17 février 2006
Bienvenue au 115.
Bienvenue au 115 !
C'est ce que je me suis dit hier en rentrant d'un dîner dans un petit resto.
En remontant l'avenue, le long du trottoir, un Sdf s'installe pour la nuit. Une porte en bois mise au rebut lui sert de matelas, un long carton qu'il dispose par dessus comme si c'était une tente lui servira de toit pour la nuit.
Il est jeune, noir, n'a pas l'air d'avoir passé beaucoup de temps dans la rue. Il n'a pas l'air de picoler, ni de se droguer. Qu'est ce qui l'a amené à rejoindre -comme beaucoup- l'armée des ombres du XXIème siècle, je n'en sais rien.
Mais en tout cas il n'est pas franchement chaudement vêtu. Même pas un pull, ni un blouson. Juste un survêtement et un sweat shirt. Pas de sac avec lui, pas d'affaires, rien. On s'approche, on lui demande si ça va (quelle question débile), s'il ne veut pas qu'on appelle le Samu social pour lui.
A notre surprise il dit oui. On entend tellement que les Sdf répugnent à se laisser emmener par le Samu social, que nous voilà presque étonné que l'un d'entre eux accepte spontanément cette offre !
C'est pas les grands froids extrêmes, mais quand même ! C'est toujours moins pire que de geler dehors.
Alors j'attrape mon portable et j'appelle.
Le 115.
Ca décroche. Un disque évidemment ! Qui me dit dans toutes les langues que les lignes sont saturées et que ce n'est pas la peine que je reste comme un crétin au bout du fil, comme si ça allait contribuer à reboucher le trou dans la couche d'ozone. Bon je raccroche. Je recommence.
Pareil.
Je me dis qu'ils devraient faire un effort de prononciation, en tout cas les langues que j'arrive à peu près à comprendre. Il y en a tout un tas, je n'ai même pas idée de ce que ça peut être ! Mais la version anglaise ressemble à du Douste Blazy sous laxatif.
Bref je raccroche.
Je recommence.
Je raccroche.
Je rec...
Ca fait un moment qu'on est parti en laissant notre gars sur son bout de trottoir, l'assurant qu'on ferait venir le Samu social. Alors il faut assurer, mais rien à faire. Le 115 s'obstine à me dire que je perd bêtement mon temps, mais il ne me le dit pas comme ça. Et à la fin il me raccroche au nez le malpoli !
Je suis rentré chez moi que j'essaie encore de les joindre.
Et au bout de la ???ème fois, ayé ! Alléluia ! Victoire ! Monsieur 115 m'exhorte en 17 langues diférentes à ne pas abandonner mon appel, qu'il va être transmis à un permanent et tout ça... C'est l'effervescence ! J'attend.
Mr 115 fait le tour de son message multilingue et revient à l'assaut avec le même discours.
Sauf que cette fois, il m'indique que : "votre temps d'attente est estimé à... (petit blanc de suspense) 16 minutes" !
Ahhh Boooon !
Ben il fallait le dire tout de suite !
Je pose mon téléphone, le met en mode mains libres pour entendre un peu mieux la United Colour of Benetton qui me demande de patienter et je vaque à quelques occupations, un oeil sur la pendule.
C'est vers la 17ème minute qu'une voix féminine arrive enfin à mes oreilles : "Allo ?".
J'accours : "Oui, oui... Allô aussi, enfin je veux dire : allo, hallo, pronto, hello, hi et toutes ces sortes de choses qui tournent en boucle depuis presque une heure en temps cumulé."
Je frémis intérieurement en pensant que la batterie de mon portable serait capable de me lâcher maintenant alors que j'ai enfin Thérèse-SOS-détresse-amitiés en ligne !
Heureusement, le téléphone tient le coup.
Je signale l'adresse, je décris le monsieur.
Ca dure même pas 30 secondes.
Thérèse me répond d'un merci monsieur.
Oh ben vraiment, il n'y a pas de quoi.

PS - LVN part satisfaire les clients et les actionnaires de c'te boite par des services à valeur ajouter dans le cadre d'un partenariat win win pendant une grosse semaine. Pas sûr qu'il blogue tous les jours. En attendant, soyez heureux et soyez fous !
:-)
16 février 2006
Tora, Tora, Tora !
C’est à ce cri que les kamikazes Japonais allaient se réduire en bouillie sur les portes avions américains. En pure perte comme on le sait.
M’est avis qu’il doit y avoir en ce moment des têtes à l’Elysée, au Ministère de la Défense, au Ministère des Finances, et dans la Marine Nationale qui rêvent de kamikazes s’écrasant sur cette coque Q790, anciennement Clémenceau, et les débarrasser de bien des soucis.
« Les temps, v’là t’y pas qu’ils changent » comme le chantait Dylan.
Voilà qu’on ne peut plus exporter comme on veut nos déchets les plus pourris comme au bon vieux temps des effets positifs de la post-colonisation !
Les Indiens –à part les esclavagistes du démantèlement maritime- ne sont plus très chauds pour nous servir de décharge. A la place ils se proposent plutôt de nous racheter notre sidérurgie. Et ça ne nous plaît pas du tout !
Peu importe que Arcelor lui-même ait voulu s’offrir hostilement un bon morceau de sidérurgie Canadienne avant que ces casses pieds de Mittal ne les mettent (les pieds) dans notre plat national. Tant que ça reste entre occidentaux, on peut se permettre des OPA sauvages. On est entre nous !
Peu importe qu’Arcelor se soit construit sur les plans de restructuration de la sidérurgie européenne qui a détruit quelques dizaines de milliers d’emplois, fermé des sites et transformé des régions en friches industrielles. Maintenant que l’acier est redevenu rentable, demande mondiale oblige (celle de l’Inde d’ailleurs), les mêmes politiques et responsables en appellent au soulèvement national, au sursaut de leurs employés, on va voir ce qu’on va voir !
Les mêmes qui nous expliquaient il y a quelques années que les ouvriers de la sidérurgie ne servaient plus à rien, qu’ils n’étaient pas assez flexibles, qu’ils avaient fait leurs temps, mais que la solidarité nationale leur offrait le RMI à la place.
Les mêmes qui ont réclamé le libre jeu du capital, la rentabilité financière sur les marchés internationaux, les voilà pris aux mêmes règles qu’ils ont pourtant imposé, taxant leurs détracteurs de retardataires, d’inadaptés à la marche naturelle du progrès, de dinosaures marxistes.
Hey Villepin, Breton… Hey monsieur le directoire d’Arcelor ! Dans le c… ta sidérurgie au goût du capitalisme du XXIème siècle !
En attendant notre vieux tas de ferraille, symbole de la grandeur de la Fraaance, rentre piteusement au bercail natal. C’est la plus grosse blague maritime depuis la sardine qui bouche le port de Marseille !
Il faut rire bien fort, car la blague coûte (pour l’instant) une petite dizaine de millions d’Euros et ça fait cher l’éclat de rire !
Ca fera cher l’éclat de rire aussi quand il faudra indemniser les victimes de l’amiante alors qu’on savait depuis très longtemps les risques qu’on faisait courir à ceux qui manipulaient cette saleté, ou se trouvaient un peu trop près d’elle. Pour l’instant l’Etat et Eternit font durer les procès. Les plaignants auront le temps de passer de vie à trépas. Cette prochaine bonne rigolade se paiera ainsi moins cher.
Clémenceau revient, en faisant le grand tour de l’Afrique plutôt que d’être une nouvelle fois rançonné par l’Egypte pour passer le canal de Suez. Rien dans cette histoire de coque rouillée qui ne soit digne du plus mauvais vaudeville. Mais quand on tient un navet de cette taille, il faut le regarder jusqu’au bout. C’est tellement exceptionnel…
Au moins pendant qu’on assiste à ce spectacle, on en oublie les voitures qui brûlaient il y a quelques mois. Il faut dire qu’entretemps on a pris des mesures. Et quelles mesures !
Passage en force de Villepin, histoire de montrer que c’est lui qui commande, pour l’adoption d’un contrat de travail avec période d’essai permanente et autorisation de libre licenciement. Ca va faire plaisir au d’jeunz qui vont y trouver de quoi rire à nouveau sur l’intégration.
Suppression du quota de 20% de construction d’HLM. L’accès à l’habitat pour les revenus modestes n’est pas un problème dans les banlieues, les quartiers, les cités. Tout le monde l’a remarqué !
Non ! Le problème c’est les zimigrés !
Comme toujours.
Alors on va trier les bons et les mauvais. On va faire venir les diplômés dont on a besoin, les autres resteront sur place pour désamianter nos déchets militaires ou civils. Ah zut, trop tard….
Là ou il y a quelques siècles on regardait si l’esclave avait de bons muscles ou de bonnes dents, aujourd’hui on regardera son pedigree Pal éducatif. C’est certain, on va être bien vus par les états concernés qui n’ont pourtant absolument pas besoin de retenir leurs médecins, informaticiens, juristes, ingénieurs, enseignants… chez eux ! Ca aussi tout le monde l’avait remarqué !
Heureusement que nous pouvons compter sur l’opposition.
Elle est active, constructive, elle a des projets, des envies, du désir…
Et elle sait s’adresser à nous le peuple !
Comme Georges Frêche quand il caresse le bon sens du poil colonialiste de ses électeurs en insultant les « sous-hommes » et « cocus » d’origine Harki et en entonnant la chanson-hymne de l’époque Y a bon Banania.
Cet homme sait parler à la gauche !
Si bien que ni Jack Lang présent à son discours ni les autres présidentiables n’ont trouvé grand-chose à y redire. Rien à dire mais très occupés à compter et recompter les voix que Georges Frêche distribuera aux candidats à la candidature peut-être !?
Pour qui je vais voter en 2007 ?
Tora, Tora, Tora…

14 février 2006
Barny et Nuts !
Et comme chaque semaine, la suite de notre grande aventure policière de la blogosphère !
Pour me faire pardonner mes absences, j'en ai fait un peu plus aujourd'hui.
Les épisodes précedents sont dans la catégorie "vie secrète du blog" et ici :
Episode 2
Episode 1





















10 février 2006
Tonton Pourquoi Tu Tousses ?
Pourquoi pleins de gens se mettent ils à tousser pendant n’importe quel spectacle, dès qu'il y a un moment à « sonorité réduite » ?
Est-ce la recrudescence incongrue et localisée de la grippe aviaire ? Est ce parce qu’il y a trop de vieux, trop de fumeurs de Gitanes maïs, trop de tuberculeux ? C’est quelque chose qui m’a toujours étonné !
Et évidemment, ça m’a étonné hier, puisqu’il y a eu de longs moments ou le pianiste ne jouait pas trop fort, d’autres moments ou le rideau se baissait quelques instants pour séparer deux passages d’une même pièce.
« Teheu, Teuheu… Rhâaa Theuheu », d’un coin à l’autre, au hasard du microbe tousseur, retentissait ainsi les toux des spectateurs.
Je n’osais pas croire que c’était réellement un attenta viral de la part de Mahométans ultra-intégristes ! Tout simplement : Allah ne le permettrait pas.
(J’espère qu’on a encore le droit d’écrire leurs noms ! Ca va devenir compliqué si il faut aussi prévoir d’interdire certaines lettres de l’alphabet ! Give me a M, give me a O…. Yes we got Mohamed !).
Je n’osais pas croire non plus que c’était là le fait de gens si imbus d’eux même qu’il faille qu’ils se fassent remarquer dans le noir, afin qu’on n’oublie pas leur haute lignée. Prout, on est quand même à l’Opéra ma chère, et ces gens là savent se tenir ! Quoique, si vous saviez parfois !
C’est justement avec le noir que l’explication me vint. Si radicale que je l’exposais illico à ma voisine de droite qui, je le voyais, rejouais dans sa tête le sketche de Fernand Raynaud : Tonton, pourquoi tu tousses ?
Les tousseurs de salle de spectacle ont encore peur du noir !
Tout petits – et comme beaucoup – une fois tout seuls dans leurs petites chambrettes, si jamais par erreur la porte était refermée sans laisser ce petit rai de lumière rassurante, les tousseurs paniquaient ! Lentement, leur imagination faisait sortir des monstres de dessous de lit, des créatures bizarres les forçait à manger des kilos d’épinards… que des trucs affreux. Si affreux qu’avant qu’une demi-heure soit passée, des pleurs et des appels « môman, môman » faisait venir maman en effet, afin de remédier à cette insupportable obscurité, et la menaçante solitude qui l’accompagne.
Et voilà les mêmes des années plus tard.
Ils vont à l’Opéra, le noir se fait… De nouveau les voilà seuls, dans un lieu inconnu qui en tout cas n’a rien de rassurant comme une chambre : pas de veilleuse, pas de nin-nin ni de doudou protecteur, pas question d’enlacer sa femme comme ça dans ce genre d’endroit pour se rassurer… Et en plus un spectacle qu'on est même pas sûr de comprendre et d'appécier !
L'angoisse totale !
Et ils ont toujours peur du noir !
Alors la tension monte !
En même temps, ils ont mis leurs beaux vêtements, ils sont dans un haut lieu de la culture académique, ils ont claqué une petite somme pour être là… Ils font partie du monde, du vrai, celui qui a de la valeur par rapport à beaucoup d’autres ! Enfin c’est ce qu’ils pensent.
Mais ça ne les rassure pas du tout ! Au contraire !
« Je vais ressembler à un putain de looser si je montre que depuis ma plus petite enfance, j’ai peur du noir ». Tant d’effort pour en arriver là, et craquer sur la ligne d’arrivée de la culture parce que j’ai peur, tout seul, au milieu de toutes ces silhouettes inconnues, noires, immobles, menaçantes elles aussi !
« Au secours ! Sauvez-moi ! Me laissez pas seul ici ! Venez me chercher dès que c’est fini ! Help ! Ayuto ! SOS ! ».
Mais comment faire comprendre ça dans un théâtre, en plein spectacle, tout en évitant l’arrivée de la camisole et le séjour gratuit (mais encore plus inquiétant) à Sainte Anne pour une nuit !
Et là le miracle se réalise (et Mahomet ou Moïse n’y sont pour rien).
Un « teheu, teheu » s’échappe du parterre… Discrètement.
Un autre lui répond du 2ème balcon.
Puis un troisième, un peu moins discret d’une des baignoires côté jardin.
Et ainsi de suite !
Voilà notre tousseur rassuré.
Et en plus il se découvre des copains, la-haut, et au fond derrière, juste devant lui…
Sauvé !
Il survivra à l’inquiétante étrangeté de cette soirée.
A part ça !?
Le spectacle ?
Eblouissant et Vertigineux !
(des détails ici : avec pour une fois, une critique valable dans les pages Culture de Libération)

The Vertiginous Thrill Of Exactitude / William Forsythe.
Photo copyright John Ross.
09 février 2006
Intermède...
Parce qu'il n'y a pas toujours que des moments chiants ou rageants ou difficiles dans la vie...
Un intermède de plaisir :
... et rien d'autre.
08 février 2006
Caricature et Culture sont dans un bateau...
Je reprend ici en réaménagé les commentaires laissés sur le blog de piki-blog.
Voilà qu’avec cette caricature de polémique sur les caricatures, on nous refait le coup du choc des cultures. Idée chère à Samuel Huntington, émérite professeur en sciences politiques à l’université de Princeton. Grosso modo, l’idée de Huntington consiste à dire que depuis la chute du mur de Berlin nous avons désormais à faire face à des oppositions entre cultures : à ma droite l’occident, à ma gauche l’Islam, mais aussi les Indiens, les Boudhistes, les Chinois… Les luttes ne sont plus politiques elle seraient désormais culturelles.
On a depuis réutilisé de nombreuses fois l’idée pour nous parler du choc des cultures à propos de l’emploi, de la colonisation, de l’éducation, du référendum européen, de l’entrée de la Turquie dans l’UE, du fromage pasteurisé, j’en passe et des meilleures.
Stop.
Il n'y a pas de choc des cultures.
Ici, comme dans de nombreux autres pays, ça fait un moment que les musulmans ne sont pas mis à l'index pour des raisons religieuses, mais pour des raisons historiques, sociales, économiques et donc politiques oui. Quand Khomeini est venu en France avant la révolution islamique en Iran, certes il a dû devenir fou à regarder « le jour du seigneur » à la télé le dimanche matin, mais il a été protégé par cette horrible démocratie Française, avant de retourner chez lui y semer la paix, le bonheur et la prospérité comme chacun sait.
Il n’y a pas de choc des cultures mais il y a choc politique avant tout.
Parce que les pays qui font corps dans la dénonciation de ces caricatures (dont chacun est libre de juger la valeur) ne séparent pas la religion de l'état et se servent de l’Islam comme une arme.
La religion y est loi, et les religieux y ont le vrai pouvoir politique. Ils parlent d'ailleurs de "nation musulmane".
Nation ET Musulmane.
Que doit on comprendre ? Vous avez déjà entendu parler de nation catholique, à part quand De Villiers a trop tiré sur l’herbe verte du Puy du Fou ?
La religion (dans ce cas l'islam, mais on pourrait aussi bien parler de la radicalisation Catholique/Protestant en Irlande couvrant et activant d'autres revendications bien politiques celles-ci) ne fait pas l'objet d'un enjeu, ni d'un débat. Elle s'impose sans limite ni restriction à tous les habitants de ces pays. Mais pourquoi ? Et pour qui ?
Pour le seul miracle d’un Islam monothéiste comme le sont aussi le Judaïsme ou le Christianisme ? C'est dire s'il faut les opposer tant elles se ressemblent ? Laissez moi rire.
L’islam n’est rien d’autre qu’un enjeu politique pour que certains obtiennent, conservent ou revendiquent un pouvoir local, régional, ou des influences internationales.
Elle est l'enjeu des luttes pour le pouvoir qui s'y déroulent.
Il n’y a rien de nouveau hélas.
Il est quand même fréquent que lorsque tous les recours à des alternances politiques, à l’existence normale d’une opposition, au fonctionnement normal des droits fondamentaux disparaissent, la religion devient alors l’ultime lieu d’abri de la contestation. Du moins si l’église n’est pas déjà du côté du manche (l’Eglise Catholique du Caudillo Espagnol, la hiérarchie Catholique dans les dictatures Sud-Américaines par exemple...).
C’était le cas dans les Pays Soviétiques (l’Eglise Polonaise, ou orthodoxe en Russie), elle l’est en Chine (la secte Falugong et les églises tous juste tolérées par la pouvoir Chinois).
En Palestine, en Egypte, en Irak… l’islam sert les contestataires des abus des régimes en place. Cela a été le cas aussi dans des pays laïques comme l’Algérie avec le FIS. Au point ou ces mêmes pouvoirs qui n’ont jamais rien eu de démocratique s’en servent finalement à leur tour pour se justifier de leurs abus devant l’opinion grâce à de si utiles boucs émissaires (Syrie, Lybie, Tunisie, Liban…).
Ailleurs l’Islam est utilisé pour justifier le pouvoir en place qui se l’approprie à la place des opposants. En Arabie Saoudite pour maintenir une oligarchie vieillissante dans ses pleins pouvoirs. En Iran, ou la révolution Islamique a succédé par la tyrannie, à celle du Shah qui l’avait précédé. Au Pakistan, ou l’islam sert de ferment nationaliste face au frère ennemi Indien, mais surtout bien utile pour écarter toute tentative d’opposition légale et normale aux sympathiques miltaires. Et à des degrés moindres en Malaisie, en Indonésie, au Bangladesh… ou l’islam assure la domination du pouvoir sans partage pour quelques uns.
Dans ces pays, personne n'a souhaité l'avènement de forces démocratiques.
La plupart de ces pays sont sortis de la colonisation au moment de la guerre froide. Beaucoup sont passés d’un asservissement à un autre, en étant pris dans le grand jeu des oppositions des deux blocs, devant faire allégeance devant l’un ou l’autre pour bénéficier des fruits d’une recolonisation cachée par l’argent, ou les armes.
Qui a dit que la colonisation avait un rôle positif ?
Qui a dit que les nations riches et influentes avaient poussé à la démocratisation politique de ces pays plutôt qu’au contrôle détourné de leurs richesses ou situation stratégique en courtisant et armant les plus avides de leurs représentants ?
Cela hélas, n’a rien d’une caricature.
Comment nous étonner que la religion, et l’islam soient depuis devenus le dernier recours à bien des peuples, et bien des opposants.
Voilà d’où elle vient la Nation Musulmane que chacun essaie de récupérer derrière les mots de choc des cultures !
Mais l’ennui c’est que religion et politique ne font jamais bon ménage. La religion c’est peut être bon pour la spiritualité, mais c’est le plus souvent très mauvais pour tout ce qui relève du pouvoir temporel.
Chaque religion est en germe la meilleure, la seule à porter la vraie foi et l’unique capable de révéler la vraie vérité. Ce qui explique pourquoi elle devient aussi le dernier lieu de résistance possible.
La religion lorsqu’elle se mêle du pouvoir temporel ne sait pas comment s’empêcher de fabriquer des intégristes, des martyrs, de la guerre sainte. De désigner des blasphémateurs, des impies, des incroyants, des chiens d’infidèles bien utiles comme le sont n’importe quel ennemi pour brandir contre eux La Vérité, la leur, qui n’existe que dans leurs rêves.
Alors cette idée de "choc des cultures" élude le fond du problème qui appartient à tous ceux qui essaient de tirer partie de l'islam en en faisant un symbole allié ou ennemi pour imposer un seul discours et un seul pouvoir : le leur.
L'idée de choc des cultures radicalise et stérilise les positions de chacun. On le voit avec ces caricatures : liberté d'expression contre respect des religions.
Ce n'est pas un débat dont on peut sortir.
On ne se bat pas contre des symboles, ce sont des combats perdus d’avance. Nous ne gagnerons pas à nous battre contre le symbole de l’islam, c’est tout ce qu’il reste à des centaines de millions de gens. L’Islam ne gagnera rien à se battre contre ce qui symbolise pour nous la démocratie la liberté, l’égalité et la fraternité.
Ce n'est pas pour rien qu'il faut séparer la notion d'Etat et de Nation des notions de liberté de Culte et de Religion. Et que la nation doit protéger les religions en échange que celles-ci restent séparées des enjeux de pouvoirs.
Ce sont les conditions pour pouvoir établir un dialogue de progrès et équilibré entre différentes composantes d'une société à qui il serait dangereux de donner à croire qu'elles sont hétérogènes du seul fait religieux.
Ne pas respecter cette séparation, c’est ouvrir la boite de Pandore.
Pour preuve, les caricatures aujourd'hui, mais aussi les caricatures anti-juives des intégristes dont on ne parle jamais. Ou encore le sort fait à Salman Rushdie ou Taslima Nasreen, le respect des droits fondamentaux dans ces merveilleux pays ou l’Islam est devenu la loi, la place qui y est faite aux femmes, aux minorités, aux artistes, aux scientifiques, à l’éducation et à tout ce qui aurait lieu de déplaire à la vérité détenue par les Imams là bas, les curés ou le pape ici, les popes ou les bonzes ailleurs...
Nous sommes pourtant en France, historiquement particulièrement bien placés pour savoir ou mène les discours qui font du religieux un enjeu symbolique de domination et de pouvoir. Y a qu’à demander à Saint Barthélemy ?
Les musulmans sont effectivement bien à plaindre. Mais certainement pas pour ces caricatures.
Bien plutôt pour les caricatures de régimes politiques qui les gouvernent, les guident, les soumettent, les obligent au nom d’une sois disant vérité suprême qu’eux seuls détiennent.
Et sur laquelle je ne vois pas en quoi je devrais transiger sur le droit fondamental de penser et s’exprimer librement, et en plus au nom d'un soi-disant choc culturel, dont la notion arrange bien du monde ici comme là-bas.

07 février 2006
Les Invabloggeurs.
Le feuilleton continue. Aujourd'hui la suite de ça : Le Faucon Blogais.
06 février 2006
Garfieldd and Co.
Voici le billet par lequel Garfieldd fait part des dernières décisions hiérarchiques le concernant communiquées ce week end.
Message de Garfieldd
J'ai été informé aujourd'hui de la décision du Ministre me concernant.
Le Ministre est revenu sur la révocation, ainsi qu'il l'avait annoncé dans son communiqué de presse du 20 janvier dernier.
Je suis sanctionné, certes, mais mon maintien dans l'Education Nationale est assuré. Je ne peux ni ne souhaite m'exprimer plus avant.
Quelle que soit la forme que vos soutiens aient pris, quel qu'en ait été l'impact et l'influence sur la décision finale, je veux vous remercier.
Tous et toutes.
Sincèrement.
Chaleureusement.
Parce que sans ce soutien, sans ces marques de sympathie, d'amitié, de confiance, j'aurai eu du mal à tenir. Je vais continuer à m'en nourrir.
Rien n'est vain quand il s'agit d'aider un mec qui était en train de sombrer, et vous avez été formidables. Merci.
Au même moment (vendredi), Christophe Grébert, directeur de publication de monputeaux.com passait en correctionnelle, pour s'être exprimé un peu trop "librement" au goût de la mairie de Puteaux qui le poursuit en justice.
Le jugement de C.Grébert est mis en délibéré jusqu'au 17 mars.
Il faudra veiller aux attendus de cette décision, car si la décision concernant Garfieldd relève d'une décision disciplinaire ne concernant que lui (ce qui n'en minimise en rien la portée), le cas de Christophe Grébert pourrait faire jurisprudence sur ce que les bloggeurs ont le droit de dire, et les conditions dans lesquelles ils peuvent s'exprimer.
A l'heure ou la caricature déclenche les foudres et violences les plus diverses, il faut espérer que cette décision de justice ne sera pas -elle- caricaturale.
http://blog.soutenons-garfieldd.org/
http://www.liberation.fr/page.php?Article=356760
http://www.monputeaux.com/
02 février 2006
Revenir Du Village.
Dans quelques mois à peine, dans quelques semaines L. saura.
L. prendra l'avion avec son mari. Ils partiront loin. Ils passeront le temps qu'il faut dans ce pays, tout là-bas. Ils y rencontreront pleins de gens. Ils auront des tas de choses à y faire, le plus souvent nécessaires, lentes, tatillonnes. Mais cela aussi c'est nécessaire.
Là-bas ils respireront un autre air, auront dans les yeux une lumière différente, d'autres sons dans les oreilles. La nourriture, les odeurs, seront différentes. Les gens, leurs façons de vivre aussi.
Ils seront ailleurs.
Après des années de vie, après un long parcours sinueux et parfois difficile, souvent contrariant, même douloureux... Après pleins de décisions, de changements, de retournements de situations... Après de nombreux moments de bonheur aussi... L. finira bien par y monter dans ce village loin là-bas.
C'est qu'il en aura fallu de la patience, de la volonté, et de l'amour aussi pour pouvoir y aller jusqu'à ce village.
Et puis L. en repartira, avec son mari ils quitteront cet endroit, peut être pour toujours.
Mais avec elle, L. emmènera un peu de ce village, un peu de son âme, de sa lumière, de son air, de ses sons, un peu des regards de tous ceux qui vivent là-bas.
Elle emmènera avec elle un trop plein de l'âme de ce village. Un tout petit trop plein ! Un trop plein minuscule mais qui prend trop de place là-bas. Trop de place pour qu'il soit possible de s'en occuper comme il faut.
Un trop plein qui déjà a besoin de se déverser, de trouver quelqu'un comme L. et son mari, d'en être aimé pour apprendre à se tenir debout puis marcher dans les rues et les sentiers d'un nouveau village, vers de nouveaux bras, de nouveaux visages, dans son nouveau pays. Ici.
Ils ne sont pas encore partis L. et son mari qu'on attend déjà qu'ils en reviennent de là-bas !
Ils devraient déjà en être revenus !
C'est que j'ai hâte de les revoir. C'est que j'ai hâte de montrer à leur bébé tous ces lieux, ces gens, ces choses, avec lesquelles j'ai fabriqué ce village mi-réel, mi-imaginaire qui est devenu mon chez moi.
Pour qu'il se sente chez lui aussi.





















