à la hache : Lee Kwan Yew, Senior Minister et figure emblèmatique de Singapour : « Je ne crois pas à la démocratie », rideau.
Singapour est ainsi très en avance sur les pays de la région, et fait tout pour conserver cette avance afin de pouvoir continuer à exister économiquement et politiquement. Il faut reconnaître que la concurrence avec les voisins se renforce avec la croissance dont bénéficie la région. Et que Singapour a eu des raisons de se méfier de ses voisins, encore moins démocratiques si on pense aux dictatures de Suharto en Indonésie, de Marcos aux Philippines, sans parler du Vietnam, du Cambodge… et dans une moindre mesure de la Thaïlande ou de la Malaisie.
C’est par exemple rigolo de voir cette recherche d’image de premier de la classe caractéristique de Singapour à travers l’architecture.
Dans le centre ville et les zones marchandes le tape à l’œil règne. On reconnaît les buildings et centre commerciaux par période. Les modèles bétons des années 70 sont encadrés par ceux façon marbre et acier des années 80-90. Et aujourd’hui Singapour cède à la tentation du tout verre et acier comme on le fait maintenant, par exemple avec la bibliothèque nationale flambant neuve. On peut d’ailleurs penser que ce genre d’architecture est dans cette région d’une débilité intense vu que sous l’équateur je vous laisse imaginer les coûts pour refroidir l’intérieur d’un bâtiment pareil.
Quand on quitte ces secteurs là pour les quartiers résidentiels, on a vite fait de tomber sur des cités faites de barres alignées les unes derrière les autres en rangs serrés. C’est toujours aussi propre mais franchement plus moche ! Pour s’y retrouver, le pauvre Singapourien(ne) qui a un peu picolé le soir après le boulot peut compter sur les immenses numéros peints parfois sur les façades et qui lui indiquent qu’il est bien arrivé dans le bon building.
Mais s’il y a semble t’il peu de sauvageons dans Singapour, la région elle reste quand même instable, et les sujets de dispute autour du partage des eaux territoriales contenant tout plein de pétrole n’encouragent certainement pas le pouvoir de Singapour à relâcher l’emprise sur les communautés qui la compose.
Car là aussi, Singapour a dû intervenir pour faire en sorte que Chinois, Malais et Indiens qui forment les 3 communautés de l’île cohabitent correctement et se reconnaissent en tant que Singapouriens avant tout. Pour contrer les tensions communautaires qui ont parfois dans le passé dégénéré en émeutes, la carotte et le bâton ont semblés être des armes plus efficaces à Lee Kwan Yew et ses amis plutôt que l’exercice d’une démocratie réelle.
A l’arrivée, tout cela ne donne pas vraiment l’impression à un visiteur étranger que le Singapourien existe sous le conformisme qu’on attend de lui.
Y a-t-il vraiment une opposition à Singapour ? Les jeunes aspirent ils à un autre discours et à d’autres comportements de leurs élites ? Sont ils prêt à sacrifier ce qu’on leur demandera pour la seule réussite économique ? Existe il d’autres avis que le discours officiel et plutôt ultra conservateur en matière de mœurs, de liberté d’expression, de droits à la différence, de réflexion… ?
Après tout, puisque l’influence de ce qui se fait partout dans le monde joue un rôle important à Singapour, comment le pouvoir va-t-il arriver à juguler l’émergence d’une plus grande demande en matière de liberté individuelle, qu’elle soit sociale, économique, syndicale, sexuelle ou tout ce qu’on voudra.
L’état Singapourien évolue avec son temps. Plutôt que de continuer à donner dans le bon vieux tout répressif, il autorise quelques ouvertures pour mieux contrôler d’éventuels débordements. La télé se fait plus permissive, les groupes de « rock rebelle » se retrouvent dans des Star Ac’ tout aussi débiles que les nôtres… Bref, comme chez nous, le contrôle par les médias et la consommation se substitue efficacement au contrôle policier en fabriquant du mouton consumériste relativement docile.
Mais le discours général évolue peu, et reste très proche d’un conservatisme culturel très « chinois » dans l’esprit : l’individu doit s’effacer devant le groupe. On comprend que la démocratie à l’occidentale ait du mal à convaincre ceux qui contrôlent le pouvoir.
Pourtant à Singapour comme ailleurs, on trouve des voix –entre autres sur les blogs- qui réclament plus de liberté et de respect pour les homos, plus de choix et d’autres options en matière politique, plus de remise en cause de pas mal de comportements et d’habitudes locales, plus de considération et de droits pour les minorités et notamment l’immigration venue de Malaisie, d’Inde ou d’Indonésie, plus de remise en cause de l’influence des religions et de la tradition, etc, etc…
Par exemple la grande affaire du moment tournait autour de la sexualité des mineurs, après qu’une jeune fille ait retrouvé sur internet les ébats qu’elle avait filmé grâce à son téléphone portable. Derrière les commentaires faussement compréhensifs, mais rappelant à l’ordre et au respect de la bonne moralité les jeunes filles dont l’image respectueuse constituerait la seule vraie et bonne protection, quelques voix en ont profité pour évoquer les censeurs et les comportements en matière de sexualité qu’ils s’autorisent dès qu’ils franchissent les frontières de Singapour.
Bref, Singapour n’est pas que cet espèce de club Mickey géant ou de CenterParc aseptisé et performant auquel on essaie de nous faire croire. On trouve des Singapouriens moqueurs et hilares, qu’on entend pour l’instant officiellement encore bien peu, mais pour qui la fontaine du « Merlion », cet hybride Lion-Poisson qui symbolise Singapour est devenu un mot synonyme de vomir.
Rassurant ?
Des blogs à découvrir :
www.yawningbread.org
http://www.flyingchair.net/vote.php?categoryID=4
A part ça, LVN est en vacances la semaine prochaine. Après les douceurs équatoriales et exotiques de l'extrème orient, je pars respirer le bon air des montagnes, perfectionner le planté de baton et boire un petit vin chaud !
Bon week end à tous et toutes.
02 mars 2006
Singapore Turns Ons
Vivre à Singapour est le rêve de beaucoup de ceux qui ont eu l’occasion d’y aller. Alors : visite express du rêve.
Vous qui pestez quand vous prenez l’avion car entre la sortie de l’appareil à son arrivée et la sortie de l’aéroport, vous aurez mis autant de temps que le vol ? Soyez heureux ! Singapour est fait pour vous. Bien que l’aéroport soit du genre Super Size, il y de fortes chances pour que vos bagages vous attendent déjà sur le tapis même si vous n’avez mis que 10 mn pour passer l’immigration ! D’ailleurs si ça vous tente, vous pouvez même y passer votre week end dans l’aéroport : moquette moche mais moelleuse, duty free illimité, restos, boutiques, douches, salles de sport, centre commerciaux à n’en plus finir… L’endroit idéal pour les agoraphobes !
Mais non !
Vous êtes venus à Singapour, c’est pas pour bloquer à l’arrivée à Changi Airport, même si un café « Délifrance » avec faux vrai-chic Parisien vous tend les bras tout en diffusant du Stone et Charden millésime 1976. Alors vous vous dirigez vers la file de taxis.
La encore, pas besoin d’attendre 20 minutes l’habituel chauffeur caractériel ayant transformé son taxi en chenil pour Rex son pitbull chéri. Le taxi Singapourien est sympathique, aimable et pas cher, ce qui ne gâte rien. Il prend le chemin le plus rapide ou le plus court suivant l’état du trafic et n’essaie pas de vous enrhumer au moment de la douloureuse.
De plus la déco intérieure est d’un modèle souvent inédit. Vous pouvez ainsi tomber sur un mélange détonnant : peluches et gadgets en pagaille sur le tableau de bord, et high tech partout avec téléphone blue tooth, mini écran 16 /9ème pour regarder quelques Mister Bean et j’en passe…
Enfin, même si vous avez une carte bancaire du Belouchistan oriental, il y a de fortes chances pour que vous puissiez payer votre taxi avec. Sinon, et ben, vous mettez le prix de la course sur la chambre d’hôtel et on en parle plus. Mais si c’est possible !
Vous voilà donc en route vers Singapore City.
Même en cas d’embouteillage, vous y serez rapidement. C’est pas immense non plus hein Singapour ! Une grosse île au bout de la péninsule de la Malaisie. A peine 4,5 millions d’habitants. Et puis le gouvernement limite le nombre de voitures sur cette petite île, ne vous avisez pas de vouloir en acheter une là-bas. Pire que les intégristes écolo de chez nous ! Elle vous coûtera le double du prix Français. Eh oui ! Tout n’est pas toujours moins cher à Singapour, mais on en reparlera plus tard.
Sur la route, vous vous apercevez que le vrai pays des Oompa Loompa n’est pas la chocolaterie de Charlie, mais Singapour. Entre les voies express et tout autour, des arbres, des massifs de fleurs (toujours en fleurs), et une herbe de hauteur réglementaire et immaculée ne sont salis par le moindre papier gras, emballage ou déchet… « Clean and Green » comme disent les Singapouriens ! Pourtant, si vous voyez les jardiniers, prenez une photo, c’est un phénomène rare. Un indice : les oompa loompa de la voirie de Singapour portent souvent des combinaisons rouges.
Saches-le cher lecteur LVNien, si tu as une phobie de la poussière, si tu regrettes la loi et l’ordre à l’ancienne, si tu es fan du pensionnat de Chavagnes et d’un monde heureux, et ordonné comme à Disneyland. Si tu rêves de te réveiller chaque matin pour une belle journée, dans un ciel bleu immaculé comme dans « The Truman Show », Singapour sera ton paradis.
Les voitures sont propres, les rues sont propres, les gens sont propres… Singapour c’est la Suisse au niveau de l’équateur, d’ailleurs ils ont une marque d’eau minérale baptisée « Mountain Water ». Personnellement je n’ai pas encore vu les montagnes en question, mais ne nous arrêtons pas à si peu.
Certes il faut de l’argent, en tout cas au moins autant que pour passer des vacances à Paris, Londres ou New York, mais tout cela c’est des détails aussi. De toute façon Singapour s’en fout des pauvres, ils vivent à deux pas d’ici, en Malaisie, en Indonésie ou aux Philippines et fournissent les quotas extrêmement réglementés d’immigrants Oompa Loompa qui viennent y faire le petit personnel en contrat à durée déterminée avec un seul jour de congés par mois.
Singapour aime aussi le riche visiteur en contrat expatrié, ou en touriste, d’où qu’il vienne. Singapour n’est pas regardant sur l’origine de l’argent, pourvu qu’il arrive chez lui. Oui… La Suisse encore. Le visiteur qui vient faire des affaires, jouer au golf, vivre dans l’air climatisé. Le visiteur habitué aux business class, à être « servi » vu qu’il paye pour ça. Et à se sentir en sécurité pour dépenser tout son bel argent, en bonne compagnie avec des gens comme lui/elle.
Moyennant quoi, cher visiteur, si tu es une fashion victim, ou un/une accro au shopping, Singapour est pour toi. Singapour c’est un supermarché géant, et pas grand-chose de plus en fait. En tout cas, tout est fait pour que tu en ais l’impression.
Te voilà donc parti à l’assaut de l’occupation préférée des Singapouriens : le shopping !
Reconnaissons le, si on aime il y a vraiment de quoi se faire plaisir !
Pour peu que tu décides de visiter tous les centres commerciaux sur Orchard Road ou ailleurs, prévoit raisonnablement une semaine à raison de 15 heures par jour avant de pouvoir en venir à bout. Et encore ! Pour ma part je n’ai jamais vu autant de boutiques Vuitton, Hermès, Fendi, Prada et tout ça alignées (proprement) les unes derrière les autres. Il faut aimer, c’est la seule condition. Mais quoiqu’il en soit pour résister à la fièvre acheteuse qui paraît contaminer toute la population n’oubliez pas de vous faire administrer un sérieux vaccin.
Cerise sur le gâteau. Au retour tu pourras te faire rembourser la TVA locale en cash à l’aéroport. Mais comme tu ne sais pas quoi faire de ces derniers billets, bien sûr tu seras tenté d’aller les dépenser dans les duty free shops. Et le tour est joué.
Sinon, à part dépenser de l’argent, quoi faire à Singapour ?
On peut se poser la question.
Tu aimes la propreté alors tu aimeras te promener dans les beaux parcs « green and clean », dans le métro et les bus tout propres, manger dans les restaurants immaculés à toute heure, visiter les quartiers Chinois ou Indiens « anciens » tous ripolinés proprement qu’on dirait qu’ils ont été construits la veille, etc, etc… Tu aimeras aller t’éclater dans les bars à la déco impeccable et propre, pour y cotoyer des gens aussi beaux et propres que leurs comptes en banque, en écoutant de la musique nette et proprement jouée. C’est le moins qu’on puisse faire pour toi, et si on ne fait pas plus au moins on le fait très bien.
Tu peux sortir tard le soir sans risquer de mauvaises rencontres, laisser tes enfants se balader sans risque… Singapore is safe. D’ailleurs d’innombrables panneaux te guident pour t’éviter toute erreur : ne pas fumer ici, ne pas traverser là, ne pas manger à cet endroit, ne pas ceci ou cela… Singapour est beau et sent bon, et fait en sorte que tu n’oublies jamais de dire bonjour à la dame ou au monsieur. Les mêmes panneaux t’informent d’ailleurs du montant de la pénalité pour toute effraction au code de la bonne conduite : 120 dollars (environ 60 euros) si tu ne boucles pas ta ceinture passager, 400 si tu manges du Durian dans le métro, et ainsi de suite si tu ne tires pas la chasse d’eau, si tu jettes un papier gras, etc, etc…
Mais comme tu te plais à Singapour tu es donc du genre à comprendre tout à fait que les règles de s’imposent à tous, même de manière un peu insistante. Pas comme en France ou tout le monde n’en fait qu’à sa tête, ce pays de libertaires ingouvernables ! Pas étonnant que ça soit une telle panade là-bas, crois moi, on ferait bien de s’inspirer de ce qu’il se passe ici ! Au moins toute chose est à sa place, et après tout les châtiments corporels, ça en dissuaderait pas mal dans nos banlieues si ça existait…
Papa Singapour : son gouvernement, sa police, ses institutions, veillent à ce que ses enfants ne manquent jamais de rien pourvu qu’ils marchent tous en bon ordre et traversent toujours dans les clous. Cela donne des scènes parfois cocasses. Si comme moi, dans un salon vous vous mettez à distribuer un pauvre autocollant tout pourri, vous aurez la surprise de voir se former spontanément une queue longue de 100 mètres de Singapouriens à la fois avides et disciplinés. Tout ça pour un truc qui finira dans une poubelle.
Quoi ?
Bien sûr que oui ! C’est ça le bonheur !
Qu’est ce que vous croyiez !
Alors pour en profiter à ton tour et venir vivre à Singapour voici la marche à suivre.
Je te conseille de travailler dans une grande boite à vocation internationale. Quel que soit son activité, ce serait étonnant qu’elle n’ait pas de bureaux à Singapour. Ensuite tu n’as plus qu’à répondre qu’à quelques critères de base : aimer l’argent, être considéré comme un warrior dans ton boulot ou un jeune plein de potentiel presse citron, parler l’anglais, aimer le golf, les grosses voitures, les costumes Armani, la magouille pour payer tout moins cher aux frais de la compagnie, et tout ce qui te permet d’avoir l’air de quelqu’un kinenveu.
Tu rempliras ainsi tous les critères qui te permettront de vivre dans un paradis fait sur mesure pour toi, ou tu te sentiras à l’abri, avec rien que des gens qui pensent comme toi (les autres s’il y en a) seront ton personnel de maison, ou tes subordonnés au boulot).
Rassures toi, tu n’auras même pas besoin d’être imbuvable, pédant et arrogant en permanence. Au prix ou tu seras payé, tu pourras même te permettre d’être sympa.
Et ça, crois moi, ça ne sera pas du luxe.

01 mars 2006
Qu'il est bon...
Qu'il est bon de retrouver son petit blog après plusieurs jours d'absence, et pleins de retard de lecture, de réponses à des mails et aux commentaires... Pfiou, pleins de trucs quoi !
Bon, mais aujourd'hui c'est le jour du feuilleton, mais je vais être obligé de décaler pour cause de décalage horaire et tout ça. Et pi d'abord, il fait froid, alors que je venais juste de commencer à m'habituer aux température équatoriales...
Oui, je sais, parfois la vie est vraiment difficile à Singapour (voir ci-dessous) !
:-)
Aller hop, bonne journée à tous !





