L a V i t a N u d a

"C'est aveuglant de clarté." Woody ALLEN

30 novembre 2004

Chasseur De Têtes

Bouhouh, pas beaucoup de temps pour blogger ces temps-ci.

Juste le temps d'en rajouter une petite couche sur les effets pervers de la discrimination positive, à la suite du rapport remis par Claude Bébéar, qui a planché sur le sujet avec ses copains de son club libéral dont j'ai oublié le nom (excusez l'approximation...).

Constatant une discrimation à l'embauche, les Farid, Moussa, Truong ou Fatima étant à compétences égales renvoyées en dessous de la pile des CV sélectionnés par les DRH, Bébéar propose de pallier à cette consternante situation en préconisant un CV anonyme. Pas de noms, pas de photos...
On croit rêver...

D'après lui ceci permettrait aux candidats d'arriver "au moins" jusqu'au stade de l'entretien. Bébéar n'a pas vraiment l'air de réaliser la situation.

S'il y a vraiment délit de faciès à l'embauche, -mais comment est ce possible dans un monde libéral ou seule la performance compte, en dehors de tout autre critère ? Hein ? Comment est ce possible ?-  Cette mesure ne fait que renvoyer la ségrégation exercées par les entreprises à l'étape de l'entretien. Merci d'être venu, et à plus jamais cher Mr X ou Mme Y. Au pire les DRH vont pester pour avoir à se coltiner des entretiens supplémentaires avant de faire exactement la même sélection qu'avant.

Les plus malins vont même sûrement trouver ailleurs dans les CV de quoi exercer leurs capacités de déduction raciales comme au pire temps des Juifs à grands pif, qui n'avaient plus de noms non plus, mais une belle étoile jaune "anonyme" sur le paletot, ou un numéro "anonyme" tatoué sur le bras.
Si tu es né à Sarcelles, La Courneuve et pas dans Paris 7ème, mauvais pour toi, jeune anonyme.
Si tu as plutôt fait des stages chez Mc Do, La Foire à 10 euros, H&M, ou chez Momo le roi du tuning plutôt qu'aux Galeries Lafayette, chez Accenture ou une autre boite digne du who's who ou figure en bonne place Claude Bébéar, tu reprends tes p'tites affaires et tu rentres chez toi.

Pendant qu'on y est supprimons aussi la date de naissance (pas de vieux dans les entreprises), toute distinction relative au sexe (pas de femmes qui pourraient tomber enceintes), aux activités annexes (pas de syndicalistes potentiels, ou d'esprits un peu trop indépendants).
A ce rythme, c'est plus un CV anonyme qu'il faudra envoyer, mais une feuille blanche.

Cette mesurette à 2 Francs m'exaspère d'autant plus qu'elle est annoncée au moment ou la Cour des Comptes soumet un rapport indiquant que depuis 30 ans (rien que ça !!), les politiques d'intégration menées en France ont été conduites en dépit du bon sens, pour des résultats proches du néant, et un gaspillage financier total.

Pendant que les députés s'interrogent sur cette proposition Bébéarienne, aucun ne paraît vouloir sérieusement prendre les choses à bras le corps pour faire remarquer que si discrimination à l'embauche il y a, elle vient peut être aussi de cette absence de politique cohérente depuis 30 ans. Et que quitte à dépenser des sous, il serait peut être plus intéressant d'aller au fond des choses, et de commencer par des mesures de fond un peu plus progressistes, fondamentales, éducatives tant vers les anciens que vers les jeunes.

Trop rares sont Nos (oui, ils sont élus par nous) députés pour rappeler que l'Europe et la France va devoir faire entrer des étrangers sur son territoire puisque la population vieillit trop. Pas de débat pour savoir si on fera (on la fait déjà en fait) une immigration "à l'américaine" avec sélection sur les compétences, et les capacités car on n'a plus besoin d'ouvriers non qualifiés mais de futurs cadres (qui vont donc s'appeler Moussa, Farid, Truong, Fatima... de toute façon alors !?). Ou si il faut accueillir une population plus large, avec regroupement familial, pour mieux structurer ces communautés.

Il est vrai que les -oups- que Nos Députés n'ont pas trop de question à se poser.
Les immigrés ne votent pas.
Et d'ailleurs, ce ne serait pas une idée d'intégration de donner un droit de vote aux immigrés ?
Au moins au niveau local et régional pour commencer ? Car quand il faudra aller à la pêche aux voix, nul doute que d'un seul coup les Députés auront des idées et des budgets pour s'attirer la faveur de ces pas-Français. Peut être aussi que bon nombre de leurs enfants se sentiront moins moitié/moitié, ni l'un/ni l'autre aussi.

Il s'est trouvé quelques patrons pour soutenir l'idée de Claude Bébéar, et parmi eux quelques patrons d'origine étrangère (il ne sont pas passés par une DRH, ils ont créé leur propres boites, pas fous !). Pour eux, l'idéal c'est quand même d'embaucher des Moussa, des Farid, des Truong et des Fatima pour aller vendre des antennes satellites et des décodeurs dans les cités, faire les vigiles dans les centres commerciaux de banlieues, faire l'hotesse d'accueil au RMI dans les PME de banlieue sous zone franche. De toute façon personne d'autre ne veut y aller dans les écoles de commerce. Ils veulent tous être chef de produit à Shangaï.

Dans 30 ans, peut être que 1% de ces employés zonards passeront sous chef de sous produit.
L'ascenceur social selon Bébéar !?
Chacun à sa place, les bons "blancs" et les "bien blanchis" en haut, et tous les autres en dessous. Ceux qui montent dans le pousse-pousse toi de là que je m'y mette, et ceux qui font les chevaux de traits. Et la vie sera merveilleuse... Mais anonyme.

Rappelons-nous que le dit Bébear s'était lui-même illustré par une initiative solidaire sans précedent.
C'est lui, en tant que président des Assurances Axa, qui avait refusé d'assurer les handicapés, parce que c'est "pas rentable".
Pour les handicapés ? Si vous voulez maintenant vous assurer chez Axa, envoyez une demande de contrat anonyme à Claude Bébéar!

Le Lotus Bleu

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26 novembre 2004

Ridicule

Me voilà en train d'expliquer à notre petite jeunette de stagiaire qui est Fernand Raynaud. Vous vous rendez compte, elle ne connaît pas l'immeeeense Fernand ?! Vu l'ambiance crispée qui règne ces jours-ci, je décide de détendre un peu l'atmosphère en imitant le sketche du défilé.

Je pioche dans mes souvenirs, et me voilà coiffé d'un carton à papier copieur en guise de béret, le pantalon remonté façon feu de plancher, et tenant d'un bras une maquette d'avion en guise de cornet à piston. J'arpente le bureau, en imitant Fernand Raynaud imitant la démarche du 2ème classe à moitié bourré en train de défiler. En même temps j'entame l'imitation du bruit du cornet à piston et de la marche militaire qui va avec.
Rigolade.
Silence.

Je me retourne. Derrière moi, un grand chef France accompagné du Directeur Grand Comptes Groupe.
Le premier ressemble à un séminariste sorti de chez Accenture.
Le second ressemble à un Contrôleur de Gestion Prussien.
Ca sent l'humour psychorigide, genre seulement quand j'me brûle au 3ème degré.

Hum...
Je souris en posant mon cornet à... euh... ma maquette de 747 Cargo sur le bureau le plus proche.
J'entend : "And this is our Marketing Manager...".

Pffff... Vivement le week end.

Tintin au Tibet.

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25 novembre 2004

Je dors...

Je dors... Je dors...

Je rêve que je dors, sous une couette bien douillette.
Un personnage étrange arrive dans ma chambre. Je le vois alors que je suis en train de dormir. Il a un visage étrange. Impossible de savoir s'il est masculin ou féminin. En fait il est maquillé un peu comme ces acteurs de théâtre No, ou les hommes jouent les rôles de femmes. Impossible à savoir.
Maintenant ils sont 2 ou 3 dans ma chambre. Je dors toujours dans mon rêve mais je sens leurs présences. Je ne comprend rien à ce qu'ils disent. Ils chuchotent dans une langue inconnue. Je commence à être vaguement inquiet. Qu'est ce qu'ils font dans ma chambre ? J'ai l'impression qu'ils parlent de moi. Pas de doute, leur conciliabule en espéranto a l'air de me concerner. Le rêve commence à être désagréable. Qu'est ce qu'ils me veulent à la fin ! Il faudrait que dans mon rêve j'arrive à me réveiller. Je suis certain que ça les ferait partir.

Sauvé ! Dans mon rêve le radio réveil se met à fonctionner. Alors je me réveille. Les acteurs de théâtre No s'évanouissent dans l'espace temps. Mais du coup, me voilà aussi réveillé dans mon rêve. Bien plus tôt que d'habitude je le sens. Il faudrait que je me rendorme maintenant, mais je me sens contrarié, ça ne va pas être facile de me rendormir.
Malheur ! Ma couette si douillette, si chaude. Mon oreiller. Le chat des voisins qui est venu passer la nuit chez moi, au pied de mon lit. Renoncer à tout ça, alors que j'aurai pu en profiter encore quelques heures.

Je suis tellement contrarié dans mon rêve, que du coup je me réveille pour de vrai. Ma main se tend vers le radio réveil dans l'espoir qu'il ne soit que 2 ou 3 heures du matin. A peine m'a main l'a t'il attrapé, il se met à sonner.

Oh non, déjà 6.30 !

Les 7 Boules de Cristal

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24 novembre 2004

Responsable - Irresponsable

Je ne sais pas trop ou va m'emmener cette note, sinon qu'elle risque de partir peut-être un peu en live.

On voit beaucoup d'affaires en jugement ces temps-ci, des affaires graves, des meurtres en série, des viols, des pédophiles...
Il y en a presque tant, qu'à chaque nouvelle apparition d'une histoire dans ce genre là, on aurait presque l'impression de s'y habituer. De l'horreur ordinaire. Banalisée aussi par l'exploitation à un degré moindre que font désormais les médias des histoires des travers intimes des uns ou des autres. "Ca fait de l'audience tu vois !"
Depuis les témoignages à la "C'est Mon Choix" ou les pseudos débats de Delarue, jusqu'à tous ces livres de people en mal de reconnaissance qui répandent publiquement dans les rayons "Culture" des hypers le plus personnel et intime de leur vie, et si possible le plus glauque.
Rien qu'avec ça déjà, j'ai de quoi m'énerver pendant une centaine de notes.

Mais je reviens à mes moutons.

Dans le droit Français (et dans biens d'autres), les actes commis sous l'empire de la folie exonèrent leurs auteurs de poursuites pénales. Les criminels sont jugés irresponsables de leurs actes et ne peuvent être poursuivis. Ce n'est pas nouveau, on retrouve trace de tels jugements jusqu'au moyen-âge et peut être même avant.
Tout le monde peu comprendre cette notion. Comment condamner quelqu'un qui n'a même pas conscience de ce qu'il est, et de ce qu'il a fait.
Le temps et le progrès passant, il faut bien reconnaître aussi que les fous dangereux ne sont plus autant en libre circulation sur le pavé de la société "bien pensante" ou "pensante" tout court. Les types qui se prennent pour Hitler et veulent gazer au Sanex hypoallergénique leur voisins ou envahir la pologne du haut d'une trotinnette sont vite repérés, et emmenés dans l'asile le plus proche. Là on les soustrait à notre regard, et au leur à grand coups de psychotropes. Je sens que là aussi, j'ai de quoi faire une cinquantaine de notes.

Mais on n'arrête pas le progrès, surtout quand il déboule en rouleau compresseur, sponsorisé par Kinder Surprise avant les débats subtils de "Tout le Monde en Parle".

Désormais, il faut prendre en compte les "fous à temps partiel" si je puis dire. C'est à dire les gens animés de pulsions meurtrières, mais pas en permanence. Les gens qui savent qu'à un moment ils deviennent possédés d'une partie malade d'eux mêmes, mais ne peuvent pas y résister. Les moteurs de ce genre de perversions sont assez élaborés, mais ce serait au prix d'une cinquantaine de notes supplémentaires.

Bref toujours est il que finalement ces malades se font pincer.
Souvent tard, très tard, bien trop longtemps après que les faits aient été avérés à de multiples reprise mais... (encore une dizaine de notes !).
Ils plaident la folie, la pulsion meutrière, les sévices qu'ils ont eu même subis, le contexte... Tout ce que vous voudrez. Et c'est souvent vrai.
Si les examens concluent à l'existence de ces épisodes de folie furieuse, ils ne peuvent être condamnées, ni jugés responsables de leurs actes.

C'est là que moi je me pose une question.
Si ils sont estimés responsables ils sont alors coupables.
Si ils sont estimés irresponsables au moment de l'acte, alors ils ne peuvent être jugés et partent malgré tout (heureusement) vers l'asile le plus proche.
Notre système ne prévoit pas d'autres alternatives.

Pourtant moi je crois qu'il y a quelque chose à revoir du côté de la responsabilité.
Non seulement parce qu'il y a des victimes, et que le fait que la société en nommant les responsabilités, permet ainsi à celles-ci (si elles sont toujours de ce monde) et aussi à leur famille de pouvoir se dire qu'on leur a rendu justice (10 notes encore).
Mais aussi, parce que je crois que toute société civilisée doit se dire que les criminels, ceux qui sortent du système, doivent y retourner un jour (le jour ou cela sera possible), et qu'il faut donc préparer l'avenir pour eux comme pour nous.


Alors est ce qu'il ne faut pas aussi signifier à ces individus que par ailleurs on aurait pourtant bien envie de pendre à la branche la plus proche (10 notes), qu'ils sont responsables. Responsables parce que leur folie n'est que passagère, parce que pour eux aussi on peut espérer que si il y a une reconstruction possible, c'est à partir du fait que la société leur dise qu'ils sont responsables d'avoir franchi des limites intolérables, insupportables, et que pour revenir dans la communauté des hommes un sacré boulot les attend.

Au lieu de ça la notion d'irresponsabilité me paraît souvent n'être une sorte de panier à linge sale, dans lequel on envoit celui qui a commis l'irréparable vers l'oubli, la négation, le déni de ce qu'il est vraiment et de ce qu'il a fait ou est capable de faire.
Est ce que ce n'est pas pour ça que notre colère éclate, quand on apprend que 5 ans, 10 ans, 15 ans plus tard, le malade et pervers dangereux est sorti de son H.P. et a aussitôt récidivé ?


Pendant tout ce temps, il était placé sous notre responsabilité. Notre responsabilité de citoyen. Et qu'avons nous fait de ce temps. Rien, à part le déclarer irresponsable, y compris au nez et à la barbe de ses victimes à venir.

Au bout du compte, les irresponsables c'est nous aussi (1000 notes).

Le Lotus Bleu

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23 novembre 2004

La Fin

Non, pas la fin de ce blog (sûrement pas). Juste une note pour rompre avec mon sujet du moment. C'est cette vignette de Tintin au Tibet qui m'y a fait penser. Juste l'histoire d'une première grande frustration de gosse. Un moment qu'on connaît tous, mais qui -pour chacun de nous- est sûrement toujours différent.

Je suis en train d'entrer au cours préparatoire. Et j'ai droit à la visite médicale standard. Grande première. Les médecins remarquent quelque chose de bizarre. Ils me cachent un oeil puis un autre et me font deviner ce que je suis censé voir au loin. Leur diagnostic est sans appel, je suis un bambin en cours de bligleutisation intensive. Les gènes maternels ont été les plus forts de ce côté-ci de mon anatomie, et me voilà affublé bientôt d'une magnifique paire de lunettes. Et à l'époque c'était pas du tout tendance dans les cours de récré. J'écope de charmants surnoms du genre : bigleux, quat'z'yeux (comme dans la chanson* de Randy Newman), serpent à lunettes et autres trucs du même genre. Arf.

Mais ceci n'est rien comparé à l'effondrement instantané de mon rêve de gosse. Jamais je ne serais pilote, jamais je ne deviendrai astronaute. Je sais bien que c'est de toute façon une tare rédhibitoire. As t'on déjà vu un Gagarine à double foyers, un John Glenn de chez AffleFlou, ou un équipage Appollo avec des lunettes par dessus la verrière de leur scaphandre. Katastroff ! Maledikchieune !
Voilà un destin contrarié pour la vie.
De quoi être fâché avec Dieu pour longtemps (hé hé), lui et sa foutue loterie génétique, qui me cloue au sol et m'empêche de monter à bord d'une fusée pour que je vienne lui coller un bourre pif bien mérité.

Mais voilà, je l'aurai eu à l'usure l'animal.
Je l'aurai mon nom, accroché au bout d'un rêve d'avion à réaction, de pirouettes en état d'apesanteur. Même si ça ne pourra pas être à bord, je l'aurai un jour, je l'aurai.
Voilà comment des années et des années plus tard on finit par s'occuper de marketing pour du transport aérien. Même si les aléas personnels et estudiantins ont été assez erratique, façon corps interstellaire en promenade intersidérale, malgré les problèmes de comptes à rebours j'ai quand même atterri dans la zone prévue par la fenêtre de tir initial.

Mais si l'histoire s'arrêtait là.
Aujourd'hui ce monde ne m'intéresse plus. Il m'est aussi accueillant qu'une planète de glace en circonvolution autour d'un soleil mort. J'ai déserté le poste de pilotage puisque celui-ci est de toute façon toujours en pilote automatique. Mon beau badge qui me donne accès à des zones de Roissy interdites au simple mortel ? M'en fous. L'odeur du kérosène ? Plus rien. Le décollage en 3 phases d'un A340, ou d'un B777 ? Prout.
Subsiste le prestige de l'uniforme des hôtesses (hum, hum).
Et un dernier souvenir terrible. Celui d'avoir vu passer Concorde en flamme au dessus de moi, dans mon bureau. Et le bruit assourdi par le triple vitrage, au moment du crash 2 km plus loin. Même aujourd'hui, j'ai encore du mal à croire ce que mes yeux ont vu.

Je suis passé à autre chose. Cette passion est morte et enterrée. Et ça fait un peu bizarre d'enterrer un rêve d'enfant.

Mais vous savez quoi ? J'ai trouvé mieux pour pouvoir voler.

Tintin au Tibet.

*Four Eyes

One September morning when I was five
My daddy said, "Son, rise from your bed."
I thought, I must be dreaming, it's still dark outside
He said, "Son if you fall behind you'll never get ahead
Here's your little brown cowboy shirt, put it on
Here's your little brown cowboy pants, put 'em on
Here's your little brown shoes, can you tie them yourself?
Get into the car, we're gone!"

We drove, it seemed like forever,
Further than I'd ever been away from home
Then my daddy stopped the car, and he turned to me
He said, "Son it's time to make us proud of you,
It's time to do what's right
Gonna have to learn to work hard"
I said, "Work? What are you talking about?
You're not gonna leave me here, are you?"
He said "Yes I am!"
And drove off into the morning light

For a while I stood there, on the sidewalk
A Roy Rogers lunch pail in my hand
Then I heard sweet children's voices calling
And I began to understand
They said, "Four eyes! Look like you're still sleeping!"
"Four eyes! Look like you're dead!"
"Four eyes! Where have you been keeping yourself?"
"Look like you been whupped upside the head."

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22 novembre 2004

Trait Spirituel 2

Je vois que vous avez été actifs pendant mon week-end. Je vous fait une note de réponse, car – comme je le pensais – ce sujet fait partie des sujets à tiroirs, il faut en ouvrir d'autres pour ne même pas réussir à faire le tour de la question.

Ce que dit Anastomoses, sur le sens de la quête plus que du résultat me paraît vrai. Chez tous ceux que je connais, il y a ce souci de se connaître, ou mieux se reconnaître peut-être. De mettre fin à un certain nombre de doutes ou d'angoisses personnelles, par une meilleure compréhension de soi-même et des autres. Souvent cela crée des frustrations, car cette envie suppose l'obtention d'un résultat : celui de ne plus souffrir de quelque chose de personnel dont on juge l'importance disproportionnée. Pour l'instant j'en connais peu qui y soient arrivés à ce résultat là. Mais chemin faisant ils prennent conscience d'eux mêmes, s'ouvrent à d'autres expériences ou d'autres mondes qui les font évoluer. Ca c'est plutôt bien, si cela ne les amènent pas à se placer dans une nouvelle forme de dépendance ou les sectes de tout poil peuvent venir glisser leur présence nauséabonde. Ou si cela ne les amène pas à ne voir chaque chose que dans le prisme qu'ils ont choisi, en excluant toute autre possibilité de réflexion.

L'idée du doute aussi est importante, il me semble que « croire » doit toujours s'accompagner d'une forme de doute, afin de conserver son libre arbitre. Un doute refondateur permanent en quelque sorte. C'est bien là que la référence au Boudhisme me paraît être toujours employée. Cette religion, pour les Occidentaux, paraît être porteuse de tous les droits à l'individualité que chacun de nous réclame aujourd'hui. Nos religions Chrétiennes classiques au contraire contiennent toutes des références à un ordre social, une histoire que nous sommes invités à respecter sans contestation possible. Pas question qu'une église ou qu'un Pape ne nous dicte notre conduite, nous fasse une leçon de morale. Et dans l'histoire, même récente l'église Catholique a souvent doublé un discours humaniste de prescription de règles contestables : sur l'homosexualité, la pilule, l'avortement, etc… Vous savez tout ça comme moi. De même, les brebis galeuses de cette religion ont été écartées ou rappelées à l'ordre : pour le meilleur parfois avec les traditionalistes les plus rétrogrades, et pour le pire avec les Prêtres Ouvriers (qui auraient pu maintenir le contact avec ce qu'on appelle « les banlieues »), ou les Prêtres « de gauche » en Amérique du Sud par exemple.

Pour répondre à Miss Lulu, cela a même titillé quelqu'un d'aussi traditionnaliste-scout-toujours qu'Hergé, qui a un moment de sa vie a tellement douté de lui qu'il s'est détourné des réponses habituelles de l'église qui jusque là ne lui avaient jamais fait défaut, pour entamer une quête, ou plutôt une sorte de reconquête… Celle inscrite en creux dans l'itinéraire de Tintin au Tibet. Si ça intéresse du monde, je ferais une note là-dessus.

Mais ça y est je digresse encore.

Car au fond, le Boudhisme, ou le Catholicisme (et toutes les autres), jouent aussi un rôle social important. Le baptême, la communion, le mariage ou l'enterrement sont des étapes qui nous placent aussi dans la société. Lors d'un mariage, c'est bien 2 familles que rien ne réunit, qui viennent constater et authentifier le souhait d'un couple de s'unir. La demoiselle devient alors Madame, non seulement à ses yeux, mais aux yeux de tous. Ces évènements là, placés dans les actes civils comme dans les actes religieux (naissance, mariage, décès) ont donc une portée plus grande que ce que les intéressés ne l'imaginent. On se voit confier un statut, confirmer une étape de notre existence aux yeux de tous, et je crois que ce n'est pas rien, dans l'itinéraire d'une vie.
Alors comme le dit Barnabé, ce sont autant d'occasions de nous rassurer, autant par les autres que par une instance intemporelle, et finalement par nous même, du bon déroulement des étapes de notre vie. Même si aujourd'hui, le religieux « standard » s'éloigne de beaucoup d'entre nous (pour mieux revenir vers d'autres), j'imagine que cela a à voir avec notre « stress existentiel » à vivre. Et effectivement, je crois qu'il n'est pas du tout évident que nous nous rendions compte… d'avoir besoin d'être sous influence de toute façon.
C'est ce qui peut hérisser le poil des athées, qui rejettent tout type d'influence possible sur leur vie. Sans qu'ils se rende compte que l'athéisme est lui aussi une forme de reconnaissance de cette influence. A force de nier quelque chose, on ne fait que signifier sa présence. Une sorte de « Je tiens tellement à vous faire comprendre que ça (Dieu) n'existe pas, qu'en fait j'y crois mais que je ne le supporte pas ».

Donc cette histoire de foi nous pousse tous aux fesses (enfin… Pas touche quand même hein !).

Comme le dit Samantdi, rien de tel qu'une bonne crise de la quarantaine pour ramener le sujet sur le tapis. Car si on a le sentiment d'avoir loupé des étapes dans sa vie, il faut bien essayer d'y trouver des réponses et des solutions. Là aussi, le néo-Boudhisme propose des alternatives du côté « médecine douce » que la religion Chrétienne chez nous a du mal à réinventer.
Adolescents, adultes en crise… voilà les nouveaux adeptes de la recherche spirituelle. Ca se voit même dans les religions classiques, avec un retour de popularité grâce à ces périodes de crise, plus qu'à une adhésion spontanée de jeunesse. On peut prendre aussi l'exemple de l'islam qui permet à beaucoup de jeunes de trouver une place grâce à un discours et une structure que la vie quotidienne ne sait plus leur donner. Mais aussi celui des cadres qui vont se déstresser et retrouver les racines de leur Moi par une retraite dans un monastère.
C'est toute ces populations qui font le succès de toute la galaxie des produits New Age ou associés.

Reste ceux qui sont « habités » ou « portés » par un sentiment de foi profonde et ancien. Je pense que ceux là généralement on ne les entend et on ne les voit pas trop. Ils n'écrivent pas forcément des bouquins évangélistes, ne tiennent pas des conférences ou ils jouent les bons apôtres modernes, ne défendent pas des théories mêlant bon sens et théories fumées à grands renforts de joints. J'imagine qu'ils / elles sont assez discrets dans la vie. Ce sont leurs actes quotidiens qui signent ce en quoi ils croient, et ils n'ont pas besoin de convaincre qui que ce soit. S'ils s'intéressent de plus près au fait religieux, alors ils en lisent les textes (et pas les réinterprétations des businessmen du bien être psychologique). Peut être que Tillie ou Ludécrit se reconnaîtront dans ce portrait. Reste à savoir d'où leur vient ce sentiment profond. Peut être que chez eux, ça fait comme un "TCHANG" ?

Maintenant, quelque soit l'endroit d'où on vient par rapport à une quête ou une crise de foi (il fallait que je la fasse celle là), c'est certainement de toute façon, aussi un moyen de « s'agrandir » l'esprit. Un peu comme le blog permet d'élargir nos perspectives, lire d'autres points de vue et d'images du monde (celle là aussi il fallait que je la fasse), la réflexion dite spirituelle offre quelque chose d'un peu plus exaltant que se réveiller avec Télé Achat. Ceci pour le temps de cerveau disponible à comparer avec les bienfaits de la méditation décrits par Cendre.

Est-ce qu'il y a quelque chose à gagner comme le demande Aude Dite Orium ?
Je ne sais pas. Il me semble que si il y a quelque chose à y gagner au fond, ce n'est pas du tangible, ce n'est pas non plus dans le regard des autres, mais dans l'estime que nous pouvons avoir de nous, pour ce que nous essayerons de faire demain plus que ce que nous avons déjà fait. C'est pour cela peut être que le trajet compte plus que le résultat.

A suivre.

PS : Barnabé : je crois que tu as bien fait de t'abstenir. Les oreilles du Web ont un sens limité de la compréhension et de la tolérance. Enfin, ça dépend de ce que tu voulais dire. Mais merci quand même.
 ;-)
A Tous : Etant sous surveillance en ce moment, pardonnez moi si je vous rends un peu moins souvent visite. C'est temporaire.

Tintin Au Tibet

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18 novembre 2004

Trait Spirituel !

J'ai des amis, des amis très bien, qui sont en pleine recherche spirituelle (plutôt des amies en fait). Ils se tournent vers différentes formes d'expérience pour approfondir ce qu'ils sont.

Rien que ça déjà, j'ai l'impression que ma note pourrait partir dans tous les sens, tant il y a de choses qui me viennent à l'esprit sur ce sujet inépuisable : le discours de Sarkozy sur le financement des cultes, l'islamisation des banlieues, les Born Again Christian aux USA (et ailleurs), les sectes, le Christianisme selon Karol Wojtyla a.k.a Jean Paul II, le néo-Boudhisme, le New Age, les livres de Jacques Salomé, Raphael Pailleur ou Paolo Coelho, Malraux et sa phrase "Le XXIème siècle sera spirituel ou il ne sera pas", etc... De quoi digresser en tous sens. Ce qui me laisse à penser que cette note devrait en amorcer d'autres sur le même thème.

Mais je reviens à mes moutons.
Donc mes amis sont en plein renouveau spirituel. Ils ont entamé une démarche qui tend à faire d'eux des personnes mieux au fait de leurs vies intérieures, plus respectueux des autres et d'eux mêmes. Quelque chose qui les rendent meilleurs, et qui soit tourné vers une part de l'existence, une dimension qui leur paraît être largement ignorée dans le monde d'aujourd'hui.
Certains d'entre eux se sont fait baptiser, d'autres font des stages avec des tribus indiennes pour être plus en contact avec la "lumière", certains croient aux anges, les autres assistent à des conférences sur le Boudhisme, ou sur "la vie après la vie", ou encore se sont inscrits à des cours d'Art Thérapie... L'éventail des possibles est assez étendu.
Sont ils mieux dans leurs peau pour autant ? Ils me parlent plus de quête que de résultats, ce qui me donne à penser qu'ils ne sont pas arrivés à ce qu'ils espéraient mais qu'ils se sentent sur le bon chemin.

A ce stade, ce serait convenable que je précise que je ne suis pas du tout un individu mystique moi-même (Quoi ? Vous aviez deviné ?). Je me sens autant éloigné de leurs démarches que de celle des rationalistes à tout crin chez qui je sens un effort équivalent de dénégation, pour vouloir ignorer coûte que coûte ce qui échappe à notre compréhension, et tout ce qui en nous fait écho au désir de vie, au désir de mort aussi.
Le ciment n'a pas pris, alors que je viens pourtant d'une famille catholique et assez pratiquante. Je m'enfuyais des leçons de catéchisme, me glissant sous la table, pour me faufiler jusqu'à la porte d'entrée et prendre mes jambes à mon cou. Tout cela me consternait, et j'avais l'impression qu'on me mentait en permanence. Alors a-dieu et à plus jamais. Après j'ai refusé de faire ma communion, et comme il n'y avait plus rien à faire, on m'a fichu la paix avec mon Compte-En-Cieux spirituel.
Pourtant il m'arrive d'entrer dans des églises, pour l'atmosphère qu'on peut y trouver. Et au fond je ne suis pas loin de penser que les gens qui sont dotés de la foi (en quelque chose ou quelqu'un) sont portés par une force qui leur permet sans doute de mieux supporter les sales moments de l'existence.
C'est juste que moi, je n'en veux pas. Je me nourris d'un espoir en la vie, sur lequel pourtant je me dis qu'il ne faut pas toujours trop compter. Mais je suis en train de digresser encore.

Là ou je veux en venir c'est que dans toutes ces démarches, j'entend souvent le terme "Boudhisme" ou "inspiré du Boudhisme" comme un leitmotiv, un miracle en cours d'accomplissement, une garantie Darty de bonne foi. C'est comme une sorte de sésame, La Foi Boudhique qui aux yeux des Européens qui se tournent vers elle paraît promettre le meilleur de la foi Chrétienne, mais sans les mauvais côtés, sans le dogme, sans le poids de l'histoire qui va avec.

Mais pour ma part, je me demande bien ce que vous ou moi, on peut vraiment y comprendre au Boudhisme au fond ?
J'ai dans l'idée qu'il n'y a pas de religion (ou de croyance) qui ne soit si étroitement liée à la culture des peuples qui l'ont adopté qu'il est au fond impossible de se l'approprier. Par exemple, on sait bien que le Christianisme, pour s'implanter et durer, a repris et réinterprété une quantité de mythes et de symboles païens qui l'avaient précédé.
Un peu comme une langue maternelle, vous ne pouvez vraiment parler (au sens de vous exprimer totalement) que les langues que vous apprenez dès votre naissance. Alors si vous n'évoluez pas dans la culture indienne, si vous n'y grandissez pas dans leur monde, comment vraiment devenir Boudhiste, idem pour les Confucianistes, Taoïstes, Animistes ou Protestants.
On peut s'en approcher bien sûr, mais je ne crois pas qu'on puisse s'y intégrer.

Du coup, que retire t'on vraiment de cette quête spirituelle ?
Juste la satisfaction d'entamer une quête personnelle ?
De réelles réponses à des questions compliquées ?
La confirmation par un autre biais de critères spirituels déjà bien enracinés ?

C'est une question que je me pose.
Bon, je vais m'arrêter là pour ne pas digresser trop vite.

P.S. Pardonnez moi de ne pas trop vous rendre visite aujourd'hui, mais le web à des oreilles et faut qu'j'sois raisonnab'.
A lundi !

Tintin Au Tibet.

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17 novembre 2004

We Are Family ! Are We ?

Ce matin je vais me promener de blogs en blogs, en faisant "Snirf" avec mon nez, et parfois "Prouêêêt" quand le besoin d'un kleenex se fait plus pressant.
Je n'en reviens pas de voir comme les bloggeurs que je lis ici et là, se retrouvent aussi sur d'autres blogs. C'est amusant. Comme si un tissage de fil en aiguille formait un canevas (des biches oranges, sur un fond de sous-bois marron... Argh !) de liens informels, virtuels,  et pourtant forts.


Comme si une famille se constituait sous mes yeux. Une famille avec ses piliers, ses mamans, ses fils indignes qu'on aime envers et contre tout, les cousins germains, les jolies cousines, les oncles d'amérique... Tout ce petit monde se croise, s'entrecroise, se parle, s'éloigne, reviens... Il fait bon, l'écran est comme un feu de cheminée ou brille les flammes de chaque bloggeur.
Parfois, je sors de la famille. Je vais sur d'autres blogs. Et je sens bien que là aussi une autre famille s'est créée. Il y a des habitués, dont cette fois je ne fais pas totalement partie. On ne me le fait pas sentir, mais je sais que je n'en suis pas de celle-là. C'est la famille des voisins de l'immeuble d'à côté. On se connaît un peu moins, mais parfois d'un seul coup, sur une note la mayonnaise prend, au moins temporairement.

C'est peut être une fausse impression.
Comme beaucoup, la famille d'ou je viens a volé en éclat il y a longtemps. Comme je ne voulais pas choisir de camp, et continuer à en voir chaque partie, le résultat a été assez étrange au bout du compte. Je n'étais plus ni dans l'une, ni dans l'autre, mais ailleurs. Ma vie a pris un autre chemin, et mes familles sont souvent dans une distance mentale que rien ne paraît pouvoir combler. Ma vie à moi se devait de combler tout cela pendant longtemps.
Ce n'est pas si grave, j'ai voulu si tôt être autonome et indépendant, que finalement je suis bien arrivé à l'endroit que je voulais. A l'inverse du film, ce serait plutôt "Cuisine Sans Dépendance" pour moi. C'est parfois un peu dommage, il y manque cette présence en profondeur de l'âme de mes parents ou de ma soeur, de cette âme collective éparpillée aux quatre vents par les séparations successives et un divorce en forme de point d'exclamation qui n'a jamais pu être un point final et refondateur.


Alors ce matin, oui, je me promène de blogs en blogs, dans cette immense village ou nous occupons chacun une maison. Notre nom est écrit sur la porte, c'est pas fermé à clé mais il faut frapper avant d'entrer. C'est plus gentil tout simplement.
On reste un moment, le feu de cheminée crépite.
Et on reprend notre route.
"Prouêêêêt".
S
atanée grippe.

Tintin au Tibet.

Posté par LaVitaNuda à 12:27 - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 novembre 2004

Pouf, Pouf.

Boarf, aujourd'hui journée molle.

Je m'essaie à quelques notes que j'ai en tête, mais bon... Les sujets sont trop lourds, trop délicats, et j'y arrive pas. J'ai envie d'un peu de légèreté, mais ça ne vient pas. Pas grand chose dans l'air pour favoriser "l'insoutenable légereté".
Les américains font la guerre à Fallouja, les Palestiniens sont en plein fantasme d'empoisonnement d'Arafat, on juge la grande époque des écoutes de Mitterand 20 ans après (20 ans ?!), un dur-dur va sûrement remplacer Colin Powell le dur-mou, Paris veut être ville Olympique en 2012 mais des Parisiens crèvent la dalle dans les rues, on annonce un 1er vaccin contre le Sida entre 2007 et 2010 (c'est loin), Chirac est très fâché après son ex-ami Laurent Gbagbo paraît il, on entend plus rien sur le Darfour ou la Tchétchénie et j'imagine ce qu'on entendrait si... Les Parisiens font la gueule, sont énervés par ces fêtes qui arrivent trop vite, ils sont pas aimables, ils sont fatiguants aujourd'hui.
Y fait froid, j'ai mal à la gorge, j'ai fait un rêve bizarre cette nuit, j'ai déjà envie d'être en week end à nouveau, surtout que j'ai pris mon vendredi pour être avec mes amis Toulousains qui rentrent de Marrakech.
Les veinards, j'aimerai bien être avec eux. Me perdre dans les souks, me promener sur la grand place Jema El Fnaa, admirer la mosquée de la Koutoubia, manger de la pastilla, apercevoir les montagnes de l'Atlas enneigées au bout de l'horizon du désert. J'aimerai avoir chaud, prendre le soleil, et boire du thé à la menthe.
A la place je me promène sur le blog pour y trouver un peu de réconfort. Et j'en trouverai c'est sur. Merci à vous d'avance.
Mes notes attendront un jour meilleur. Excusez cette levée du pied gauche. J'attendrai jusqu'à ce soir, pour que mes glissades sur le parquet me réconcilient avec moi-même. Vite, vite, ce soir.

Tout ça, ca doit être parce que tu me manques.

Tintin au Tibet.

Posté par LaVitaNuda à 11:46 - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 novembre 2004

Noel En Novembre !

Aujourd'hui une petite note pour célébrer la fin du concours « Opéra ».

 

Quand j'étais gamin, puis ado, mon père travaillait pour une maison de disques. C'est comme ça qu'à la maison il y avait souvent de la musique. Chaque semaine ou presque un carton arrivait à la maison, qui contenait les nouveautés du catalogue : de la chanson française, du rock, du jazz, de la pop… plus tard du classique aussi…
C'est comme ça que je me suis rendu compte assez tardivement que les disques n'étaient pas gratuits, et qu'il fallait même les acheter en magasin dis donc ! Ce qui a coïncidé avec l'amputation de mon argent de poche naissant, transformé en quelques disques supplémentaires.

 

 

Un peu plus vieux, un peu plus grand, j'ai pu aussi avoir le droit à quelques places de concert de temps en temps, surtout ceux que mes parents jugeaient trop agressifs ou pas assez intéressants pour leurs tympans.

Bien sûr j'en faisais profiter mes petits camarades de l'époque.
Pour aller voir David Bowie, Dire Straits, les Pretenders, Supertramp, Madness, Queen ou d'autres... il n'y avait pas trop de soucis. Il y avait même plus de demandes que possible. Par contre, j'ai pu constater que les mêmes se montraient beaucoup moins curieux quand il s'agissait de groupes qui n'étaient pas (ou pas encore) au Top 50, sur les radios FM, en clip ou en live dans Les Enfants du Rock.

C'est comme ça que souvent je suis allé voir tout seul des groupes pourtant merveilleux comme Elvis Costello, les Comateens, Ian Dury (& the Blockheads), Squeeze, les Cramps... ou d'autres nettement plus improbables comme Joe King Carrasco (& The Crowns), Mary Wilson, The Long Ryders, les Plasmatics, ou même parfois pire que ça. Enfin non… Pas pire que les Plasmatics quand même.

 

 

Mais c'était toujours des moments de découverte, l'atmosphère enfumée (et même abreuvée) des concerts, voire plus pour les concerts de reggae... Le bruit des guitares, les pogoteurs fous aux 1ers rangs de la scène... J'étais curieux de tout ça. Même si les disques ne me plaisaient pas forcément j'aimais voir les groupes jouer live, car parfois ça transformait tout. Et il y avait aussi toute cette faune étrange présente aux concerts, ces tronches, ces styles, ces tribus avec lesquelles on aime bien s'identifier quand on est ado (ou même après). Et puis c'était marrant surtout, puisque c'était aussi mes premières soirées en "indépendant", hors du contrôle familial, à cavaler pour choper le dernier métro, ou galérer pour rentrer jusque dans cette maudite banlieue sud.

Puisque mes potes préféraient parfois être durs de la feuille plutôt que d'être curieux et de s'aventurer dans ces salles mal famées, ces repaires à punks, skinheads et autres déviants de la bonne société : le Palace, l'Elysée Montmartre, le Gibus, le Rose Bonbon… J'y allais tout seul muni des 3 ou 4 tickets que le dur labeur paternel avait amené jusque dans mes poches.

Et là j'avais un petit jeu.

 

 

J'attendais devant l'entrée de la salle. Comme d'habitude il y avait toujours quelques clients qui faisaient la queue en espérant trouver un ticket. Oui, même pour Joe King Carrasco and The Crowns dont le « tube » s'appelait pourtant « Caca de Vaca ».

 

Alors mon truc à moi, c'était d'attendre qu'un revendeur à la sauvette se pointe vers ses futures victimes dans l'espoir de faire fructifier son petit trafic. C'était le moment ou je pointais ma bouille de jeunot qui se mêle de quoi ? Hein, non mais des fois ! Je demandais « Vous cherchez des places ? ». Et à peine le « Oui » était il sorti de leurs bouches, je leurs tendait les 2 ou 3 tickets de ma poche, et m'éloignait en leur souhaitant un bon concert. Ce qui me plaisait, c'était leur bouille stupéfaite de ravis de la crèche pendant quelques secondes. Au bout de ma main, avec 2 ou 3 tickets de concert, j'étais Dieu, je pouvais faire un miracle : fabriquer du sourire.

 

Et non, je ne me déguiserais pas pour autant en Père Noël (ni en gendarme à cheval) pour animer le Noël de vos gamins cette année.

No Way !

 

Résultat Concours Saturday Night Fever.

Alors voilà, je suis allé relever les filets dans ma note et ma boite mail pour savoir qui auras l'immmmmmmense privilège (n'hésitons pas à superlativer à donf') d'aller voir M.Cunningham à l'Opéra Garnier.

Ca se joue en 2 candidatures seulement, pour le plus grand regret de mes bloggeurs provinciaux favoris.

Par ordre d'arrivée sur mon blog :

1/ Barnabé avec le 33

2/ Gilda avec le 1

Après c'est tout bête, j'ai additionné les chiffres donnés par les participants pour pouvoir "ploufer" comme on dit dans Titeuf.

3+3+1 = 7

Vous pouvez compter avec moi, le plouf-plouf tombe sur... Barnabé !

Alors, je suis très content pour Barnabé (et j'espère qu'il l'est aussi malgré le "glups" que j'entend depuis son blog ! hi hi hi), je suis très navré aussi pour Gilda de Carteret (ce sera pour une prochaine fois j'espère vraiment), et tous ceux qui auraient aimé pouvoir participer mais qui n'ont pas pu. Mais bon. Ca se pourrait que je recommence l'expérience un de ces jours !

:-) à tous !

 

Tintin / Objectif Lune

Posté par LaVitaNuda à 12:55 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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