L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

21 décembre 2005

Un Conte de Noël.

Alors voilà !
Pour ma dernière note de l'année, je vous laisse un peu de lecture avec un conte de Noël.

Merci encore à tous et à toutes pour cette année pleine de plaisirs bloguiens. Je vais maintenant profiter de quelques jours de vacances. Je vous souhaite de très très très bonnes fêtes ! A bientôt !

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CHAPITRE I

Il était une fois une histoire qu’on ne lit habituellement qu’à Noël.

L’histoire de Jenyfer. Jenyfer vivait aux confins d’un royaume merveilleux. L’orthographe étrange de son prénom, elle le devait à Roger, son père qui était allé la déclarer en sortant de la maternité Simone de Beauvoir en léger état d’ébriété, après avoir arrosé un peu trop la naissance de sa quatrième fille avec ses collègues du commissariat ou il travaillait.

A peine sorti de la maternité, Roger emboutissait un abribus heureusement vide avec une voiture de service. Ce qui lui valu un mois de mise à pied. Voici donc les auspices sous lesquels Jenyfer pris place dans le monde pour devenir rapidement la quatrième roue du carrosse familial.

En tant que dernière arrivée parmi trois demi soeurs de 2 mariages différents, Jenyfer passait souvent après elles. L’aînée Samantha, la plus émancipée, s’était faite virée du comité local Ni Putes Ni Soumises après avoir été prise en flagrant délit d’un passage remarquable et désolant au casting d’A

La Recherche

de

la Nouvelle Star.

Elle entreprit alors de se venger sur sa sœur en lui chan… hurlant régulièrement les œuvres complètes de Jennifer, l’autre, celle qui chante pour le compte des armes secrètes de destruction massive des tympans.

La seconde, Pamela ambitionnait de devenir styliste chez H&M, et ses œuvres expérimentales finissaient invariablement par habiller sa cadette. Elle en profitait pour lui racketter son argent de poche pour qu’elle puisse –elle- s’acheter la même robe qu’Anna Kournikova, ou adopter les mêmes chapeaux que Lâam. Jenyfer portait donc en permanence les mini jupes à franges en peau et les T-shirt « rose miko » à paillettes de sa sœur dans des tailles trois fois trop grandes pour elle.

La troisième, Ophélie était à la fois pire et plus innocente. Avant de se reconvertir dans une école d’esthéticienne après avoir quintuplé sa cinquième elle s’était passionnée pour le tag indoor et procédait régulièrement au relookage complet de la chambre de sa sœur. Après avoir finalement décidé de se consacrer à la décoration corporelle, Jenyfer devint naturellement son « modèle » favori. Et elle entreprit de tester sur elle différentes teintes pour les cheveux : noir goudron, blond white spirit, roux cire dépoussiérante. Et finalement boule à zéro dans une tentative immédiatement avortée de lancer une mode Barthez au féminin.

Jenyfer espérait au départ sur un peu de soutien de la part de ses parents. Mais hélas, son père était bien trop occupé après avoir été retiré du service actif pour usage inconsidéré de son arme de service. Il avait été replacé derrière un bureau ou depuis 10 ans il perfectionnait sa maîtrise des outils bureautiques les plus perfectionnés : la machine à écrire portative Olympia 1967.

Caro, la mère de Jenyfer faisait de son mieux, mais elle était facilement débordée par l’énergie débordante de ses enfants, et l’apathie familiale totale de Roger. Son métier de vendeuse de chaussures chez Eram n’était pas toujours très facile non plus, surtout avec le patron –Mr Groblais- dont elle endurait silencieusement depuis 10 ans les blagues salaces et les pincements aux fesses.

Jenyfer avait hérité de sa mère cette capacité à être une bonne pomme et à endurer ce quotidien en silence. Ceci dit il valait mieux, sous peine de subir l’intégrale Lara Fabian chantée par Samantha, ou se faire customiser sa paire de Puma par Pamela, ou de subir un gommage à la poudre à récurer par Ophélie.

Jenyfer s’occupait donc de l’intendance familiale sans oublier chaque Jeudi de passer au bureau de tabac pour y valider le bulletin de loto hebdomadaire. Elle nettoyait et rangeait la maison. Faisait les devoirs des plus grandes. Servait l’apéro à Roger. Et répondait pour sa mère par des « non merci » imperturbables aux coups de fils répétés et graveleux de Mr Groblais au domicile familial.

Jenyfer passait donc totalement inaperçue, ne ressemblant à rien, aussi silencieuse et transparente que possible. A l’école c’est à peine si les professeurs s’apercevaient de sa présence – absente mais quand elle est là – avait noté l’un d’eux. Elle n’avait pas de camarades. Son allure et sa timidité ne provoquait au mieux qu’indifférence. Au pire des moqueries qu’elle supportait en silence.

Autant dire que Jenyfer était mal partie dans la vie !

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CHAPITRE II

Jusqu’à ce qu’un jour enfin, une lueur d’espoir apparaisse dans la vie de Jenyfer. Un soir où elle se préparait à se morfondre une fois de plus dans le canapé familial à regarder la télé, elle surprit ses sœurs à discuter à voix basse. Il était question d’aller assister à l’enregistrement d’un concert (en play back) du célèbre groupe R&B, les « Romantic Brothers ». Et si possible de rencontrer le chanteur du groupe: Jayson.

Cette conversation n’était pas tombée pour rien dans les oreilles de Jenyfer. Les Romantic Lovers étaient le petit coin de ciel bleu qu’elle s’octroyait quand il lui restait un peu de temps libre pour s’ennuyer. Ce soir là, fébrile, elle retourna dans sa chambre ou régnait l’odeur délétère des bombes de peintures que sa sœur Pamela venait à nouveau de répandre dans sa chambre en taguant des « Jenyfer ta race » géants (une vengeance après que Jenyfer ait préféré brûler ses dessous Etam tout neufs plutôt que de les lui donner).

Elle était décidée.

Quoiqu’il en coûte elle aussi elle irait assister à l’enregistrement de l’émission avec les Romantic Brothers et surtout de Jayson… Jayson… Jayson pensa t’elle en réécoutant sur son mobile la sonnerie téléchargé de leur dernier carton : « You are my eternal love ».

Mais comment réussir à s’éclipser et à échapper aux corvées familiales?

Le jour dit, imitant la voix de sa mère elle appela Mr Groblai pour lui fixer rendez-vous à 19h00 précises à la sortie de la cafétéria Leclerc de Voumion, heure à laquelle sa mère arrivait invariablement pour aller boire son thé hebdomadaire avec sa copine Josiane. Elle appela ensuite le commissariat en prétextant d’abord le cambriolage du dépôt local Ricard. Elle était sûre qu’ainsi l’équipe d’intervention partirait à la rescousse au grand complet. Il ne resterait plus que Roger au commissariat en planton de service. Elle le rappela dix minutes plus tard pour signaler qu’un individu qu’elle décrivit sous les traits de Mr Groblai menaçait d’attentat à la pudeur une dame en qui il ne pouvait manquer de reconnaître sa propre femme.

Il ne lui restait plus qu’à aller sonner chez la voisine, Mme Sbyzierwski.

Mme Sbyzierwski était une petite dame à la retraite qui vivait recluse dans son 3 pièces. Jenyfer lui montait souvent ses courses, et écoutait les tranches de vies racontées par la vieille dame. Elle aimait bien toutes ces histoires, quand la vieille dame racontait ses années de « petite mains » dans la haute couture. Des photos jaunies montraient les réalisations de Mme Sbyzierwski sur des mannequins, ou des actrices hollywoodiennes dont Jenyfer ne retenait jamais le nom. Avec l’âge, la myopie et l’arthrose, Mme Sbyzierwski avait pris sa (maigre) retraite, en compagnie des cadeaux (photos dédicacées, lettres de remerciements, bijoux) que plusieurs clientes lui avait remis en souvenir de son dévouement. Elle avait jeté à la poubelle le fer à repasser que son créateur de patron lui avait offert le jour de son départ.

Mme Sbyzierwski, mise dans la confidence, avait confectionné la tenue de soirée de Jenyfer. Et bien sûr, habillée ainsi Jenyfer devenait une autre Jenyfer. Qui aurait pu se douter qu’elle soit en fait aussi séduisante ?

Quelques minutes plus tard, totalement méconnaissable, elle s’engouffrait dans le RER qui l’amènerait des confins du royaume merveilleux au studio télé ou les Romantic Lovers en panique étaient en train de chercher fiévreusement ou avait pu passer le CD du playback du concert. Jenyfer se glissa dans la salle. Embarrassée par son allure et craignant d’être reconnue par ses sœurs et les filles du lycée Jacques Prévert descendues en masse. Elle alla se cacher dans un recoin de la salle ou elle resterait inaperçue.

Avec plus de trois quart d’heure de retard la régie son envoya le play back des Romantic Lovers.

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CHAPITRE III

Dès l’apparition sur scène de Jayson et ses acolytes, le public (féminin à 95%) devint totalement hystérique. Au bout de trois chansons le service d’ordre complètement débordé par l’ambiance et les évanouissements successifs à évacuer ne pouvait plus faire face. C’est le moment que ce crétin velu de Jayson choisit pour s’approcher un peu trop près des premiers rangs. Pendant que le play-back débitait imperturbablement le refrain (« je te retrouverai / ton style est trop fresh / t’es trop top / j’te veux non-stop »), Jayson se faisait dépecer par des dizaines de mains avides. Lorsque le service d’ordre le récupéra, les vêtements de Jayson étaient en lambeau, il était couvert de griffures, quelques touffes de cheveux avaient été prélevées d’autant plus facilement qu’il utilisait ce gel fixant d’une marque avec laquelle il était sous contrat.

Bref il était dans un sale état.

Le concert fut stoppé prématurément, le public évacué, et Jenyfer rentra chez elle malgré tout enchantée de ce moment de bonheur, serrant contre elle la part du butin prélevé sur Jayson qui avait atterri par un hasard balistique sur ses genoux pendant qu’une mêlée d’une dizaine de furies s’empoignait furieusement.

Elle se glissa discrètement dans sa chambre pendant que ses sœurs arrivaient juste après elle et soignaient leurs yeux au beurre noirs, leur piercings arrachés et quelques morsures diverses. Roger et Caro n’y prêtèrent aucune attention, tout à leur explication orageuse visant à éclaircir les agissements douteux de Mr Groblai.

Pendant ce temps, les Romantic Lovers étaient eux aussi sens dessus-dessous. Dans la mêlée Jayson avait perdu une basket. Et ça c’était grave ! L’équipementier qui chaussait Jayson finançait aussi le disque, la tournée et toute la promo dans le seul but de vendre très cher cette toute nouvelle basket ultra secrète. Pour faire monter le buzz marketing de la marque, ce nouveau modèle ne devait être vendu qu’après six mois de campagne promo des désormais surnommés « Marketing Lovers ». Le pied gauche était fabriqué dans un camp de travail Chinois, le pied droit dans un pénitencier Mexicain. La disparition de cette chaussure était une catastrophe. Le pire pouvait désormais arriver, d’ici quelques semaines des copies pouvaient inonder le marché mondial, ruinant les efforts et la stratégie de la société. Si la nouvelle s’ébruitait, cela suffirait à déclencher une catastrophe boursière pour la marque. Il fallait retrouver cette basket.

C’est alors que Jayson eu une idée. C’est qu’il ne tenait pas vraiment à retourner travailler dans le camion à Pizza de Mr Signorelli.

Un communiqué fût publié indiquant que les Romantic Lovers invitaient tout le public du concert à revenir assister à un nouveau spectacle ? Le communiqué précisait qu’une surprise exceptionnelle attendrait le public.

Ce soir là Jenyfer put se rendre sans problème à la soirée. Ses sœurs surexcitées par la nouvelle et la promesse d’une surprise ne lui prêtaient aucune attention. Roger était en détention provisoire pour coups et blessures sur la personne de Mr Groblai. Caro était parti chez son amie Josie sur les conseils de l’avocat qui se chargeait de son divorce et de sa plainte pour  harcèlement sexuel.

Le studio télé retenu était bondé et surchauffé lorsque les Romantic Lovers arrivèrent sur scène. Jayson s’adressa au public : « La dernière fois, l’une d’entre vous est partie avec une de mes baskets. Il faut vraiment que je la retrouve tu vois ! ». La réponse du public fut un silence total. Jenyfer fut prise d’un frisson en pensant à la basket de Jayson cachée sous son lit. « Aidez moi » repris Jayson. « Croyez moi, je saurais personnellement remercier celle qui me rendra ma basket ! » ajouta t’il en décochant le même sourire qui lui avait servi dans une pub Colgate. Aussitôt des « Moi, moi, moi » hurlèrent, et submergèrent la foule, mais cette fois le service d’ordre était imposant.

Une file se forma. La première à monter sur scène fut Jenyfer au grand dam de ses sœurs et des filles du lycée Jacques Prévert qui la reconnaissait sous la tenue de Mme Sbyzierwski. Quelques « Bouffone, Ta race et autres Sale Pute » fusèrent instantanément. Mais Jenyfer monta sur scène.

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CHAPITRE IV

Jenyfer intimidée mais imperturbable décida de révéler son forfait : « Oui, c’est moi qui ai ta basket -dit elle piteusement- j’espérais la garder en souvenir. »

Jayson était subjugué, il n’avait jamais vu une fille avec une classe pareille… Mais les cris des trois sœurs de Jenyfer le sortirent de sa stupéfaction. « C’est pas vrai, c’est moi qui l’ait trouvé, c’est ma sœur, c’est elle qui me l’a volé la basket. C’est pas juste qu’elle ait la récompense » commença Samantha.

« C’est faux, c’est moi et pas ces trois bouffonnes » ajouta Pamela.

« C’est des menteuses, c’est moi qui l’ai trouvé ta basket Jayson !» supplia Ophélie.

Tout cela s’annonçait mal, les avocats de l’équipementier sportif présents sur scène prévoyaient déjà des complications à n’en plus finir et des dégâts médiatiques ruineux pour leur image de marque. « Comment qu’on va faire ? », « Tu nous as vraiment mis dans le pétrin Jayson ! ».

C’est alors que Jayson, tandis qu’il voyait intérieurement et avec terreur se rapprocher le camion à Pizza de Mr Signorelli, eut un éclair de génie. « Faites monter sur scène les 3 autres. » dit-il. Samantha, Pamela et Ophélie ne se firent pas prier pour rejoindre Jenyfer sur scène. Elles avaient chacune bien l’intention de gagner la partie.

« Je sais comment savoir laquelle d’entre vous dit la vérité. » annonça Jayson devant les regards médusés des avocats (« Quelle connerie a-t-il encore trouvé ») et le public abasourdi.

Jayson plongea la main dans la poche de son baggy et en ressortit la deuxième basket qu’il portait depuis 6 mois sur tous les plateaux télé, pendant tous les concerts et toutes les promo. Parfois il dormait même avec.

Il s’approcha de Samantha : « Renifles là-dedans » ordonna t’il.

Samantha y plongea le pif comme elle avait vu Kate Moss le faire sur une vidéo qui circulait sur internet. Elle s’évanouit aussitôt au contact de l’effroyable odeur exhalée par la basket.

« C’est pas elle. » ajouta Jayson. « A toi maintenant » dit-il en tendant la basket à Pamela. Retenant sa respiration Pamela succomba malgré tout au bout de quelques secondes. Puis Ophélie suivit le même chemin.

« Il ne reste plus que toi. » termina Jayson en s’approchant de Jenyfer. Un peu surprise, mais sans hésitation Jenyfer plongea son nez dans la basket et en respira une grande bouffée. Ses sinus et son odorat complètement bousillés par les tags incessants de sa chambre, et les produits ménagers transformés en cosmétiques par ses sœurs, firent qu’elle ne ressentit absolument rien. Elle releva la tête, souriante.

« C’est elle, c’est elle » exultèrent un Jayson définitivement conquis et les avocats soulagés. « Oui, c’est moi. » ajouta simplement Jenyfer sous les cris et les applaudissements du public.

« Serais t’il possible que je sois en train de tomber amoureux ? » lui dit Jayson totalement et définitivement conquis.

« Pourquoi compliquer les choses ? » lui répondit Jenyfer.

Puis elle l’embrassa.

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20 décembre 2005

Z'oubli - Z'oubli pas...

J'ai bien fait d'ajouter un "mais..." à mon post d'hier. Cette note était censée être la dernière de l'année, mais voilà qu'en partant ce matin j'ai oublié ma clé USB à la maison. Alors damned, ma dernière note de l'année, elle m'attend chez moi ! Faudra que je me débrouille pour la poster demain (eh oui, ch'uis comme ça moi). Ca y est je crois que je suis blog-addicted !!! Heureusement que les vacances arrivent pour un peu de sevrage !

:-)

Mais bon, dans tous ces derniers mois de maelstrom professionnel et autres, deux bonnes nouvelles sont là. La première est que je continuerai à voguer sur la blogosphère en 2006, car j'y ai encore quelques petites idées qui me tiennent à coeur, et que j'aime toujours autant m'y promener et vous y lire. Et l'autre est que je vais enfin pouvoir reprendre ma "double vie", que j'avais dû délaisser ces derniers temps par manque de temps. Et ça, vous n'imaginez pas à quel point ça me fait plaisir à l'avance.

C'est Noël (ou quoi ?) !

nederlanddanstheater

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19 décembre 2005

Le Marronnier de Noël.

Chaque année c'est pareil, Noël et les Fêtes du Nouvel An nous apporte sa traditionnelle période de divination. Que va t'il nous arriver en 2006 nomdidiou ? Argent, Bonheur, Amour, Succès ????

Et voici que ressortent de la naphtaline les apprentis mages qui voient dans les astres, lisent dans les lignes de marc de café, interprètent les écritures secrètes des dieux égyptiens, reçoivent des messages en provenance des êtres de lumière d'Alpha du Centaure.
Il y a ceux qui ont pignon sur rue et profitent de leur notoriété, pour se perfectionner dans l'art de faire sonner le tiroir caisse. Et les druides du XXIème siècle qui eux ont enfin compris ce que Nostradamus nous prédit pourtant depuis quelques siècles.
Il y a ceux qui donnent dans l'optimisme : oui, l'année 2006 sera une année de changement et de bonheur, mais...
Il y les prophètes de l'apocalypse : armageddon approche, repentons-nous pendant qu'il est déjà trop tard, mais...

Car le grand truc du devin moderne tiens dans le "mais". Sans "mais", ami lecteur, nul ne peut pas devenir devin. N'hésites pas à prédire des choses à peine croyable du genre : en été il risquera de faire très chaud, pour les prochaines élections je vois un président rajeuni, les conflits vont s'apaiser sur la planète, etc, etc...
Tout ce que tu veux, n'importe quoi même, n'hésite pas à le dire mais n'oublie jamais de glisser le plus discrètement possible un "mais" (à la rigueur un "si") dans ton charabia : mais le beau soleil d'été pourrait concerner d'autres régions que la notre, mais je vois dans le thème de notre président 3ème âge qu'il se battra jusqu'au bout, mais je vois des menaces qui continuent à peser sur le monde...

Débrouilles toi comme tu veux, MAIS il faut qu'il y ait un mais qui te permette de soutenir tout et son contraire. Ca c'est une prédiction que je fais dès maintenant : nos mages, devins et astrologues à 2 sous feront pleins de prévisions chiadées mais toutes contiendront un mais.
C'est que les astres sont rétifs à nous livrer une vérité pure et limpide voyez-vous ! Ils sont facétieux les astres ! Ils permettent de tout prévoir et de n'être sûr de rien. Trop balaises les astres !

Sûr de rien ? Pas sûr justement.
Je suis déjà sûr que rien que de revoir la tronche d'E.Tessier, la Gloria Lasso de l'astrologie, va m'offrir son lot de poilade. Et puis il y aura sûrement des petits nouveaux : Maître Gandalf échoué sur un plateau télé après crash de son dernier vol yogique, Saint Preux de la Noctambule le grand divinateur médiéval et descendant lointain du grand maître des Templiers, Madame Burin qui lit l'avenir dans les programmes télé (en 2006 Pierre Mondy fera ses cascades lui-même dans Cordier Juge et Flic), etc, etc...

Tenez ! Moi je vais m'y mettre aussi.
Donc, je prédis que ceci est mon avant dernière note de l'année !
Mais...
:-)

marabout

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16 décembre 2005

Les Horreurs de Noël !

Houlala que nous sommes nombreux chaque année, à l'arrivée des fêtes de Noël, à anticiper sur les cauchemars rituels de cette période. Bien sûr les enfants, les jouets, le sapin qui sent bon, les poilades avec mamie-sourdingue, tout ça... ce sont les rituels "noëlliens" par excellence.

Mais des cauchemars rituels il y en a !
Il y a les courses pour les cadeaux en compagnie d'un troupeau de mammouths surexcités par la possession d'une carte bleue, d'un 13ème mois, et de l'effet de foule pour achats incontrôlés. Il y a les inévitables choix cornéliens "réveillon chez l'un", "jour de noël chez l'autre" ou on se met à dos forcément la partie dont on n'honore pas l'invitation : "Ah oui, tu préfères qu'on aille chez ta mère plutôt que chez la mienne ?!", "Ah bon, vous passerez le réveillon avec des amis et pas en famille (sur un ton mi "j'm'en fiche", mi "tu l'emportera pas au paradis des Santa Claus), etc, etc...
Il y a les rituels bouffe huitres/saumon/foie gras à répétition ou à la fin on rêve juste d'un repas tranquille sans tralala. Il y a le cauchemar des tenues de Noël, et puis celui aussi des soirées ou on se retrouve avec tout un tas de gens à qui on a rien à dire ("Et vous, vous en pensez quoi de la 309 diesel HDI ?", "Oui finalement, c'est bien en fait les émissions de Patrick Sébastien", ...). Rhâââââââ.... Cauchemar de Noël, sors de mon corps !

Autre cauchemar rituel, qui pour moi s'est déroulé hier, c'est la soirée de fin d'année de "c'te boite".
Au moins c'est l'occasion de retrouver mes collègues de mon ancien poste d'avant, qu'on soient tous ensemble et qu'on rigole allègrement ensemble par quelques tendres moqueries commises sur le dos de nos chefaillons et mésestimables collègues de même rang. Le tout en dégustant quelques bouteilles qui n'attendent en fait que de nous coller un mal de tête pour toute la journée du lendemain.
A plusieurs dans ces cas là, nous sommes plus forts pour faire face aux cauchemars des soirées de fin d'année de c'te boite.

En bon ordre d'apparition cauchemardesque il convient de citer les tenues vestimentaires de "fiesta professionnelle" exhibées par les unes comme les autres. On navigue d'un néo style "La Croisière s'Amuse" mêlée à une version hardcore d'un Dallas de chez Bollywood, en passant par "Sportswouaire jusqu'au bout"... les styles sont variés mais foutent généralement les jetons.
Je ne parlerai pas des coupes de cheveux "tonight's special" crées par des The Queer sous hallucinogènes, ou des maquillages à peu près aussi léger qu'une charge de caterpillars dans un ashram zen. Boudiou, ça existe ça ? Oui.

Bien sûr vient l'apéro à super rallonge car il faut toujours attendre les retardataires qui se perdraient dans une vache au milieu d'un couloir (oué, je sais, ça veut rien dire, c'est juste pour l'image). Mais puisqu'aujourd'hui -et tant mieux- l'alcool est en quantité contrôlée, un troupeau d'assoiffés finit par assiéger une malheureuse bouteille de banga à peine défendue par un pain surprise et trois olives.
Enfin finalement les derniers arrivent ("on s'était perdus !" annoncent ils benoitement. Encore heureux qu'ils n'aient pas été au troquet d'en face juste histoire d'arriver deux heures après tout le monde !).
C'est le moment de s'asseoir pour manger. Et là c'est la lutte finale. Il y a les "machins" qui veulent être avec les "trucs" mais pas les "choses". Ceux qui ont squatté de longue date une table genre "c'est maaaa plaaace". Ceux qui chourent les chaises d'une table pour venir se greffer sur une autre. Ceux qui, par le jeu incessant de cette courte période de transfert, se retrouvent assis à côté de celui ou celle qu'il voulait à tout prix éviter. Bref, cette inmanquable gigantesque partie de chaise musicale s'achève enfin par les 2 ou 3 derniers qui n'ont nulle part ou s'asseoir.

Le repas peut enfin commencer, tant mieux car tout le monde à fin -pardon- a faim. Et là, le cauchemar continue avec l'arrivée de l'animateur de la soirée. Contrairement à ma note précédente, je souhaite le rétablissement de la peine de mort pour tous ces DJ de mes deux, ces animateurs refusés par FR3 région, ces rois du rire naze... Au début je compatis toujours un peu à la lourde et pénible tâche qui les attend. Pensez donc, animer une soirée de gugusses de bureau de "c'te boite". Un vrai piège dont il est presque impossible d'en sortir. Même Mister Phelps refuserait.

Ensuite ils ouvrent la bouche les DJ, ils parlent, ils animent au niveau d'un encéphalogramme plat, avec autant de combinaisons ADN qu'une mouche drosophile (lire Anastomoses pour cela) mais en beaucoup moins marrant (s'ils pouvaient rester collés au mur au moins on rigolerait).
Le pire du pire, je l'ai eu hier avec un DJ animation karaoké.
L'inventeur du karaoké devrait être envoyés devant un tribunal de Nuremberg pour traitement inhumain. Et le DJ est son fils spiritueux (car de spirituel, un DJ n'est pas capable). Comment survivre au massacre rituel de gloubiboulgas sonores made in Desireless, la Compagnie Créole, et autres Starmania, quand c'est carrément pas du Téléphone pour les plus rock'n roll (d'il y a 25 ans) ? C'est pas possible !!!!
Ajoutez y le clip vidéo rituel qui accompagne la chanson, ou des sous Jean Manson prennent des poses surréalistes sur des images David Hamiltoniennes, pleines de couleurs pastel délavé. La nausée qui vous prend à la vue de ces débilités laisse augurer ce qui se passera dans votre estomac au cas ou le repas de ce soir aurait allègrement franchi une date de fraicheur antérieure à la naissance de Line Renaud.

Avec tout ça, je sais pas comment vous, vous feriez, mais moi je ne tiens que le temps nécessaire à l'expression d'une politesse minimum pour tout ceux qui se sont tant appliqué à créer cet évènement unique dans l'année, et -mon dieu - pourvu qu'il le reste.
Dès que les circonstances l'autorisent, je prends la poudre d'escampette en compagnie de mes complices aussi abasourdis que moi, rendu sourds et aveugles à coups de karaoké laser-home-cinéma dolby surround machin truc (le DJ a toujours un matos de la mort qui tue la mort), frappés de stupeur par les mille et une scène qui émaillent ce genre d'évènements (tentative d'emballage ou de palot furtif, saoulographie nocture, règlements de compte, décolletés ultra plongeant, discussion boulot pour éviter l'emmerdage ferme, etc, etc...).

Et dire que Nöel ne fait que commencer !

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14 décembre 2005

Drôle d'Ambiance !

Drôle d’ambiance !

Il y a nos émeutes de banlieue (étymologiquement « lieu de bannissement » comme le rappelait Jamel sur une radio), un discours droitier réactionnaire et stérile sur le traitement de ces révoltes : la pseudo influence des rappeurs, les sois disants méfaits du regroupement familial, la manipulation islamiste (tout cela contesté en bloc par un rapport des Renseignement Généraux pourtant plus habitués à jouer les parano de service).

On a également droit aux effets secondaires d’un amendement (l’amendement « Banania ») passé en loucedé sur « le rôle positif de la colonisation » qui serait à inscrire les manuels d’histoire. Et que tout le monde se met à blablater sur le devoir de mémoire de l’esclavage ou les apports dits « positifs » de la présence Française quand elle s’appelait encore « Empire Français ».
On croit rêver !
Comment peut-on justifier les effets d’une colonisation quand par principe l’acte de coloniser est d’imposer son ordre et sa loi à un/des peuples qui ne l’ont pas demandé ?
C’est indéfendable, tout simplement.

Tous ces amalgames rebondissent encore avec la délocalisation de la torture par les USA, y compris dans des pays européens. Si on y ajoute les dégâts d’une justice à la ramasse comme dans le traitement de procès d’Outreau et ses conséquences, il n’y manque donc plus qu’une exécution capitale pour donner l’impression que décidemment le prix d’une vie ne vaut pas cher.
Ce qui est chose faite depuis hier avec l’envoi de Stanley Williams vers le Royaume des Morts par injection mortelle. Son repentir et ses actions contre la délinquance et pour l’éducation n’auront pas pesé assez lourd face à son passé de fondateur de gang ultra violent et d’une condamnation (sur des bases douteuses semble t’il) pour quadruple meurtre.

Mais je serais-nous, les Français, je ne la ramènerai pas trop sur ce sujet.

Ne serait-ce que pour les discours qu’on entend actuellement, genre « tolérance zéro » qui ne sont rien moins que le décalque de la  théorie du « carreau cassé » importée directement des réacs américains.

Bien sûr cette exécution est consternante (je le dis pour que ce soit bien clair). En 2004, les USA ont ainsi tué 53 personnes, y compris parfois des mineurs ou des malades mentaux. Et très souvent des noirs, ou en tout cas des prévenus mal ou pas défendus devant les tribunaux. Que dire de la Chine, ou plus de 10 000 exécutions ont eu lieu (officiellement 6 000), mais la Chine n’est pas une démocratie, ce qui ne nous empêche pas de faire des affaires avec elle (comme tout le monde) sans piper mot de l’absence des libertés les plus élémentaires.

Il faudrait quand même se rappeler que la peine de mort a existé en France jusqu’en 1981, et c’est pas si vieux. Qu’à l’époque, sans la volonté politique de Mitterrand et du garde des Sceaux Robert Badinter, peut être existerait elle toujours. Qu’aujourd’hui encore, des sondages montrent que les partisans de la peine de mort sont égaux, voire plus nombreux que ceux qui n'en veulent pas.

Sans doute y a-t-il au cœur de chacun de nous suffisamment de peur et de haine potentielle pour que le recours au « meurtre légal » demeure une alternative valable. Chacun peut imaginer et comprendre, chacun peut se projeter dans la situation ou il serait le survivant d’un massacre perpétué par un meurtrier et le désir de vengeance qu’il pourrait en éprouver. C’est bien pour cela qu’on a inventé la justice –avec tous ses défauts-, c’est pour échapper au « œil pour œil ».

Mais pour certains, la justice même rend le « meurtre légal » impossible, tandis que pour d’autres elle le pose en « alternative » à leur propre colère et effroi. On peut comprendre ces derniers, sans pour autant partager leur opinion. On aimerait les voir aussi compréhensifs vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas de la peine capitale.

En matière de « capital » c’est pourtant un point essentiel cette notion de compréhension de la haine et de la peur.
Je me souviens de ce documentaire sur la dictature Chilienne et les agissements du lugubre comique troupier : Pinochet.
Les interviews montraient comment cette dictature a fabriqué ses tortionnaires de sinistre mémoire. Des soldats, donc des gens déjà formatés pour obéir sans discuter, pour se soumettre à l’autorité, étaient eux-mêmes torturés pour qu’ils en arrivent à être totalement dépersonnalisés et capables du pire sans réflexion, sans capacité de recul, dans un état d’absence totale de leur propre libre-arbitre et dans une dépendance totale à leurs « employeurs ».

C’est donc bien sur ces sentiments de haine et d’effroi que les commanditaires agissent quand ils veulent trouver des exécuteurs de basse et ignoble besogne. Il faut en faire des machines asservies, et leur donner des boucs émissaires pour entretenir et justifier leur besoin de haine aveugle, dans un cycle stérile dont ils ne pourront pas sortir puisque la haine appelle la haine.

Les nazis n’ont pas procédé autrement, pas plus que les seigneurs de guerre Africains qui fabriquent des enfants soldats, les responsables des geôliers d’Abu Graib, les éradiqueurs de « déviants sociaux » en URSS, en Chine, au Cambdoge…  hélas, les exemples ne manquent pas. Pas plus non plus que les gangs ultra violent dont Stanley Williams avait pris -un temps- la tête.

Montrez moi un justicier souverain, je vous montrerai un meurtrier en puissance, tant ces deux là se ressemblent plus qu'ils ne le croient.

Alors c’est pour cette raison que quand il m’arrive de discuter avec un supporter déclaré de la peine de mort, déblatérant au nom de la justice et du droit des victimes son droit par dessus celui du droit à vivre, je ne peux pas m’empêcher de penser qu'il n'est question que de criconstances pour que j’ai affaire à un(e) assassin potentiel.

warhol_big_electric_chair

Andy Warhol : Electric Chair

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13 décembre 2005

Ze Rédac a encore frappé !

On nous demande de signaler qu'un dangereux individu sous le nom de ZeRédac aurait commis un blog sous le prétexte d'y installer un projet douteux du nom de PlanetBlog.

L'individu prétexterait de vouloir donner aux membres de sa secte une plateforme pour y trouver les opuscules dangereux qu'il produit en compagnie de ses disciples. Il tenterait aussi d'évangéliser les foules en les invitant à discuter sur ce blog.

Je vous laisse juge des propos séditieux de ce mossieu ZeRédac ici : http://planetblog.canalblog.com

planetblog

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12 décembre 2005

Pla.net'Blog n°1

planetblog1

Le 1er numéro de Pla.net'Blog est paru. Et il est à découvrir ici :

PlanetBlog1_Dec2005.pdf

Et oui !

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La fin du Maitre de la Route.

Ah ben zut, la grève "surprise" d'aujourd'hui m'a pris en traitre, et me voilà arrivé à pas d'heure au bureau. Et comment je fais pour assurer ma note moi ? Ils se rendent compte les grèvistes SNCF que non content d'emmerder le monde, ils commettent un attentat à ma liberté de m'expressionner ?
"Votre honneur, ceci est une atteinte intolérable au droits de l'homme et du citoyen bloggeur" !
Uh uh uh...

Ceci dit, c'est une bien triste journée puisqu'en plus, aujourd'hui le célèbre Roadmaster -l'autobus impériale- de nos honorables concitoyens européens et Londoniens est retiré de la circulation. Trop vieux, trop polluant... sûrement trop tout ce que vous voulez, mais en tout cas... plus là !

Et là, je dis c'est honteux !
Aller chez les grands-bretons et y être privé d'une croisière en roadmaster, c'est comme être privé de pubs à la sortie des bureaux, de fish and chips, de relève de la garde à Buckingham, de prédicateur en tout genre à Hyde Park, de breakfast aux haricots tiède et au bacon gras dans des B&B hors de prix... Le Roadmaster c'est l'Angleterre !
Et moi qui pensait que les angliches avaient le sens de la tradition !

Est ce qu'on imagine New York sans les taxi jaunes ?
La France sans ses autobus verts ? Déjà que changer la couleur du ticket c'était limite !
Rome sans embouteillage de Fiat 500, et sans Vespa qui déboulent de partout ?
Mexico sans les taxi cocinnelle ?
New Delhi sans vaches sacrées ?

Alors franchement, Londres sans autobus impériale, et ben moi j'dis : c'est nul !

routemaster

More on the Brit' Roadmaster : http://www.routemaster.org.uk/

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09 décembre 2005

Just for one day...

Quittons les contrées s-ombres de ma note d'hier.

Vous-est il arrivé de rencontrer des héros instantanés ?
J'espère que oui ! Cela veut dire que vous êtes, avez-été (peut-être serez à nouveau un jour ?) jeune. Il faut être jeune pour que parfois sur de petits riens, on puisse se créer un héros instantané, un peu comme une soupe Royco, un Nescafé, sauf que là ça a vraiment du (bon ?) goût. Il faut l'innocence, l'insouciance, la foi et la capacité à s'enflammer pour un rien. Sinon ça marche pas.
Généralement, ensuite on perd un peu de cette capacité. On a tendance à devenir raisonnable, adulte, mesuré, pondéré... un peu con et chiant comme les plus jeunes que nous nous le ferons comprendre un jour ou l'autre ! Ces salopiots immatures et décérébrés !
:-)

A l'époque je ne le connaissais que de renom ce futur héros instantané.
Il avait une réputation un peu inquiétante, le genre de gars un peu bizarre, aux moeurs dissolues et imprévisibles... le genre "artiste" quoi ! Ils faisaient peur aux parents, fascinait les grands frères et soeurs aux goûts modernes et underground, était inconnu des Top50 de cette époque tout en trainant une réputation dans son genre sans tâche.

Malgré cette grande classe, aucun de ses titres n'avait encore atteint mes oreilles. C'est pas sur les radios de cette époque qu'on avait beaucoup de chance de pouvoir l'entendre. La FM n'existait que pour FIP que l'écoute cotonneuse et somnifère m'avait fait rebaptiser Flip. C'est qu'j'en avais de l'humour à ct'âge là !
Quand aux radios généralistes, entre la Valise RTL de Michel Drucker et Les Grosses Tetes ou le Jeu des Mille Francs on était encore très très très très loin de la moindre note un peu rock'n'roll.
Le plus subversif c'était les chansons étiquetées communistes de Jean Ferrat ou de Colette Magny, passées clandestinement une fois par an sur les ondes par de dangereux cryptos-marxistes en guerre contre les bienfaits de la société d'alors. Heureusement l'état veillait sur nous, et ils étaient renvoyés illico en exil ardéchois ou sur le plateau du Larzac, ou officiaient ensuite à FR3 Territoire de Belfort.

Et puis un jour finalement j'en ai entendu une de ses chansons.
Ou plutôt : la chanson.
En une seule écoute le héros instantané avait pris forme. Il existait, il avait un nom, un disque avec cette chanson dessus qui allait pouvoir passer sur ma platine encore et encore et encore, jusqu'à ce que la galette noire en devienne transparente. J'étais rassuré, je n'étais pas seul. Quelqu'un entendait les sons que je n'étais pas capable d'inventer et les mettait en musique pour moi.
J'ai acheté le disque. J'ai été un peu déçu parce que je préférais la version tout en anglais et dans le mien il chantait un couplet en Français. Et puis les autres morceaux étaient pas terribles. Mais bon, aucune importance en fait.
La chanson, MA chanson était là. Elle allait pouvoir me suivre partout, avec quelques rares autres s'installer sur mes cassettes, dans mon cerveau, me suivre sur une île déserte s'il fallait que je n'en choisisse qu'une. Un ami pour la vie comme on dit. "Just for one day", everyday.

heroes

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08 décembre 2005

Messages Personnels ?

En lisant les posts de mes honorables confrères bloguiens, il y en parfois certains qui résonnent drôlement à mes oreilles. Comme aujourd'hui ceux de Barnabé et Samantdi.

De rebonds en rebonds de mes synapses, me reste une réflexion de Samantdi sur les circonstances ou parfois des amitiés se délitent et s'éloignent. Je la résume comme ça : "Au bout d'un moment il faut choisir son camp" (je réduis ce qu'elle raconte, mais allez plutôt lire sa note).

Choisir son camp...
Voilà ce qui rebondit dans l'espace vide entre mes deux oreilles.
Je me souviens de ces moments ou il faut choisir son camp.
Ca remonte à loin, je n'étais encore qu'un semi-nain tout juste en croissance vers l'âge adolescent, vêtu de sous pull acrylique, grandissant par morceaux asymétriques (le nez, les bras, le pied gauche, l'oreille droite). Et puis un jour, ce sont des choses qui arrivent, FamilleUnie (la mienne) est devenue Famille Tuyau de Poële : séparations, départ, retrouvailles, disputes, cohabitation amicale-indifférente-inamicale, re-séparation, re-disputes, divorce. Finalement.
Ca a duré longtemps. A l'issue de cette période, elle en avait occupé la moitié de mon existence. Parmi les étincelles que faisait mon sous pull acrylique quand je l'enlevais dans le noir, la moitié d'entre elles -peut être- étaient elles la conséquence de l'ambiance électrique qui s'était installé dans un "chez nous" en déroute.

Choisir son camp...
C'était bien une guerre qui se déroulait sous mes yeux. Plus psychologique que physique mais... Passons les détails... Nous creusions les tranchées en prévision d'une guerre de position. L'enfance par elle même nous protégeait de quelques dégâts, mais les tranchées étaient quand même nécessaires. Nous devions bien nous protéger des champs de mines du mensonge, des obus de 45 des disputes, des attaques au gaz du chagrin, des shrapnels de la méfiance et la défiance... Mes réactions, mon mutisme, mes coups de gueule, ou l'anesthésie totale qui me saisissait parfois étaient tout autant des réactions que des blindages, des antidotes, des replis stratégiques ou des contre attaques lancées en pure perte sur le chemin de Monsieur et Madame mes parents.

Choisir son camp...
C'est la vie. Ces évènements ne sont pas exception, voire même ils deviennent légion (étrangère). Père et mère ont fait de leur mieux, en fonction de ce qu'ils espéraient, ce qu'ils voulaient, ce qu'ils pouvaient surtout. Je ne juge pas.
Un philosophe à courte vue a dit : "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort". Quelle bêtise. On peut être mort à certains endroits et être rendus plus forts à d'autres. Bref.
Me voilà, spectateur-acteur en train d'assister au déploiement des troupes. A ma gauche la famille paternelle, à ma droite la famille maternelle. Les forces en présence déploient leurs charmes et leurs menaces pour nous séduire ou nous obliger. C'est selon. Ce n'est même pas méchant, ou intentionnel. C'est comme ça que ca se passe. C'est pour notre bien même. Ou le leur. Il va falloir choisir son camp.

Alors j'ai choisi.
J'ai choisi mon camp. Littéralement.
C'est à dire le mien.
Je n'ai signé aucun traité, aucune allégeance, aucune alliance à famille A ou B. Moi et moi seul, en hors la loi des nouvelles règles en vigueur, et pi c'est tout. Ce qui n'était pas sans avantages, ni sans inconvénients. Pour faire bref, l'avantage c'est l'indépendance. L'inconvénient c'est l'isolement.
Si j'en juge aux résultats de ce roman familial aujourd'hui, je dirais que j'ai fait le moins mauvais choix. Même si j'ai été parfois pris à partie, parfois utilisé, parfois trahi, ou ignoré... J'ai aussi conquis mon territoire, mon autonomie, je me suis affranchi de l'autorité, j'ai appris à marcher sans cannes et parfois à courir vite. J'ai appris la patience, une nouvelle forme de confiance. J'ai appris que "la vie c'est comme une boite de chocolat..." Ah non, ça c'est déjà pris !
J'ai sauvé l'essentiel : je n'ai pas mis tous mes rires dans le risible de cette situation. Je ne suis pas devenu indifférent ou cynique. Je n'ai pas nourri de désirs de vengeance ou d'oubli. Je ne suis pas -comme ceux qui dans cette histoire ont choisi un camp- resté prisonnier à vie du passé, ou continuent à payer les dommages collatéraux d'un micro Traité de Versailles exorbitant.

La famille est morte ? Vive la vie (autant que faire se peut).
Dans un mélange de "le roi est mort, vive le roi" et "l'état c'est moi" voilà ce que choisir mon propre camp voulait dire : personne ne m'aura.
J'ai choisi tous les camps et aucun à la fois, de manière non-négociable. J'ai choisi non pas la neutralité, mais le hors-jeu, le hors concours, le "allez tous vous faire foutre !" (hum... bon...). J'avais choisi un camp qui n'en était un qu'à mes yeux, le sel de la terre, "the catcher in the rye", ce qui ne s'attrape pas.
Je me suis tenu tant bien que mal à cette boussole, elle me conduit encore en partie aujourd'hui.
Choisir un camp ? Jamais.

J'espère juste que dans la nuit, le T-Shirt que j'enlève fasse de petites étincelles.

hardyfrancoisemessagepersonnel

Posté par LaVitaNuda à 13:55 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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