30 novembre 2005
Et ça continue.
Suite de la crise de réunionnite aigüe !
Nous voilà tels les chevaliers de la table ronde en trainde déblatérer sur l'avenir et le positionnement de not' produit. En résumé : travaillez plus, mieux et coutez moins cher.
:-)
Tout juste le temps de répondre à mes commentaires et pi' c'est tout !
En attendant, cliquez donc sur quelques liens dans la colonne de droite, vous ferez de belles rencontres.
28 novembre 2005
Bien Le Bonjour Mr Cétanou !
Franchement, je les plains...
Tous ceux qui se sont précipités (et ils étaient nombreux) pour acheter du Edf.
A peine entré en bourse que l'action fait déjà plouf.
Et cette pub foutage de gueule, vous l'avez déjà oublié ? "Maintenant c'est à nous !" s'exclamaient les heureux futurs actionnaires contemplant un barrage ou une centrale. Comme si, ce qui justement était contrôlé par l'Etat, n'était pas propriété de la nation et donc à nous, pour de vrai.
Mais non, ce bienheureux actionnaire perché sur son barrage devait penser "C'est à nous, chérie et les enfants ! C'est à nous de nous en mettre pleins les fouilles ! C'est à nous de participer au renouveau du capitalisme populaire tsouin tsouin !".
Et bien Mr Cétanou, en effet c'est maintenant à toi !
A toi de connaître les joies du petit actionnaire sans pouvoir, tout juste bon à former des "collectifs SOS actionnaires empapaoutés" comme ceux qui ont acheté du France Télécom ou mieux du Eurotunnel !
Et puis si tu ne le sais pas, ce qui va bientôt être à toi c'est aussi le coût de démantèlement des centrales nucléaires en fin de vie. Dont personne ne sait vraiment combien ça va coûter ! Au moins on sait que ça bien durer 60 ans. Mais pas ce qu'on va faire de tous ces beaux déchets !
Tu ne le savais pas cher Cétanou, que EdF s'est bien gardé de provisionner assez d'argent pour ça bien que la loi l'ait encouragé à le faire ? Et que tout le monde s'attend à ce que ça (te) coûte un max. Rien que 52 réacteurs de plus de trente ans dont il va bien falloir d'occuper (durée de vie estimée : 40 ans).
Nul doute que devant les montants astronomiques qui s'annoncent tu seras partisan de prolonger la vie de ces centrales (comme aux USA, ou en Russie). Mais qu'il vaut mieux t'avertir tout de suite que les frais de maintenance vont sévèrement en prendre un coup pendant 20 ans de vie supplémentaire.
Car tu ne seras pas tenté de tricher avec les conditions de sécurité et d'entretien hein Mr Cétanou ?
C'est pas moi qui le dit, c'est pas Greenpeace ou José Bové non plus. C'est un rapport parlementaire ! Un document public à ta dispo Mr Cétanou. Pas un document privé que tu dois payer pour pouvoir le lire !
Et puis bien sûr Mr Cétanou, si tu fais partie de ceux qui se plaignent, pour qui l'état n'est rien de plus que cette pieuvre tentaculaire qui ne fait que détruire l'initiative individuelle et l'envie de s'enrichir, tu n'auras pas le culot de demander à ce que ce soit l'état qui règle l'addition ?
Hein ? Tu ne l'auras pas ce culot d'appeller à la rescousse un Etat que tu juges si envahissant ?
Au contraire, en tant qu'investisseur responsable, tu te diras que l'état ne t'as rien caché de ces futures petites misères financières et que c'est donc en tout "tranparence" que tu as "contracté" le droit de "t'enrichir t'endetter" et pour longtemps (durée du démantèlement des centrales estimé à 60 ans). Et que ça n'a rien à voir avec le bourrage de crâne que ce même état, Edf, les banques et fonds d'investissement avides de récupérer ton fric et les publicitaires t'aurait fait subir.
Impossible hein ?
T'es un gros malin toi Mr Cétanou ?
Tu sais flairer les bons coups (peut être pas les bons coûts remarque) !
N'oublies de me prévenir quand ma facture va augmenter !
liens vers les résumés du rapport : http://www.senat.fr/commission/offices/office021209.html, http://www.senat.fr/rap/a03-075-6/a03-075-66.html, et aussi http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-707283@51-665146,0.html.
25 novembre 2005
Vodka Niet !
Ce soir (enfin hier soir maintenant) je rentre chez moi. Plus tôt que d’habitude, parce que le jeudi soir je n’ai pas de double vie et que un peu fatigué j’ai besoin de me reposer. Bref, il doit être environ 20h40 quand je compose le code d’entrée de mon immeuble. Et là !
Dans la cage d’escalier, une petite douzaine de personnes !
Bon sang de bonsouère, j’ai oublié ! On est le 24 novembre ! Il y a à peu près un mois j’ai trouvé dans ma boite à lettres un petit mot de nouveaux voisins. Ils viennent d’arriver et pour fêter ça, ils ont décidé d’inviter leurs nouveaux voisins à boire un coup le jeudi 24 novembre dans le hall d’entrée de l’immeuble. J’ai dit que je viendrais si j’étais libre ce soir là. Et on est le jeudi 24 !!!
J’avais (presque) oublié !!!
Franchement, mon premier réflexe, c’est de me dire « oh, merde ! ». A ce moment là j’ai plutôt envie de rentrer chez moi, de me poser dans mon canapé pour une bonne soirée de cocooning, avec mon bon vieux pyjama, ma polaire (y fait froid non ?), mes chaussons en feutre de Mongolie (made in Natures et DécouvertesÔ commerce équitable) qui donnent l’impression que je chausse du 275 (mais qu’est ce qu’on est bien dans ces trucs ignobles) ; de me préparer un petit repas délicieux. Bref, de m’offrir une glande monumentale !
Mais voilà ! J’ai envoyé un mail pour dire que au cas où, et j’arrive en plein milieux du cas où !
Vous savez quoi ?
Les scrupules.
La morale des faibles dit-on.
Plouf ! Dans mes vieux restes d’éducation judéo-chrétienne ! T’as promis. Faut assurer. Benoit le 16ème serait fier de moi.
En moins de temps qu’il n’en faut pour Benoit le 16ème pour dire que les homos c’est beurk, ou que la terre est plate, je me retrouve un verre à la main en train de fêter l’arrivée de mes voisins dans leurs nouvelles pénates.
Il y a là un D. qui vient de s’installer avec F. Ils viennent du ch’nord. Des gens qui savent vivre si j’en juge à la quintuple dose de punch que D. verse dans mon gobelet en plastique.
Je ne le sais pas encore, mais je vais faire connaissance avec une foultitude de voisins que mes horaires de lève-tôt / couche tard me permettent rarement de croiser. Et là c’est united colours of Paris XIV, la mondialisation au pied de chez vous, la sainte horreur des tenants d’une France éternelle qui sent le camembert et le saucisson. Car mon chez moi c’est une sorte d’auberge espagnole-slovo-moldave-burkinabé-marseillaise. Ce que j’ignorais puisque je ne les vois jamais.
En plus de mes nordistes je vais discuter avec un Ukrainien qui vient de Vladivostok (ça fait loin, Vladivostok c’est plus près du Japon que des châteaux de la Loire). Il a accompagné sa fiancée française jusqu’à Paris. Et me voilà en train de discuter avec lui de la Russie et tout pleins de trucs. J’apprend qu’il laisse couler l’eau du bain parce qu’il aime le bruit de l’eau qui glougloute et qu’en Russie on paye une dizaine de roubles l’eau pour l’année. Idem pour le gaz, c’est tellement pas cher que pleins de Russes laissent le gaz allumé H24. Et que quand ils font des picnics ils balancent leurs bouteilles de vodka dans la toundra parce que là-bas la nature c’est grand ! Ami lecteur encarté chez les verts, en Russie il y a du boulot pour toi au-delà des limites de Tchernobyl (qui est en Ukraine, nuance).
D’ailleurs on en parle aussi de l’Ukraine, et pour O. l’Ukraine c’est la Russie et faut arrêter les conneries (je réduis sa pensée). Je risque une vision historique, expliquant qu’après 50 ans d’URSS les nouvelles républiques non Russes souhaitent affirmer leur indépendance et que –qui sait- dans 20 ou 30 ans, les racines Russes reviendront à la surface. Ce n’est qu’une affaire de temps. Il ne dit pas non, ouf !
J’essaie de lui extorquer quelques insultes en Russe pour que je les répète à Boss sans qu’il les comprenne, genre : espèce de connard, abruti… Mais j’ai oublié. C’est la faute aux multiples verres de vodka qu’il me verse en continu depuis le début de notre discussion. Cette soirée était un piège, j’en étais sûr !
Il y a aussi une Coréenne très sympathique qui fait des études de mode à Paris en attendant de retourner en Corée et de pouvoir –elle l’espère- y créer sa propre marque. J’ai oublié son prénom qui veut dire « Sagesse Kekchoz ». C’est la faute à la vodka de Popov qui me détruit les neurones !
Vous pouvez rire, mais moi qui ne bois quasi plus de trucs forts depuis des années, le mélange Punch-Beaujolais Nouveau-Vodka m’a réduit à l’état de protozoaire inarticulé.
Je me sens pitoyable. J’essaie de poser encore quelques trois phrases sensées avec un physicien reconverti dans l’informatique. Hum, hum… Puis avec C. la fiancée de Popov qui me raconte Gorki Park et le suppositoire de Gagarine (je veux dire la fusée du héros soviétique). Miracle, on se comprend très bien, il faut dire qu’on est dans le même état alcoolémique.
Tout cela est très sympathique et bon enfant mais la soirée se termine. On se souhaite de renouveler cette soirée. Je rentre chez moi après avoir dit bonsoir à tout le monde. Il est temps de dormir.
Mais ce matin… La vodka, plus jamais ça. L
24 novembre 2005
Un Pavé Sous La Plage.
Je vous parle d'un temps ou la clé USB n'existait pas encore. Essayez d'imaginer ça !
Une fois par mois une bonne partie de mon argent de poche, chèrement gagné à la sueur de mon front et à la garderie nocturne de quelques Kevin, partait en fumée papier dans l'achat de Rock&Folk, Actuel et... Métal Hurlant. METAL HURLANT !!!!
Sans Metal Hurlant je n'aurais jamais découvert tous ces gens : Hubert Selby, Charles Bukowski, Eric Ambler, R.H. Thompson, Fredric Brown, Robert Silverberg, Robert Schekley, et tous les autres. Et bien sûr tous ces dessinateurs, ces illustrateurs... C'est bien simple, tous (les bons) sont passés un jour ou l'autre dans Métal. C'est Etienne Robial qui a fait la maquette du journal bien avant de faire l'habillage de Canal+ des années plus tard. Sans Margerin et son Rocky, Antoine De Caunes n'aurait jamais inventé Didier l'Embrouille. Tous les mois c'était la magie : Moebius, Serge Clerc, Yves Chaland, Jacques Loustal, Floch', Ted Benoit...
Je dois à Philippe Manoeuvre un exposé canon qui m'a rendu célèbre en seconde pour toute l'année grâce à la critique des Aventuriers de l'Arche Perdue.
Je me souviens de L. Je la retrouvais dans sa chambre, on lisait Metal en écoutant en boucle Heart of Glass de Blondie en 45 tours, sur un vieux "pick up" tout déglingue qui découpait des copeaux de vynile à chaque passage. On s'embrassait aussi.
Dans Métal il y avait tout ce que j'adorais, et tout ce que détestaient les adultes : de la BD, de la Science Fiction, du Rock et des filles vachement bien dessinées ! Avec Métal j'étais censé devenir débile, n'avoir aucun avenir, perdre mon temps, me détourner des vrais buts de la vie, etc, etc... Avec le recul je ne peux pas éluder cette éventualité, mais par rapport à la vie qui m'étais promise comment avoir des regrets ?
Je me souviens avoir poireauté 2 heures à la librairie Temps Futurs alors tenue par Stan Barets qui écrivait des chroniques dans Métal. Deux heures pour obtenir une dédicace de Moebius ! Moyennant quoi, j'ai bien fait, j'ai eu droit à deux dessins magnifiques sur mes BD. C'était ce temps ou des choses pas importantes deviennent essentielles, et que tout le reste on s'en fout.
Je me rappelle de l'empressement que j'avais à rentrer chez moi, avec mon nouveau Métal sous le bras. Une
fois dans ma chambre, la 3ème guerre mondiale ou l'exigence parentale de descendre la poubelle dans le local prévu à cet effet ou n'importe quoi d'autres... rien n'était susceptible de m'empêcher de lire MON Métal.
Je me souviens de ces fous-rires, comme une revanche prise sur ces interminables et ennuyeuses heures de cours, ou E, F et moi nous lisions ensemble Métal pendant les heures de travail de groupe. Au bout d'une demi-heure on se faisait jeter et nous terminions la lecture dans notre café attitré après avoir fait le mur du Lycée.
Il y avait tellement mieux à faire que de s'ennuyer à l'école.
Métal, c'était notre "machine à rêver". Nous laissions les choses sérieuses, la vraie littérature Françaaaaaise aux "p'tits fronts" du premier rang. Nous moquions les tribus baba-cool qui n'avaient pas vu venir le punk. Nous étions les enfants de Giscard et de Raymond Barre, nos cousins germains avaient Margaret Thatcher.
Un James Bond vieillissant se battait toujours contre les ennemis de l'autre côté du mur. Nous nous moquions de tout et de tout le monde, l'insouciance no futur était de notre côté.
Je me souviens que nous étions heureux.
Un peu couillons et niais, un peu imbus de notre non-importance, sûrement casses-pieds à souhaits. Nous rêvions avec Métal, notre machine.
Parfois un grand-frère, comme celui de F qui dans son école sup. privée avait vu arriver tous les autres élèves avec un brassard noir le lendemain du 10 Mai '81, nous refilait un bouquin : Appolinaire, Cendrars, St John Perse...
Nous découvrions alors que Métal se prolongeait plus loin que nous l'imaginions. Que Shakespeare, Romain Rolland, Céline, Yeats ou Keats faisaient eux aussi partie de la machine à rêver avec Satie, Debussy ou Ravel. Qu'elle était sans limite. Que seuls les aigris, les fonctionnaires rances et sans passion, les abrutisseurs professionnels pouvaient nous faire croire le contraire.
Métal Hurlant, à bout de souffle après 12 années de feu d'artifice pouvait bien s'arrêter.
Nous étions devenus -nous-même- la machine à rêver.
Et voilà ce pavé, qui vient tout juste de tomber sur les rayons des libraires (s'il ne l'ont pas, il ne mérient pas ce titre ô combien honorifique). Je suis sûr qu'il raconte tout cela. Et que m'y plongerai bien, comme pour retomber encore une fois dans le chaudron de potion magique.
23 novembre 2005
Un matin parmi d'autres
22 novembre 2005
Lost Dans La Translation
Il faudrait que je regarde plus souvent comment fonctionne mon blog. Il y a pleins de trucs et de bidules là dedans dont j’ignore jusqu’à l’existence. Il y a par exemple cette boite à outils qui vous dit combien de lecteurs viennent vous voir heure par heure.
Heure par heure ???
Ce qui m’a permis de constater qu’on allait sur mon blog entre 3 et 5 heures du matin. Je mets ça sur le compte des visiteurs en décalage horaire ou de quelques insomniaques égarés par d’obscures recherches googleiennes.
Et puis je me suis aperçu qu’il y avait aussi une sorte de top 5 de mes notes les plus visitées. Tout curieux je décide d’aller voir de quoi il en retourne. Et de clic en clic je tombe sur ce post plus très récent dont je publie ici un extrait :
“Then me, Mr Machin with the voice of Douste Blazy under amphetamines - me the pauv' naz' which gloutonnerait the antibios to which better better by plundering the Social Security, I have two (three) words to say to you: I you emmerde.
I you emmerde because you insane of my mouth, in addition to all giving on the back of the antibiotic eaters.
To my knowledge the antibiotics, one needs an ordinance of a doctor. It is necessary to go in pharmacy to find some. Doesn't Ca buy with the prisu a corner between a yoghourt pack and a rod? Then why you do not address to the doctors and to the pharmacists rather than with me?
While you is there you could can be to ask them them, from which this quite French practice comes from antibiotic goinfrer?”
Et alors là : surprise !
Depuis quand est ce que je poste des notes en anglais moi (et dans cet anglais là !) ? Mais pas de doute. Je relis. La note est bien anglicisée. Serait-ce moi le somnambule qui en pleine nuit se met à réécrire ses notes ? Je prend peur un instant, je me vois d’un seul coup, possédé par un démon schizophrène, en train de cracher de la bile, avec la tête qui fait des tours sur elle-même à 180°, en hurlant comme dans l’Exorciste « Your mother sucks dicks in hell ! » hum, enfin bon…
Passé ce moment angoissant, ma nature logique reprend le dessus, et j’en conclus (sans en être vraiment certain) que des visiteurs estrangers ont traduit cette note grâce à un logiciel automatique. Encore un coup de l’anti-France, heureusement que Miterrand est mort, j’aurai peut être fini écouté comme Jean Edern Hallier. Avec le gouvernement d’aujourd’hui, aucun risque de ce côté-là, les évènements récents prouvent que par solidarité avec not’ président, ils sont tous sourdingues !
En tout cas, je reconnais là, la façon subtile dont ces traducteurs automatiques ont interprété la délicate finesse d’une pensée ciselée au fil du temps qui passe, des ineffables bonheurs et des épreuves de la vie (celle-là, elle m’a été soufflée par Jean d’Ormesson).
Par exemple, je trouve admirable cette façon dont « moi le pauv' naz' qui gloutonnerait les antibios à qui mieux mieux » est devenu « me the pauv' naz' which gloutonnerait the antibios to which better better ». Magnifique !! Wunder… pardon, wonderful !
« You insane of my mouth » est assez amusant pour traduire « tu te fous de ma gueule », mais hélas pas vraiment compréhensible. Mais ce « I you emmerde » quoique peu académique, je suis sûr qu’un Anglais peu comprendre, surtout s’il est venu avec sa voiture en vacances dans notre beau pays. C’est que la conduite à droite est propre à susciter de tendres compliments de la part de mes compatriotes adressés à ces massacreurs de Jeanne d’Arc.
Je me demande en revanche comment un lecteur anglophone a pu comprendre quoi que ce soit à une phrase comme celle-ci « Doesn't Ca buy with the prisu a corner between a yoghourt pack and a rod? » dont la complexité lexicale échapperait même à la sagacité d’un maître Capelo. Alors qu’il ne s’agit simplement que de « Ca s'achète pas au prisu du coin entre un pack de yaourts et une baguette ? ».
Essayez d’écrire simplement et voilà comment la perfide Albion poignarde votre style dans le dos !
Et que dire de ce « while you is there » qui m’aurait valu un zéro pointé au bac si j’avais tenté de traduire ainsi « Alors pourquoi tu t’adresses pas à… » !
L’extrait se termine donc en beauté par cette obscure et incompréhensible question : “While you is there you could can be to ask them them, from which this quite French practice comes from antibiotic goinfrer ? » qui est supposé signifier “Pendant que tu y es tu pourrais peut être leur demander à eux, d'où vient cette habitude bien Française de se goinfrer d'antibiotiques ? ».
Heureusement j’aime beaucoup la notion « d’antibiotic goinfrer » ! En l’occurrence cette petite touche anglo-saxonne assez Birkinienne renforce l’idée souhaitée. C’est décidé, désormais dans les dîners ou les Paris Carnets ou je ne vais jamais, je ferais mon intéressant avec mon concept d’antibiotic goinfrer.
Yes indeed !
21 novembre 2005
Petites Choses Vues.
A Bangkok, vous pouvez prendre le bus (à savoir un truc rouillé qui crache une grosse fumée noire, dont il faut monter et descendre au vol, et dont le conducteur a appris à conduire en compilant toutes les scènes de poursuite de « Sheriff fais moi peur »).

Vous pouvez aussi prendre le bateau bus et remonter la Chao Praya de quai en quai pour visiter la ville, et ça c’est vachement sympa. A chaque arrivée le maître-nageur, maitre-accosteur, joue du sifflet à l’attention du « pilote », lui indiquant quand s’arrêter et repartir.
Dans le bateau bus, c’est comme nos métros, il y a des places assises réservées. Mais là ce n’est ni pour les mutilés de guerre, ni les vieux, ni les femmes enceintes. C’est pour les moines bouddhistes. Et apparement, les Thaïs s'en moquent pas mal !
On trouve tout à Bangkok. Comme très souvent dans les grandes villes asiatiques, d’immenses centres commerciaux attirent vers eux une foule impressionnante qui déambulent d’étages en étages. Le shopping c'est un sport national en Asie ou quoi ?
Il y a l’étage des fringues, celui de la bouffe, celui des meubles, des bijoux, de l’électronique… On y trouve de tout, et moi j’y trouve même des Kevin Thaïlandais.
En visitant le Palais Royal, ne faites pas comme Boss et V. qui se sont fait refouler parce qu’ils ne portaient pas de tenues suffisamment décente : pas de bermuda sur mollets poilus, ni de T-shirt sans manches même avec des aisselle épilées. C’est aussi un lieu de culte, et il convient de ne pas effaroucher les moines par une tenue trop négligée. Sinon vous serez privés de voir cet endroit incroyable, plein de tuiles vernissées multicolores, de dômes dorés, de peintures murales, de clochettes suspendues qui tintinnabulent au gré du vent, de bouddhas d’émeraudes et pleins de choses comme ça.
L’homme de Picardie s’est expatrié à Bangkok. Il y a une importante activité sur la rivière. En plus du taxi boat et des bus boat, d’énormes barges transportent toutes sortes de matériaux. De temps en temps on croise un "train de barges", une sorte d’énorme muraille noirâtre. C’est l’homme de Picardie Thaï qui passe, vide de marchandises. Il repassera plus tard dans l’autre sens, presque transformé en sous-marin tellement il est chargé ras la gueule.
Beaucoup d’habitants à Bangkok vivent près de la rivière. Et vivent grâce à elle. On y voit les égouts se jeter dedans, ainsi que les « klongs » (canaux) noirâtres, qui confirment qu’il ne vaut mieux pas y glisser un orteil. On y voit aussi des familles dont les maisons assez décaties sont installées au bord de la rivière. Leurs habitant s’y lavent, y font la vaisselle, et pas mal y pêchent une nourriture qui ne doit pas pouvoir tenir beaucoup de promesses sanitaires.
D’ailleurs, tout le long de la rivière on trouve tout un tas de petits restos. L’aspect « hum » négligé, ne doit pas trop vous rebuter. Regarder s’il y a du monde, si ce sont des Thaïs et si ils mangent de bon appétit. I Alors il y a toutes les chances que vous y fassiez également un super bon repas, à l’ombre, quand vraiment il se met à faire trop chaud, avec les ventilos fatigués qui font flap-flap au dessus de vos têtes. Le tout au son du Top 50 Thaï qui vaut son pesant de cacahuètes ! Faites quand même gaffe aux piments !
Il est possible que la pêche dans votre assiette vienne tout droit de la rivière qui coule sous vos pieds. J’ai préféré ne pas vérifier.
Voilà, sinon je suis un peu énervé après Mr Bouygues qui vend des téléphones avec appareils photos incorporés, mais dont on ne peut pas transférer les photos de plus de 50k car son i-mode à la con ne supporte pas l'envoi de fichier « aussi lourds ».
Grrr...
18 novembre 2005
"Bon, on s'en va !"
Faut il vraiment parler de la suite de Bangkok with Boss ? J’hésite ! Après l’intermède marché de nuit, c’est qu’il n’en a pas encore assez le bougre ! Il en veut encore ! Et puis il faut respecter la tradition, enfin la sienne.
Ce qu’il faut savoir (ou pas d’ailleurs) c’est que le marché, posé au milieu de la rue, est enserré de chaque côté par des bars. Et quels bars… Des rabatteurs vous collent dans la main le descriptif des « spécialités », les portes grandes ouvertes laissent sortir une disco-house au kilomètre totalement affligeante, et bien sûr les inévitables (à cet endroit) gogo-girls Thaïlandaises en maillot de bain XXS se dandinent sur des estrades, avec un entrain érotique sous tranxène.
Pitié pas ça !
Mais Boss ne lâchera pas l’affaire, bien que jusqu’au bout je me sois attendu à ce que par égard pour V. il ait décidé de lui épargner ça. Grave erreur. Le voilà donc qui nous traîne vers son bar fétiche, en haut de la rue. On arrive sur les lieux, conformes à tous les autres, hormis un ring de box qui trône au milieu de la salle.
Il y a une attraction dans ce bar. Il propose des combats de boxe Thaï pour les troupeaux de bovidés qui viennent s’y abreuver après avoir remporté leur grande victoire sur le marchandage d’un maillot du real de Madrid quelques dizaines de mètre plus loin.
Pas moyen d’y échapper. Ce bougre de Boss sait s’y prendre pour arriver à ses fins. Il est temps pour lui de récupérer la mise investie sur le massage et le resto en nous rendant délicat le refus du bar glauque final.
Advienne que pourra pas. On entre, on se pose. Les verres arrivent à vitesse express. Sur le ring on nous annonce que l’attraction va commencer. Le dit « ring » est d’ailleurs ridiculement petit, recouvert d’une moquette marron cracra qui doit avoir 20 ans d’âge. Je vous épargne la suite… C’est complètement crétin, de la boxe Thaï en conserve juste là pour aguicher l’abruti qui dort dans chaque cerveau reptilien. Je me demande ce que je fous là, et comment faire pour m’enfuir le plus vite possible.
A la table à côté un groupe de jeunes Français s’est pris au jeu. Ils ont la trentaine, et s’échauffent pendant les combats bidons, exhibent fièrement leurs liasses de Baths qui font d’eux des millionnaires à la petite semaine. Ils sont les rois de la fête en carton pâte, ils sont heureux ces cons là.
Celles qui sont heureuses se sont les entraîneuses du bar qui ont flairé le filon. Elles arrivent par grappes et aguichent le petit groupe. Le but du jeu est de leur faire commander le plus de boissons possibles, elles touchent une commission là-dessus. On m’apprend que si un client veut repartir avec une fille, en fait une grosse partie de l’argent qu’il doit verser va au bar qui se dédommage ainsi de l’absence de la fille et de ce qu’elle aurait rapporté avec la vente des boissons pendant son absence.
Les matches de boxe guignol s’arrêtent. enfin C’est pas trop tôt. En un clin d’œil le ring est démonté, reste l’estrade sur laquelle le personnel fixe des barres métalliques, et qu’au son de la disco-house toute pourrite voilà les « girls » qui entrent en scène.
C’est bon là. J’en ai assez, il faut qu’on se tire d’ici maintenant. Le groupe de mâles Français là-bas est en pleine extase. Je me demande comment ils sont dans leurs vies en France ces abrutis. J’avale mon Bacardi-Vodka d’un trait. J’entend un « quand même il faut voir ça quand on vient à Bangkok ». Ce que je revois c’est les bus de touristes qui dégueulent leur chargement à Pigalle. Voilà, c’est la même chose en version Thaïlandaise, avec tout ce que cela suppose de plaisirs tarifés, de cerveaux vides, de sentiments aux abonnés absents.
Là aussi business is business, et tout le monde feint d’ignorer ce jeu de dupes. Il n’y a pas plus de différence entre le marché de la contrefaçon au milieu de la rue et ce qu’on trouve dans ces bars. Là aussi tout est pour de faux, tout s’achète, tout se vend, tout se marchande sauf les regards inexpressifs et vides de ces jeunes filles qui se dandinent dans cette rue triste.
17 novembre 2005
Supermarket !
La suite logique (logique ?) du massage est d’aller manger un morceau. C’est que ça ouvre l’appétit de rester à se faire tripoter pendant deux heures (enfin tripoter… rien de… bon…). Là aussi, il y a un rituel : Boss, V. et moi partons vers Silom Village, le lieu ou il convient de casser une graine.
Pour vous décrire rapidement Silom Village, ça ressemble à ça :
C'est-à-dire une sorte de mini centre commercial mélangeant bars, restos et boutiques d’artisanat divers. C’est vrai que le tout a un petit côté touristique, mais très sympa quand même. Il faut le reconnaître, jusque là le programme de Boss est plutôt plaisant.
Donc on mange ! Et c’est bon ! Oubliez le petit resto Thaï de votre quartier, déjà très bon lui aussi, ça n’a rien à voir. Il faut juste se méfier des plats épicés, les piments Thaï ont un talent avéré pour se frayer un chemin en ligne droite depuis votre langue jusqu’à… la sortie prévue à cet effet, par autodissolution des chairs. Mais sinon, boudiou, que c’est bon !
Pas grand risque toutefois de vous auto-consumer de l’intérieur dans les restos de Silom Village. Pour cela il vaut mieux tenter les petits restos locaux, ou encore mieux, toutes ces petites cantines ambulantes qui viennent squatter les trottoirs et servent en permanence des recettes pas toujours identifiées. Si vous avez de la chance, vous pourrez même goûter aux larves ou aux insectes grillés. C’est un peu comme les pralines (pour la consistance). Pour le reste euh… faites pas comme moi, évitez de perdre un pari idiot ! Ca vous évitera de devoir y goûter.
Evidemment, qui dit mini centre commercial dit « Mais qu’est ce que je pourrais acheter ! ». L’effet sur V. est immédiat, et la voilà en train de sombrer dans la folie Bangkokienne du shopping. Car s’il y a un endroit ou tout s’achète et tout se vend c’est bien à Bangkok.
Nous voilà donc en train de traîner dans les quelques boutiques d’artisanat de Silom Village. Personnellement c’est pas trop à mon goût. Un peu trop surchargée l’esthétique Thaïlandaise, mais devant la pléthore d’objets de toutes sortes, il y a toujours un petit truc à trouver pour ceux qui y tiennent : des bouddhas, des statuettes, des meubles, des tissus, des centaines de trucs et de machins qui ne sont pourtant qu’un erstaz de ce que nous verrons plus tard.
Car voilà la dernière étape du « Boss Bangkok Tour » : l’incontournable visite du marché de nuit de Patpong.
Dès la nuit tombante, Silom Road et plus loin Patpong Street deviennent la proie des marchands du temple Thaï. Les trottoirs se couvrent de boutiques jusqu’à minuit. Des hordes de touristes de tout poils débarquent en masse tout aussi compacte que les marchands. Et le royaume nocturne de la contre façon occupe tout le quartier.
Ca a quelque chose d’hallucinant. Une sorte de supermarché géant du faux Vuitton, de la fausse Rolex, du Mont Blanc pas vrai, du Gucci pour rire côtoient les fausses répliques des maillots de foot de toute la Champion’s League, du Super Twelve de Rugby, les fausses Puma, les fringues automobiles Ferrari-Schumacher, etc, etc… Trônent également en bonne place tout ce que l’industrie du tourisme peut produire de kitsch et de goût le plus douteux : équipements de l’apprenti Ninja, T-Shirts célébrant les ébats sexuels les plus divers, boucles de ceintures Harley Davidson… Rien que du bête et moche, mais en très grande quantité. Ca en deviendrait presque un art !
Nous remontons vers Patpong, le long des échoppes serrées les unes contre les autres.
Bien sûr, tout cela est vendu à un prix ridiculement bas. Mais la coutume veut qu’en plus on marchande le prix. Ce qui me vaut le loisir d’assister à des discussions pathétiques pour baisser de 100 Baths (2 Euros), ce qui coûte déjà 3 fois moins que le prix normal.
C’est que le touriste ne veut pas s’en laisser compter facilement. On lui a dit qu’il était roi ici, qu’il en aurait pour son argent. Alors il y tient ! Il veut pouvoir à son retour à la maison expliquer combien il l’a vraiment eu pour pas cher son faux Lacoste, sa fausse Tag Heuer, ou les copies trafiquées de Harry Potter ou de Spiderman pour les enfants.
Etant donné que ce ne sont visiblement pas les revendeurs qui ont l’air de se faire des coucougnettes en or avec ce trafic, assister à ce marchandage acharné pour rien du tout a pour effet de me mettre plutôt mal à l’aise. Finalement je rentrerai bien moi, plutôt que d’assister encore longtemps à ce lâcher de beaufs en pleine extase de la redécouverte du pouvoir d’achat.
Je veux bien les comprendre un peu. Comprendre que probablement chez eux, ils se serrent la ceinture assez souvent pour avoir envie de rattraper le temps perdu quand un voyagiste très organisé leur a promis à mots couverts qu’à Bangkok ils s’en mettraient pleins les fouilles.
Mais un peu moins quand je constate leur mine réjouie à la seule satisfaction d’avoir gagné 50 centimes d’Euros sur l’achat d’un faux Chanel bien clinquant. C’est la même mine satisfaite que celle d’un Cadre Financier en train de calculer une indemnité de licenciement en pensant « encore 10 comme ça, et je touche mon bonus ». Peut être la leur d'ailleurs !
Dans un monde de boutiquiers comme celui-ci, ce sont les mentalités de gros malins, de « moi d’abord » et de petits chefs qui prennent le dessus.
Berk !
Malheureusement je n’en ais pas encore fini avec Patpong. Boss tient hélas à son « clou du spectacle »…
16 novembre 2005
Bangkok Avec Boss.
Il y a des rituels qu’il est difficile d’éviter.
Notamment celui de la « première soirée à Bangkok avec Boss ». Il faut dire que Boss a passé quelques années dans cette ville, et que c’est donc une occasion pour lui, quand il nous y emmène, de procéder au rituel de cette première soirée et de nous épater nous aut' les pauv' employés ignares de toute connaissance des lieux.
Dès l’arrivée à l’aéroport on saute donc dans un taxi, celui qui emprunte la voie express qui va de l’aéroport au centre ville. La conduite est euh… assez hasardeuse et embouteillée, un peu à la « parisienne » (pour ceux qui connaissent). C'est-à-dire qu’on n’y comprend rien si on n’est pas du cru, mais au bout du compte les accidents graves n’ont pas l’air d’être très fréquents, malgré les nombreuses occasions.
Une fois arrivé à l’hôtel, Boss fait déjà des bons partout. Il a hâte de nous embarquer pour notre première soirée à Bangkok. Moi je connais déjà, mais il y a V. qui nous accompagne, dont c’est le premier séjour en Asie. Alors autant dire que Boss ne tient pas en place. J’insiste pour qu’on se prenne une petite heure incluant découverte de la chambre, douche, déballage des bagages et pouvoir être peinard au moins dix minutes. Bon, d’accord, Boss convient et accède à ma requête.
Je ne dis rien à V. de ce qui l'attend il vaut mieux qu’elle se fasse sa propre opinion.
Une heure plus tard, me voilà moins frais que dispo dans le hall de l’hôtel pour retrouver V. et Boss, et entreprendre l’excursion rituelle.
Nous empruntons la navette fluviale de l’hôtel et prenons la direction de Silom Road, une des grandes artères touristiques de Bangkok.
On y trouve pas mal d’hôtels, de centre commerciaux, et de boutiques d’artisanat pour nous les touristes.
Mais surtout, c’est la direction du massage, première étape obligée du circuit « Première Soirée à Bangkok ». N’allez pas imaginer des trucs et des machins, rapport aux massages Thaïlandais fantasmés depuis longtemps par les occidentaux libidineux. Ca existe aussi. Mais ce n’est pas là que nous allons, bien que je me doute que Boss connaisse aussi cette version là.
Il n'y a pas vraiment besoin de chercher beaucoup. Des salons de massage à Bangkok c'est vraiment pas ça qui manque. De toutes sortes (hum). Certains exposent même en vitrine leurs travaux pratiques. Le tout c'est d'en trouver un de bien. Un qui ne ressemble pas trop à ça :
Nous voilà dans une petite rue perpendiculaire à Silom Road. Nous franchissons la porte d’entrée et grimpons les marches qui nous mènent vers le salon de massage. Ca paye pas de mine, mais c’est propre et fonctionnel. Une fois à l’étage un cerbère nous invite à nous déchausser et nous envoie dans une des pièces qui parsèment un long couloir.
Nous entrons dans l’une d’elle, et on nous apporte des pyjamas trop courts (pour moi) dans les plus beaux tons à carreaux pastels bleus ou rouges. Une fois dignement accoutré, nous n’avons plus qu’à nous étendre sur des matelas posés à même le sol en attendant que « ça » commence.
On a choisi la version longue, deux heures de massage… Et franchement, c’est pas le prix que ça coûte qui risque de poser un problème (à peu près 8 Euros les deux heures). La vie n’est pas chère en Thaïlande, en tout cas pour les européens.
Arrivent alors 3 jeunettes qui vont s’occuper de nous. A ma connaissance ce ne sont que des femmes qui prodiguent les massages (et pas que des jeunettes faut pas croire). Il y a même des cours qui sont offerts aux étranger(e)s.
Nous nous étendons sur les couchettes, chacun a droit à « sa » masseuse pour deux heures. Le début, c’est toujours un linge tiède parfumé à la citronnelle avec lequel on nous nettoie soigneusement les pieds (au cas ou). Ensuite, comment dire…
Les 3 masseuses discutent ensemble, elles ont l’air de bien rigoler et de se moquer gentiment de nous, en train de redécouvrir des parties de notre corps dont nous avions par mégarde oublié l’existence.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le "vrai" massage Thaïlandais est plutôt du genre vigoureux et revigorant (mais pas violent). Ce qui étant donné le format souvent filiforme des Thaïlandaises ne manque pas d’étonner. Il faut une sacrée poigne pour vous triturer ainsi de la tête aux pieds (ou pour être exact des pieds à la tête, alouette), et une certaine poigne dans d’aussi petits poignets, c’est plutôt surprenant. De temps en temps on vous distribue même quelques beignes (pas trop fort quand même). Pour vérifier si vous réagissez encore ?
Toujours est il que me voilà malaxé, trituré, tournicoté, doucement torturé pendant deux heures. Le but du jeu semble être qu’on vous démembre délicatement morceau par morceau, et qu’en plus vous trouviez que ça fait du bien. D’ailleurs, je vous le confirme, ça fait –finalement- du bien. C'est-à-dire une fois que la masseuse a remis ensemble les morceaux plus ou moins épars de votre corps. Alors vous vous sentez vraiment comme neuf, tout réparé, comme si vous redécouvriez que vous êtes bien composé d’une tête, un torse, 2 bras, 2 jambes…Et alors on vous amène un peu de thé pour vous laisser tranquillement reprendre vos esprits et revenir à la surface.
Il ne vous reste plus qu’à payer, à laisser un pourboire à votre souriante masseuse. Avant qu’il ne se soit passé 24 heures vous aurez eu envie d’y revenir trois ou quatre fois. Mais « la première soirée à Bangkok avec Boss » ne fait que commencer.












































