J'ai acheté ce livre de Michel Onfray.

Je ne le connaissais pas Michel Onfray.

 

J'en avais juste entendu parler et décrit comme une sorte de philosophe atypique, libre penseur, fondateur d'une université libre, vivant à la campagne loin et en dehors des cercles culturels et universitaires parisiens.

Loin, très loin, très…………….très……………………très loin des BHL, Glucksmann et autres exaspérants Finkielkraut.

 

Je ne sais pas bien ce qui m'a pris d'acheter ce livre :

- La Sculpture de Soi, La Morale Esthétique.-

 

Je devais être malade, me sentir un peu faible. Une petite baisse de fer, ou de magnésium ! Une névrose dans une mauvaise passe ? Un manque trop prolongé de chocolat !?

Car d'habitude je me tiens à distance respectueuse de livres portant ce genre de titres.

D'emblée ça me paraît être trop sérieux pour moi.

 

Il faudrait une vraie culture classique que je n'ai pas, aller aux conférences du Collège de France, mener des débats dans les cafés-philo au moins…

Et puis quand vous laissez ce genre de livre posé sur votre bureau, les collègues qui passent par là vous regarde d'un œil bizarre, comme si d'un coup vous deveniez quelqu'un qui a de sérieux problèmes : « C'est toi qui lis ça ? Tu vas bien en ce moment ? Oui ? Ah bon… T'es sûr ?».

Je ne vais pas vous faire de la pub pour ce livre, mais en tout cas je ne regrette pas mon achat. Ne serait ce que pour une chose, c'est que j'y ai découvert pleins de mots et de termes que j'ignorais ou dont le sens m'était inconnu : kunique, le paradoxe du je-ne-sais-quoi, actionnisme, le boudin humain, la logique des porcs-épics, hapax existentiel, la moraline, belluaire…

Bon évidemment. Ca n'encourage pas forcément à se plonger dedans ?!

 

Pourtant il se passe quelque chose croyez-moi.

C'est tout l'opposé de la dictée de Pivot, qui elle me donne envie de prendre un Temesta et d'aller me coucher. En tout cas, de fuir loin de tous ces petits vieux dont la seule fierté est de savoir écrire correctement 'discomycètes' par exemple. Loin………….. très loin…………………….. (encore ?) de ces ménagères de plus de 120 ans d'âge mental dont le bonheur est de faire moins de fautes que Mme Duchion (c'est elle qui avait fait le meilleur score de la cage d'escalier l'année d'avant), de jeunes (enfin jeunes…) inscrits au club local des chiffres et des lettres, et qui pensent que Pascal Sevran devrait entrer à l'Académie Française (quoique… z'ont peut être pas tort en fait…), etc.

 

Bref, rien à voir avec tous ces constipés de l'écriture qui ne vivent que pour formoliser le plaisir de la langue, des mots, du vocabulaire dans une 'scolaire attitude' de perroquet savant. 10 sur 10 en orthographe, voilà ou se borne leur horizon.

Parce qu'en lisant ce livre de Michel Onfray, ce qu'on lit ce sont les idées qui déroulent, déboulent et s'exposent avec en arrière plan les émotions, les rebonds qu'elles rencontrent dans des morceaux de notre propre vie.

Alors c'est sûr que parfois des phrases entières m'échappent complètement. J'y pige rien.

Onfray c'qu'on peut !

 

La seule différence, c'est que ça ne m'empêche pas de continuer à le lire ce livre. Au contraire ! Ca donne envie de découvrir d'autres auteurs, d'autres lectures, d'autres idées. Faut croire qu'il a du talent alors ?

Tout simplement c'est le plaisir enfantin de partir à l'aventure de mondes inconnus, de marcher dans des mots inconnus (mais du pied gauche) pour se familiariser petit à petit avec eux.

N'imaginez pas que je me promène dans le métro avec mon livre de poche dans une main, et un dictionnaire en 15 volumes dans l'autre !

 

Le plaisir c'est de découvrir et petit à petit, de comprendre, de fabriquer du sens par nous-mêmes, de se tromper parfois. Que l'imagination prenne le pouvoir y compris avec l'alphabet. Avec mes premiers tintin est ce que je savais ce que ça voulait dire bachibouzouk (j'ai oublié), ouo australopithèque…

 

Après on a envie de comprendre. Pas qu'on nous apprenne, qu'on nous enseigne, qu'on nous instruise… On a envie de comprendre, de découvrir, d'évaluer, de penser. Que ça vienne de nous, pour qu'on puisse recevoir des autres. Et tous les profs et instits qui ne saisissent pas cette nuance seront incapables de capter l'intérêt de leurs élèves. Ils rendront n'importe quel beau texte aussi plaisant qu'un moule à gauffre ou un ectoplasme. Ils ne seront que de pénibles Bernard Pivot, en train de nous 'séniliser' avec sa putain de dictée.

 

Ce bouquin de Michel Onfray, ça marché parce qu'il donne de lui, dans ses mots. Ses lecteurs ne sont pas là pour être le miroir dans lequel il s'admire. Tant que l'auteur ne se paye pas des mots qu'il nous offre pour qu'on reconnaisse sa haute intelligence, placée pas plus haut que son nombril (ce que font les pénibles BHL et affiliés), mais qu'il s'en sert pour nous donner à connaître son monde, ça me va. Qu'il y récupère un peu de son nombril au passage, là c'est pas pareil.

 

Sinon j'ai appris que c'était la dernière de la 'Dictée de Pivot'.

Enfin une bonne nouvelle !

 

Si vous voulez en savoir plus sur sur Michel Onfray, c'est ici.

 

«Dostoïevski, rien que le nom de l'auteur à lire et j'ai ma dose.»

Cette citation est extraite des « Brèves de Comptoir » de Jean Marie Gourio.

 

Michel Onfray.