L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

31 août 2005

Une Information A Mettre Au Conditionnel

Parfois le matin je me réveille vraiment (je ne parle pas de l’état semi comateux matinal qui ne s’efface à regrets qu’après un grand café sucré, mais du vrai réveil) qu’avec un micro évènement ayant valeur de déclic.

Ce matin c’était l’écoute de la radio. Au travers des nouvelles du monde qui rigole pas le matin (les radios qui donnent dans la tranche de rire hystérique obligatoire me dépriment en fait) s’était glissé une petite chanson. Rien de bien bouleversifiant pourtant ! Juste un gentil morceau un peu power pop de Matmatah dont j’ai fais le titre de cette note.

A part l’entraînante partie de guitare je me suis demandé pourquoi ce morceau était ce qui m’avait mis dans le droit chemin d’une pimpante journée.

On se pose de ces questions dès fois j’vous jure ! Franchement je comprendrais que vous n’ayez pas envie d’en lire plus que ça.

En tout cas, le matin, il se passe quelque chose de mystérieux parfois, dans ces moments ou à partir d’un petit rien on se sent enfin mis en route vers de nouvelles aventures.

Est-ce en rapport avec ce qui a pu se dérouler pendant notre sommeil et dont nous ne nous souvenons pas ? C’est ce que pensent les psychanalystes après tout.

Quoiqu’il en soit je dirais que pendant la rentrée il y a souvent une période plus ou moins longue pendant laquelle, effectivement, la rentrée elle-même paraît être mise au conditionnel. Les vacances font de la résistance, et c’est un autre moi-même qui entreprend de ré acclimater le propriétaire de ce corps aux habitudes dictées par le fait de devoir aller gagner sa croûte.

On entrevoit avec plus ou moins d’inquiétude le moment ou les effets des vacances se seront effacés, et ou le rythme quotidien aura acquis sa propre force d’entraînement au point de devenir automatique. Ou la normalité quotidienne pourrait peut être reprendre le pouvoir si on n’y faisait pas gaffe.

Alors il y a de ces petits clignotants, -comme cette chanson-, impalpables, indéfinissables, auxquels on ne prête pas consciemment attention. Mais qui nous disent : « ne te fais pas avoir », « ne te fais pas bouffer », « ouvre tes yeux, tes oreilles et ne te ferme pas aux autres », « n’oublies pas d’exister »…

Une information à prendre au conditionnel ?

voix

N.B. Pour ceux que ça intéresse, le teenager benêt ci-dessus est Michaël

Landon, le déforesteur de sinistre mémoire de "La Petite Maison Dans La Prairie",

à l'époque ou il tournait des séries Z de films d'horreurs.

Dont celui d'ou vient cette photo (et celle d'hier) : le cultissime "I Was A

Teenage Werewolf" ("j'étais un ado loup garou").

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30 août 2005

Remettre Un Peu d'Ordre.

Dans la série les grandes questions de notre temps : l’ordre est il nécessaire ?

Quand la délicate question de remettre à jour mon blog pour cette saison 2005/06 s’est posée, je me suis immédiatement posé cette angoissante interrogation. Celle que se pose tout bloggeur : si je devais changer quelque chose, comment organiserais-je mon blog ?

Combien de colonnes, d’images, de rubriques ? Combien de notes ? Régulières, pas régulières ? Et les commentaires : libres, contrôlés, fermés ? C’est qu’on s’en pose des questions à cette occasion (mais si !).

Rien n’est plus arbitraire que les tentatives d’ordonnancement, de rangement, de classement auxquelles nous pouvons nous laisser aller ou être contraints. Cette loi et cet ordre que nous choisissons d’instaurer en dit déjà bien long sur nos intentions.

Un exemple simple ? Celui des commentaires sur les blogs alors.

Celui ou celle qui choisit de laisser les commentaires ouverts souhaite se montrer à l’extérieur (aux lecteurs éventuels) comme quelqu’un de libéral, défenseur de la liberté d’expression et refusant la censure. Il/elle espére par ailleurs recevoir le plus de commentaires possibles à ses notes (au risque que ceux-ci ne soient pas très obligeants, ou même pire : qu’il n’y ait pas de commentaires !). D’autre part on peut envisager qu’une certaine flemme ne lui est pas étrangère. Filtrer et sélectionner les commentaires postés représente un effort supplémentaire à fournir.

Ceux qui choisissent une méthode de filtrage sont déjà différents. Parfois ils ont été l’objet d’attaques malveillantes et de commentaires inamicaux de la part de lecteurs mal intentionnés, mal embouchés, parfois même un peu (beaucoup, passionnément…) dérangés. L’intimité protectrice de leur blog en est atteinte, eux aussi. Le passage au tamis des commentaires devient une sorte de comité de salut public nécessaire temporairement ou définitivement. Dans un souci et une recherche qui les honore, ces bloggeurs peuvent ainsi également veiller à une certaine tenue esthétique, intellectuelle, morale… disons déontologique de leurs blogs. Il n’est jamais agréable de voir une note longuement mûrie, préparée avec soin et sensibilité, écrite peut-être même en alexandrins, se voir assortie de commentaires relatifs aux bruits émis par une extrémité naturelle de l’anatomie humaine, ou à des pratiques sexuelles encore considérées comme impures et honteuses dans de nombreuses régions du monde, même si parfois le commentaire n’est là que pour enculer les mouches.

Voilà pour la surface des choses.

Mais il n’empêche que nous vivons tous sous l’empire du rangement et du classement de nos idées et de nos pensées. Et que cela se voit à travers nos textes. Notre arbitraire quant au choix des thèmes, des sujets et des mots en révèle pas mal sur nous à notre insu. Surtout à notre insu en fait, puisqu’au fond nous ne savons jamais vraiment très bien comment et pourquoi nous choisissons plutôt tels ou tels modes de classements plutôt que d’autres.

Si je prends l’état actuel de mon bureau par exemple, il est révélateur de ma personnalité. Etant quelqu’un de nature ordonnée (hum…), vous pourriez voir qu’il y a sur mon bureau différentes chemises de couleur dans lesquelles j’ai réparti mes occupations du moment.

Une chemise bleue contenant des documents à étudier sur le marché et la concurrence dans mon secteur d’activités professionnelles (baillements). Une chemise rose contenant différentes factures à vérifier et à imputer avant de les faire passer en comptabilité. Une autre, grise cette fois, rassemblant toutes les informations nécessaires à la préparation de cette virée à Bangkok que mon patron tient à présenter sous le titre pompeux de « worldwide product conference », etc, etc…

Mais un deuxième regard plus avisé vous permettrait surtout de constater la présence d’une importante chemise cartonnée bleue, à l’intérieur de laquelle on retrouve tout un tas d’éléments divers avec lesquels je n’ai pas fini de m’emmerder (et pour un bon moment en plus), dont pas mal de feuillets ont à voir de près ou de loin avec les dossiers pré-cités.

Cette chemise bleue est pourtant la plus urgente et la plus importante de toutes, et le désordre amical qui y règne à l’intérieur indique bien que de nombreux problèmes restent à régler autour de ces documents. Et que le désordre qui y règne a pour objectif de décourager le plus rapidement possible quiconque aurait la mauvaise idée de s’y plonger (et éventuellement de venir me casser les pieds à leur propos). Et aussi que c’est pour moi une source de tâches à remplir dans l’ensemble désagréables et ennuyeuses. Que ma mauvaise humeur à m’y intéresser se manifeste d’ailleurs par ce désordre dans lequel je suis le seul à pouvoir me repérer efficacement (c’est pour ça qu’on me paye au fond) puisque c’est moi qui le maintient en désordre ordonné.

L’ordre est arbitraire, et donc le désordre aussi. C’est juste que l’un et l’autre servent –certes- les mêmes intérêts mais pas de la même manière.

Allons plus loin. Dans l’absolu, l’ordre même des lettres disposées sur le clavier d’où je tape cette note (azerty…) est tout aussi arbitraire que l’ordre des lettres de l’alphabet (abc…). Dans l’absolu, la lettre A n’est pas plus importante que le la lettre V, et rien ne vient justifier qu’elle la précède dans l’ordre alphabétique.

Elle a pourtant pris une sorte d’ascendant sur les autres cette lettre A et cela du seul fait qu’elle ait été placée en première position (mais par qui ? Et pourquoi ?). Cet ordre arbitraire a finit par créer des repères tout aussi arbitraires dans notre vie quotidienne. On parle d’un film de série B, ou même de série Z, mais personne n’aurait le ridicule de parler d’un film de série A pour parler d’un bon film !? Et encore moins d’un film de série L ou Q (ne pas confondre avec X). Curieux non ?

Dans un autre genre si l’envie de manger une andouillette vous prend, comme ça, soudainement, on ne sait jamais avec l’andouillette! Pour l’honorer dignement vous veillerez à acheter une andouillette portant la mention AAAA en signe de qualité. Ce qui n’a rien à voir avec la lettre B mise en valeur dans le terme de triple Buse ! Alors que de l’andouille à la triple buse il n’y a pourtant pas tant de différence que cela quand on y pense!?

L’ordre hiérarchique lui-même, sous ses impératifs on ne peut plus ordonnés peut vite se révéler un capharnaüm incompréhensible. On parle de chefs et de sous chefs, d’officiers et de sous-officiers, de préfets et de sous-préfets mais jamais de sur-chefs, de sur-officiers ou de sur-préfets !!! C’est totalement illogique et contraire à la notion même d’ordre ! Pour ceux là – les chefs des chefs – on parlera plutôt de grosses légumes, ce qui comparé à un sous-préfet malgré son uniforme plein de dorures rococo parfaitement ridicules reste quand même assez péjoratif ! Et si on y ajoute que les sous-fifres (On ne parle pas de sur-fifres d’ailleurs) nomment les grosses légumes des « huiles » c’est à n’y plus rien comprendre !

En conclusion : méfiez-vous de tous ceux qui réclament toujours plus d’ordre. L’histoire et cette note (d’une rigueur toute scientifique) montre qu’ils arrivent le plus souvent à l’opposé de leurs apparentes bonnes intentions.

classementpix1

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29 août 2005

Le Chiffon Magique.

Je me souviens de cette pub’ sur le chiffon magique. Chaque année il y a une nouvelle pub sur un nouveau chiffon magique. Ca ne se démode jamais ce truc qui attire la poussière sans même qu’on lui demande de dépoussiérer.

Ce matin est un peu une journée à chiffon magique.

Me voila en pleine rentrée, et en reprenant mes habitudes quotidiennes : réveil, rasage, s’habiller avec un œil sur la pendule (pas oublier de le reprendre avant de partir), transports urbains… Enfin bon, vous voyez le genre… Je pensais au chiffon magique qui effacerait tout la poussière du quotidien qui attend les retours de vacances généralement.

Juste une envie -un peu, beaucoup, passionnément...- de prolonger dans une autre forme le temps apaisant et reconstituant des vacances.

Mais heureusement, il y a le bon côté des choses, le côté magique plus que le côté chiffon ! Comme retrouver ses blogs préférés (Oulala, y a des commentaires à répondre, quelques mails à écrire, beaucoup de lecture, etc, etc…). Donc reprenons en douceur (pour aujourd’hui au moins).

Et puis tout simplement, je suis content de vous retrouver.

essuietout

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05 août 2005

L'Eté Des Vacances !

Et ben ça y est !!!
M'y v'là.

C'est presque l'heure des vacances !

LVN ferme ses portes pour au moins trois bonnes semaines.
Avec quelques regrets : ne pas pouvoir continuer les aventures de Josette, ne pas détourner quelques heures de travail à des fins plus réjouissantes, ne plus aller lire et fureter les blogs connus et aimés, et les blogs pas encore connus qui ne demandent qu'à le devenir...

Des remerciements en tout cas à vous tous les "zentils lecteurs, commentateurs de tout poil, visiteurs (plus ou moins égarés par les requêtes Google)". Vous ne le savez pas, mais très souvent votre passage et votre lecture m'a fait plus de bien que vous ne pouvez l'imaginer.

Alors à bientôt et baci a tutti.

LaVitaNuda

vacanceslvn

Directed By LaVitaNuda

STARRING

4                                       Adrien                                 Alex
AliBaba                                Anastomoses                       Anitta
Anne (+Lamoureux)               Anne Ydilliane                       Arcadia
Argie                                  Aude Dite Orium                    Backdoor
Barnabé                              Blogoscope                          Boukhlifa Mokta
Brako                                  Brio                                    Buch
Calou                                  Catherine                            Catz
Cendre                                Chris                                  Christian
Cookie                                Cyrille                                 Décalée
Domi Bellemou                      Dr Buchmoll                          En Campagne
Et Pi Encore                         Facettes                             Farf
Fauvette                             Fidzy                                  Folie Privée
Fulcanelli                             Gilda                                   Gluon
Guybrush                             Happy                                 Heidi
Hémiole                               Hémisphère M                       Incognita
Janu                                   Jean Jacques                       Jean Michel
Jean Pierre                           Jid                                     Jm
Jocaste                               Julien                                  Juliette
Kate                                   Kozlilka                               La Fille
Lalune                                 Laurinette                           Le Chant Du Pain
L’Homme du Moment              Ludecrit                              Mandy 007
Margot                                Marylène                             Maxime L
Miroir du Mystère                  Miss F                                 Miss Lulu
Motto                                 Mouton                               M’x
Nausicaa                             Nounou                               ooOOOoo         
Ouioui                                 Parisian Smile                       Phany   
Pilar                                    Pitch                                  Poupoule
Pralinette                            Psyché                               Punk Rebelle
Raphaël                               Raynald Québec                   Réjane
Richard G                             Roiacassoch                        Rosalie
Roya                                   Samantdi                            Samantha BernAkl
SansMoi                              
Skoteinos                            Solithea 
Sophet Drahas                      Surf’n fly                             Swahili
Syl                                     Temps                                Thierry Papa Do
Thisbé                                Tillie                                   Tlön
Trifin                                  Triplex                                Véronique
Veuve Tarquine                    Vinvin                                Vroumette
Warcraft III                         Y.                                      Yenayer
Zacki                                  Zub

GUEST STARS
The Blogosphere Anonymous Visitors
The Virtual World of Google Maniacs
The Hidden RipCurl Lady
Titi

SPECIAL THANKS
La Picola Befana & Mr Merci Bernard
Lolo & Pat
CC. Contemporary Dance Group
Ze Toulouse Crew

Paname Friends

Miss Moneypenny from Minnesota
Martin Winckler

Tourné en CanalBlogVision
aux studios Monciboulot

cette note est dédiée aux Josette.

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04 août 2005

Les Visiteurs de l'Eté.

Pas de vraies vacances sans avoir à faire aux visiteurs de vacances.
Ceux-ci sont nombreux et de toutes sortes, aussi épargnons nous l’évocation des visiteurs volontairement invités au profit des visiteurs dit « surprise » (hélas).

Commençons par l’oncle Robert, notre expert en apéro. En général, sans prévenir personne il a invité –sans prévenir personne- son meilleur pote de boulot qui fait le tour de la côte avec son mobil home. D’ailleurs ça klaxonne dans la rue, ça doit être lui !

Surpriiiise ! Voilà Roger, le meilleur pote de boulot de Robert : les RoRo comme on les appelle d’ailleurs là bas, au boulot.

Comme le mobil home de Roger est trop gros pour se garer, le voilà qui entre dans la jardin en écrasant le carré de plantes aromatiques soigneusement chéri par madame. C’est un massacre herboricole.

Robert fait les présentations, et avant même qu’il ne le précise lui-même, tout le monde a compris que Roger est un « gars pas bêcheur » : ses lunettes de soleil de cycliste, sa coupe de cheveux façon footballeur allemand des années 80, son T-Shirt sans manche moulant racheté aux 2be3, son short ultra large à haut niveau de ventilation de l’entrejambe, et sa paire de chaussettes de tennis immaculées dans des sandales en cuir vous ont déjà appris tout ça.

Roger n’est pas venu seul, il est accompagné d’une créature féminine qu’il présente comme étant sa femme et qu’une certaine forme d’indulgente compassion m’empêche de décrire plus en détail. Mais oncle Robert précisera après leur départ qu’en fait c’est la secrétaire du patron de l’entrepôt, en ponctuant le tout d’un « sacré Roger ! ».

Roger est également venu avec son chien, une sorte de teckel obèse bien brave qui évoque irrésistiblement Julius, le chien de la tribu des Malaussène, un chien baveur et puant parfois sujet à des crises d’épilepsie.

Pas bêcheur est en effet une caractéristique certaine de Roger. Avec Robert ils ont tôt fait de faire un sort à la bouteille de pastis, puis à celle de whisky tout en engloutissant TOUTE la saucisse sèche au passage (au grand scandale des mioches privés de leur razzia coutumière). Les voilà lancés maintenant dans l’évocation des frasques des RoRo’s brothers. Par pure politesse l’assistance commence par rire aux aventures des deux compères, puis s’abîme progressivement dans un silence à la fois stupéfait et perplexe devant l’étendue des dégâts. Jusqu’ou iront ils ?

Jusqu’au bout, car toute tentative de détournement de la conversation provoque un surenchérissement des RoRo : « Tiens, ça me rappelle la fois ou on avait mis une webcam dans les toilettes des nanas ! », « Un saut en parachute, moi je peux vous en parler, j’ai fait mon service dans les paras. Tiens j’me rappelle cette fois ou… », etc, etc.

Littéralement épuisés, vous n’attendez plus que le départ de Roger, sa « femme » et son mobil home, en compatissant sur la vie de chien du simili Julius. C’est long à attendre, car l’apéro dure longtemps, s’enchaîne avec le repas, puis le café, et le « dijo » comme dit oncle Robert, sur fond d’étude approfondie des transferts de joueurs de foot avant la reprise du championnat.

La seule à y échapper, c’est madame, qui opère un replis stratégique vers la cuisine pour préparer le repas et faire la vaisselle plutôt que de supporter ça, tout en ourdissant les pires supplices à faire subir à Roger, rapport au massacre du carré de plantes aromatiques adorées.

A peine le temps de s’en remettre que le lendemain, Jordan le petit copain de Brigitte arrive pour le week end. Il faut aller le chercher à la gare, enfin dès qu’il sera possible d’accéder à la salle de bain trustée depuis 2h45mn par Brigitte, (et elle n’a pas fini).

Tant bien que mal on y arrive.

Madame a réussi au passage à convaincre que c’est mieux si c’est elle qui part chercher ce Jordan avec Brigitte, puisque monsieur ne l’a jamais vu. Réponse de monsieur : « Ah parce que toi tu l’as déjà vu et tu ne m’as rien dit !».

Une fois à la gare, contre toute attente, Brigitte limite les effusions des retrouvailles au strict minimum. C’est que hier, le jeune prof mignon d’aquagym a pris un verre avec elle et bon, tout ça… Retour à la maison avec Jordan, son sac de sport et sa planche de bodyboard.

Présentation de Jordan à la famille qui connaît tout le monde sauf monsieur, qui décide de découvrir de quoi est fait le dit Jordan par l’approche dite de la camaraderie franche et virile : « Ah ouais, tu fais du bodyboard ??? ».

Hélas, toute tentative de création d’une situation relationnelle élaborée avec le jeune Jordan s’avère délicate. De sa bouche ne sortes que des « oui » ou des « non » prononcés d’une voix absente. La vérité c’est que Jordan ne sait pas trop ce qu’il fait là. Il est venu parce que les lettres quotidiennes de Brizou (le surnom qu’il donne à Brigitte) espéraient sa présence avec de plus en plus d’insistance. Lettre auxquelles il n’a jamais répondu. Car Jordan n’aime pas écrire.

Et puis de toute façon c’est sur la route pour retrouver ses potes à Hossegor à partir de lundi.

Monsieur a tôt fait de classer Jordan au rayon des objets perdus pas prêts d’être retrouvés, quelque part entre le tiers provisionnel et le protozoaire. Affaire classée malgré une pensée récurrente : mais qu’est ce que ma fille trouve à un gusse pareil ?

Mais c’est bientôt l’heure d’aller à la plage !

Bons princes, monsieur et madame laissent Brigitte et Jordan à leur journée. De toute façon, après la sieste, ils ont prévu une visite à la toute nouvelle ferme aquatique, inaugurée la veille.

Brigitte prend les choses en main en même temps qu’un VTT pour elle et un autre pour Jordan. Direction chez l’inséparable copine Gertrude, avant de rejoindre la plage et tous les autres.

La plage…

Lieu mythique.

Tous les trois descendent le sentier pour y retrouver Kevin et tous les autres. Avec un mélange de fierté (elle est la 1ère à présenter à toute la petite bande « son copain ») et d’inquiétude (pourvu que le jeune prof d’aquagym ne soit pas dans le coin !), Brigitte présente Jordan à la troupe. Troupe qui l’adoube instantanément comme membre du clan (il est venu avec sa planche de bodyboard) d’un « ‘lut » qui veut dire « Bonjour. Ca va ? Alors comme ça c’est toi le copain à Brigitte ? Et tous les deux vous avez déjà euh… ? Trop cool ta planche !).

Jordan répond d’un « ‘lut » qui signifie : « Salut. Ouais ça va. Ouais c’est moi. Non mais t’en sauras rien. Ouais, trop cool, tu t’y connais en bodyboard ? »

Ensuite la vie : les serviettes de bains, la crème solaire, les baignades, les discussions, de quoi boire dans la glacière, les raquettes de badminton, et le ballon de volley qui retombe sur les coups de soleil tout neufs du père de famille Hollandais à côté (« s’cusez m’sieur »), les moments de silence et les projets pour le soir reprennent leurs droits.

Plus bas, à l’endroit ou les vagues finissent de lécher la plage il y a la jeune Josette qui marche toute seule. Josette est toujours toute seule, elle n’aime pas trop les groupes parce qu’elle ne sait pas quoi dire avec eux. Parfois elle aimerait bien pourtant.

De loin elle reconnaît le petit groupe. Il y a Gertrude et Brigitte. Il n’y a pas leurs parents avec eux aujourd’hui et surtout l’autre là, le Robert ou quelque chose comme ça. Celui qui la reluque avec tellement d’insistance qu’elle se sent rougir de honte et de colère.

Brigitte, allongée sur sa serviette, l’a aperçue également.  Elle pense, « oh non, pourvu qu’elle se ramène pas celle-là ». Juste à ce moment elle voit Josette faire demi tour d’un geste et s’éloigner en pressant le pas. Dans son dos, à l’opposé, Brigitte ne se rend pas compte de l’arrivée du prof d’aquagym parmi le petit groupe.

josette

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03 août 2005

La Journée Culturelle de l'Eté.

Au matin du 3ème jour consécutif de pluie, il convient d’agir !
Les enfants, privés de plage depuis trop longtemps, deviennent intenables. L’apéro, la partie de pétanque… sont impossibles. Et rester dans la maison à faire des jeux de société s’avère avoir des effets limités.

C’est là qu’intervient la fameuse « journée culturelle », ou « journée cul » comme on disait dans les pages culture de Libé ou du Nouvel Obs, dont de vieux exemplaires traînant aux toilettes ont été lus et relus pendant ces 3 jours.

Il ne faut pas confondre la journée culturelle avec la journée des Festivaux de l'Eté. Une journée festival implique le beau temps (si possible) et la préméditation. La journée culturelle sous entend que les vacances sont au point mort.

Alors en route pour l’excursion du jour culturel.

Dans un passé récent, la journée culturelle se bornait à une morne tentative de meubler le temps et l’espace par la visite de la Basilique des Anges de Tudieu (un joyau inachevé du XIIè siècle), la découverte du château fort de Gargamel Sous Pluzioff ou de la ville fortifiée par Vauban de Béton Les Bounequère, et éventuellement celle d’un musée local…

Mais aujourd’hui, régionalisation aidant, tout le territoire se couvre de ronds-points (chefs d’œuvre de la déco contemporaine), de festivaux, et aussi d’Ecomusées, de Parcs de Loisirs, de Centres de Découvertes Régionales et j’en passe.

Ce ne sont, la plupart du temps, que les versions modernes des attrapes touristes d’antan. La continuité des méfaits organisés par les associations de boutiquiers telle que celle des vendeurs de boules à neige (avec la grotte miraculeuse de Lourdes dedans).
Mais pas question aujourd’hui de proposer un site sans lui adjoindre tout le tralala d’attractions réclamées par le consommateur : combats de chevalier au Puy des Foldingues, mises en scène de Germinal dans les mines réhabilités du Musée Industriel de Sanboulot les Mines (jouées par chômeurs locaux), excursions maritimes sur thonier reconstruit à l’identique au Musée de la pêche de Plouvert sur Varech…

Après tout, n’oublions pas que c’est à Monory que nous devons le Futuroscope et à VGE cette immense réussite qu’est Vulcania.

C'est tout dire !

En résumé : l’histoire de France meets Dysneyland, featuring Ze Syndicat Of Initiative. Pour le meilleur et pour le pire.

Reconnaissons que les bambins s’y retrouvent, plutôt que de déambuler platement dans quelques ruelles pavées, vêtus de leur K-way et de bottes en plastiques qui font skouitch-skouitch en marchant, à attendre que ça se passe et le retour à la maison et vers le chocolat chaud.

Et puis si vous allez en vacances toujours au même endroit, et surtout si vous vous y êtes fait connaître : Madame est présidente d’honneur du club d’aquagym, Monsieur est le triple vainqueur des concours de pétanque, votre Josette a une cote pas possible avec le fils du notaire, votre jeune fiston est chaque année sauvée de la noyade par le sauvetage en mer… Bref, si vous êtes pour une raison ou pour une autre devenu une figure locale, vous pouvez vivre des occasions uniques !

Car depuis quelques années on inaugure à tout va : la ferme d’aquaculture, le nouveau cinéma – pardon- pôle multimédia, le centre de loisirs scientifiques, l’école de yoga-feng shui (avec sa boutique de produits bio)… tout ce que notre fertile imagination nationale met en marche pour que les journées culturelles ne soient plus jamais les mêmes.

Si vous êtes donc un « local hero », c’est l’occasion de merveilleuses soirées Ferrero Roche d’Or en campagne.

Dans une salle des fêtes flambant neuve (bâtiment réhabilité à l’ancienne) décorée selon le thème de la soirée, vous allez pouvoir rencontrer le gratin local.

Et là, le post modernisme rural en prend généralement un bon coup derrière le béret. Finalement, rien n’a changé depuis Jour de Fête de chez Tati matiné de « Le Corbeau » de H.G.Clouzot.

L’endroit stratégique est le buffet, ou après avoir joué des coudes pour atteindre le tarama (joignez vous au groupe CGT ou FNSEA, ce sont des experts) vous laisserez vos oreilles traîner ici et là.

Vous reconnaîtrez sans peine les notables au discours éprouvé : « nouveau pas dans la modernité... dimension écologique... restauration du patrimoine… ».

Leurs cires-pompes : « réussite esthétique », « développement durable », « grand succès populaire »…
Les détracteurs : « projet inutile », « faux appel d’offre et études de faisabilité bidon », « délire mégalomaniaque de potentat local », « impôts locaux abusifs ».

Ca fait du monde tout ça !

Les notables en costume officiels, les invités ploucs (mais grands financiers de la commune). Les nouveaux riches locaux à dents qui rayent le parquet. La caution intellectuelle (le CDD embauché pour gérer le pôle multimédia, s’il/elle est homo tant mieux ça fait à la fois artiste et caution « ch’uis tolérant »). Un représentant des vieux (ne pas négliger cette classe sociale en plein essor). La gloire sportive locale (parapentiste, surf-kitiste, cycliste, bouliste…). Et divers pique assiette comme vous et moi.

Après quelques moments savoureux passés chez les Clochemerle qu’on eu crut pourtant disparus, et soutenu par une petite coup’ de champ, montrez vous beau joueur en écoutant le discours du député maire.

Ensuite vous pourrez enfin assister à ce moment tant attendu. L’inauguration du centre régional rénové des arts, traditions et industries populaires : une conserverie de harengs réhabilitée de la tête aux nageoires.

soir_eculturelle

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02 août 2005

L'Apéro de l'Eté.

Comment ne pas évoquer ce grand classique qu’est le sacro saint apéro des vacances ?

Moment privilégié entre tous, ce grand moment de socialisation est un must absolu du vacancier en pleine inaction.

Quelques ingrédients sont nécessaires.

Si le temps le permet, l’apéro se prend dehors. Il convient donc de disposer d’un jardin ou au moins d’un espace suffisant permettant ce délicat exercice.

Généralement les propriétaires terriens disposent d’une table de jardin : un ensemble en fer ouvragé années 30 acheté dans une brocante pour les plus traditionnels, composé de tables et de chaises à la fois rouillées et repeintes en blanc ou en vert. Les plus modernes auront investi dans du mobilier en teck ou en bois exotique fraîchement déforesté en Asie du sud est ou en Afrique.

La famille et les amis se réunissent dans cet esprit joyeux et festif caractéristique de l’apéro, autour de fournitures incontournables.

Il faut quelques bouteilles, dont au moins une boisson anisée incontournable pour les pro de l’apéro, une carafe d’eau et des glaçons, ainsi que les célèbres cacahuètes et olives, indispensables au bon déroulement de l’opération. Ne pas oublier les jus de fruits pour les plus jeunes.

Généralement c’est un dénommé Tonton Robert qui s’y colle à l’apéro. Malheur à celui qui voudrait lui prendre sa place à Tonton Robert ! C’est sa mission officielle des vacances et son expertise ne saurait être mise en doute.

Tout apéro s’accompagne d’incantations obligatoires censées attirer la bonne fortune sur la tribu : « Fait soif ! », « Pas trop d’eau, tu vas le noyer », « Encore un que les boches n’auront pas », « Un petit sauciflard avec ça, ce serait pas mal », « On s’en remet un ? », etc…

L’apéro est le bon moment pour faire le point sur le déroulement des vacances et prévoir les activités à venir.

Les hommes y remémorent la transformation plastique de la jeune Josette, constatée la veille à la plage, dont les 17 printemps sonnent douloureusement à leur embonpoint finement dissimulé derrière un T-shirt. Conscients du trouble que provoque la dite Josette sur leur libido estivale (ils on fait le jeu test du Nouvel Obs), qu’elle court bien trop vite de toute façon cette Josette, et qu’ils sont par ailleurs mariés, les hommes prévoient sagement d’aller à la pêche à la sardine ou de mettre leur pâtée à la tribu adverse lors du tournoi de pétanque rituel (la tribu adverse étant les Morin, parents de la dite Josette).

Les femmes ne sont pas dupes, et soupirent en contemplant ce qu’est devenu leur prince charmant. Par pur esprit de vengeance elles évoquent le cours d’aquagym matinal, avec ce jeune prof craquant qui pourrait participer à l’Ile de la Tentation. Que ça leur ferait du bien à ces messieurs l’aquagym, et d’aller s’humilier ainsi devant un jeune mâle sans gras, en agitant ridiculement leurs bras et leur jambes dans de risibles clapotis chlorés. Bien sûr, elle savent par la fille de la boulangère que la dite Josette traîne un peu avec le prof d’aquagym mais…

Les enfants eux s’en fichent, ils jouent et ils piaillent de partout, tout en organisant une razzia sur les chips et les rondelles de saucisse sèche. En fait une seule question les préoccupe vraiment : « Quand est ce qu’on va à la plage ? ».

Reste les deux ados de service.
Le 1er vient de se réveiller et attaque l’apéro accompagné d’une tasse de café. Ce qui ne l’empêchera pas d’avaler un poulet rôti entier d’ici une heure et de réclamer du rab’ de frites. Intérieurement il se jure que c’est bien la dernière fois, les vacances avec les rents-pa relouds. Que coûte que coûte l’année prochaine il part en camping avec ses potes. Surtout que cette £$µ*§ !!! de Josette lui a fait un sale coup cette année : paraît qu’il est trop jeune pour elle !
Heureusement il a Eminem à passer en non-stop, à fond les manettes, pour se consoler, en attendant la fin des vacances. En effet, il est jeune, Eminem suffit à le consoler de Josette.

La jeune Brigitte, elle, a joué le coup finement. Depuis 6 mois elle a entrepris de laver le cerveau de ses parents, expliquant que Mme Buffin -la mère de sa bonne copine Gertrude et prof d’Anglais- voulait l’aider à remonter son niveau en lui donnant des cours tous les jours pendant les vacances.
La famille Buffin est quelques rues plus loin, ce sont des gens bien, et Gertrude n’est pas une petite écervelée, alors les parents de Brigitte ont dit oui. Moyennant quoi, Mme Buffin se porte régulièrement garante quand Brigitte veut dormir à la maison plutôt que de rentrer chez elle.

Mme Buffin est plus libérale qu’elle ne le paraît, et elle laisse sortir les filles le soir librement. Faut bien que ça s’amuse tout ça.

Alors en douce Brigitte et Gertrude vont aux soirées camping y retrouver leur potes de l’été. Chez les ados, l'apéro c'est le soir. Elles ne se quittent pas d’une semelle Brigitte et Gerturde, surtout quand ce grand couillon de Kevin vient leur proposer un bain de minuit, une virée en scoot’, une autre bière tiède, ou une évocation pachydermique de ses capacité viriles (après ses 8 bières quotidiennes).
De toute façon, elles sont là pour s’amuser, et puis y a pas un garçon potable ici ! A part ce nouveau mec là, mais c’est trop risqué, il donne des cours d’aquagym à leurs mères ! Bonjour la discrétion ! D’ailleurs le voilà qui passe sur sa moto, en leur faisant son petit signe trop cool de la main.

Il est tard, elles décident de rentrer. En marchant dans la nuit, au coin d’une rue, elles croisent Josette cachée dans un coin qui pleure toute seule. Elles s’en font le reproche muet, mais chacune en passant au large pense : "bien fait, elle est trop jolie cette Josette".
Il faudra qu’elles en parlent avec la fille de la boulangère demain.
Ca tombe bien, elle vient avec ses parents pour l’apéro.

ap_ro

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01 août 2005

Le Resto de l'Eté

Je n’ai pas encore évoqué ce rituel des vacances : le resto de l’été.

On est en France que diaaable ! Et même si la baisse globale du pouvoir d’achat fait rage j’imagine que les vacanciers gardent presque tous un midi ou un soir pour le « resto » dit « des vacances ». C'est sacré !

Là ou je vais, c’est le royaume de la galette et plus localement, le lieu est connu pour sa rue du port transformée en file ininterrompue de restaurants.

Tout vacancier qui se respecte ne manquera pas d’observer les choses suivantes.

Tout d’abord, celui de la topologie des lieux. Chaque restaurant reproduit le schéma suivant quasi systématiquement.

Tout d’abord il y a le carré des habitués des lieux. Une zone protégée par une loi du littoral non écrite, assez restreinte, ou se retrouvent les indigènes locaux qui ne sauraient supporter d’être mélangés au vulgum vacancierus bermudadus.

Ils sont assez faciles à identifier. Ils donnent l’impression de n’avoir jamais quitté leur siège de la saison. Ils affichent une distance légèrement méprisante vis-à-vis du commun des mangeurs. Et leurs discussions consistent à se plaindre de ces envahisseurs, qui ont chaque année d’après eux le culot de dépenser moins, alors que les prix pratiqués l’été sont à peine plus abusifs avec cette modeste augmentation ponctuelle de 100%. Et comment qu’on va faire, à cause de ces cons là, nous ? Disent ils en déglutissant leur 3ème apéro.

Il y a ensuite le carré VIP. Le coin que le patron réserve à ses potes, aux meilleurs potes de ses potes, aux figures locales et régionales qu’il convient de traiter dignement si on veut pouvoir agrandir la terrasse, etc…

Et enfin le reste, là aussi facilement reconnaissable, car toujours bondé malgré une disposition des tables plus proches du modèle réfectoire militaire que d’un restaurant ou l’on eut s’ébattre en toute liberté, comme un poulet de Loué élevé au grain.

Pour votre resto de l’été, c’est souvent la femme du patron qui vous accueille, et vous jaugeant rapidement décide de votre catégorie sociale et du traitement qui y sera associé dans son honorable établissement. Vous faites descendre les enfants d’une Porsche Cayenne devant l’entrée, ou vous arrivez dégoulinant de sueur après vos 150km d’étape cyclotouriste, croyez-moi vous ne serez pas installé au même endroit !

Ensuite c’est soit un serveur exténué ou une serveuse débordée qui prend le relais.

Et là, tout est possible !
Vous avez le modèle bougon rienafoutredetagueule, jusqu’au primesautier pétillant que vous inviteriez bien à table pour qu’il distraie les enfants ou fasse du charme à belle maman. Elle qui boude depuis le début du séjour car elle voulait partir avec ses copines du 3ème âge faire un trek au Népal intitulé « ouvre tes chakras au  long de la route de la soie » juste avant de se péter le col du fémur en sortant de sa douche. Et vous vous êtes sentis obligés de l’emmener avec vous.

Mais c’est pas tout ça, vous êtes pas là pour rigoler (vous en avez déjà fait le deuil pour cette soirée, signe indéniable de sagesse). Après vous avoir oublié pendant ¾ d’heure sans même une carafe d’eau pour survivre, on vous parachute enfin la carte sur la table.

Là aussi, plusieurs variantes.
De la simple carte plastifiée dont les prix ont été recouverts de petites étiquettes autocollantes avec les nouveaux prix de l’été dessus. Jusqu’au livret en simili peau de zébu retournée, doré sur tranche, avec papier velin couché, le genre de truc qu’on dirait fait pour signer les traités internationaux.

Bon bref… Vous choisissez de quoi vous réconforter d’une dure journée de vacances.
Il faut que je vous dise que dans ce coin, ou je vais, c’est un pays à fruits de mer. Aussi, nombreux sont les vacanciers qui se sentent obligés de céder à l’attrait du grand classique local : le plateau de fruits de mer.

Moi, loin de me mettre l’eau à la bouche, ce genre de nouriture me fiche le bourdon.

D’abord on dispose une sorte d’échafaudage en fer blanc qui prend toute la place et qui vous empêche de voir dulcinée en face (ou alors juste ses cheveux). Et ensuite un truc plein de glace concassée mollissante est livré par le serveur, comme si il vous apportait le général de Gaulle en personne. Vous allez manger ça (j'veux dire, un général de Gaulle concassé et mollissant) !?

Là, sur un vague amas de pustules verts sombres –des algues paraît-il- gisent mollement allongé des langoustines tristes et mollassonnes, un tourteau comme celui que vous avez vu pris dans le mazout quelques heures plus tôt sur la plage. Il y a aussi des bulots souvent : un truc gluant et riquiqui caché au fond d'une mini grotte, qu’il faut transpercer à coup d’épingles pour avoir l’impression de manger de la crotte de nez. Et aussi des huitres qui il y a quelques instants respiraient encore à la devanture les gaz d’échappement des voitures à la recherche d’une place de parking depuis une heure. Enfin bon… c’est la fête quoi !?


Absolument enchanté, vous avalez votre repas, en pensant à vos doigts qui sentent pas bon et en fredonnant intérieurement d’une voix morne « coquillages et crustacés ».

Vous voulez rentrer chez vous !

Vous avez votre dose de ce resto bruyant et surpeuplé, des gens qui déambulent sans cesse devant vous et vous empêche de profiter du paysage marin (dont la vision est de toute façon obstruée par le parking). De mamie qui ressasse que dans ce resto elle sent des énergies négatives (avec tous ces homards en aquarium qui assistent au dépeçage en direct de leurs congénères, qu’est ce qu’elle croyait !). Des enfants qui ne tiennent plus en place et veulent aller se baigner à 22h30…

De toute façon vous n’avez mangé que du pain et de la mayonnaise en fait, et vous avez mal à l’estomac après cette bouteille de blanc qui fait grincer votre estomac.

Ne vous en faites pas, vous allez bientôt être libéré.

N’oubliez pas un dessert pour les enfants, sinon vous allez vous faire traiter d’horrible pingre, et demandez l’addition. C'est-à-dire ½ heure pour la demander, ½ heure pour l’obtenir, ½ heure pour vous en remettre (garçon, un cognac –au point ou j’en suis- soupirez vous), ½ heure pour que le garçon finisse par trouver une machine carte bleue, ½ heure pour sortir du parking et 15mn pour atteindre votre lit et voilà !
Il ne reste plus qu’à laisser le mélange fruits de mer, vin blanc et mayonnaise produire son petit effet !

Bonne nuit !

coquilletcrust

Posté par LaVitaNuda à 16:07 - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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