30 septembre 2005
Juste Quelques Petites Choses Vues.
J’ouvre ma boite à lettre. Pratiquement chaque jour j’y trouve un carton, une enveloppe, un prospectus, une brochure qui me propose d’expertiser mon appartement au cas ou je voudrais le vendre. Tous les jours ou presque.
Je pense que depuis deux, trois ans presque toutes les boutiques qui ont fermé dans mon quartier ont été reprises par des marchands de biens ou des agences immobilières. Presque toutes.
Mais alors, des logements pour tout le monde il y en a ? Ou presque.
Je rentre chez moi en passant par cette rue piétonne et marchande, ou traînent en permanence quelques clodos qui y font la manche. Je marche. D’un seul coup l’un des clodos qui arpente ce morceau de rue me fait face à quelques mètres. Il vient de se retourner sur une jeune femme qui passe à ma hauteur. Il éructe alors d’une voix qui ne laisse aucun doute sur son taux d’alcoolémie un « Ma Biiiiiiite » tonitruant. Quasi immédiatement il se retourne, et tombe presque nez à nez avec un couple de quinquagénaires bien propres sur eux. Sans coup férir (hum) il enchaîne aussitôt avec eux un suave, urbain et mezzo voce « vous n’auriez pas 1 ou 2 euros m’sieur dames ?
Je pense à toutes ces pubs avant / après, ou double effet quelque chose...
J’épluche un peu de salade.
Tiens voilà une petite limace ! J’essaie de me rappeler la dernière fois ou j’ai pu trouver une limace dans de la salade. Boudiou, ça date ! Toute la chaîne de l’industrie agro alimentaire doit faire la chasse aux limaces. C’est trop beurk les limaces. Les limaces elles sont interdites de séjour dans les salades maintenant. On n’en voit plus, surtout en ville. Limaces Verboten !
Aussitôt je décide de reconduire à la frontière cette limace illégale et sans papiers réguliers. Elle ne peut pas vivre chez moi cette limace ! Alors suivant la mode policière du moment je la charterise vite fait dans une feuille bien verte et croquante et part vers le square le plus proche à la recherche d’un coin de verdure qui fera terre d’asile pour limaces.
En rentrant je pense qu’on traite parfois encore moins bien les hommes que certaines limaces.
29 septembre 2005
Les Enfants du Paradigme.
C’est la pause café. Je discute avec A. que j’ai vu arriver dans c’te boite. Nous avons été souvent complices devant les petites et grandes aberrations quotidiennes qui font l’efficacité et la rentabilité de c’te boite, hin hin hin.
Et puis un jour j’ai changé de fonction, A. aussi et nous n’avons plus travaillé ensemble. Il nous reste de temps en temps les pauses café. Depuis A. s’est mariée et quand elle a voulu ensuite avoir un enfant elle s’est aperçue que ça ne serait pas facile. Elle ne pouvait quasiment pas en avoir et son mari non plus. Alors A. en est passé par les solutions que permet la médecine d’aujourd’hui. On lui a prélevé des ovules qui ont été fécondé artificiellement avec des spermatozoïdes de son mari. Un des ovules ainsi fécondé lui a été ensuite réimplanté et aujourd’hui c’est un petit bébé d’un peu plus d’un an. Le second ovule fécondé a été congelé et conservé.
Pendant 5 ans on leur demandera chaque année s’ils veulent conserver cet ovule fécondé, le donner à la recherche médicale ou l’offrir à un couple qui ne peut pas en produire.
A. m’annonce qu’elle va essayer d’avoir un deuxième enfant et donc utiliser cet ovule fécondé et congelé. On rigole tous les deux en parlant des bébés Picard, carrés, panés et avec les yeux dans les coins et aussi quand je m’étonne du fait que bien que ces 2 ovules aient été fécondés en même temps, le résultat pourrait en être deux enfants avec un écart d’âge de 5 ans.
Mais ne pouvant pas résister à la curiosité, je demande à A. ce qu’elle aurait choisi si elle avait du se décider parmi les deux autres solutions : le donner à la recherche scientifique, ou l’offrir à un couple inconnu.
A. hésite à me répondre, gênée d’avance. Puis elle me dit « au fond de moi, je préfèrerais donner cet ovule fécondé à la science ». Puis elle m’explique qu’elle aurait du mal à supporter de savoir que quelque part il y a peut être un enfant, issu d’elle et de son mari, qu’elle ne connaîtra jamais. Elle est comme ça A., c’est quelqu’un d’entier et qui veut que ce qu’elle attend de la vie se réalise. Mais pas jusqu’au point ou elle ignore que cela a pour conséquence une certaine forme d’égoïsme.
Ca lui fait quand même drôle à A. de se dire qu’au fond elle préfèrerait donner cet ovule fécondé à la médecine plutôt qu’à un autre couple, surtout après tout ce dont par quoi elle a du passer pour avoir son premier enfant. Elle ajoute, comme si elle avait besoin de se justifier, que si c’était juste un ovule ça ne lui poserait pas de problème, mais que là c’est déjà sa chair, et celle de Y. son mari, et qu’alors elle ne pourrait pas.
Mais elle n’a pas à se justifier. Je lui dit que si ces trois solutions sont proposées c’est bien pour tenir compte des choix et des raisons de chaque couple, en sachant que pour certains d’entre eux il n’est pas possible psychologiquement de choisir l’une ou l’autre des solutions possibles.
On pourrait penser que c’est mieux comme ça, ou que c’est dommage de ne pas avoir cette forme de générosité qui permet d’offrir à d’autres couples ce qu’ils risquent d’attendre toute leur vie.
Je n’en sais rien. Je n’ai pas encore d’enfant, et à l’inverse de A. je ne ressens pas si intensément le besoin d’avoir une filiation qui soit « chair de ma chair ». A vrai dire, et si cela n’était pas si compliqué, je crois même que je préfèrerais adopter un enfant qui n’a plus ni parents ni famille, plutôt que d’en avoir un à moi à tout prix.
Bien sûr on me rétorquera que c'est plus facile de voir les choses de cette façon quand on n'a pas encore d'enfant, ou que pour une femme c'est pas pareil ou je ne sais quoi d'autre. Mais je remarque simplement que très souvent le désir d'enfant, et de quel enfant, et de comment l'avoir ou pourquoi... tout cela est ancré au plus profond de nous bien avant même que la possibilité ne s'en manifeste.
On est au coeur de la "matière sensible" de chaque être humain, et je crois qu'il serait irrationnel de croire que la "matière sensible" ne répond qu'à des critères rationnels !
C'est sans doute pour cette raison que j’arrive sans peine à imaginer à quel point pour d’autres, comme A., avoir son enfant, venant de soi, de son couple, et pas un autre enfant soit un élément essentiel de leur existence.
Après tout c’est un des très rares moyens, et plutôt agréable en plus, de se voir confirmer après 9 mois d’attente que sur cette terre il est possible d’approcher l’éternité. Chose que l’on ressent rarement devant une machine à café au moment de faire une pause.
28 septembre 2005
Pois Sauteurs (suite).
Argh, pas trop le temps pour une note aujourd'hui.
Mais devant l'engouement populaire (carrément !) sur les pois sauteurs Mexicains et Pif Gadget, je ne peux m'empêcher de publier ici la photo que m'a envoyée Gilda qui a succombé à la tentation, et dont je vous invite à découvrir le blog ICI.
Aller hop !
A demain.
:-)
27 septembre 2005
Mexicooooo...
En partant de bon matin sur les chemins mais sans ma bicyclette je réfléchissais… ne vous moquez pas, ça m’arrive parfois. Je réfléchissais à une idée de post pour aujourd’hui. Ceci dit mes cogitations tombaient complètement à plat, entre les idées nécessitant 4 pages de textes dont je sais bien que je n’aurai pas le temps de les rédiger, et les idées tellement nouilles qu’une seule phrase pour les raconter seraient déjà de trop.
Et puis, j’ai appris « ça » et du coup j’ai su que j’étais sauvé au moins pour aujourd’hui.
Ils reviennent, ça y est c’est officiel !
Ils reviennent les pois sauteurs Mexicains de Pif Gadget.
Et ça que voulez-vous, c’est quand même une nouvelle !
Ces pois sauteurs, ils étaient apparus pour la première fois en 1971 et avaient à l’époque provoqué la vente de 1 million d’exemplaires du Pif Mexicain pour l’occasion (oui, oui, j’ai fais des recherches sérieuses comme vous le voyez...).
Et oui, toi cher lecteur, qui flirte plus ou moins avec la quarantaine et qui as toi-même donné naissance à une digne progéniture, tu vas pouvoir passer le flambeau d’une expérience miraculeuse vécue à l’époque ou tes culottes courtes laissait paraître des jambes imberbes (et là je ne m’adresse pas qu’aux hommes).
La mode passe mais revient toujours quand elle peut se faire madeleine Proustienne.
Pour la somme « modique » de 3,90 Euros tu vas pouvoir acheter un exemplaire de Pif Gadget contenant les fameux pois sauteurs Mexicains. Ceux là même que tu avais passé des heures avec tes « cop’s » à contempler fixement en attendant un hypothétique sautillement.
La magie opérera t’elle encore ?
En 1971, les pois sauteurs Mexicains nous suffisaient amplement, ainsi qu’éventuellement une bonne grosse boite de Lego®. Mais qu’en sera-t-il aujourd’hui avec des enfants qui disposent au moins d’une bonne trentaine de journaux consacrés rien qu'à eux, qui ouvrent des Skyblogs, qui jouent à la Playtendo® avant de savoir marcher, qui ont des chaînes cablées "teenage", portent des Adidas® à leur taille dès 6 mois, etc, etc.
Ce n’est pas exclu malgré tout. Surtout depuis que j’ai vu mes plus petits neveux à Noël préférer jouer avec le carton d’emballage des jouets plutôt qu’avec ce qu’il contenait.
En 1971 dans la cour de récré, les fils et filles de communistes ont rendu jaloux tous les enfants des familles Burberry’s-Jupes Plissées-Mocassins-Serre Tête. Ils avaient des pois sauteurs Mexicains et pas eux. Et bon nombre de parents Jeunes Giscardiens se sont rendus la mort dans l’âme chez le marchand de journaux le plus éloigné de leur domicile pour acquérir sous le manteau un Pif Gadget quand même. Risquant ainsi d’être vus, dénoncés et exclus du Lion’s Club local.
Mais aujourd’hui ? Si ça se trouve les parents altermondialistes feront des recherches sur internet pour être sûr que ce ne sont pas des pois sauteurs OGM ? Et oui, le monde à changé.
A moins que…
A moins que pour enfin voir si ces foutus pois sauteurs Mexicains se montrent à la hauteur de leurs sautillements autrefois déçus, vous ne décidiez de les garder pour vous. Dans le plus grand secret, à l’intérieur d’un tiroir de votre bureau que vous ouvrirez entre midi et deux pour voir si cette fois, ça marche !
26 septembre 2005
La Dernière Aventure de Monsieur Subtitle.
Monsieur Subtitle est aujourd’hui un vieux monsieur. Il était déjà vieux quand j’étais petit, ça vous donne une idée de son âge canonique.
La première fois ou j’ai rencontré Mr Subtitle il était dans l’ombre, caché au 1er rang d’une salle de cinéma. On le distinguait avec peine, tout penché et recroquevillé il écrivait sur de grands cartons des expressions telles que « Bon Sang !», ou « Voilà La Police !», ou « Je Vous Aime » ou encore « Cachez vous dans cette armoire ». Pour lui permettre de tenir la cadence de réalisation de ces cartons, très souvent un de ses amis jouait du piano à ses côtés sur un rythme du genre échevelé. Le boulot ne manquait pas mais il n’était pas facile et les moyens étaient limités.
Mr Subtitle crût un jour que son travail allait disparaître et lui avec quand le cinéma parlant fit son apparition. En effet, beaucoup de Mr Subtitle disparurent, en même temps que les pianos que les gros bras des studios utilisèrent pour y enfermer les Mr Subtitle devenus inutiles, et les balancer tous les deux au fond de l’Hudson ou dans les fondations en bétons de quelques gratte-ciel en pleine croissance.
Mr Subtitle prit la fuite vers l’Europe pour échapper à ce massacre muet.
Quelle ne fut pas chance de s’apercevoir qu’une nouvelle carrière s’ouvrait à lui dans sa nouvelle patrie d’adoption. Ce fût l’âge d’or de Mr Subtitle. Il y avait plus de boulot qu’il ne pouvait en fournir grâce aux nouvelles techniques et tous ces films qui arrivaient de l’étranger. Mr Subtitle passa ainsi du Cuirassé Potemkine aux Musicals Hollywoodiens avec Fred Astaire et Ginger Rogers, aux Comédies Italiennes (là il y avait vraiment du boulot) jusqu’aux films Suédois de Bergmann ou il était obligé de travailler en cache nez et avec de grosses moufles.
Ce fut la grande époque de Mr Subtitle.
Il connût une première alerte quand on lui reprocha d’être trop blanc et que parfois on ne le distinguait pas clairement sur les films. De retour d’une tournée au Japon ou il venait de faire les Kurosawa, les Ozu et autres Mizoguchi, il devint un peu plus jaune et ainsi l’affaire fût arrangée.
Il y eut une deuxième alerte au moment des Western Spaghetti. Mr Subtitle aimait les western, il aimait les spaghettis aussi, mais bon… Les western spaghetti il n’avait presque rien à faire. Comme tout le monde il regardait l’écran ou on entendait une mouche voler pendant 10 minutes, la détonation sèche du Colt qui venait de mettre fin à la vie de la dite mouche, et l’écho de la détonation qui durait encore au moins 60 secondes : "Bzzzzzzzzzz, Bang, Banan an an an annng".
Mr Subtitle s’ennuyait ferme, heureusement qu’il y avait les spaghettis.
Et puis lentement mais sûrement on fit de moins en moins appel à Mr Subtitle. Il ne comprit pas trop ce qui se passait au départ. Il faut dire qu’on lui demandait parfois de travailler pour des gens avec qui il n’avait absolument rien à faire d’intéressant. Pensez donc ! Un Jean Reno, un Schwarznegger… le vide absolu. Et parfois c’était pire, il lui était même arrivé de répéter pendant 2 heures un « Okayyyy » qui était la seule ligne de dialogue d’un acteur Français paraît il connu.
Mr Subtitle se faisait vieux, et il disparu petit à petit, remplacé par des imitateurs de voix, plus jeunes, moins chers et plébiscités par le public. Je le croisais parfois, au hasard de la ressortie d’un vieux film. Il n’était pas rare qu’il soit fatigué et son boulot s’en ressentait, ça tremblotait, c’était rayé par endroit… Bref, monsieur Subtitle fût mis à la retraite. On ne le ressortait que par nostalgie ou pour commémorer son travail.
Alors quelle ne fut pas ma surprise de revoir Mr Subtitle il y a quelques jours !
C’était même très étonnant !
Malheureusement, Mr Subtitle n’est plus vraiment le même.
D’abord il ajoute maintenant des sous-titres en Français à des acteurs qui parlent le Français ! Faut le faire !!
Et en plus, faut les voir les sous-titres !
Je crois bien que Mr Subtitle est atteint par Alzheimer ou même pire.
Par exemple on voit Jill en train de marcher dans le parc et Mr Subtitle écrit « Jill marche dans le parc ». Ou bien Ely dit « Ouaiiis, supeeer le praïïïmeuh » et Mr Subtitle écrit « Ely trouve que le « prime » est super ». Ou encore, on voit Nikos annoncer les noms des « nominés » et Mr. Subtitle écrit « Nikos annonce les noms des nominés. »
Moi ce que j’en dis, c’est qu’il faudrait peut être le laisser tranquille maintenant Mr Subtitle !
Ou il va nous rendre grave débiles.
23 septembre 2005
Not In My Backyard !
Les anglo-saxons ont une expression pour ça : « Not in my backyard », pas dans mon arrière cour.
On dirait pourtant une spécialité Française !
Si tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut loger les plus démunis donc construire des logements sociaux ; améliorer les conditions environnementales donc construire des éoliennes ou ouvrir des centres de retraitement de déchets… ; réduire la pollution donc limiter la circulation et les engins les plus polluants ; rétablir un équilibre social donc ouvrir des écoles moins sélectives mélangeants origines et conditions sociales ; permettre aux pratiques religieuses de s’exercer librement donc ouvrir des lieux de cultes de toutes obédiences, etc, etc…
Toutes les bonnes âmes s’entendent là-dessus… jusqu’à ce qu’on passe aux travaux pratiques. Et là ? « Not In My Backyard ».
J’avoue avoir été surpris d’apprendre que les victimes des hôtels torches de l’été n’étaient pas spécialement des « sans ressources ». Nombreux avaient un emploi et de quoi payer un loyer.
S’ils n’ont pas trouvé dans le privé c’est parce que de très nombreux propriétaires à la simple vue d’un « pas blanc » répondent à leurs demandes par un « Not In My Backyard ».
Les voilà donc orientés de fait vers des logements HLM ou ILM.
Quel bonheur d’avoir appris que les communes devaient consacrer 20% de leur parc immobilier au logement social, mais que bon nombre d’entre elles préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter la loi. Not In My Backyard.
Comment se fait-il que la justice n’hésite pas à mettre un Maire en examen si un enfant se blesse sur un stade ou un équipement municipal ? Et que la même justice n’engage que des contraventions payées par le budget municipal pour un Maire qui ne respecte pas une Loi de la République alors qu’il en est le premier magistrat ? Comment se fait-il qu’il n’y ait aucune injonction ? Que le Maire ne soit pas déchu de son mandat et de ses droits civiques ainsi que de gérer les fonds des impôts locaux ?
Parce qu’implicitement nous (les instances officielles et nous les électeurs) lui reconnaissons un droit au « Not In My Backyard ».
Quoiqu’on pense de la question religieuse, la liberté de culte est un des droits fondamentaux en France. Avec 5 millions de fidèles, l’islam est aujourd’hui la deuxième religion en France. Au total il y a en France 1 500 lieux de prières dont l’essentiel ne sont que de simples salles de prières. Des villes comme Marseille attendent encore une grande mosquée. Là aussi il y a probablement des « Not In My Backyard ».
On pourrait multiplier les exemples à l’infini. Les centres de traitement de déchets toxiques pourtant indispensables ! Not In My Backyard. Les éoliennes, très bien, mais pas sur mes jolies collines : Not In My Backyard. Etc…
Paradoxalement le mouvement « Not In My Backyard » génère aussi son contraire. A savoir le « In My Backyard Only ».
Très révélateur est l’envolée lyrique actuelle consécutive au plan de licenciement de Hewlett Packard dans la région Grenobloise. Pour rappel, Villepin et les élus locaux, très mécontents de ce comportement libéral qu'ils défendent pourtant, entend récupérer les aides financières consenties.
Tout d’abord, j’attend de voir cela avec curiosité puisque les fameuses aides n’ont pas été directement versées à Hewlett Packard, mais ont été versés aux collectivités pour leur permettre d’acquérir les terrains, offerts ensuite à prix d’amis à H.P. Comment récupérer de l’argent qui n’a jamais été donné ?
Mais le plus rigolo dans cette histoire, et qu’il faudrait quand même rappeler, que ces fameuses aides sont des éléments de concurrence maniés par les politiques pour obtenir l’implantation d’entreprises chez eux. Y a bons emplois, et y a bon taxes d’apprentissages et y a bon votes des électeurs (les immigrés on s'en fout ils n'ont pas le droit de vote dans le backyard).
Du coup, c’est pain béni pour tous les H.P, Daewoo, Toyota, Sony, DHL, Fedex et autres qui mettent en concurrence leurs investissements dans différents sites européens. Et si H.P. est venu à Grenoble, si Toyota s'est implanté dans le Nord, ou Fedex à Roissy c’est aussi parce que les cadeaux consentis avec l’argent du contribuable sont plus avantageux qu’en Belgique, en Espagne ou en Irlande.
C’est beau l’Europe, surtout quand elle consiste à organiser la loi de la jungle entre nous : In My Backyard Only !
Pendant qu’il y est que Villepin n’oublie pas de faire restituer par les sociétés Françaises les « cadeaux » qu’elles ont reçu lors d’investissements à l’étranger. Ce seront les ouvriers licenciés par Renault à Vilvoorde en Belgique qui seront contents.
22 septembre 2005
Quoi de neuf aujourd'hui ?
Est-ce un effet de la rentrée mais j’ai le sentiment que de nombreux blogs que j’aime lire sont en train de changer ou de se chercher une nouvelle orientation.
Moi-même il se trouve que… Alors peut être que j’interprète aussi ce que je lis ailleurs pour cette raison.
Là ou j’avais envie de parler de ce qu’on pourrait appeler pompeusement des « sujets de société », j’arrive aujourd’hui un peu à bout d’arguments, fatigué de répéter les mêmes choses, et de plus en plus abasourdi par les informations quotidiennes qui s’empilent les unes sur les autres sans que pour autant cela ne paraissent guère inquiéter tous nos grands décideurs planétaires.
Je ne suis pas en train de dire que du haut de mon blog j’imaginais changer le cours des choses, mais c’est juste qu’il y a comme un effet de saturation devant un sentiment d’incroyable dialogue de sourds.
Après deux trois ans de blogging (blogage, blogation, blogotionnement, blogolytisme… NdLVN – néologismes à l’attention de Samantdi) je vois que de nombreux bloggeurs infléchissent leurs posts vers des histoires plus personnelles, relatent les aventures d’une vie « ordinaire » (avec pleins de guillemets autour du mot ordinaire) au quotidien.
J’imagine que c’est un moyen de ré-insuffler un peu, beaucoup, énormément de vitalité, de fraîcheur et de Youpi Hop Vive La Vie à leurs blogs. J’aime beaucoup lire ces posts là souvent très attachants, mais je ne m’en sens pas trop capable de les écrire. Il y a trop de pudeur et de timidité en moi pour que je raconte mes micros tranches de vie. En tout cas pour le moment.
Reste la possibilité de transformer mon ch’tiot blog en fiction-blog…
Mais seulement voilà, dans ma pêche aux idées je ne me sens pas encore vraiment tenté par un projet précis.
Bon, en attendant mieux voilà un peu de lecture pour ceux que cela intéresse.
Tout d’abord suite à un post de Barnabé, cette interview du Commissaire Européen aux Droits de l’Homme sur la situation carcérale en France : Commissaire Européen aux Droits de l’Homme
Et ici, -on n’arrête pas le progrès- un guide du bloggeur mis à dispo des internautes sur le site de Reporters Sans Frontières, puisque le blog est devenu un nouvel outil d’information, notamment pour tous les journalistes (et les autres) n’ayant plus accès à la liberté d’expression. C’est instructif et revigorant : RSF, guide du bloggeur
Aller hop ! Bonne journée à tous.
21 septembre 2005
Grrr... Je travaille !
N'empêche que si quelqu'un sait comment copier/coller un gif animé, et ben ça m'intéresse !?
20 septembre 2005
Un Peu De Tout Et Finalement Quoi ?
La lecture matinale de la presse me laisse souvent interloqué au bout du compte.
Rien que ce matin j'ai appris que :
Une équipe chirurgicale américaine avait obtenu le feu vert pour tenter une greffe complète de visage.
Plusieurs pays ont indiqué avoir la capacité de réaliser ce type d'opérations mais que jusqu'à maintenant des raisons éthiques les en avaient dissuadé : risques de troubles psychologiques, de rejet, etc, etc...
C'est pourtant une avançée qui permettrait à des hommes et femmes gravement défigurés suite à un accident ou une maladie de retrouver un visage "normal". Même si l'opération n'est pas simple et longue (plus de 24h).
Les progrès techniques vont toujours plus loin et ouvrent toujours plus de nouvelles questions qui ne peuvent se trancher aussi simplement qu'avec un bistouri.
Les Japonais eux applaudissent une exposition sur Iroshima et la bombe atomique à Paris.
Le quotidien japonais Asahi Shimbun se félicite que "cet événement se déroule dans un pays qui place la dissuasion nucléaire à la tête de sa politique". Et c'est tant mieux en effet.
D'un autre côté on sait aussi que le Japon a toujours énormément de mal à reconnaître sa responsabilité et sa propre part d'atrocités (massacre de Nankin, camps de la mort, déporatations, etc...) dans la seconde guerre mondiale. Le sujet reste tabou et les ressorts nationalistes Japonais encore très forts. Même les livres scolaires Japonais présentent cette part de leur histoire de manière ambigüe.
Que ce serait il passé si on avait pu faire des greffes de visage dès 1945 ?
Aurait on sauvé des malheureux irradiés à Iroshima ou Nagasaki ?
Ou bien cela aurait il servi à "sauver la face" des responsables militaires et politiques de cette époque ?
En Grande Bretagne ce sont les musées qui se font concurrence pour attirer les visiteurs.
Surtout les deux grands musées Londoniens : la Tate Modern et la National Gallery en lutte pour la suprématie du meilleur représentant du Brit' Art. C'est comme ça que que la National Gallery a invité Chris Ofili, surtout connu pour ses peintures à base de bouse d'éléphant !!! (bonjour Mr le marchand de couleur, vous avez un beau bleu azur en bouse d'éléphant ?).
Pendant ce temps là à Moscou, les lieux les plus branchés eux se font concurrence pour avoir les WC les plus luxueux possibles. Le café "Freud" (ça ne s'invente pas) est ainsi entré dans la course aux toilettes capitonnées de cuir, avec cuvettes plaquées or. Je me dis que le vrai Freud aurait sûrement eu quelque chose d'assez amusant à en dire. Les journaux russes expliquent que c'est une réaction due au traumatisme de l'ère soviétique ou le papier toilette était si rare.
J'imagine tous ces nouveaux riches Russes avec leurs chiottes en or partant en jet privé pour aller voir l'expo de Chris Ofili à la National Gallery.
Très chic.
En Chine, ce pays ou il se passe tant de choses étonnantes, ou l'on se croirait au Far West américain du 19è siècle, c'est la peau et les organes des condamnés à mort et des foetus avortés qui sont prélevés par une société cosmétique Chinoise pour être transformés en produits cosmétiques vendus en Europe.
Il paraît que c'est une méthode traditionnelle remise au goût de la Net Economie par les sociétés de "biotechnologies" Chinoises.
En Europe l'industrie cosmétique, grande consommatrice de collagène est cliente de ces sociétés. d'autant plus que la réglementation à ce sujet est floue. Ces produits n'étant ni concernés par les législations sur les médicaments ni sur celles sur les produits de beauté.
En Amérique du Sud des équipes travaillent pour retrouver et identifier les restes des victimes de la répression militaire qui a sévit si longtemps au Chili, en Argentine, et ailleurs... C'est pas un boulot facile, mais les médecis légistes, les anthropologues et les juristes indiquent que ce travail est nécessaire à l'établissement de preuves en vue de procès ultérieurs, et aussi pour permettre aux familles de se voir enfin confirmer une triste vérité et pouvoir faire le deuil de ceux qu'ils ont perdu.
Est ce qu'un jour l'Oréal (par exemple) aura à répondre devant les tribunaux Chinois devenus démocratiques de ce qui est advenu des corps de ceux qui ont été exécutés ?
Mais j'arrive à destination.
A quelques kilomètres de là, Nicolas Sarkozy essaie de faire expulser Guy Effeye, un lycéen de 19 ans, vers le Cameroun, ou il n'a ni famille ni amis (comme si dans le cas contraire c'était de toute façon une raison).
Je pars travailler en me sentant complètement dépassé par la marche de ce putain de monde.
19 septembre 2005
Génération Spontanée.
Je viens de me rendre compte de l’apparition d’une nouvelle d’espèce d’humanoïde. Je ne sais pas si on peut l’attribuer à un clonage intempestif ou à une échappée incontrôlée d’ADN en provenance d’une plante transgénique.
Ce nouvel animal est visible du lundi au vendredi pendant les horaires de bureau. A priori rien ne le distingue de vous ou moi, pas de tics nerveux étranges, de morphologie évolutive du type bras dans le dos, ou quintuple paires d’oreilles, etc…
Il/elle est repérable au fait qu’on le trouve seul ou par groupe devant la porte d’entrée de son lieu de travail. Il n’est pas devenu rare d’en rencontrer un petit troupeau, qui se tient là, sur le trottoir, particulièrement désoeuvré, occupé à rien, bloquant l’entrée aux éventuels visiteurs. Ils arborent une mine plus ou moins déconfite, semblent hésiter entre profiter franchement de cette visible excursion temporaire hors de leur open space, et rentrer au plus tôt tant ils se demandent eux-mêmes ce qu’ils font là !
On dirait des Michel Houellebecq égarés au pays de Oui-oui !
Mais d’où viennent-ils ?
Une étude d’un cas récent m’a permis de lever un coin du voile.
Tout a commencé cet été, en même temps que les prélèvements de toute sorte sont augmentés, pendant que le Français se bronze sur la plage, en toute innocence et inconscience.
Dans les parties « fumeur » des couloirs et locaux de c’te boite tout ce qui ressemblait à un cendrier a été enlevé, démonté, démantelé, supprimé, écarté… Une fois tout cela effectué, une circulaire s’est mise à circuler (elles ne savent rien faire d’autre et on tournerait en rond à chercher à comprendre pourquoi), criait à qui voulait l’entendre dans les couloirs désertés qu’il était désormais interdit de fumer dans tout le bâtiment. Et que tout ceux qui enfreindraient la dite circulaire seraient traités comme de vulgaires contrevenants à la loi à concurrence d’un montant minimum de 75 euros.
Pour les fumeurs, toutes les zones réservées à leur triste addiction ont été supprimées. Et ces mauvais citoyens –à leur retour de vacances- ont été priés de s’adonner à leur vice à l’extérieur, en territoire public –la jungle quoi !-, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il fasse chaud ou froid, de toute façon c’est pareil sinon c’est 75 Euros.
Depuis on assiste à l’émergence de ces nouveaux humanoïdes, légèrement stupéfaits, battant en petits groupes le pavé Marlboroïsé® en fumant leur cigarette du jour après avoir déserté leur bureau situé 47 étages plus haut.
Le lancé de mégot sur la chaussée est également devenu un sport soudain en vogue, et on sait désormais qu’on vient de passer une zone à « nouveaux humanoïdes » dès qu’une soudaine concentration de résidus de tabacs sur un trottoir est constatée.
Bientôt on les mettra dans un zoo, ce sera mieux.
Bon je vous laisse c’est l’heure de ma cigarette de l’après-midi.





























