31 janvier 2006
Le Faucon Blogais.
LVN productions est heureux de vous présenter sa nouvelle catégorie "La Vie Secrète du Blog".
Et le 1er épisode d'un feuilleton, euh... enfin bon vous verrez au fur et à mesure.
Special Guest inspirationelle de l'épisode : Heidi .
Starring : Vinvin, Lelemeu et la bloggeuse inconnue.
30 janvier 2006
Green Coaster*
Episode 1.
- Je voudrais jouer des timbales !
- ???
- Je voudrais apprendre à jouer des timbales.
- Comment ça ?
- Ben dans un orchestre, il y un musicien qui joue des timbales. Je voudrais apprendre à jouer des timbales.
- …
- ???
- …
- … (voix intérieure : "bon j’ai compris").
Episode 2, quelques mois plus tard.
(voix intérieure, suite) « Bon, alors, comment faisait-il ? D’abord les barils de lessive… Voilà ! Comme ça. Maintenant les cymbales, avec quoi je vais faire les cymbales… Les couvercles de casseroles ! [quelques minutes] Voilà les couvercles. Si je dévisse le truc au milieu, ça va marcher. Voilà.
Les bâtons maintenant pour fixer les couvercles au sommet. Comment les faire tenir ? Une bouteille d’eau en plastique vide coincée par des livres. Parfait.
Les baguettes, il me faut des baguettes ??? [quelques minutes] Voilà, avec des aiguilles à tricoter ! C’est bien les aiguilles à tricoter !
Le tabouret maintenant.
Bien.
… manque quelque chose… [regard dans la glace, réflexion]. La perruque de maman, ça devrait être bien ! [quelques minutes] Et voilà, avec des cheveux bouclés… C’est ce qu’il manquait. »
Il s’asseoit sur le tabouret, arrange les barils de lessive et les couvercles de casseroles fichés sur des morceaux de bois. Il attrape les baguettes à tricoter et lève haut les bras.
La porte s’entrouvre, une tête apparaît :
- C’est l’heure de dîner, vas te laver les mains.
- … (voix intérieure : Oh non, pas ça).
La tête allait repartir, mais elle revient, les yeux écarquillés.
- …
- …
- Dépêches toi, on t’attend.
- …
Episode 3 (20 ans après).
- Aller arrête, tu me charries, je te crois pas.
- Je t’assure !
- Tu me fais marcher. Ca fait combien de temps que tu joues ?
- Je te l’ai dit, c’est la première fois.
- Arrête de déconner !
- C’est à cause des timbales en fait.
- Hein ???
- Laisse tomber. Viens, on va retrouver les autres. De toute façon il est tard, et la batterie ça fait trop de bruit.
- Oui, viens… Dis donc c’est quoi ton histoire de timbales.
- Rien… Un truc qui fait trop de bruit.
*En ré-écoutant “Green Coaster” / The High Llamas
27 janvier 2006
Un Z(r)este de Misogynie ?
Lu un article dans un vieux Courrier International hier.
Dans la région du Katanga, une partie de la République Démocratique du Congo dont les immenses richesses en tout genres lui valent -au lieu d'une prospérité heureuse- d'être régulièrement le lieu de toutes sortes de batailles et d'exactions pour le contrôle des dites richesses... bref, dans cette région, on pratique une forme originale de discrimination.
Celles qui ont aujourd'hui le plus de chances d'obtenir un boulot sont les femmes qui ont aussi les meilleures chances de rester célibataires, car trop vieilles ou pas assez jolies. Car il paraît que non content de ses richesses minières, le Katanga s'y entendrait pour fabriquer de la jolie fille.
Et que les dites jolies filles réussiraient assez facilement à obtenir leurs diplômes, puis des entretiens, puis une fonction rémunérée et voire même plus grâce au célèbre phénomène dit de la "promotion canapé" plutôt qu'à leurs qualités purement professionnelles.
Au bout du compte, les boites en auraient marre de se retrouver envahies par des incompétentes du traitement de texte, de la comptabilité générale, ou des techniques de vente... A moins que ce ne soit par les gémissements langoureux des amants qui peuplent les salles de réunions pourtant habituellement dévolues à de biens mornes et stériles activités.
Bref, le mot d'ordre des employeurs est désormais : "pas de jolies filles dans la boite, ça tue la productivité (à défaut de la reproductivité)" ! Du coup les mouvements féministes et les ONG régionales s'inquiètent pour toutes ces charmantes qui se retrouvent à devoir battre le pavé, en désespérant de pouvoir travailler et gagner leur croûte un jour.
N'empêche que dans cette histoire, il y a quelque chose qui me...grat... euh... qui me dérange.
Si promotion canapé il y a, généralement cette promotion elle se fait avec le supérieur hiérarchique masculin qui y voit une belle occasion de profiter de son pouvoir de petit chef de mes deux non ?!
Mais qui sont ces petits chefs ? Ce ne serait pas les responables des jurys pour l'obtention des diplômes, ce ne seraient pas les responsables des RH ? Ce ne serait pas les futurs chefs directs de ces charmantes demoiselles ?
Dites donc ce ne serait pas ceux qui sont en train de s'en plaindre, qui auraient aussi été les premiers à profiter et abuser de la situation par hasard ???
Et s'ils se foutaient eux mêmes à la porte ceux là?
Et s'ils se faisaient remplacer par celles qu'ils ont abusé, ou celles dont ils n'ont même pas voulu abuser ?
Je ne sais pas vous, mais moi j'aurai tendance à penser que les choses alors, iraient mieux au Katanga.
Je pense à cela en même temps que je rédige trois profils de poste, car dans "c'te boite' on embauche. Et on embauche même du chef de produit, du commercial et de l'assistant.
Comme je connais bien mes boss, je sais bien ce qu'ils ont derrière la tête. Le chef de produit et le commercial devrait être conjugué au masculin. Tandis que l'assistant devrait être au féminin. Alors je fais attention en rédigeant les profils de poste. Je vérifie bien que j'ai écrit assistant(e) et que je n'ai pas laissé sous-entendre que ce poste n'était considéré que comme "féminin". C'est ma micro façon à moi de faire de la résistance, même si je sais très bien qu'au bout du compte je ne vais pas sélectionner les CV et encore moins conduire les entretiens.
Un coup de photoshopping pour formater l'annonce avec les logos et la charte graphique qui va bien avec et puis je me relis.
Ah ben ça oui. Pour le poste d'assistante, j'ai fait en sorte que ça puisse aussi être un assistant.
Mais pour les deux autres postes, dis-donc, j'ai oublié de les féminiser ceux là. L'annonce dit commercial et chef de produit. Autocensure ou un z(r)este de misogynie ?
Ou un peu des deux ?
Je modifie tout. Assistant devient assistant H/F, commercial devient commercial H/F, et responsable produit s'orne aussi de son H/F. Non mais !
Je devrais peut être partir en vacances au Katanga moi ?
Exceptionnellement aujourd'hui 2 notes en une !
Netizen Kane.
Pour vous signaler le 1er titre de presse en France sur le monde des blogs.
Ca s'appelle Netizen.
Netizen, c'est rédigé par Cyril Fievet et toute sa bande de chez pointblog, on y retrouve quelques figures bloguiennes comme Versac, Cali Rezo et beaucoup d'autres. On y découvre des choses connues et d'autres intéressantes. Le but, faire découvrir le monde des blogs.
Et puisque le 1er numéro est consacré à la politique et les blogs on ne coupe pas à l'inévitable et inénarrable Jack Lang qui nous fait son éternel numéro d'Austin Powers de la culture.
Le journal est un peu à l'image des bloggeurs qui le rédigent, c'est à dire à mon avis, sans oublier leurs qualités mais avec un peu de malice de ma part, des bloggeurs qui cherchent à obtenir une forme de reconnaissance de la part des autres "médias" officiels.
Peu importe.
En tout cas, saluons l'initiative et l'inconscience sympathique qu'il y a à se lancer dans ce genre d'aventure.
Longue Vie aux Citizen Kanes de Netizen.
Et n'oublions pas que quelques visteurs de ce blog ici, ont été de ceux qui ont grillé la politesse à Netizen en matière de journal sur la vie des blogs en participant à l'aventure PlanetBlog !
:-)
Et toc !
26 janvier 2006
Rognntudju !
On prend la peine de se documenter, de lire des infos sur les sites, de télécharger des documents, de consulter d'autres blogs sur le sujet, de chercher dans la presse... Tout ça pour donner une vague impression de savoir de quoi on parle, et d'éviter de dire trop de conneries en voulant proposer un point de vue.
Ensuite on tape sa note.
Et comme il y a pleins de trucs à en dire, en fait on en écrit une, puis deux, trois... quatre ??? Cinq !!! De quoi faire la semaine ! On relit. On met tout ça sur sa clé USB. Et puis tous les jours on en poste un bout sur son blog.
Aujourd'hui pareil.
Et puis...
La clé USB part en suçette. Out, kaputt, terminated, for ever off... Consternation ! Adieu veaux, vaches, cochons et ma petite saga du peer.
Le peer c'est que j'arrive pas encore à en rire !
Soupeers...
Pffff...
...Grrr...
25 janvier 2006
L'em-Peer Contre Attaque !
(suite de la note précédente)
Avec l’électro : House, Ambient tous ces, Deejaying, V-jaying, Clubbing et trucs en ’ing… les (vrais ?) artistes deviennent volontairement anonymes, refusent le star system et les gros labels. Ils samplent et fabriquent une musique originale en changeant régulièrement de pseudonymes, en fabriquant des groupes collectifs et éphémères. On se croirait sur le blog dis donc !
Invisibles, insaisissables, protéiformes, leur musique redécouvre l’usage du microsillon et de la platine disque en même temps qu’elle se numérise. Elle se découvre dans les clubs et dans les raves par bouche à oreille et réseaux d’affinités. Il y a même des disquaires qui réapparaissent, qui vendent des disques sans nom, ni références.
C’est ce fameux « buzz » ! Terme aujourd’hui complètement récupéré et remis en logique commerciale. Buzz qui ne confond pas encore « image de marque » avec devenir « image pour une marque ».
La musique grâce au mp3 et au peer to peer (P2P) s’échange d’abord comme un plaisir et au passage elle se démonétise définitivement pour toute une partie du public. La musique ne coûte plus rien.
Là où hier le lycéen échangeait ses disques par K7 interposée, aujourd’hui il met sa discothèque et ses fabrications perso à dispo en ligne, et échange le contenu de ses clés USB. Gratos !
Les fabricants informatiques et producteurs de logiciels se frottent les mains. L’industrie du disque prend peur : elle a largement contribué à donner naissance à une créature qui lui échappe et la menace comme jamais.
Les nouveautés ? Pleins de nouveaux artistes et de nouveaux courants musicaux court-circuitent par internet les petits et grands labels. Surtout chez les plus jeunes, ceux là même qui font l’objet du gros des plans marketing des majors de la musique.
Pire !
Le catalogue ! Ce fameux fond de commerce qui fait vivre cette industrie se retrouve lui aussi sur les plateformes de téléchargement. Rien de plus facile que de mettre à dispo en peer to peer la totalité de sa discothèque. Les amateurs de musique, avec tout ce qu’ils ont chez eux constituent ensemble le plus beau catalogue musical qu’on puisse jamais rêver. Vous cherchez une version en tahitien et ukulélé de My Way ? Si elle existe vous la trouverez plus facilement et rapidement sur le net qu’en écumant les rayons de votre hyper ou de votre Fnac préférée (qui ne va pas tarder à vous proposer la possibilité de commander par internet ce que vous ne pouvez trouver).
C’est l’avènement des Kazaa, et autres Napster.
Les hommes en gris de l’industrie culturelle regardent leurs courbes prévisionnelles et commencent à se dire que leurs stock-options sont mal barrées. L’empire doit contre-attaquer sur tous les fronts à la fois, mais sans abandonner ses ambitions.
Ce sont les premiers procès contre les plateformes de téléchargement. Les avocats se frottent les mains, et parviennent à faire fermer ou à limiter au nom du sacro saint copyright le fonctionnement de ces plateformes. Aux USA, la justice donne raison aux industriels contre les plateformes de téléchargement dans la décision MGM contre Grokster : le téléchargement « libre » est illégal. Circulez, il n’y a plus rien à télécharger.
Parallèlement, puisqu’il faut bien ne pas ignorer les nouveaux comportements de ces consommateurs du 3ème type c’est parti pour la création de plateformes payantes. Tout le monde s’y met, mirage et miracle de la bulle internet aidant : les industriels (Universal, Sony…), les distributeurs et labels (Fnac, Virgin, Amazon…) s’engouffrent dans la brèche à grands coups d’investissements massifs. Nouveautés et catalogues, les deux mamelles de l’industrie musicale sont mis en ligne. Pas toujours, pas très bien, mais bon, ça avance. Là encore, seuls les plus gros et leurs logiques de vente au volume vont acquérir des positions dominantes sans que cela ne gêne personne.
Le tout s’accompagne du flicage et du verrouillage des Cd grâce aux fameux DRM. Et aussi d’un lobbying intense pour faire passer dans la loi des droits de protection étendus de « leur propriété ». Je vais y revenir.
L’opération « récup’ » d’un public fatigué et déçu de ce que l’industrie musicale lui propose et de ses comportements ne s’arrête pas là.
Puisqu’une partie de ce public est rétif au conditionnement du cerveau pour réagir aux invitations publicitaires (Cf. Patrick Le Lay expliquant que le métier de TF1, c’est de rendre disponible le cerveau du spectateur aux annonceurs, qui sont eux les vrais clients de la chaîne. On ne saurait être plus clair !), l’industrie du disque va emboîter le pas du « buzz » pour vendre à cette nouvelle clientèle.
Vie et mort des pionniers de l’électro et d’une musique un peu plus indépendante.
Les pubs télé sont utilisées comme produit de lancement associé pour de la musique moins formatée (Dax Riders pour Ford, DJ Shadows pour Bouyghes, Goldfrapp pour Armani). La musique sert la pub, la pub sert de signe pour faire des clins d’œil façon « buzz » : devine qui je suis et achète mon disque !
M6 organise des rave party à Bercy avec les grands noms du clubbing contre un gros chèque (Carl Cox…). Ibiza devient terre d’accueil pour les beaufs planétaires. Les clubs et les people vendent leurs compils et leurs best of en veux tu en voilà. On y retrouve des pistonnés du PAF (Mme Ardisson), Café Costes, Buddha Bar, Conran Shop, ou plus chic Colette la boutique du bobo nec plus ultra. Les défilés de mode deviennent des outils de propagande musicale… et profitent de la méthode buzz pour tirer les marrons du feu de cette nouvelle positive attitude « anonyme is chic » qui va si bien avec le snobisme.
Franchement plus rigolo, les people surfant sur la mode « buzz » s’y mettent aussi. C’est comme ça qu’on voit partout la tronche des Guetta et leurs 20 mots de vocabulaire (catégorie bas de gamme). Ou ce gros malin snob de Lagerfeld (catégorie haut de gamme) se pavaner en expliquant qu’il emploie un gusse rien que pour charger ses 70 Ipod de ce qu’il convient d’écouter chaque jour. Trop fort ce Karl ! J’attends avec impatience le buzz de la plume dans le cul !
Et tout ça, ça ne contribue pas à donner à penser que la musique ça ne coûte plus rien ?
D’ailleurs autant ne plus parler de musique puisque celle-ci n’est plus qu’un support pour vendre une image, une marque, un produit : une voiture, un téléphone mobile, un provider internet, des assurances, des yaourts, les produits dérivés de la boutique Star Ac’, des coups de fils et SMS surtaxés, des marques qui sponsorisent les clips en y mettant leurs produits en évidence, des propriétaires de boites de nuit, des émissions télé…
Retournement de situation.
Là ou la musique s’inspirait ou devançait la mode et les tendances pour sa promotion, désormais elle n’est plus que la bande son de ce que nous sommes invités à consommer en permanence. Donc il faut un nouveau mot pour la désigner (ou plutôt la design-er).
Glissement sémantique qui en dit long, on ne parlera plus de musique mais de « son ».
D’abord emprunté aux techniciens de la production studio et radios, le terme « son » désigne la couleur donnée à un enregistrement ou plus simplement un enregistrement sonore.
Il est ensuite repris par les artistes eux même pour qui le terme musique renvoie surtout à cette « musique en conserve » qu’on entend toujours et partout. Et puisqu’ils fabriquent leur musique à partir d’autres musiques, d’enregistrements sonores, de samples, de bruits quotidiens, en plus des instruments classiques (ou sans parfois) il préfèreront le terme « son ».
Et par buzz, étant donné qu’aujourd’hui la musique c’est avant tout de la consommation, on parlera désormais de « son » à tous les étages du supermarché « sonore ».
Qu’est ce qu’un son ? Littéralement c’est une « sensation auditive causée par les perturbations d’un milieu matériel élastique fluide ou solide (spécialement l’air) », dixit Le Petit Robert.
Un son est une sensation auditive.
Je répète : une sensation auditive !
Un bébé qui rie, une voiture qui freine, le vent dans des branches d’arbres, un chien qui aboie, une caravane qui passe… ça c’est un son ! Vous avez déjà payé pour un chien qui aboie ou pour une caravane qui passe ?
Et aujourd’hui on ne dit plus musique, on dit « son » !
Au cas ou vous douteriez encore que dans nos têtes, et de plus en plus, la musique ça ne coûte rien !
Pourtant on va faire en sorte que vous ayez à le payer ce son, et plutôt deux fois qu’une.
(à suivre demain)
24 janvier 2006
Le Peer reste à venir ?
(suite de la note d'hier).
L’invention du robinet musical : la douche froide ?
Toi l’internaute tu serais donc le seul responsable du bordel économique créé par cette lutte pour le pouvoir culturel et tous les moyens possibles d’en tirer un maximum de fric. Ben tiens !
C’est toi qui menace de couler les industriels du disque en téléchargeant gratos le dernier U2, le dernier Britney Spears, 50Cents, ou Daft Punk ! Vilain ! Comme si la technologie te le permettant était apparue par génération spontanée !
Mais s’il n’y avait que la technologie !
Pour beaucoup d’internautes la musique est là, partout, et il n’y a qu’à se baisser pour la ramasser gratuitement. Et il n’y a rien de mal à cela.
Mais comment en est on arrivé là ?
On en est arrivé là parce que ces mêmes industriels du disque n’ont eu de cesse de fabriquer un robinet à musique tiède, et à donner à croire que la musique, au fond ça ne vaut pas grand-chose.
Commençons par en finir avec ces malheureuses "majors" dont la survie serait suspendue au seul succès planétaire du dernier Cd de « truc » ou « bidule ». C’est même pô vrai !
Ce qui est un peu plus vrai c’est que toutes les multinationales du disque n’ont eu de cesse de devenir de plus en plus grosses en rachetant des labels à tour de bras. Parce que bien sûr quand on veut devenir un disquaire « worldwide » c’est qu’il faut en avoir des artistes et des titres à mettre sur le marché. Bon.
Sony ou Universal ce sont des tas de labels rachetés, dont elles gardent précieusement le nom, la marque, pour l'image qu'elle conserve auprès des amateurs (quel amateur de classique ne connait pas Decca, ou Deutsche Gramophon, quel amateur de reggae ne connait pas Island, de rap Def Jam, etc...). Autant de cases pour eux permettant aussi de ranger leurs nouveaux talents et de les signaler à leurs "cibles clients".
Dans ce métier comme dans d’autres on a eu droit à des rachats et fusions en tout genre pour que les plus gros bouffent les plus petits. Ce coup-ci, c’est de la concentration horizontale on appelle ça. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des gros balaises de capitalisation boursière qui pèsent très lourd et des petits labels indépendants qui ont grosso modo le choix entre rester trop petit pour intéresser les gros, ou grossir et être rachetés à leur tour. Et les conséquences de ce mouvement ne sont pas qu’innocentes.
D’abord ce qu’il faut savoir c’est que l’industrie du disque ne gagne pas tant d’argent que cela avec les nouveaux artistes (en dehors des gros succès des stars planétaires genre M.Jackson ou Madonna). Les nouveaux artistes coûtent cher tout simplement et réclament beaucoup d’effort, de temps et de travail de la part de cette industrie. Ce qui rapporte beaucoup, beaucoup de sous c’est le catalogue. Aaah le catalogue ! C’est merveilleux le catalogue !
C'est le fond de commerce ! C’est tout plein d’artistes célèbres et de musique qui ne coûtent plus grand-chose en marketing et en investissement. Et pleins d’artistes qui vendent encore beaucoup, beaucoup de disques sans aucun effort à faire. Eh oui, des années après leur disparition les Brel, Brassens, Cloclo, Sinatra et même les Michel Delpech ou Daniel Guichard font gagner de l’argent (et pas qu’un peu) aux propriétaires de leurs titres. Je ne vous parle même pas des Beethoven, Mozart et autres Ravel pour lesquels il n’y a même plus de royalties à reverser aux ayants droit.
Et puis le catalogue ça permet de faire pas cher des tas de belles compil’ et de cd « nice price » pour inonder les hypermarchés pour que dalle. Et ça, ça ne donne pas à penser que la musique ça ne coûte rien ?
Ah et puis les hypermarchés et les distributeurs, c’est vrai qu’il ne faudrait pas les oublier ceux-là !
Car c’est beaucoup à cause de la concentration des circuits de distribution que les maisons de disque se sont rachetées les unes les autres. Pour survivre, il fallait bien qu’elles aussi soient capables de devenir aussi importantes que les réseaux d’hyper ou les gros de la distribution culturelle. Pour pouvoir vendre non plus de la « musique » mais du volume, du linéaire, de la tête de gondole, des offres spéciales et des nice price… sans oublier surtout de payer au hypers de la marge arrière…
La musique c’est ce que les hypers appellent des « produits d’appel ». C’est le Cd de Zazie ou de Vincent Delerm, ou le best of de André Rieu que la ménagère de 50 ans achète pour pas cher en même temps que ses plats surgelés, son shampoing, son steack. Et ça, ça ne donne pas à penser que la musique ça coûte rien, et que donc ça pourrait être gratos ?
Etape supplémentaire pourquoi se limiter au catalogue ?
Pour les apprentis chanteurs il n’est plus question d’artiste mais de produit. La musique c’est comme la lessive ou les conserves. La musique se conçoit comme un concept marketing, avec une stratégie commerciale. On parle de cible, de lancement, de positionnement marché, de niche à valeur ajoutée… On s’associe aux télés, aux radios à la presse pour des lancements publicitaires d’abord.
Et plus tard on passe directement à la fabrication de produits conjointement avec les médias, ces « Stars » dont la « surface médiatique » est le plus souvent inversement proportionnelle à l’intérêt artistique. Le royaume du pré-fabriqué et du pathétique musical. Et ça, ça ne donne pas à penser que la musique ça ne coûte rien ?
Mort et renaissance des petits.
La cerise sur le gâteau de ce phénomène de concentration, c’est la disparition du réseau de disquaires indépendants qui aurait permis de limiter les dégâts en donnant aux amateurs les moyens de trouver facilement de la musique non pré-vomie – oups – digérée. Ou de ne pas être limitée à l'offre indigente offerte dans les points de vente, laors que les catalogues des maisons de disques regorgent de pépites.
Car l’industrie du disque Française toute heureuse de fourguer du cd à la tonne et de se faire un paquet de fric, n’a jamais voulu d’un équivalent de la loi Lang sur le livre qui a permis en France en tout cas de conserver un réseau de libraires indépendants chercheurs et découvreurs, capables de trouver un public qui s’en fout de la tête de gondole en hypermarchés.
Des indépendants capables de conserver une vie musicale active, renouvelée, vivante.
C’est comme ça qu’on arrive aujourd’hui à un nombre de 60 disquaires en France. Pour combien d’hypers, de Fnac et autres Virgin Mégastores ? Et ça, ça ne donne pas à penser que la musique ça coûte rien donc et que ça pourrait être gratos ?
Pas bête pourtant l’industrie du disque s’associe aux labels indépendants ou les surveille de près. Les petits font le boulot de découverte de nouveaux styles et de nouveaux talents. Et quand ça marche les gros rachètent les artistes à un prix que ne peuvent pas suivre les indépendants. Le risque aux premiers, la vente en volume aux seconds.
Et puisque le marché du disque est un marché très volatile, aussi changeant que la mode car il faut sans cesse stimuler l’envie d’achat du consommateur pour un « nouveau groupe de l’année » qui change toutes les semaines, les industriels du disque n’hésitent pas.
Dès que quelque chose marche, il y a aussitôt production d’une armée de clones pour profiter à fond du succès. Star Ac, Nouvelles Stars, singles de Lofteurs, tant que ça marche on fonce et après on jette. Idem pour les succès des comédies musicales fabriquées à grands coups de pub et soutien télé. Peut importe le contenu du moment que le passage en tiroir caisse suit. Résultat : toujours les mêmes titres et les mêmes clips qui squattent les télé, radios, sonneries de portable… segmentées selon le public concerné.
La variétoche daubasse chez TF1 et RTL2, le R’n’B et le rap pouri chez M6 et NRJ ou Skyrock. La musique devient même le point de départ pour gagner de l'argent grâce aux produits dérivés, comme les sonneries téléphoniques à télécharger qui rapportent beaucoup, beaucoup de sous..
Naissance de la musique jetable.
Et ça, ça ne donne pas à penser que la musique ça ne coûte rien ?
Mais voilà que la technologie arrive. Pour pas trop cher un PC ou un Mac peut se transformer en home studio, et les fichiers musicaux peuvent s’échanger sur internet facilement. La revanche des Jedi de la musique contre l’armée des Clones des hommes en gris de l’industrie musicale est en route.
Elle va semer la révolution à partir du courant de la musique électronique.
Ca va saigner !
(à suivre demain).
23 janvier 2006
La Politique du Peer.
Ca s’empoigne de partout en ce moment.
La faute à une directive européenne qui demande aux membres de l’UE de légiférer sur les échanges de fichiers en peer to peer, avec en ligne de mire les enjeux liés au téléchargement de musique et de films.
Enfin la faute… Faut voir !
Quelques petits flash-backs.
Vous vous rappelez (peut être) de votre jeunesse de collégien et de lycéen, quand on s’échangeait des disques à enregistrer sur cassette ! Oui ! Les cassettes ! Un truc aussi antidéluvien qua la disquette de 1.44 Mb !
On échangeait un Peter Gabriel contre un AC/DC, un Lavilliers contre un Trust, un Steel Pulse contre un Specials, un Cure contre un Elvis Costello… On enregistrait une cassette de nos chansons romantiques préférées pour l’offrir à Fabienne, Marie-Pierre ou Sandra... Le walkman était un objet aussi luxe et frime que les premiers téléphones portables quelques années plus tard. Déjà, les industriels du disque pestaient contre ces copies, cet ignoble piratage qui détournait des « oeuuuuvres » musicales de la direction du tiroir caisse.
Sur les marchés, à l’étranger… la copie pirate en K7 industrielle tapait dans le tas du copyright sans vergogne ni remords.
Autre flash-back.
Vous vous rappelez l’époque des 1ers samples ! Chic, Grand Master Flash… Ray Parker Jr et son décalque d’une chanson de Huey Lewis dans la BO de Ghostbusters… Des procès en cascade pour plagiat, et rétribution des droits d’auteurs. Les dédommagements salés attribués par la justice faisaient qu’on achetait des disques avec des notices longues comme 3 bras pour créditer la moindre note samplée.
Il faut vivre avec son temps, aujourd’hui c’est le téléchargement qui fait réagir toujours les mêmes, pour exactement les mêmes raisons : le tiroir caisse.
Le Double Langage Technologique.
C’est amusant quand même de retracer le progrès technologique de ces dernières années par rapport aux industriels du disque, qui se sont trouvés être aussi les industriels de la technologie permettant de l’écouter. C’est ce qu’on appelle de la concentration verticale. En contrôlant toute la chaine depuis la création jusqu’au dernier utilisateur, je maîtrise beaucoup mieux les évolutions de mon métier et je peux la contrôler et la guider.
C’était la politique de Phillips, inventeur de la K7 et du CD et par ailleurs détenteur de nombreux labels de disques. C’était celle de Sony aussi, avec sa hi-fi, ses Walkman et la possession plus que volumineuse de catalogues musicaux extensifs.
Philips en plus de produire le matériel et les supports était aussi propriétaire d’un nombre fabuleux de titres et d’artistes : Decca, Mercury, Fontana, Island, Polydor. Avant de revendre cette activité à Universal (25% du marché de la musique à lui seul) quelques années plus tard.
Sony, grand fabricant d’électronique de loisirs, s’est également lancé dans une politique de rachats de labels intensive : Columbia, Epic, BMG. Toute cette musique qui finalement ne représente qu’à peine 10% du chiffre total des ventes de Sony Corp. lui sert pourtant de support stratégique pour que son activité électronique de loisirs puisse représenter 66% de son chiffre de vente.
Quoi ?
Vous pensez que ceux qui râlaient hier et râlent aujourd’hui sur la copie privée étaient les mêmes que ceux qui profitaient en premier du système grâce à la vente du contenant (les appareils de lecture et d’enregistrement, et les supports le permettant, K7, Cd, Md, VHS…) ainsi que du contenu artistique ? Rhooo, les mauvaises pensées que voilà !
Mais la donne a changé avec internet.
Voici que débarque Microsoft et Média Player, Apple et ITunes… Leurs propriétaires, Bill Gates, Steve Jobs et les autres ne sont pas des industriels du disque à proprement parler. Ils sont les heureux bénéficiaires d’une technologie qui remet en cause les supports habituels et leurs permettent d’exercer d’importantes pressions sur les acteurs historiques du secteur.
Ne vous y trompez pas. Derrière la chasse aux internautes téléchargeurs, derrière les tentatives de législation, derrière les coups de pub des artistes « pour » ou « contre » le téléchargement, la vraie bataille et les vrais enjeux sont entre ces anciens et ces modernes.
Les nouveaux n’ont que des raisons de se réjouir. A eux la vente des PC et des zinzins technos pour fabriquer, échanger et écouter du mp3. Avec toujours le même souci de pseudo transparence attrape-couillons -oups !- consommateur.
Achetez de la musique chez Apple sur Itunes et essayez de l’écouter correctement sur autre chose qu’un Ipod! Microsoft lui a été condamné pour abus de position dominante en refusant de ne pas rendre incontournable le logiciel Real Player sur les PC Windows. Sony de son côté, également constructeur de PC développe également sa propre norme de fichiers qu’on retrouve sur ses lecteurs Md/mp3.
Ce n’est pas de la concurrence, c’est du verrouillage de clientèle.
Mais la copie privée elle paraît avoir le don de réveiller la philantropie des industriels qu’on attend en vain sur leurs produits.
Et puisque le contenu vient à eux grâce à tous les internautes qui numérisent leurs musique ils n’ont même pas besoin de se charger du boulot des anciens : détenir des catalogues musicaux importants, gérer les contrats des artistes, produire les Cd et les distribuer sur la planète entière, financer le très cher marketing de la musique (promo, clips, tournées, pub, presse, tv, radios…). Ca, c’est laissé aux anciens, aux industriels du disque, aux Universal, Sony (encore eux), et aux myriades de petits labels qui font le boulot de recherche et de découverte indispensable.
Au contraire même ! Les industriels du web et du numérique s’enrichissent un peu plus en mettant au point et en vendant les fameux DRM (Digital Rights Management), ces logiciels de protection qui font que tu ne peux pas écouter tes Cd sur ton autoradio, ou ne pas faire de copie privée alors que c’est un droit pourtant reconnu en France.
D’ailleurs plutôt que des DRM, il faudrait plutôt parler des dispositifs de contrôle d’usage (DCU) dont le champ d’action est bien plus étendu que ces fameux DRM. Mais je reviendrai là-dessus plus tard.
De cette guerre économique là, toi le téléchargeur maudit, on ne t’en diras rien. Cela ne concerne que les conseils d’administration des « majors » du bien culturel ou de l’électronique, et du jeu des alliances ou affrontements boursier qui se tiennent dans les pages saumon du Figaro ou du F.T.
Et les mêmes forment des groupes de pression pour que la notion de « bien culturel » soit revue à la baisse et leur permette de faire de la musique, du film ou du livre un produit qui n’ai rien de différent d’un kilo de bananes, une boite de vis, ou une fourchette.
D’un autre côté, les mêmes toujours, sont par contre très crispés sur la notion de copyright et de droit de propriété sur les œuvres culturelles dès qu’il faut en discuter à l’OMC, à Bruxelles ou à l’assemblée nationale.
Tu m’étonnes John !
(à suivre demain)
19 janvier 2006
Quand La Télé N'est Pas Tout à Fait Inutile.
La meilleure émission télé du moment n'est pas diffusée sur France2, ou France3, pourtant des chaînes publiques et nationales. Elle est diffusée sur LCI, Itélé et la chaine parlementaire.
De quoi s'agit-il ? Il s'agit des auditions de la commission d'enquête créée suite a cette énorme et tragique erreur, échec, faillite de notre système judiciaire lorsqu'il a condamné à tort pour fait de pédophilie des innocents. L'affaire Outreau.
Je ne reviens pas dessus, tant j'imagine que tout le monde en a entendu parlé, et a été horrifié pour les victimes et ensuite par la façon dont on a condamné des innocents (dont l'un est mort en prison).
Je ne veux pas non plus m'exprimer pour le compte de ceux-ci (les enfants, et les victimes du procès), pas plus que désigner des coupables, dénoncer une institution judiciaire et un système à bout de souffle. Cela ressort justement des travaux de cette commission qui ne sont pas terminés. Et malgré l'indignation je pense qu'il est juste d'attendre les conclusions de leurs travaux.
Simplement une chose.
Ce que je pense, c'est que dans cette histoire aucun citoyen de ce pays ne devrait manquer de s'interroger sur le regard qu'il porte lui-même sur la notion de crime et de justice.
Car cette histoire tragique ce n'est pas que la faillite d'une justice à charge et sans humanité, ce n'est pas que l'exploitation qu'en ont fait les médias (dont on attend également une capacité à se remettre en question qui paraît leur faire défaut, à part quelques rares exception), ce n'est pas seulement non plus un aboutissement absurde d'une société en quête d'une justice absolue, en recherche permanente de coupables à désigner pour toute chose, et d'une judiciarisation générale de toute chose dans notre monde aujourd'hui.
C'est que cette histoire horrible nous renvoie chacun également à tout ce que l'être humain peut avoir de plus terrifiant en matière de pulsions primitives et mortelles. Elle nous renvoie à un absolu du pouvoir et du désir fou et malade qui transforme les autres, l'autre, en objet vide et sans conscience, mis à la merci d'une barbarie inhumaine.
Elle nous renvoie à ce qu'il y a de plus terrifiant en l'être humain, aux tabous les plus violents que nous pouvons porter et pour lesquels l'éducation, la culture, la société dans ses sens les plus larges constituent des gardes-fous d'habitude suffisement efficaces.
Le fait que ces violences se soient exercées sur des enfants est aussi souvent une horreur ultime, dans le sens ou elle vient détruire toute idée de descendance et de transmission de notre propre vie, et aussi dans le sens ou c'est notre propre enfance que de telles histoires menacent de détruire.
Et par rapport à de tels actes, et à tous ce qu'ils peuvent provoquer en nous, il ne faut pas oublier une chose. Une chose qui est de l'ordre d'un instinct de protection et de survie :
"Une part de nous ne veut rien savoir de ce genre d'horreur".
C'est trop violent, trop destructeur. C'est tout simplement insoutenable, et donc nous ne voulons pas voir, pas savoir, pas comprendre. C'est tout simplement trop dangereux pour que nous laissions de tels actes et leurs conséquences nous approcher mentalement.
C'est quelque chose que nous ne devons pas oublier quand aujourd'hui on juge de la cécité et l'incompréhension de la justice. Quand on a pas su écouter comme il convenait les témoignages des enfants victimes et des accusés innocents. Quand -comme souvent dans ces cas-là- on se rend compte que ni les voisins, ni l'entourage, ni les services sociaux n'ont également ni vu, ni compris. Quand un juge d'instruction, malgré l'évidence, continue à affirmer qu'il a conduit "son affaire" comme un "bon technicien de la justice". Quand la police n'a pas fait son travail en traquant des aveux pour trouver des coupables plutôt qu'en recherchant la vérité des faits.
Rappelons quand même qu'il a fallu de nombreuses réactions pour que ces débats ne soient pas conduits à huis-clos.
Et oui.
Au bout du compte, personne -tout au fond du fond- ne veut entendre et encore moins comprendre ce genre d'horreur. Il faut qu'on l'éloigne de nous, que dans un même mouvement, les victimes et les condamnés soient écartés et mis au loin. Mais comme nous sommes "civilisés" que cela soit déguisé sous une l'expression "justice est faite". C'est le prix que nous faisons payer à ceux qui portent ce genre d'histoire. Et je crois qu'il vaut mieux le savoir.
C'est pour cela que la diffusion en quasi continu de ces débats est importante.
Parce que c'est une occasion d'écouter tous ceux qui ont été pris dans ce cataclysme dont on ne sortira pas de sitôt, puisqu'on en viendra -je l'espère- a enfin comprendre que La Justice a un prix et que ce prix est fort.
Il faut des institutions et des moyens qui lui permette de fonctionner. Il faut de vraies compétences et un savoir-faire plus que des techniciens.
Et surtout il faut être capable d'entendre et d'écouter.
Nous aussi.
Vous.
Moi.
Et aussi : Soutien à Garfieldd.
Pour vous informer sur la révocation d'un proviseur pour cause de blog, et éventuellement apporter votre soutien, voici quelques liens avec de quoi vous faire votre propre opinion. En ce qui me concerne, elle est faite. J'accompagne tous les bloggeurs (et ils sont nombreux) qui estiment que les reproches faits au blog de Garfieldd sont infondés, réactionnaires et surtout très très très stupides et intolérants.
http://embruns.net/logbook/2006/01/18.html#003244
http://dangereusetrilingue.net/
http://www.lci.fr/news/france/0,,3279247-VU5WX0lEIDUy,00.html
http://www.lci.fr/news/multimedia/0,,3279328-VU5WX0lEIDUy,00.html
16 janvier 2006
Mozarmes, etc...
J'étais en train de taper tranquillement ma note.
Je racontais comment je m'étais mis -depuis quelques années- à écouter beaucoup de musique classique. Et aussi comment j'ai eu ce week end en cadeau de Noël à retardement le fameux coffret Mozart qui fait couler un peu d'encre en ce moment : entre ceux qui le vende (les rusés d'Abeille Musique) et ceux qui le pourfendent dans Le Monde (P.Zelnick, PDG de Naïve-Auvidis Musique entre autres).
L'un et l'autre me donnant envie de leur distribuer quelques baffes, puisque l'un comme l'autre se foutent un peu de la gueule du monde.
Et puis...
Plantage PC, effaçage de note, pas le temps, pas le courage de tout reprendre à zéro.
Ca m'apprendra à vouloir dire du mal !!!
Et pi maintenant je me retrouve avec 170 Cd à écouter... Ca va pas arranger mon emploi du temps ça !
:-)
"Je cherche les notes qui s'aiment" disait "Wolfie".
Moi aussi !
12 janvier 2006
La Dame Au Petit Chien.
Très longtemps, toute mon enfance en fait, j’ai eu sous les yeux (plutôt en hauteur en fait) une toute petite reproduction de ce tableau :
La reproduction en question était accrochée dans le salon familial. Pendant longtemps il m’a intrigué : pourquoi tous ces gens étaient ils réunis ? Est-ce qu’on s’habillait vraiment comme ça avant ? Le petit chien appartient il à la jeune femme ? Que sont ils en train de manger ? Est-ce que tout le monde s’amusait comme ça à l’époque ? A quel endroit se trouvent ils ? Le monsieur derrière la jeune femme au chien est il son fiancé ? Est-ce chez eux ou dans un restaurant ? Pourquoi y a-t-il tant de verdure façon jungle tout autour de la terrasse ? Etc, etc.
Mes questions étaient muettes, j’inventais des réponses ou alors je n’en trouvais pas à inventer.
Petit à petit, à force de le voir tous les jours les questions se sont estompées. Elles ne réapparaissaient que par moments. Les personnages du tableau et le tableau lui-même s’est estompé lui aussi. Il s’est fondu dans le paysage, avec d’autres tableaux accrochés au mur, avec les murs eux-mêmes dont il a finit par faire partie, tandis que je grandissais et allait satisfaire ma curiosité au-delà des murs, de la maison, de la famille…
Plus tard, les objets familiaux ont été partagés et dispersés au gré des déménagements, des départs et des séparations. Je n’ai retrouvé ce petit tableau que bien plus tard dans la maison de mon père. C'était incongru de le voir accroché "ailleurs". Ce n’était plus la même chose, plus la même vie non plus, mais ce petit tableau existait toujours. Comme avant. Il continuait à me poser les mêmes questions auxquelles j’ai fini par penser que je préférais ne pas y répondre.
C’était plus amusant d’avoir à imaginer, à inventer une histoire, à laisser des points d’interrogations en suspens : « Mais à qui est ce petit chien ? ».
Et puis ce week end j’ai emmené des amis de la ville rose visiter l’exposition Phillips au musée du Luxembourg. Très belle expo soit dit en passant, si vous avez l’occasion d’aller la voir.
Et au détour d’une salle, il était là « Le Déjeuner des Canotiers » !
Bien mis en évidence, d’autant plus qu’il s’agit d’un grand tableau, surtout comparé à la toute petite reproduction de mon enfance.
Et c’est même un immense tableau !
Pas seulement parce qu’il est grand. Ni parce que c’est un véritable chef-d’œuvre, qui éclate et s’impose comme un feu d’artifice parmi d’autres peintures exposées qui sont pourtant merveilleuses (Sisley, Cézanne, Corot, Monet…). S’il n’y avait que ce seul tableau dans l’expo, ça vaudrait la peine d’aller le voir.
Cette toute petite reproduction est d’un seul coup devenue immense dès que je l’ai vue et reconnue en même temps. Non seulement parce qu’aucune reproduction ne saurait en rendre la beauté.
Mais surtout parce que tous mes souvenirs d’enfance, et mes questions sont revenues… d’un bloc. J’étais de nouveau un petit garçon –un autre et pourtant le même- étonné et fasciné. L’original signé Renoir n’a répondu à aucune de mes questions. Tout juste si j’ai appris que Renoir s’est mis en scène dans cette peinture (saurez vous le trouver ?).
Mais en la voyant, elle s’est remise à vivre de sa propre vie, à me parler, à m’enchanter et à me séduire.
D’un seul coup, les départs et séparations qui avaient recouvert la reproduction d’une fine couche de poussière sont partis. L’original et toute sa lumière a pris sa place.
Je l’ai regardé longtemps. Pour l’emmener avec moi dans ma mémoire neuve, avec le petit chien.





















